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COLOQUINTE

Co loquinte

La Coloquinte (Cucumis Colocynthis, L.; Citndlus Colocinthis, Schrad.), est une plante originaire de l’Orient, des lies de l’Archipel grec et de l’Afrique.

Elle offre les caractères ci-après : tige cylindrique, sarmenteuse, charnue, cassante, velue, à vrilles courtes ; feuilles pubescentes, pétioléts, à 5 lobes dentés, le moyen plus grand ; fleurs monoïques, solitaires , campa nulées , jaune orangé : les

mâles à 5 étamines triadelphes et à anthères linéaires, rap prochées en cône ; les femelles à 3 stigmates épais et bipartits ; fruit (fi g. 458) gros comme une orange, globuleux, glabre, pourvu d’une écorce mince, coriace et rempli d’une pulpe blanche, spongieuse, contenant des graines roussâtres, nombreuses, ovales, comprimées.

Dans le commerce, cc fruit est dépouillé de son écorce, globuleux, léger, sec, spongieux, blanchâtre et formé surtout par une sorte de pulpe desséchée, provenant du paren chyme des parois, ainsi que des placentaires. 11 est doué d’une amertume très intense, qui se communique aux doigts, quand on touche la Coloquinte.

La Coloquinte (xoÀoxuvOt'ç, de xotX/x, ventre: xivsïv, remuer) est un purgatif drastique, très violent, administré sous forme de poudre , d 'extrait, de teinture. Elle doit ses propriétés à un glucoside(?) que Walz a nommé Colocynthine et à laquelle il attribue la formule C5CH8l023, qui n’a pas été contrôlée.

La Colocynthine se présente sous forme d’une matière amorphe, jaune ou brunâtre, diaphane, friable, soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther ; elle est précipitée de sa dissolution aqueuse, par le chlore, les acides, l’acétate neutre de

Fig. 458. — Fruit de la Coloquinte entier et coupé verticalement.

CÜCUItblTACLËS

plomb, etc., mais non précipitée par la potasse, par l’eau de chaux, etc.

En traitant la Coloquinte privée de ses semences, Faber en a retiré 15 0/0 d’une résine agissant comme drastique, à la dose de 1 2 à 50 milligrammes.

On se sert parfois d’une légère infusion de Coloquinte, dont on mouille le bout du sein des nourrices, à l’époque du sevrage; l’amertume excessive de l’infusion éloigne les enfants; il ne faut pas en abuser, toutefois.

La Coloquinte est employée comme purgatif hydragogue, soit seule, soit associée à la gomme-gutte, contre les hydropisies, surtout contre l’ascite, à la dose de 3 à 30 centigram mes. On lui associe souvent un narcotique (Belladone, Jusquiame) pour pallier les coliques. A dose très élevée, elle détermine une violente inflammation du canal digestif et provoque l’évacuation de matières sanguinolentes. Une dose de 2 à 0 grammes peut amener la mort.

Produits médicinaux de quelques autres Cucurbitacées

Les Semences de Courge (Cucurbita Pepo, L.) ont été préconisées contre le Ténia. Ces semences sont elliptiques-ovales, appointies à leur petite extrémité, qui présente le hile et le micropyle, liés aplaties, longues <le 2 à 2,5 centimètres, larges de 1 à 1,5 centimètres, épaisses de 25 millimètres et pourvues d'un bourrelet saillant, sur tout leur pourtour. Leur enveloppe est formée de trois membranes: une extérieure’ , très mince et transparente; nue moyenne , blanche, épaisse et testacée ; une interne , molle et Vci'dàtre, entourant l'embryon. Celui-ci est formé par deux cotylédons épais, charnus, blancs, riches en matière grasse et par une courte radicule conique, occupant la petite extrémité de la graine.

Les semences de Courge sont administrées sous fermé d'émulsion, On débarrasse l'embryon de ses enveloppes et on le réduit eu une pâte granuleuse, que l'on additionne d'eau et que l'on fait avaler ainsi délayée. Le principe actif de ces semences est inconnu ; mais leurs bons effets sont bien démontrés. La dose varie de 40 à 50 grammes.

On employait jadis en émulsion, comme rafraîchissantes, sous le nom de Semences froides majeures, les graines de la Courge, du Melon (Cucumis Mclo , L.), de la Pastèque (Citrullus vulyaris , Schrad.) et du Concombre (Cucumis sativus, L.).

