ANGÉLIQUE
Mœnch. ; Archangelica officinalis, Hoffm.) est une plante bi-trisanuelle, originaire du nord del’Europe, delà Bohême, de la Suisse et des Pyrénées. Elle est cultivée, dans les jardins, pour l’arome agréable que dégagent toutes ses parties.
On emploie en médecine ses fruits et sa racine.
Les Fruits d’Angélique sont blanchâtres, elliptiquesoblongs, comprimés, longs de 7 millimètres, larges de 5. Chacun de leurs méricarpes est pourvu de cinq côtes, dont trois dorsales assez rapprochées, un peu épaisses, subailées et deux marginales membraneuses, élargies, beaucoup plus grandes que les autres.
Sur la coupe transversale (fig. 480), le péricarpe se montre creusé de nombreux canaux résineux, petits, très rapprochés les uns des autres.
Les fruits de l’Angélique ont l’odeur et la saveur aromatiques des autres parties de la plante. Ils entrent dans la composition de la liqueur carminative, appelée Vespetro.
La Racine d’Angélique (fig. 481)
Fig. 480. — Section transversale d'un fruit d'Angélique, grossi.
Fig. 4SI. — Racine d’Angélique.
est exportée surtout de la Bohême. Elle se compose d’un corps central, long de 3 à 5 centimètres, épais de 2 à 3 | centimètres, surmonté par les débris des feuilles radicales J et portant un grand nombre de racines secondaires fascicu- : lées. Elle est ridée et brunâtre en dehors, d’un blanc sale en
OMBELLIFÈRES
dedans. Le corps central, qu’il faudrait appeler une souche, présente une moelle assez développée, qui manque dans les vraies racines (ici nommées racines secondaires) . L’écorce est spongieuse, moins épaisse que celle de la racine de Livèche et pourvue de faisceaux libériens plus colorés que le parenchyme ambiant. Le bois est gris brunâtre, à cassure cireuse, avec des faisceaux bruns, séparés par de larges rayons médullaires et pourvus de vaisseaux assez développés. Le parenchyme cortical, surtout dans sa portion libérienne, contient de larges réservoirs oléo-résineux, disposés en séries radiales.
La racine d’Angélique a une odeur forte, mais agréable ; sa saveur, d’abord douce, puis amère, est âcre et musquée. Cette racine est très hygrométrique et facilement attaquée par les Insectes ; aussi convient-il de la dessécher avec soin, puis de la conserver dans des vases secs et bien clos.
La racine d’Angélique renferme une huile volatile, un principe cristallin (Angèlicine), sans doute de nature résineuse, un acide particulier (ac. Angélique), de Y acide Valérique, du tannin, des malates, du sucre, etc.
L’Acide Angélique (C5 H8 O2 ?) cristallise en prismes clinorhombiques incolores, à saveur acide et piquante et à odeur aromatique particulière. Il est soluble dans l’eau chaude, dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles. Il fond à 45°, bout à 185° et brûle avec une flamme brillante et fuligineuse ; chauffe seul ou avec de l’acide sulfurique concentré, il se transforme, sans altération, en acide méthylcrotonique. La potasse en excès et chaude le décompose en acides acétique et propionique. On l’extrait de la racine d’Angélique et de l’huile de Croton ; on le prépare aussi au moyen de l’essence de Camomille romaine ou de la Peucédanine.
L’extrait alcoolique d’Angélique, étant repris par l’eau, on obtient une substance semi-fluide, formée par un mélange d’huile volatile et d’Angélicine. Cette substance a une odeur agréable : elle est connue sous le nom de Baume d'Angélique.
L’Angélique est excitante et stomachique.
On prétend que la racine de l’Angélique sauvage (Angelica
IMPERATOIRE
sylvestris, L.), est parfois substituée à celle de l’Angélique officinale. Guibourt conteste cette assertion et dit que la racine du commerce est constituée par l’Angélique vraie, -cultivée dans les jardins et récoltée à la fin de la deuxième année.
La racine de l’Angélique sauvage s’en distingue par les caractères suivants : elle a une écorce relativement très mince, spongieuse et contenant un petit nombre de canaux oléo-résineux ; son bois est ligneux, très développé et de couleur jaune pâle ; son odeur est plus faible et moins agréable que celle de l’Angélique vraie.
Impératoire
L’Impératoire (Imperatoria Ostruthium, L.
Ihium, Koch ;
Peuceclanum Ostru-
. fig-
482), est une plante •vivace, indigène des Alpes de la Suisse, rare dans les Vosges et dont la souche, traçante, oblique et fusiforme, est parfois employée, sous le nom de racine d,' Impératoire.
La Racined’Impératoire se trouve, dans le commerce, en fragments longs de ôàlOcentimétres, épais de 1 à 2 centimètres, bruns, rugueux, un peu aplatis, plus renflés vers le sommet, qui présente les restes de la tige. Elle est marquée d'annulations transversales et garnie de tubérosités, indices des racines détruites.
