PERSIL
Gette racine a une odeur aromatique faible et une saveur un peu âcre, rappelant celle de Ta Carotte. Elle a une écorce assez épaisse, jaune marbré de brun et un corps ligneux jaunâtre, spongieux, que traversent de larges rayons médullaires.
Le Fruit du Persil (fig. 468 : 1,2) est verdâtre, long de 2 à 3 millimètres, large de 2 millimètres (1 : a, b) arrondi à la base, atténué au sommet et comprimé latéralement. Il diffère du fruit de l’Anis, en ce qu’il est plus petit , plus allongé , non pubescent, de couleur plus foncée et garni de dix côtes saillantes , blanchâtres . Sa coupe transversale (fig. 468 : 3)montre, dans chaque méricarpe, uneamande pentagonale, à côté interneplus grand que les 4 autres côtés; chaque angle du pentagone est occupé par la section blanche de l'une des côtes et chaque vallécule offre un canal oléo-résineux, rempli d’une matière brunâtre, d’apparence mielleuse. La face commissurale est pourvue de deux canaux oléo- résineux.
Le fruit du Persil exhale, quand on le froisse, une odeur forte, aromatique, térébenthinée, ce qui le distingue du fruit de l’Æthuse. Ce dernier a une odeur vireuse et nauséabonde; il présente une forme plus arrondie, avec des côtes plus épaisses et plus saillantes.
Joret et Homolle ont trouvé, dans les fruits du Persil, les substances suivantes : une huile essentielle ; une matière grasse cristallisable, fusible à + 23° et appelée Beurre de Persil; une matière de nature pectique (?), sans doute analogue à celle que Braconnot découvrit dans la plante entière et qu’il nomma Apiine ; un liquide jaunâtre, huileux, non volatil, plus dense que l’eau, d’une saveur et d’une odeur particulières, qui a reçu le nom d ’Apiol; de la chlorophylle , du tannin , etc.
L’Apiine (G2*H28 013, Planta et C*7 1^0*6, Gerichten) est un corps encore assez mal défini, sans doute, et dont les propriétés varient avec le mode de préparation employé pour l’obtenir. Selon Braconnot, c’est une matière pectiniforme ; pour Planta et Wallace, c'est une substance pulvérulente, fusible à 180° ; enfin, d'après Lindenborn et Gerichten, c est un corps cristallisable en aiguilles soyeuses, fusibles à 228°. Ce principe est surtout remarquable par la coloration rouge
OMBELLIFÈRES
de sang, que le sulfate ferreux donne à sa solution aqueuse. Traitée par l’acide chlorhydrique étendu, l’Apiine se déJouble en glucose et en Apigénine (G15 H*° O5).
L'Apiol est un corps assez mal défini, jaunâtre, huileux, d’odeur de Persil, de saveur âcre et piquante, surtout développée dans l’arrièrebouche. Il a une densité de 1,078 à + 12», se trouble à — 12°, sans se solidifier, ne se volatilise pas et brûle sans résidu. Il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l'éther, le chloroforme. Il paraît essentiellement composé par un principe analogue au Garvol, mais de composition différente, que l’on nomme Camphre de Persil et que Gerichlen appelle aussi Apiol (G12 H14 O4). Cette sorte de camphre ne semble pas avoir été expérimentée au point de vue de ses propriétés physiologiques.
Administré à faible dose (1 gramme), l’Apiol de Joret et Homolle détermine une excitation cérébrale légère ; à la dose de 2 à 4 grammes, il produit une sorte d’ivresse comparable à celle du haschisch ou à l'ivresse quinique. On l’a préconisé, comme fébrifuge, à la dose de 1 ou 2 grammes et contre l’aménorrhée et la dysménorrhée. Il parait utile dans les cas, d’ailleurs nombreux, où les excitants sont recommandés. On le prescrit ous for e de capsules gélatineuses.
Ammi
On a décrit, sous ce nom, des fruits provenant sans doute de diverses plantes.
Pomet dit que le véritable Ammi vient d’Alexandrie et de Crète ; il lui attribue une saveur amère, avec une odeur aromatique, rappelant celle de l'Oignon et du Thym.
G. Planchon le rapporte, avec réserve, au Ptycliotis fœniculi folia, DC. et il le décrit comme suit : Fruits très petits, longs de 3 millimètres, larges de 2 millimètres, ovales, comprimés par le côté, glabres, marqués de côtes blanchâtres, saillantes, au nombre de 5, sur chaque méricarpe. La coupe transversale d’un méricarpe donne une section réniforme, dont la partie convexe représente les 3/4 d’un cercle. Le péricarpe contient, sur chaque face dorsale, 4 bandelettes correspondant aux vallécules et, sur chaque face commissurale, 2 de ces canaux oléo-résinifères.