Les Semences de Nhandirobe (Feuillea cordi folia, L.; lig. 459) sont

IIAMAMÉLIDÈES - HAMAMELIS DE VIRGINIE

usitées, aux Antilles, comme antidote. Ces semences sont larges de 5 à 6 centimètres, irrégulièrement lenticulaires, pourvues d'un épisperme coriace, uni et comme velouté, de couleur fauve plus foncée vers le bord. Leur amande, plate, jaunâtre, huileuse et amère, contient une huile abondante, violemment purgative, employée comme anlirhumatismale et qui sert surtout à l'éclairage.

1*.ü. LU. — Feuille. i cordifolia . A, fragment «le lige portant m fruit ; 13, fruit coupé verti aleinent; C, semence.

Ces semences sont réputées alexipharmaques et préconisées, soit directement et fraîches, soit sous forme de teinture, contre l.i morsure des Serpents et contre les empoisonnements par le Manioc, le Mancenillier, les Poissons vénéneux, etc. Ou les désigne, aux Antilles, sous les noms de Antidote Cacsons, Sequa -, Avilla.

Le fruit des LufJ'a , qui est comestible avaut sa maturité, devient ensuite violemment purgatif. L’extrait du fruit du Luffa purgans, Mart. (Momordica Lu f fa, L. : South American Colocynth , des Anglais; Bucliu , Buchinha, Cabacinlio , des Brésiliens), est employé, au Brésil, comme succédané de la Coloquinte. Selon Holmes, il agit efficacement à la dose de trois grains.

HAMAMÉLIDÉES

K a ni a ni élis de Virginie

L’IIamamélis de Virginie (Hamamelis virginica , L. ; Witch-Hazel et Snapping Ilazel-nut , des Anglo Améri •

HAMAMÈLIDÉES

cains) est un arbuste buissonnant, haut de 5 «à 20 pieds, à tiges nombreuses, tordues, branchues et couvertes d’une écorce lisse, grise, tachetée. 11 habite les halliers et les bois humides de la majeure partie des Etats-Unis, mais est sur tout commun dans les états de New-England, de Pensylvanie et de Virginie. Il fleurit de septembre à novembre et fructifie vers la fin de l’été suivant. Les Indiens lui attribuaient des vertus mystérieuses et s’en servaient dans leurs rites de sorcellerie, d’où le nom d 'Arbre à la sorcière, qu’on lui a donné.

Toutes les parties de la plante contiennent du tannin, et une substance aromatique ( essence 1) non encore connue. Les Indiens en emploient le fruit, dans le traitement des maladies inflammatoires. Les médecins américains en prescrivent les feuilles et l’écorce contre les affections du système veineux et le I)1' Haie le considère comme l’un des plus puissants hémostatiques.

Selon Haie (cité pour R. Serrand), les feuilles et l’écorce ont une odeur agréable, aromatique et une saveur amère, astringente, qui laisse, dans la bouche, un arrière-goût à la fois âcre et sucré.

Nous n’avons pas vu les feuilles d’Hamamélis. H. Guy ( thèses de Paris) les décrit de la manière suivante :

Feuilles alternes, rappelant celles du Noisetier, insymétriques à la base, inégales, dentées, couvertes de poils étoilés, dans le premier âge, et portées par un pétiole court, accompagné de deux stipules, à nervures secondaires parallèles au bord du limbe. (Cette dernière partie de la description doit, sans doute, être incorrecte, car H. Bâillon décrit et figure les feuilles comme penninervièes.) Ces feuilles ont une couleur vert foncé et leur face inférieure offre de petites taches proéminentes.

L’Ecorce d’Hamamélis se trouve dans le commerce, sous forme de lanières longues de 5 à 15 centimètres, plus ou moins cintrées, tantôt pourvues de leur périderme, tantôt privées de cette enveloppe et constituées presque exclusive ment par les couches libériennes. L’épaisseur de celte écorce varie de i/4 de millimètre à 2 millimètres.

1IAMAMKLIS DE VIRGINIE

Les morceaux garnis de périderme sont de deux sortes :

1° Chez les uns, la face externe est lisse, luisante, grisâtre ou gris brunâtre et marquée de quelques verrucosités rares, Unes, à peine saillantes. Ces morceaux proviennent sans doute de jeunes branches, car leur épaisseur ne dépasse guère 1/2 à 1 millimètre, bien qu’ils offrent toutes les parties de l’écorce, sauf l’épiderme.

