‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 67 sur 219 · BAIES DE NERPRUN · texte numérisé non relu

BAIES DE NERPRUN

Les baies de Nerprun sont purgatives. Généralement, on ne les fait pas sécher ; on en fait un extrait et surtout un sirop, que l’on emploie à la dose de 15 à 50 grammes, Fleury a trouvé, dans le suc de Nerprun, une substance jaune, cristallisable en chou-ileur, qu’il a nommée Rhamnine. Ce principe paraît être le même que la Chrysorhamnine retirée par Kane delà graine de Perse, et que la Rliamnètine de Gellaty. Lefort lui assigne la formule G12 H12 O5 -h 2 II2 O. Pur et cristallisé, il forme de petites plaques jaunes, translucides. Peu soluble dans l’eau froide, qu’il teint en jaune pâle, il est soluble dans l’alcool chaud, insoluble dans l’éther et dans le sulfure de carbone, très soluble dans les alcalis, d’où les acides minéraux le précipitent, sous forme d’un magma analogue à de la silice hydratée (Fliickiger).

Lefort a trouvé, dans les graines de Perse, une substance neutre, qu'il nomme Rhamnègine et que Schützemberger dit être un glucoside. Ce dernier se dédoublerait, selon l’équation ci-dessous, en un sucre isomère de la mannite et en un nouveau corps nommé Rhamnétine :

Rhamnôgtne. Rhamnétine. Suore.

Winckler a retiré des baies mûres du Nerprun un principe, qu’il a nommé Rhamnocathartine et que Hepp supposait être delà Cathartine. C’est un corps amer, jaunâtre cristallin, soluble dans l’eau et dans l’alcool faible. Il purge à la dose de 1 à 2 décigrammes, chez les enfants et de 5 décigrammes, chez les adultes. Le Dr Strohl, ancien agrégé de la Faculté de Strasbourg, s’exprime comme suit, à cet égard : C’est un purgatif doux, non irritant, non douloureux, bien supporté et pouvant être continué, sans déterminer d’accidents fâcheux. On peut donc en conclure que les baies de Nerprun renferment encore un autre principe âcre, qui provoque des vomissements, amène des coliques et des effets drastiques.

Les baies de Nerprun sont mêlées en Hollande, dit-on, à celles du Troène.

Les baies du Troène (Ligustrum vulgare, L.) s’en

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distinguent par leur suc bleu foncé et par leurs deux loges dispermes .

Flückiger rapporte que, en Belgique, le suc du Nerprun est parfois remplacé par celui des baies de Bourdaine (R h'. Frangula, L.). Les baies de Bourdaine n’ont que deux loges monospermes et leur suc est précipité en pourpre par l’émétique, qui précipite le suc de Nerprun en vert (Flückiger).

Holmes dit que les baies de Nerprun peuvent être aisément confondues avec les fruits du Cubèbe. Elles s’en distinguent facilement par le réceptacle discoïde qui embrasse leur base et par les 4 noyaux qu’elles contiennent.

Graines d’Avignon

On appelle ainsi les fruits desséchés du Nerprun des teinturiers (Rh . infectorius, L.), arbrisseau du midi de l’Europe. Le suc de ces fruits, traité par de la craie, sert à préparer une laque jaune clair, que l'on emploie en teinture, sous le nom de Stil de grain.

Les graines d’Avignon (French Berries , des Anglais) sont ovoïdes, un peu moins grosses qu’un grain de poivre, ovoïdes, grises, un peu ridées, inodores et de saveur chaude. Elles colorent la salive en jaune et sont usitées en teinture.

On trouve, chns le commerce, d’autres fruits employés aux mêmes usages et qui sont fournis par le Nerprun ordinaire ou par des èspèces voisines. Ces fruits sont désignés sous le nom commun de graines accompagné du nom du pays d’origine :

Graines d’Espagne, récoltées en Espagne et dans le midi de la France, sur le R. saxa'.ilis, L., le plus souvent jaunâtres, mais ordinairement moins foncées que les graines d’Avignon ;

Graines d’Italie, recueillies sur le R. infectorius, L , et semblables à celles d’Avignon;

Graines de Hongrie, provenant des R, saxatilis et R. catharticus, L.; elles sont grosses comme un pois.

Graines de Morée, sans doute produites par le R. saxatilis, plus grosses que les précédentes, de couleur jaune pâle et contenant deux noyaux seulement ; elles sont mêlées de pédoncules brisés.