Selon Planchon, Y Ammi a une faible odeur d’Ache, et une saveur âcre, amère, aromatique. L’Ammi décrit par cet auteur n’est donc pas celui de Pomet et, par suite, n’est pas la sorte officinale.
AMMl
Au reste, G-. Planchon dit qu’on a donné aussi, comme étant le véritable Ammi, les* fruits du Pt. coptica, DG., plante de Crète et d’Égypte. Mais, pour lui, ces fruits ne sont pas ou ne semblent pas être l’Ammi officinal, celui qu’Anguillara nomme Ammi odore Origani et que Pomet appelle Cumin <V Ethiopie.
Il est à croire que le véritable Ammi des anciens est V Ajowan des bazars de l’Inde, fourni par le Pt. coptica. Telle est l’opinion de Hanbury et Flückiger, ainsi que celle de Dujardin-Beaumetz, qui traitent de l’Ajowan,sous le nom de Fruits cV A mmi. D’ailleurs, Holmes, Bentley et Trimen et H. Bâillon n’en mentionnent pas d’autre.
L 'Ammi copticum, L. (Ptychotis coptica et Ptych. Ajoioan, DG. ; Ligusticum Ajowan, Roxb.; Carum copticum, Benth.; Carum Ajowan, Bentl. et Trim.) est une herbe annuelle, à tige dressée, rameuse, haute de 30 à 90 centimètres, cultivée en Égypte, en Perse et surtout dans l’Inde, où on l’ap pelle Ajoioan, Ajvan et Joan.
Lesfruits d’ Ammi (fig. 469) sont de grandeur variable, longs de 1 à 2 millimètres, brun grisâtres, renflés, cou verts de nombreux tubercules très petits et pourvus d'une odeur analogue à celle du Thym. Ces deux derniers caractères les font aisément distinguer des fruits de VApium graveolens, de VA. involucratum et de VA. petroselinum , aux quels ils ressemblent par la forme et par la grosseur (Holmes).
Chaque méricarpe offre 5 côtes saillantes, séparées par des vallécules brun foncé, qui contiennent une seule bandelette. Naturellement, il existe 2 bandelettes sur la face commissurale. Les fruits ont une saveur aromatique, piquante.
Fio. 4G9. — Fruit d'AjoWüii. entier et coupé transversalement (très grossi).
Stenhouse on a retiré uue huile volatile, d’odeur aromatique, agréable, d’une densité de 0,896. Abandonnée, sous une basse température, à l’évaporation spontanée, cette huile laisse déposer un stéaroptène cristallin, vendu dans les bazars du Deccan, sous le nom de Ajwain-ka-phul , qui signifie fleurs d'Ajtoain. Ce stéaroptène s’accumule aussi à la surface de l’eau distillée des fruits d’Ajowan. Stenhouse et Haines ont affirmé son identité avec le Thymol du Thym (G10 H14 O) ; Ii. Millier a montré l’exactitude de cette opinion. Quant à l’huile assentielle, qui reste après séparation du stéaroptène, elle est, suivant Stenhouse, isomérique avec l’essence de térébenthine. Haines d’abord, puis H. Müller, l’ont regardée comme étant du Cymol, essence que l’on trouve dans le Cumin, la Ciguë vireuse et le Thym.
Les Hindous emploient l’Ajowan comme condiment. O11 l’a prescrit aussi contre la goutte. L’eau distillée de ces fruits figure dans la Pharmacopée de l’Inde ; elle est réputée carminative et elle est usitée aussi comme un véhicule des substances nauséeuses.
On substitue parfois, à l’Ajowan, les fruits de Y Ammi majus, L. et ceux du Sison Amomum , L. Ces fruits n’en ont ni l’odeur, ni les tubercules caractéristiques.
Hanbury et Flückiger rapportent que les semences de la Jusquiame noire sont nommées Khoràsàni Ajovan , dans l’Inde, et pourraient, à cause de cela, être confondues avec les fruits de l’Ajowan. Pour éviter la confusion, il suffit de se rappeler que les semences de la Jusquiame sont grises, réniformes et ponctuées.
Carvi
Le Carvi (Carum Carvi , L. ; Bunium Carvi , Bieb.; fig. 470) est une plante bisannuelle, commune dans les prairies et les terrains humides du nord et du centre de l’Europe, mais qui habite également le nord de l’Afrique, le Caucase, l’Himalaya, etc. On le cultive surtout en Allemagne, en Russie, en Hollande et même en Islande, pour ses fruits, qui sont employés comme épice, dans les pays du Nord.