2° Chez d’autres, plus nombreux, le périderme grisâtre manque et il est remplacé par un périderme d’un fauvecannelle, cassant, lisse ou ridé en travers et marbré de rouille. Ces morceaux ont été détachés de branches plus âgées, dont le périderme grisâtre primitif était déjà tombé. Leur face interne est fauve et lisse ou marquée de stries longitudinales, plus ou moins saillantes, formées par les faisceaux libériens, qui sont parfois un peu exfoliés. L’épaisseur des écorces de cette catégorie varie de 1/2 millimètre à 2 millimètres.

La plupart des fragments sont privés de périderme.

Ces écorces, alors presque réduites à leur portion libérienne, se présentent sous forme de lanières peu filandreuses, ayant à peine 1/4 à 1/2 millimètre d’épaisseur, longues de 5 à 15 centimètres, et ayant une largeur de 1 centimètre au plus. Leur cassure est finement fibreuse. Elles sont lisses et de couleur brun fauve en dehors, avec quelques plaques de parenchyme (?) cortical; leur face interne est lisse, d’un fauve rosé et souvent munie de minces éclats d'un bois blanchâtre.

Lorsqu’ils sont pourvus de périderme, les fragments de cette écorce, offrent la constitution suivante :

1° Un parenchyme plus ou moins subérisé, composé de grandes cellules à grand axe langentiel, et dont quelques-unes renferment une substance brune, résineuse (?).

2° Une couche de sclérencliyme disposée en une zone à peu prés continue, formée de sclérules tangentielles, à paroi canaliculée et à lumen assez large ; ces sclérules sont un peu plus petites que les cellules du parenchyme extérieur. En de certains points, cette zone est plus ou moins échancrée ou interrompue, dans sa portion interne ; ses éléments sont alors remplacés par des cellules à direction tangentielle.

Cauyet, Mat, méd., t. II.

Il AM A NJ ELIDEES

3° Un liber constitué essentiellement par des cellules assez petites, radiales, à parois minces ; ce parenchyme esl occupé par des îlots de fibres polygonales, à lumen punctiforme, et plus petites que les sclérules du parenchyme cortical. Le liber est traversé par de nombreux rayons médullaires, composés d'une seule rangée de cellules radiales, remplies d’une matière d’apparence résineuse.

L’analyse cle l'écorce, faite par le I)r Van der Lspt, y a montré les éléments ci après : cire, tannin, acide gallique, matière colorante rouge, substance aromatique, sels de potasse, de chaux, etc.

Nous avons dit que les médecins américains préconisent l’Hamamélis, contre les affections variqueuses du système veineux et le regardent comme un hémostatique puissant. Dujardin-Beaumetz rapporte que l’emploi de ce remède ne lui a donné de résultats utiles que contre les hémorrhoïdes non compliquées de spasme anal. L'un de ses élèves, le Dr Guy, qui a choisi, pour sujet de sa thèse inaugurale, l’étude des propriétés de l’ITamamélis, ne semble pas avoir une grande confiance dans la valeur thérapeutique de cette drogue. Toutefois, le Dr Serrand, médecin des eaux de Cauterets conclut, de ses recherches, à l 'efficacité de cet agent dans Les congestions passives et lui attribue une action analgésique excessivement rapide. Le Dr Serrand dit en avoir obtenu de bons effets, dans plusieurs cas d’affections catarrhales du larynx, de la conjonctive oculaire et palpébrale et dans deux cas de métritc parenchymateuse chronique. Il a prescrit l’Hamamélis, sous forme de teinture: 1° en boisson (2 gouttes dans une cuillerée d’eau, quatre fois par jour); 2° en lotion (teinture, 20 gouttes; eau, 120 grammes), 3° en attouchements (teinture, 1/3 ; glycérine pure, 2/3), selon les cas.

Les médecins américains emploient l'Hamamélis, sous forme de teinture, d’extrait fluide, de décoction. Voici les formules de ces préparations :

A — Teinture. — 1° Poudre d'écorce d'Jlamamélis, 1 partie; Alcool, 10 parties. On l'administre à la dose de 2 à 5 gouttes.

2° Selon le D1' Guy, on pourra t la préparer comme suit : Pouclrê d'écorce et poudre de feuilles d' Hamamelis, de chaque, 50 grammes; Alcool à 60°, 500 grammes ; faites macérer pendant quatre jours,

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