MARRONNIER D’INDE
introduit en France, en i6't6. L'écorce et les fruits du Marronnier d’Inde ont été employés en médecine.
L'Écorce du Marronnier a été préconisée comme fébrifuge et détersive ou antiseptique. On récolte ordinairement celle des branches de 2 à 3 ans.
Cette écorce se présente en fragments roulés ou cintrés, épais de 2 à 3 millimètres, d’un gris brunâtre et verruqueux en dehors, où se voient, à des distances variables, des cicatrices opposées 2 à 2 et indices de l’insertion des feuilles. Sa face interne est lisse, de couleur rosée un peu jaunâtre. Sa cassure est grenue en dehors, légèrement fibreuse en dedans. Enfin elle est à peu près inodore et possède une saveur amère, astringente, très désagréable,
Cette écorce offre la structure suivante :
Au-dessous d'une couche subéreuse brune, se voit un parenchyme cortical, contenant de la chlorophylle, de l’amidon et de l'oxalate de chaux et coupé, par places, de cellules pierreuses, qui forment parfois une zone parallèle aux feuillets libériens. Le liber est composé de couches assez régulièrement alternes de parenchyme et de tissu fibreux, que traversent de nombreux rayons médullaires.
L’infusé d'écorce de Marronnier rougit le tournesol, précipite la gélatine, forme un précipité verdâtre par les sels de fer, mais ne précipite pas l’émétique; la potasse le colore en bleu ; le nitrate d’argent y détermine un précipité gris, passant rapidement au noir, ce qui la distinguerait de l’infusé de quinquina, qui fournit alors un précipité blanc permanent (Guibourt). Ces propriétés sont attribuées à deux glucosidcs (Esculine, Fraocine ) et à un tannin particulier (A . Esculotannique).
La Fraxine est un principe découvert par le prince de Salm-Horstmar, dans le Frêne, et retrouvé, par Stokes, etc., dans le Marronnier. Par sa composition (G21 H22 O13), elle se rapproche beaucoup de i’Esculine ; toutefois, Rochleder lui prête une formule différente : G115 H18 O10. Nous aurons à revenir sur cette substance.
L’Esccjline ou Polychrome (G21 H21 O13) se présente en cristaux prismatiques, d’un blanc éclatant et distincts, ou en
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aigrettes. Elle est inodore, amère et légèrement acide, fusible à 160° et décomposée par une chaleur plus élevée. Elle est très peu soluble dans l’éther, peu soluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau et dans l’alcool bouillants. Traitée par les acides dilués, bouillants, elle se dédouble en Esculètine et Glucose :
G21 H24 O13 + 3 Ii2 O rr: GQ Iic O4 + 2 G0 H12 O6
Esculino. Eau. Eseulétine. Glucose.
Selon Mouchon et Monvenoux, l’Esculine est un bon fébrifuge et peut rendre des services contre les névralgies périodiques.
L’Acide Esculotannique ou Tannin du Marronnier d'Inde (G2G H24 O12) existe dans toutes les parties de la plante. Il est soluble dans l’eau, l'alcool, l’éther ; il brunit à l’air ; le chlorure ferrique le colore en vert intense; chaufféà 100°, avec de l’acide chlorhydrique, il devient rouge-cerise; fondu avec la potasse caustique, il se transforme en Phloroglucine et acide Protocatèchique .
La semence du Marronnier, vulgairement appelée Marron d'Inde , renferme une fécule abondante, unie à un principe âcre, qui disparait par des lavages à l’eau froide et mieux avec l’eau alcalisée.
Fremy y a signalé l’existence d’un principe, qu’il pensait être de la Saponine, mais qui, selon Rochleder, serait un corps nouveau, l’ Aphrodescine (G52 H84 O23). Celle-ci diffère de la Saponine, par sa solubilité dans l'alcool et surtout en ce que, sous l’action des alcalis, elle se dédouble en acide Butyrique et en acide Escinique.
