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CITRONNIER

même temps qu’il se dégage de l’acétone et de l’oxyde de carbone ; fondu avec de la potasse, il donne un mélange d’acétate et d’oxalate.

L’acide citrique rougit fortement le tournesol, dissout le fer et le zinc, réduit le perchlorure d’or et ne précipite pas par les alcalis, ni par les sels de chaux.

On emploie fréquemment est acide en médecine, soit directement et en solution, soit sous forme de jus de citron. 11 fait la base de la limonade citrique et du sirop de limon; il s’unit à la magnésie, pour former un sel purgatif, base de la limonade citro-magnèsienne , et constitue, avec le fer et l’ammoniaque, un sel très soluble (citrate de fer ammoniacal), qui est l’une des meilleures préparations ferrugineuses.

L’acide citrique pur est prescrit comme tempérant, dans les phlegmasies intestinales, le rhumatisme, etc.; son action semble se borner .à calmer la soif. Il parait rendre de bons services contre la diphthérite. Son emploi est fortement recommandé, comme agent préventif ou curatif du scorbut; mais il semble alors surtout utile, sous forme de jus de citron, sans qu’on puisse dire à quel élément de ce jus doit être rapportée son activité; l’acide seul est loin de produire les mêmes effets. Le jus de citron peut être utilement employé, dansles cas d’empoisonnement parles alcalis caustiques.

L’acide citrique est fréquemment falsifié par du sulfate de chaux, de l’acide tartrique et, ce qui est plus grave, par de l’acide oxalique, qui est un poison violent, à haute dose.

Le sulfate de chaux est décelé de la manière suivante : On dissout l’acide, on le neutralise avec l'ammoniaque et l’on traite une partie de la solution par l’oxalate d’ammoniaque, qui précipite la chaux. La seconde partie étant additionnée de chlorure de baryum, il se produit un précipité de sulfate de baryte. Au reste, la formation de ces deux précipités n’a d’importance, que si leur quanitté est un peu considérable, la présence de la chaux et de l’acide sulfurique pouvant être attribuée au mode de préparation de l’acide citrique. En tout cas, il est nécessaire de montrer la présence simultanée de ces deux corps dans l'acide essayé.

Cauvet. Mat. mèd., t. II.

Al’UAN'i IACEKS OU IIESUERIDEES

L’ acide tartrique, qui y est plus souvent ajouté, est reconnu :

1° En traitant la solution par de l'acétate de potasse, qui donne un précipité de bitartrate de potasse ;

2° En versant goutte à goutte la dissolution, dans de l’eau de chaux, qui se troublera, si la liqueur renferme de l’acide tartrique, tandis que le citrate de chaux formé reste dissous ;

3° En chauffant l’acide suspect, il se développe une odeur de caramel, si cet acide contient de l'acide tartrique;

4° L’acide citrique additionné de perchlorure de fer et traité par la potasse ou la soude donne une liqueur alcaline, d'où les sulfures ne précipitent pas le fer ; l'acide tartrique, traité de même, donne un précipité.

L'acide oxalique est dévoilé :

1° Par l’eau de chaux : il se produit un précipité blanc, qui persiste dans la liqueur encore très acide;

2° En traitant la solution de l'acide par du chlorure de potassium : il se produit un précipité d oxalate acidulé de potasse.

L’acide citrique renferme par fois du plomb et du cuivre. Leur présence y est facilement décelée par les réactifs ordinaires de ces métaux.

Oranger (fi g. 450).

L’Oranger (C. Auranlium , Risso) est un petit arbre originaire (?) del’Indo-Chine, cultivé abondamment dans l’Inde, en Chine, dans toutes les parties chaudes de la région méditerranéenne, etc. Son fruit, appelé Orange, est globuleux, parfois un peu déprimé, d'un jaune rougeâtre, pourvu d’une écorce mince, lisse ou un peu rugueuse, et présente 8 ou 10 loges remplies d’une pulpe douce, sucrée -acidulé.