Graines.de Turquie, fournies par les R. saxatilis et R. amygdalinus, Desf., grosses comme un grain de poivre, d’un vert grisâtre,

CASCARA sagrada et bourdaine

et pourvues Je (rois noyaux. Elles viennent de Constantinople et de Smyrne, en sacs de crin couverts de toile ; on en distingue trois variétés, selon leur provenance :

1° Graines de Valachie.— Ce sont les plus grosses, les plus rondes, les plus pleines ; elles ne contiennent pas de bûchettes, mais sont parfois mêlées de grains noirs.

2o Graines de Bessarabie. — Cette variété donne un jaune pur et est très recherchée ; elle est plus régulière et contient très peu de grains noirs.

3® Graines du Levant ou d'Andrinople. — Elles sont analogues aux precedentes, mais renferment plus de grains noiis.

Graines de Perse. — Ce sont les plus grosses et les plus estimées. Elles sont vertes, grosses comme un pois, allongées vers le pédoncule et comprennent 3 ou 4 noyaux, ce qui leur donne une forme tri-tétra* gonale et constitue leur caractère distinctif essentiel. Elles sont produites par les B. amy y dalinus , B. saxatilis et B. oleoides, L., et désignées, selon leur provenance, sous les noms de Graines de Tokat, d' Angora et d'Iskilipp.

On les distingue aussi, selon leur grosseur, en :

Graine de Perse grosse, arrondie, ridée, grosse comme un pois ; c’est la plus riche en matière colorante et la plus recherchée ;

Graine de Perse moyenne, plus petite, moins ridée, de grosseur inégale, sçuvent mêlée de bûchettes ;

Graine de Perse petite, à grains plus petits encore et plus irréguliers.

Les Chinois préparent, avec le suc des fruits des B. utilis et B. chlorophorus, Decaisne, une laque connue sous le nom de Vert de Chine et que les Chinois appellent Lo-Kao, Selon Persoz, le vert de Chine serait une laque calcaire, magnésienne et ferrugineuse, unie à du phosphate d’alumine. Cette laque est insoluble dans l'alcool et dans l’éther; elle se gonfle et se délaye dans l'eau; l'acide acétique favorise sa dissolution, sans l’altérer. On l'expédie en minces lames bleues, à reflets verts ou violacés. Le vert d’aniline en a beaucoup réduit l’emploi.

En Chine, les pauvres emploient, comme Thé, les feuilles du B. theezans, L.

Case ara sagrada et Bourdaine

La Cascara sagrada ou Ecorce sacrée (Sacred Barlt, des Anglais) est l'écorce du Rhammus Purshianus , I)G. (R. alnifolius, Pursh.), arbuste des côtes occidentales de l’Amérique du Nord.

Cette écorce se présente en fragments de longueur variable, plats, cintrés ou roulés, souvent brisés, irréguliers, et dont 1 épaisseur varie de 1 à 4 millimètres. L’aspect exté-

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rieur de ces écorces est loin d’être identique. Certaines rappellent celle du Saule, d’autres celle des vieux Bouleaux, quelques-unes celle du Chêne.

Leur face externe a une teinte générale grise, allant du gris argenté au gris brun et parfois un brun rougeâtre foncé.

Cette face est rarement lisse ; plus souvent elle est ridée ou fendillée, verruqueuse dans les vieilles écorces et presque toujours pourvue de lenticelles fines, ordinairement linéaires, parfois groupées et alors ovoïdes allongées.

Leur face interne , généralement lisse ou très finement striée en long, est parfois munie de plis transversaux, dans les vieilles écorces. Elle a une couleur allant du brun-jaunâtre clair au bistre et même au brun noirâtre.

La cassure de la Cascara sagrada est courte et grenue en dehors, fibreuse au voisinage de la face interne et d’une teinte générale jaune fauve. La section, égalisée au couteau, est d’un blanc jaunâtre en dehors, jaune en dedans. La portion extérieure est formée d’un tissu serré, que traversent de petits îlots grisâtres. La portion interne ou libérienne est grossièrement poreuse, dans les vieilles écorces ; la loupe la montre composée de faisceaux à peine ondulés, au sein desquels se voient des amas radiés, mais non continus, de fibres d’un jaune très clair. Le liber occupe environ les 3/5 de l’épaisseur totale.

L’écorce de Cascara sagrada est assez tendre, sauf en dehors, et se laisse aisément couper au couteau ou écraser sous la dent. Elle possède une odeur un peu nauséabonde et une saveur mucilagincuse, très amère.

