CANNELLE BLANCHE
plus fortement, pour la séparer du bois, on l’enlève et on la fait sécher.
Cette écorce est en morceaux ordinairement longs de 10 à 20 centimètres, mais pouvant atteindre jusqu’à 5 et même 10 décimètres ; quelques fragments, toutefois, sont à peine longs de 3 à 5 centimètres Ces morceaux sont généralement enroulés en tubes ou simplement repliés en gouttière ; leur épaisseur varie de 2 à 5 millimètres et leur largeur de 1 à 3 et m me 5 centimètres, selon qu’ils proviennent du tronc ou des branches.
La face externe est tantôt couverte d’une sorte de croûte péridermique fongueuse, grisâtre et crevassée, tantôt, au contraire (c’est le cas le plus fréquent), débarrassée du péridernie, qui, d’ailleurs, s’enlève assez facilement ; elle est alors d’un jaune orangé pâle, comme cendré, avec des taches blanches, marquées à leur centre d’un point proéminent. La face interne est blanchâtre et comme crayeuse.
Cette écorce a une cassure grenue, marbrée de blanc et de rouge, une saveur amère, chaude, aromatique, une odeur agréable, rappelant, celle du girolle et de la muscade ; sa poudre est jaune. Elle est fréquemment substituée à l’écorce de Winter.
Examinée sur une section transversale, la Cannelle blanche offre la structure suivante (fig. 447) :
i° Suber (s) à. cellules petites, ovales-tangentielles, disposées en séries radiales ondulées.
2° Cellules scléreuses (c. s. et R. G) jaunes, quadrangulaires, arrondies en arrière, pourvues d'un lumen irrégulier, très excentrique, occupant le voisinage de la paroi externe et duquel parlent des canaux plus ou moins tortueux. Ces cellules sont disposées en une zone (c. s.) peu épaisse et continue, ou groupées en îlots assez peu distants, entre lesquels s'intercale un tissu analogue à celui qui constitue le suber.
3° Parenchyme cortical (p, c ) assez peu développé, formé de cellules à parois minces, incolores; ces cellules sont, en général, plus grandes que les sclérules. Au milieu de ce parenchyme se voient d'assez nombreuses cellules à huile (Oelsellen), les unes vides (oe), les au' res contenant une matière oléo-rësineuse, d’un jaune d'or. Quelques cellules à cristaux se montrent au milieu de ce tissu.
- 4’ Liber (7e, li) occupant les 4/5 de l'épaisseur de l'écorce et composé dedeux parties : une extérieure très développée, l’autre intérieure mince.
Cauvet, Ma*, méd., t.II. 1(3
CANELLAGEES
La portion externe du liber (l. e.) est constituée par une sorte de prosenchyme,à gros éléments, offrant des parois incolores, très épaisses, avec un lumen irrégulier. Comme les éléments constitutifs de ce piosenchyme sont peu distincts les uns des autres, leur ensemble forme une sorte de trame irrégulière, continue et creusée de pertuis. Ce
Fio. 447. — Section transversale d'uneécorce de Cannelle blanche.— B. Portion de là couche des cellules scléreuses grossie. — C. Une cellule scléreuse plus grossie.
D. Cellules des rayons médullaires, contenant des crist 'ux en rosace.
(Regarder les détails à la loupe) ».
tissu ne paraît contenir aucune fibre, mais il renferme d’assez nombreuses cellules à huile. Il est traversé par des rayons médullaires onduleux, composés d’une série simple de cellules (D), dont chacune contient des cristaux d’oxalate de chaux eu rosace.
Les faisceaux libériens sont de longueur inégale et leurs extrémités forment, dans le parenchyme cortical, des saillies plus ou moins aiguës, que séparent des sinus plus ou moins profonds.
50 La portion interne du liber (l. i.) est composée de cellules à parois minces, presque égales entre elles et disposées eu faisceaux,
* s) suber ; c. S-) cellules scléreuses ; p. c.) parenchyme cortical, contenant des cellules à huile (oe.); I.) liber propre ou liber externe,' l.i.) liber interne.
ÉCORCE DE CINNAMODENDRON 279
pnr 1 intercalation des rayons médullaires, dont les cellules, régulières et radiales, sont le plus souvent étroites et vides, plus rarement élargies : elles contiennent alors un cristal.
Les sections transversales de la Cannelle blanche prennent, sous l’influence de la potasse, une teinte jaune très pâle.