Les Oranges sont usitées comme aliment; on en fait un sirop, une limonade (Orangeade) et un alcoolé. Traités par le procédé de Y éponge ou par celui de Yècuelle, les zestes d’oranges fournissent une Essence dite de Portugal, qui

ORANGER - BIGARADIER

parait fort employée en Allemagne et qui sert parfois à falsifier l’essence de Citron.

L’Essence d’Oranges ou de Portugal a une très grande ressemblance avec celle de Citron ; elle a une odeur d’orange,

bouta ISO'1 et donne, par distillation, deux essences, dont l’une a une densité de 0,05 et un pouvoir rotatoire double de l’essence primitive ; la seconde a une densité de 0,837.

Bigaradier

Le Bigaradier ou Oranger amer (C . vulgaris , Risso ; C. Aurandum, var. x, amara , L.; C . Bigaradia^ Duham.) est un petit arbre originaire du nord de l’Inde et cultivé dans toutes les parties chaudes de la région méditerranéenne. On emploie ses feuilles, usitées en médecine sous le nom de Feuilles d'Oranger ; ses Fleurs, qui servent à

292 AURANTIACEES OU HESPÈRIDÉKS

préparer l 'Eau et Y Essence de fleurs d' Oranger ; enfin, ses Fruits appelés Orangettes, lorsqu’ils sont jeunes, et Oranges amères, quand ils sont presque mûrs, mais encore verts.

Les Feuilles d’Oranger (fig. 451) sont vertes, coriaces, ovales-lancéolées, acuminées, ordinairement entières, ni dentées, ni crénelées, longues de 3 à 5 centimètres, larges de 2 à 2,5 centimètres. Ces feuilles sont pourvues d'une saveur plus amère et plus aromatique que celle des feuilles de l’Oranger doux, dont elles diffèrent par leur pétiole plus fortement ailé. Comme dans toutes les espèces du genre Citrus , ces feuilles sont articulées sur le pétiole, et sont donc des feuilles composées, réduites à la foliole terminale. Les feuilles de l’Oranger doux s’en distinguent par le pétiole à aile étroite, arrondie supérieurement.

Les feuilles d’Oranger sont réputées stimulantes et antispasmodiques.

Les Fleurs d’Oranger sont constituées par un calice cupuliforme, gamosépale, à 5 dents; une corolle à 5 pétales charnus, blancs sur leurs deux faces , concaves et chargés de glandes oléifères ; des étamines nombreuses irrégulièrement polyadel plies, à filets élargis à la base, plus courtes que les pétales et portées sur un disque hypogyne; un ovaire à 8-10 loges, avec un style cylindrique, surmonté par un stigmate capité. Les fleurs du Bigaradier sont plus grandes et plus odorantes que celles de l’Oranger doux. Celles du Limonier et du Cédratier s'en distinguent parleurs pétales d face externe pourprée ou violacée.

Les fleurs du Bigaradier servent à la préparation de Y Eau de fleurs d' Oranger, que l'on emploie comme aromatique, calmante (?) et antispasmodique.

L’Eau de fleurs d’Oranger doit être limpide, incolore, non visqueuse, ni acide, douée d’une saveur agréable, non amère , et d'une odeur aromatique spéciale; elle ne laisse

Fia. 451. — Feuilles d'Oranger.

BIGARADIER

pas de résidu, par évaporation. Lorsqu’elle n’est pas trop ancienne, elle est colorée en rose par addition d'un mélange fait avec : acide sulfurique, 1 partie; acide azotique, 2 parties. Elle ne doit pas contenir de métaux en dissolution (étain, cuivre, plomb, zinc) provenant des estagnons, dans lesquels on la conserve. On ne doit pas y trouver non plus de la magnésie, ce qui indique que l’eau a été préparée directement avec du néroli, ou qu’elle a été agitée avec cette substance, soit pour la débarrasser des métaux cidessus, soit pour lui enlever sa viscosité ou son odeur putride.