Examinée sur une section transversale, elle se montre composée des éléments ci-après (fig. 463) :

Le Suber fs) est peu épais, dans les jeunes écorces, et constitué par des cellules à parois ordinairement minces, mais parfois épaissies en avant et en arrière, amincies sur les côtés et à cavité remplie d’une matière brune.

Dans les vieilles écorces, le suber a disparu; il est remplacé par un périderme plus ou moins épais, formé de cellules carrées, disposées en bandes tangentielles et radiales.

Quand le suber existe, on voit, immédiatement au-dessous

C ASC ARA SAGRADA ET BOURDAINE

de lui, trois ou quatre rangées de cellules tangentielles (p plus longues que celle du suber, pourvues de parois épaisses, incolores et à contenu granuleux, jaune.

Le Par en - /

chyme cortical (p. c.J est composé de cellules polyédriques, irrégulières, contenant parfois des cristaux en rosacefc.cj.il est traversé par des bandes tangentielles decellules quadrilatères allongées, souvent colorées en rouge brun ou con tenant des cristaux rhomboé driques. Dans la portion la plus extérieure de ce parenchyme, se voient des scié rules (c. s.) jaunes, épaisses, irrégulières , groupées en

Fij. 463. — Section d’une écorce de Cascara sagrada. (Regarder les détails à la loupe) *.

amas de forme quelconque, grands ou petits, parfois composés de 2 ou 3 cellules, toujours isolés et non réunis en bandes tangentielles continues.

s ; suber péridermé; p. c.) parenchyme cortical ; 1.) liber • fi nbres libériennes; o.c.) cellules à cristaux.

c,s\) {cellules scléreuses;

HIIAMNEES

Fia. 4G4.

Fibres ligneuses grossies.

Le Liber (l) offre deux parties bien distinctes :

a) Une externe formée par des faisceaux de largeur varia ble, que séparent des rayons médullaires à 2-3- 4 rangées de cellules. Ces faisceaux se composent de trois sortes d’éléments: 1° un 'parenchyme cellules polyédriques, minces, contenant de l’amidon; 2° des cellules à cristaux, plus grandes, souvent subarrondies, ponctuées, parfois isolées, plus ordinairement disposées en bandes sombres, irrégulières, en général non continues et composées de 1 à 3 rangées de cellules; 3° des fibres (fig. 463 f et fig. 464) moins grandes que les cellules ambiantes, do couleur jaune et rassemblées en îlots, tantôt dispersés par petits groupes, tantôt disposés en bandes tangenti elles. Ces îlots peuvent être longs ou courts; ils ne comprennent guère que 1 à 2 rangées do fibres ; rarement celles-ci forment 3 ou 4 rangées.

p) La portion interne du liber constitue à peine le 1/5 de l’épaisseur totale de cette couche. Elle se distingue de la portion externe, par l’absence presque complète de cellules à cristaux et renferme quelques fibres réunies en amas allongés ou non.

L'Écorce de la Bourdaine ( Rh . Franyula, L. ), qui ressemble un peu à la Cascara, en diffère : 1° par sa teinte d’un gris noirâtre, plus foncé; 2° par ses lenticelles ordinairement plus saillantes ; 3° par sa face interne rouge brun, parfois presque noire; 4° par sa cassure rosée ou rougeâtre, non jaune, plus grenue, peu fibreuse en dedans, offrant de nombreux îlots des sclérules grisâtres, qui sont disséminées, soit à la fois au sein du périderme et dans le parenchyme cortical, soit dans ce dernier seulement. Les groupes les plus extérieurs de ces sclérules forment une zone linéaire, située au voisinage du suber, dans les jeunes écorces, et occupant un point quelconque du périderme, dans les écorces déjà vieilles (fig, 465).

La Bourdaine est à peu près inodore. Selon Bentley et Trimen,elle a une saveur douce, agréable; nous lui avons trouvé une saveur d’abord mucilagineuse, puis faiblement amère, avec une légère âcreté.

CASCARA SAGRADA ET BOURDAINE

1 10‘ fccth.ms t.-a nsversales do d, ux écorces de Bourdaine : A, jeune • B fl„xn .

Ip t CnPumUSeS; D' Suber'- E' «“«»• contenant un S ’en Vosfc ! -F, fibres libér.ennes ; - G, rayon médullaire et tissu libérien - n ™ '

contenant un cristal rhomboédrique. (Regarder les détails à la loupe ) ’ °

Gauvet, Mat. méd., t. II.