CARYI
Le Fruit du Carvi (fi g. 471).est oblong, gris-brun terreux, long de 5 millimètres, large de 3 millimètres et assez fortement comprimé perpendiculairement à la commissure. La sec-
Fio. 470. — Carum Carvi. Fia. 471. — Fruit du Carvi, entier et
coupé transversalement (très grossi).
tion transversale de ce fruit est sub-hexagonale, avec des faces courbes, limitées parles côtes médiane et intermédiaires, plus saillantes que les deux côtes latérales. La section des méricarpes est pentagonale, mais avec prédominance de la face commissurale. Cette section montre, dans le péricarpe, l’existence de G bandelettes oléo- résineuses, dont 4 grandes, occupant les vallécules intermédiaires et latérales, 2 plus petites, situées de chaque côté de la face commissurale.
OMBELLIFÈRES
Dans le commerce, les akènes sont généralement isolés et alors allongés, amincis aux deux extrémités.
Le Carvi a une saveur chaude et une odeur forte, aromatique; on l’emploie comme carminatif, en infusion ou en poudre. Dans le nord de l’Europe, il sert de condiment ou d’épice, pour les légumes et les sauces ; on en met aussi dans les confitures, les gâteaux, le fromage, etc.
On mange parfois la racine de la plante ; cette racine est également aromatique.
Essence de Carvi. — Les fruits de Carvi fournissent de 3 à 9 0/0 d’une huile volatile, d’abord incolore et fluide, mais qui s'épaissit à l’air et devient jaunâtre. Cette huile a une densité de 0,975 et une odeur rappelant celle des fruits. Elle est neutre et dextrogyre. A peine soluble dans l’eau, elle se dissout dans 3 parties d’alcool à 85° et en toutes proportions dans l’alcool absolu. Elle dissout la fuchsine à froid et la réduit à chaud. Quand on la mêle à l’iode, il se produit une élévation de tem pérature et un dégagement de vapeurs; il en est de même avec les acides sulfurique et azotique. Avec l’acide sulfurique, le mélange devient un peu trouble et prend une couleur brune jaune rougeâtre, qui passe au rouge par addition d’alcool; la chaleur le clarifie et il se colore en rouge framboisé.
L’essence de Carvi se compose d’environ 1/3 de Carvène (C10 II i6) et de 2/3 de Carvol (C10 H14 O). Ces deux principes sont dextrogyres. Cette propriété seule distingue le Carvol du Carvi, du Carvol de la Menthe crépue (Spearmint, des Anglais), qui est lévogyre.
Le Carvol est liquide, bout à 250° et a l’odeur du Carvi. Le Carvène est incolore, très fluide, bout à 173° et possède une odeur agréable, mais faible.
Anis vert
L’Anis vert ( Pimpinella Anisurn , L. ; fig. 472) est une plante annuelle, indigène de l’Asie Mineure, de l’Archipel grec et de l’Egypte. On le cultive dans certaines parties chaudes de l’Europe, ainsi que dans l’Inde et l’Amérique du Sud, pour ses fruits employés comme stimulants et carminatifs.
anis vert
Les Fruits de l’Anis vert (fi". 473) sont ovoïdes-oblongs, striés et couverts de poils courts et rudes, constitués par les cellules épidermiques allongées et un peu arrondies à leur extrémité. Ces fruits sont d’ordinaire entiers, longs d’environ
Fio. 472. — Pimpinella Anisum. Fig. 473. — Fruit de l'Ants vert, entier
et coupé transversalement(très grossi).
4 millimètres, pourvus de 10 côtes claires, filiformes, les marginales plus saillantes ; leurs vallécules contiennent chacune plusieurs bandelettes.
La section transversale du fruit a la forme d’un octogone à faces courbes; elle montre une semence arrondie sur son pourtour extérieur, plane sur la face commissurale, qui est légèrement bombée en son milieu et offre une série continue
O.MBELLIFÈRES
de canaux oléo -résineux (30 environ, pour chaqueméricarpe), dont 6 plus larges, occupant la face commissurale.
Les fruits de l’Anis ont une odeur aromatique particulière, une saveur piquante et sucrée. On les distingue, selon leur provenance, en plusieurs variétés :
L'Anis de Russie , qui vient par Odessa : il est petit, noirâtre, âcre et peu estimé ;
L'Anis de Touraine , qui est vert et plus doux ;
L 'Anisd'Albi, qui est plus blanc et plus aromatique;
L'Anis de Malte ou d’ Espagne, qui est le plus estimé.