Genevoix a retiré de l’embryon du Marron d’Inde une huile, qu’il dit fort efficace contrôla goutte. On obtient cette huile, en traitant la pulpe du Marron d’Inde par l’acide étendu bouillant, qui détruit la fécule et met l'huile en liberté. Celle-ci vient nager à la surface du liquide. Elle a une couleur brun verdâtre, une odeur empyreumatique et une saveur amère. Genevoix n’en retire que 1,1/2 0/0 des marrons non décortiqués; mais Boudeten a trouvé 7,1/2 0/0, dans la pulpe desséchée. Elle forme, avec la potasse, un savon mou, jaune
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pâle et, avec l’ammoniaque, un savon épais, caillebotté, jaune serin.
Selon H. Bâillon, la racine du Marronnier d’Inde serait considérée comme vénéneuse, en Amérique, où on la désigne sous le nom de Poison-Root.
CORIARIÉES Redoul ou Corroyère
Le Redoul (Coriaria myrti folia, L., fig. 452), est un arbrisseau delà région méditerranéenne, offrant les caractères suivants : rameaux tétragoncs, à feuilles opposées, ovales lancéolées, simples, entières, pourvues de trois nervures : 1 médiane ,
2 latérales ; fleurs en grappes, hermaphrodites ou polygames, par avortement ; calice à 5 sépales; corolle à 5 pétales petits , charnus ; 10 étamines libres; ovaire à 5 loges monospermes ; 5 styles astigmates subuiés; fruit à cinq coques
, . , . Fia. 4 )2. — Coriaria myrtifalia.
crustacees,mdehis •
contes, incluses dans les pétales persistants et charnus.
Les fruits du Redoul sont vénéneux. Les feuilles sont aussi dangereuses et causent des vertiges aux animaux, qui en mangent ; leur décocté est, dit-on, très efficace pour détruire les Poux des bestiaux. On les mêle quelquefois frauduleuse-
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ment au séné. Nous indiquerons plus loin les moyens de les en distinguer.
Selon Riban, le Redoul doit ses propriétés vénéneuses à un principe particulier, qu’il a nommé Coriamyrtine.
La Coriamyrtine (C30H30O10) est une substance neutre , blanche, amère, cristallisant en prismes clinorliombiques, peu soluble dans l’eau et dans l’alcool, à peine soluble dans le sulfure de carbone, soluble dans l’éther, le chloroforme, la benzine, bille est anhydre et fond à 220°, en un liquide incolore, qui recristallise à froid. La plupart des bases l’attaquent, en présence de l’eau ; l’acide sulfurique la dissout et la détruit.
La réaction suivante permet de reconnaître la Coriamyrtine, dans les cas d’expertise médico-légale : si l’on traite un milligramme de cette substance par l’acide iodhydrique fumant, à 100°, il se fait un précipité comprenant, avec un peu d’iode réduit, un corps noir et mou. Ce corps étant lavé à l’eau, puis dissous dans l'alcool, donne une liqueur, qui, additionnée de quelques gouttes de soude caustique, prend une couleur rouge pourpre persistante, mais que l’eau détruit.
La Coriamyrtine, administrée à un Chien de forte taille, à la dose de 0ïr,2, a produit des convulsions horribles au bout de 20 minutes et la mort en i h. 15, bien qu’elle ait été rejetée en partie, par les vomissements. 11 n’en faut que 0sr,08 aux Lapins, et seulement 0gr,02en injection sous -cutanée. La mort est due à l’asphyxie et à l’épuisement nerveux. La rigidité cadavérique apparaît avec une grande rapidité.
Les baies du Coriaria sarmentosa , Forst., de la Nouvelle-Zélande, renferment un suc vineux, que l’on peut boire sans inconvénient, à la condition de ne pas en avaler en même temps les graines, qui sont très vénéneuses. 11 en est de même du C. nepalensis.
Le Redoul sert au tannage des peaux, en raison de l'abondance du principe astringent qu’il renferme. On le trouve, dans le commerce, sous forme d’une poudre grossière, verte, inodore, très astringente.