RIIAMNÉES

Cette écorce offre une constitution histologique peu différente de celle de l’écorce de Gascara sagrada. Elle s’en distingue par les caractères ci-après (fig. 3) : i° La portion extérieure du parenchyme cortical renferme une zone scléreuse continue ; dans les vieilles écorces, cette bande occupe le voisinage du périderme, au sein duquel se voient aussi de nombreux îlots de cellules scléreuses; le parenchyme cortical des vieilles écorces renferme encore, outre de nombreux amas de cellules scléreuses, une deuxième zone de cellules de ce genre, zone séparée du parenchyme cortical extérieur, par une étroite bande de périderme ( p.i .). 2° Les rayons médullaires du liber sont habituellement composés d'une seule rangée de cellules. 3° Les faisceaux libériens sont formés d’un parenchyme assez régulier, souvent remplacé par des amas de fibres plus petites que les cellules ambiantes et pourvues d’une cavité large, remplie d’une matière rougeâtre. Ce parenchyme renferme quelques cellules à cristaux en rosace. 4° Les amas de fibres occupent parfois toute l’épaisseur du faisceau, sur une certaine longueur; ils sont généralement entourés d’une série de cellules cubiques, contenant un cristal de même forme. 5° La portion interne du liber offre une structure presque identique à celle de la portion externe ; elle contient des amas de fibres disposées en une sorte de zone discontinue.

L’écorce de Cascara sagrada fut préconisée d’abord en Amérique, par le D'Bundy, contre les constipations opiniâtres. Les propriétés de cette écorce ont été constatées par un grand nombre de médecins (américains, anglais, allemands, russes, etc.). Le Dr Landowski l’employa, le premier, en France et Dujardin-Beaumetz en a étudié les effets. Dujardin-Beaumetz administre la Cascara, soit en poudre (0,25, matin et soir), soit sous forme d’ extrait fluide 1 (30 à 60 gouttes). Cet extrait fluide nous semble être une mauvaise préparation.

i Traiter, dans un appareil à déplacement, 500 grammes de poudre par 900 grammes d’alcool à 60°; distiller la liqueur, pour en séparer la majeure partie de l’alcool; le résidu (environ 300 grammes) est ensuite réduit à 150 grammes, par évaporation directe etPon y ajoute de l’alcool distillé, en Q. S. pour ramener son volume à 500 centimètres cubes.

CASCARA SAGRADA ET BOURDAINE

Nous nevoyonspas l’utilité de médicaments de cette nature et nous en condamnons l’usage, pour les motifs suivants: 1° L’aspect trouble et l’amertume des potions auxquelles on ajoute l’extrait fluide inspirent de la répugnance aux malades; 2° la nécessité d’agiter la potion, chaque fois qu’on en boit, doit en amener rapidement la fermentation; 3° enfin, cet extrait est loin de posséder l’activité de la poudre, puisqu’on en doit prescrire lgr,25 à 2g‘',50, alors que 5 décigrammes de poudre suffisent généralement, pour atteindre le même résultat. La poudre, administrée sous forme de cachets ou de pilules, est donc beaucoup préférable, à moins quoie malade ne puisse avaler de substances solides.

Les expériences faites par le I)r Eymerv, dans le service de Dujardin-Beaumetz, ont donné les résultats suivants:

La Cascara produit , au bout de cinq à six heures, deux ou trois selles presque toujours solides; la médication doit être continuée pendant quinze jours, trois semaines et même un mois.

L’action purgative ne se continue pas, si l’on cesse l’emploi de la poudre, après les deux ou trois premiers jours.

Au bout d’une ou deux semaines d’administration journalière, on peut diminuer progressivement les doses, en les espaçant de plus en plus, jusqu’à ce que les selles paraissent se produire spontanément.