Écorce de Cinnamodendron
Cette écorce est fournie par le Cinnamodendron corticosnm, Miers, arbre exclusif à la Jamaïque et qui croit dans les bois montagneux de Saint- Jean et de Saint -Thomas-en- Vallée, où on l’appelle Red Canella et Mountain Cinnamon. Elle est généralement substituée à l’écorce de Winter, d'où le nom de Spurious Winter9 s Bar h , que lui donnent les Anglais. Toutefois, elle ne constitue pas seule Y écorce de Winter fausse. Parmi les spécimens que nous avons décrits ci-dessus (p. 97), sous cette rubrique, un seul (a) s’en rapproche assez par sa structure, pour que nous croyions devoir l’attribuer à un Cinnamodendron, mais il s’en distingue par certains caractères et c’est pourquoi nous le rapportons, mais avec doute, au C. axillare , dont nous ne possédons, d’ailleurs, qu’un tout petit échantillon authentique.
Parmi les divers spécimens d’écorce de Cinnamodendron existant au Musée de la Faculté de Lyon, aucun ne se rapporte exactement à la description et à la figure qu’en ont données Bentley et Trimcn. Un lot d’écorces reçues de New- York, avec la mention TJnknoicn (inconnu), nous semble s’en rapprocher le plus possible.
Cette écorce se présente en fragments cintrés ou roulés, longs de 20 à 30 centimètres, larges de 2 à 3 centimètres, épais de 2 à 5 millimètres, de couleur générale gris jaunâtre en dehors et dont la face interne est parfois blanchâtre, plus souvent d’un fauve brun. Ces fragments ont été raclés sur toute leur étendue ou seulement sur une partie. Là où le raclage a été fait, il reste toujours d’étroites bandes longitudinales de périderme. Quand ce dernier n’a pas été enlevé, il se montre sous forme d’une couche mince, jaunâtre, couverte parplacesde Lichens crustacés ou détachés de Champignons
CANELLACÈES
hypoxylés. Ordinairement adhérent à la couche sous-jacente, il s’en détache en certains points et met à nu un périderme secondaire, de couleur gris-jaunâtre argenté, très légèrement rugueux, avec de petites dépressions, soit vides, soit remplies d’une matière subéreuse de couleur fauve rosé, parfois noire. Cette couche recouvre un parenchyme brun rosé, assez peu développé, auquel fait suite un liber à faisceaux ondulés, que séparent des rayons médullaires très fins et noirs. Comme nous l’avons dit, la face interne de l’écorce est toujours munie d’une couche fibreuse, blanche, assez facile à détacher; aussi les écorces qui en sont dépourvues ont-elles une coloration rougeâtre.
L’écorce de Cinnamodendron a une cassure grenue en dehors, fibro -lamelleuse en dedans, une odeur de cannelle poivrée et camphrée, une saveur de cannelle piquante et cam phrée, avec une amertume prononcée. Elle se distingue de la Cannelle blanche, par son odeur et sa saveur, par la coloration plus foncée de son parenchyme cortical et des taches de son périderme interne, qui sont rouges, non blanches, enfin par sa cassure franchement fibreuse à l’intérieur. Si l’on compare ces caractères, avec ceux de l’écorce de Winter vraie, on verra qu’elle s’en distingue encore davantage.
Examinée une coupe transversale, l’écorce de Cinnamodendron se montre composée des éléments ci après (fig. 448) :
1° Un suber, qui manque le plus souvent et qui est formé de cellules aplaties, disposées en séries à la fois radiales et tangentielles.
2° Une zone formée de sclérules (c. s. et B) semblables à celles de la Cannelle blanche, peut-être un peu plus grandes. Celle zone est d'épaisseur variable et, tantôt continue, tantôt interrompue ; elle envoie de nombreuses saillies, soit en dehors, dans le périderme, soit à l'intérieur du parenchyme cortical.
3° Un parenchyme cortical (g. c.), essentiellement composé de cellules minces, téculiféres et à grand diamètre tangentiel. Ce tissu est traversé par des bandes étroites de cellules à parois plus épaisses et à contenu brun rougeâtre, que la potasse a dissous en partieetqui s’est répandu dans tou'e la préparation. Les coupes de Cinnamodendron ont donc une coloration générale rougeâtre et se distinguent nettement de celles de la Cannelle blanche, qui ont une couleur jaune très pâle. Le parenchyme cortical renferme quelques cellules à cristaux et des cellules à huile ; ces dernières y sont moins nombreuses, que dans la Cannelle blanche.
ÉCORCE DE CINNAMODENDRON 281
4° Le h ber (l) est constitué par un tissu cellulaire, à éléments plus fins que ceux du parenchyme. Au milieu de ce tissu, s’intercalent des cellules un peu plus épaisses, disposées en bandes ou en amas irréguliers,
Fro. 448.— Section transversale de Cinnamodendron corticosum.— B. Cellule scléreus grossie; — C. fibre grossie. (Regarder les détails à la loupe) *.
quelques cellules à cristaux et de rares cellules à huile. Le parenchyme libérien contient des fibres (^surtout nombreuses vers lapartiemoyenne de ce tissu et au voisinage de sa face inlerne. En ce dernier point il
* c.s) cellules scléreuses; }>. c .) paienchymc cortical; l.J liber.