On retire des fruits d’Anis, par distillation, une huile volatile, surtout employée à la préparation de liqueurs de table.
L’Essence d’Anis est un liquide plus ou moins épais, d’abord incolore, puis jaunâtre, d’une densité variant de 0,977 à 0,983, mais pouvant, avec l’âge, s’élever à i,075.
Cette essence a une odeur agréable d’Anis et une saveur douce, aromatique; elle se soldifie entre + 10° et -|- 15° et redevient liquide à -h 17°. Elle est neutre au papier de tournesol, se dissout dans 2,5 parties d’alcool à 85° et en toutes proportions dans l’alcool absolu, l’éther, les huiles fixes et volatiles. Elle réduit la fuchsine à chaud et ne la dissout pas à froid. L’iode la solidifie subitement, avec dégagement de chaleur et de vapeurs colorées. L’acide sulfurique la colore en rouge sombre et la décompose en deux substances : l’une fluide, claire ; l’autre, épaisse et rouge sombre.
L’essence d’Anis contient deux substances différentes : un hydrocarbure liquide, présentant la composition de l’essence de térébenthine ; un principe oxygéné, YAnéthol (C10 H12 O), sorte de camphre qui s’y trouve sous deux états : solide et liquide. L’Anéthol s’obtient en exprimant les cristaux entre des doubles de papier buvard, puis en les purifiant par plusieurs cristallisations dans l’alcool à 85° et par plusieurs pressions successives. La substance obtenue est en paillettes éclatantes, d’une odeur d’Anis agréable. Elle est friable à 0°, fusible à -h 18°, volatile à -+- 222’, inaltérable à l’air et d’une densité à peu près égale à celle de l’eau.
On a falsifié l’essence d’Anis, avec de Y alcool, delà gela-
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tine, du blanc de Baleine, de Yalcoolè de savon, des huiles grasses, etc.
Ces falsifications sont facilement reconnues, par les moyens suivants :
h' alcool, en agitant l’essence avec de l’eau, qui devient laiteuse ;
La gélatine , en traitant l’essence par l’eau et ajoutant à l’eau, soit de l’alcool, soit de la teinture de noix de galle, qui précipitent la gélatine ;
Le blanc de Baleine, en agitant l’essence avec de l’alcool, qui dissout l’huile volatile et précipite le corps gras;
L 'alcoolè de savon, en traitant l’essence par de l’eau ; cette dernière devient mousseuse et donne un précipité blanc, avec les sels de chaux ou de plomb ;
Les huiles fixes . en versant quelques gouttes de l’essence sur un papier, que l’on chauffe ensuite : il reste une tache grasse, non dissoute par l’alcool.
L’essence d’Ànis étoilé ne peut être distinguée de celle de l’Anis vert.
Selon Flückiger, on trouve parfois des fruits de Ciguë, dans l’Anis. La forme si différente de ces deux fruits permet de reconnaître leur mélange, par un simple examen à la loupe (v. Ciguë). La présence de la poudre de fruits de Ciguë, dans la poudre d’Anis est. d’ailleurs, aisément dévoilée, par la propriété que possèdent les fruits de Ciguë de dégager une odeur forte et pénétrante (Conicine), quand on les triture avec une solution alcaline caustique.
Fruits de Phellandrie
La Phellandrie, aussi appelée Fenouil d’eau et Ciguë d'eau
(Phellandrium aquaticum, L ; Œnanthe Phellandrium , Lamk.; fig. 47 4) est une plante bisannuelle, à tige fistuleusc. épaisse, garnie, sur chacun de ses nœuds, d’un cercle de racines adventives. Elle vit dans les marécages de la majeure partie de 1 Europe, ainsi que dans ceux du centre et du nord de l’Asie.
OMBELLIFÈRES
Ses fruits (fig. 475) sont brunâtres, un peu luisants, ovoïdes-allongés, glabres, régulièrement striés, longs de 3 à 5 millimètres, un peu atténués au sommet, qui porte 5 dents calicinales dressées, petites, subulées. Ils sont un peu com-
Fig.474. — Phellandrie. Fig. 475. — Fruit de Phellandrie, entier
et coupé transversalement (très grossi).
primés latéralement et pourvus de lû côtes, dont les dorsales sont arrondies, avec la médiane plus saillante et les latérales ou commissurales plus développées, subaiguës ; ces côtes sont séparées par des vallécules peu profondes, vis à-vis de chacune desquelles se voit une bandelette ; chaque face commissurale présente deux bandelettes.
Sur la section transversale, la face ventrale des graines se montre légèrement convexe.
Les fruits de Phellandrie ont une odeur aromatique peu