La Cascara sagrada semble n’avoir pas été analysée. Limousin dit que, si, après en avoir enlevé le périderme, on en touche la face externe avec de la potasse, il se produit une belle coloration rouge, indice de la présence de l’acide chrysophanique. Les sections transversales de cette écorce, traitées par un alcali caustique, se colorent, en effet, en un rouge vineux, surtout apparent dans les rayons médullaires et dans la portion interne du liber. Mais l’acide chrysophani que ne préexiste pas dans l’écorce de Bourdaine, qui donne la même réaction avec les alcalis. Cet acide peut être produit par la décomposition de la Cathartine de Lassaigne ( acide Cathartique , de Dragendorff), que Rossbach dit exister dans la Bourdaine, quoiqu elle n’y ait pas été signalée par Casselmann, ni par Binswanger. La coloration rouge semble

RHAMNEES

devoir être attribuée plutôt à un principe ( Franguline : G20 H18 O9 H2 O) étudié par Casselmann et par Faust, principe que les alcalis virent au rouge et qui paraît idendique à la Rhamnoxanthine de Buchner, kY Avornine de Kubly. Toutefois, on verra plus loin que la Franguline existe en plus forte proportion, dans les vieilles écorces de Bourdaine, que dans les jeunes, et que ces dernières sont plus vivement colorées en rouge, par les alcalis.

La prédominance de la Franguline, dans les vieilles écorces de Bourdaine, alors qu'il est bien démontré que ces dernières sont moins purgatives que les jeunes écorces, tend à montrer que ce glucoside n’est pas le principe actif de la Bourdaine et, par suite, de la Gascara. En tout cas, l’acide chrysophanique, qui ne purge pas à la dose de 5 décigrammes, ne peut être l’agent efficace de ces écorces. Peut-être cet agent inconnu est-il analogue à 1 'Evonymine, signalée dans l’écorce de Wâlioo (Evonymus atropurpureus, Jacq.) et qu’il ne faut sans doute pas confondre avec l 'Evonymine de Rœderer, substance amère cristalline, retirée des baies du Fusain d' Europe (Ev. europieus, L.).

Il ressort de la discussion ci-dessus, que le principe actif de la Gascara n'a pas encore été isolé. L’un de nos anciens élèves, M. Eparvier, pense l’avoir trouvé. Bien que nous ayons toute confiance dans son habileté professionnelle et comme, d’ailleurs, il n’a pas publié son procédé, nous devons attendre que l’expérience ait confirmé sa manière de voir.

Tout porte à croire que l’action de la Gascara est due à une matière voisine de la Matière résineuse jaune, trouvée par Gasselmann, dans la Bourdaine et qui est peutêtre la même chose que la Matière amère, de nature résineuse, retirée du même végétal, par Binswanger.

Si l’action de la Gascara est due à une matière résineuse, comme l’analogie de cette écorce avec celle de la Bourdaine permet de la supposer, il est naturel d’admettre que l’alcool à 60° employé à la préparation de l’extrait fluide ne dissout qu’une partie de cette matière. Il en résulte la confirmation de la remarque faite au sujet de l’activité moindre de cet extrait.

L’écorce de Bourdaine a été analysée par Gerber, Bins-

CASCARA SAGRADA ET BOURDAINE

wanger, Büchner, etc. On y a trouvé : de la Franguline ; deux résines, l’une soluble. dans l’éther, l’autre insoluble dans ce véhicule, mais soluble dans l’alcool ; une matière amère , aussi de nature résineuse ; un peu de tannin ; une matière extractive, etc. Selon Rossbach, elle contient de Y acide Cathartique , qui en serait le principe actif, une matière colorante et de la Franguline. Toutefois, aucun autre auteur n’y mentionne la présence de l’acide cathartique.

A l’exception de la Franguline, aucun des principes signalés ci-dessus, dans la Bourdaine, ne semble avoir été étudié chimiquement.

La Franguline (G20 H20 O10, ou C2Û H18 O9 4- H2 O ) se présente en masses cristallines, jaune-citron. Elle est presque insoluble dans l’eau ; peu soluble dans l’éther et dans l’alcool froids; soluble dans l’alcool chaud, dont elle se sépare à froid ; très soluble dans les huiles grasses bouillantes, dans la benzine et dans l’essence de térébenthine.

Elle fond à 249° (Casselmann) ou à 226° (Faust) et se sublime. Les alcalis la dissolvent et prennent une coloration pourpre magnifique. Sa solution ammoniacale, d’abord incolore, rougit au bout de quelques temps ; traitée par un acide, cette solution laisse précipiter la Franguline intacte (Faust).

La Franguline est colorée en rouge, par l’acide sulfurique. L’acide azotique froid la dissout, sans l’altérer; à chaud, il la décompose en acide oxalique et en un autre acide (Ac. Nitrofrangulique . de Casselmann).

Selon Faust, la Franguline est un glucoside, offrant les propriétés d'un acide faible et qui, sous l’influence des acides, se dédouble en sucre et en acide Frangulique :

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