Essence de fleurs d’Oranger ou Néroli. — Cette essence, d’abord incolore, devient bientôt jaune, puis jaune rouge, enfin brunâtre. Elle est neutre, très odorante, de saveur amère et aromatique, d’une densité de 0,8743 à -f- 18°; elle dévie à droite la lumière polarisée, dissout la fuchsine, ne la réduit pas à chaud et détone avec l’iode ; sa dissolution alcoolique offre une fluorescence d'un violet brillant. Elle parait se composer de deux essences, l’une soluble, l’autre insoluble dans l’eau; par distillation, elle se sépare en deux liquides, l’un incolore, formé par un hydro- carbure volatil à 173°, l’autre oxygéné, sans point d’ébullition fixe (Gladstone). Suivant Boullay et Plisson, l’essence de Néroli contient une sorte de camphre neutre, inodore, fusible à 50°, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool absolu bouillant, très soluble dans l’éther.

L’essence de Néroli est souvent falsifiée avec celle que l’on retire des feuilles du Bigaradier, et avec de l'huile de Ricin. Cette dernière reste, comme résidu, quand on chauffe l’essence dans une capsule ou sur une lame de verre.

L’ Essence de feuilles est décelée en versant quelques gouttes de l’essence suspecte sur un morceau de sucre, que l’on fait dissoudre dans l’eau : celle-ci prend une saveur amère, si l’essence était falsifiée.

L’Ecorce d’Oranges amères sc présente sous deux formes, dans le commerce : 1° en quartiers formés de l’écorce tout entière, verts ou vert jaunâtre à l’extérieur, blancs à l’intérieur, épais, durs, compacts, doués d’une odeur forte et d’une saveur amère ;

AURANTIACÈES OU IIESPÈRIDÊES

2° En bandes plus ou moins entortillées, minces, presque entièrement dépouillées de la couche blanche intérieure.

Cette dernière sorte est de beaucoup la plus estimée ; elle fournit un infusé limpide et très odorant, tandis que l’infusé obtenu avec la première sorte est plus ou moins épais, visqueux, d’une saveur amère, désagréable et d’une odeur plus faible.

L’écorce d’oranges amères contient un principe déjà étudié sous le nom d ' Hespèridine, ainsi qu’une huile essentielle, appelée Essence de Petit- Grain ou Ess. d'Orangette, quand on l’extrait des jeunes fruits, et Essence d'Oranges amères , quand elle provient de l’écorce des fruits développés, mais non mûrs.

L’Essence d’Oranges amères est généralement obtenue de l’écorce fraîche, par les procédées de Yèponge ou de 1 ’écuelle, qui en fournissent environ 2 à 2,5 0/0. L’écorce sèche n’en donne guère que 0,8 0/0, par distillation.

Cette essence est incolore ou de couleur jaune, fluide et d’une densité de 0,8 à 0,9. Elle a une odeur vive, agréable, une saveur amère, dévie de 92° à droite la lumière polarisée (Luboldt), dissout le rouge de Santal et détone avec l’iode. Elle est soluble dans l’alcool absolu et donne un liquide trouble, avec l’alcool à 75°. L’acide sulfurique fait, avec elle, un mélange brun rouge trouble, que l'alcool fait passer au blanc jaunâtre.

L’écorce d’Oranges amères est usitée comme un tonique amer et stomachique, sous forme de sirop, de teinture, d’infuse, etc.; elle fait la base du Curaçao de Hollande.

Fruit de Bael ou de Bêla

Le Bêla (Bael Fruit , Indian Bael , Bengal Quince,t\es Anglais) est le fruit demi-mûr et sec de YÆgle Marmelos, Correa (Crataeva Marmelos, L.), arbre de l’Inde et de l’Assam. 11 est de forme variable, sphérique, ou déprimé, ou ovoïde, ou pyriforme et constitué par un péricarpe dur et lisse. Il est divisé en 10-15 loges remplies d’une pulpe mucilagineuse, qui durcit. extrêmement par la dessiccation ;

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