Cette racine est fibreuse et jaune verdâtre a l’intérieur. Elle a une odeur aromatique, forte, analogue
Fig. 482. — Impératoire.
OMBELLIFÈRES
celle de l’Angélique, mais moins agréable, une saveur aromatique, âcre. C’est un stimulant assez énergique, à tort non usité.
Sur une section transversale, elle se montre composée d’une écorce un peu épaisse, jaunâtre ou jaune verdâtre, recouverte par un suber brun et traversée par un certain nombre de grosses lacunes olèo-rèsineuses, disposées en série simple ou double, au voisinage du pourtour extérieur du parenchyme. Dans sa portion interne, elle offre des faisceaux libériens , coniques, espacés, exactement superposés aux faisceaux ligneux. Ces derniers sont coniques, à peine plus développés que ceux du liber, auxquels ils se juxtaposent par leur base: l’ensemble des deux parties des faisceaux libéro-ligneux a une section générale fusiforme. Entre le bois et l'écorce, se voit une mince zone cambiale. La moelle est grande et creusée de cavités oléorésineuses, surtout réparties vers sa périphérie.
Le racine d’Impéraloire contient une résine, une très faible quantité d'huile volatile et surtout un principe particulier, découvert par Schlatter, qui l'a appelé Peucéclanine.
La Peucédanine cristallise en aiguilles groupées concentriquement, inodores, incolores, fusibles à 81-82° et qui se prennent, par refroidissement, en une masse amorphe, ayant l’aspect de la cire. Elle est insoluble dans l’eau, même à chaud, peu soluble dans l’alcool froid, plus soluble dans l’alcool chaud et surtout dans l'éther, les huiles grasses, les essences. On lui avait d'abord prêté la formule C12 H12 O3 ; mais Hlasiwetz et Weidel ont prouvé que, sous l’action de l'acide chlorhydrique concentré, bouillant, elle se transforme en chlorure de méthyle et Orosélone (C14H1204); sa formule est donc C1GH16 04, comme le montre l’équation :
C4G H16 O 4 + 2 HCl = C44 H12 O4 4- 2 CH3 Cl
Peucédanine. Acide Orosélone. Chlorure.
chlohrydrique. de méthyle.
Sumbul
L’origine et la nature de la plante productrice du Sumbul ont été longtemps inconnues. La drogue n’arrivait aux marchands de Bockara, qu’après avoir passé par plusieurs mains. En 1868, Fedtchenko en obtint quelques racines encore vivantes, qu’il remit au jardin botanique de Moscou, où l’on reconnut que le Sumbul est une Ombellifère. Depuis cette époque, on a découvert que le Sumbul croît sur les montagnes de Mogucane (ou de Maghian), dans le Turkestan. Selon Wittmann, on le trouve aussi dans les régions qui bordent le fleuve Amour.
Cette plante a reçu différents noms : c’est YEuryan-
SUMBUL
f/ium Sumbul , de KaufFmann ; Y Angelica moschata, de Weiggers ; Y Hyalolaena Severzovii, de Regel et Herder; le Sumbulus moschatus , de Lungershausen ; le Ferula Sumbul , de Hooker, f.. Enfin, H. Bâillon la rapporte au genre Peucedanum et la nomme Peuc. Sumbul.
Regel et Herder lui donnent les caractères ci-après : Plante de lm,20, à racine fusiforme, grosse comme le pouce, au moins, longue de 15 à 30 centimètres et garnie d’une écorce grise ; tige à peine plus grosse que le doigt, à la base, arrondie, sillonnée, rouge cendré et pubescente en bas, verdâtre et presque glabre au sommet; feuilles à divisions linéaires-sétacées : les inférieures longues de 60 centimètres, larges de 20 centimètres, les supérieures naissant de la tige avec les ombellules, placées autour de l’ombelle principale ; ombelles composées, à rayons très nombreux ; ombelle terminale à seize rayons, dont : dix fructifères, longs de 16 centimètres et six avortés ou plus jeunes, longs de 6 centimètres ; fruit à coupe transversale décagone ; méricarpes à cinq côtes longitudinales, ailées et gonflées, à bandelettes hyalines, tortueuses, obtuses.
Selon Hooker , le Sumbul offre les caractères suivants : Plante vivace, à racine fusiforme (fig* 483), longue Fio. 483. — Racine de Sumbul, entière.
d’environ 30 centimètres, spongieuse, blanche, gorgée d’un suc laiteux fétide et couronnée par la base des feuilles en voie de destruction ; tige dressée, haute d’environ 3 mètres, striée, épaisse d’environ 3 centimètres à la base ; feuilles pubérulentes : les radicales tripennatipartites (fig. 484), larges de 90 centimètres, deltoïdes, vert pâle ; rachis cylindriques, les secondaires renflés à la base ; segments foliaires cunéiformes-
OMBELLÏFÈRES
rhomboïdes, à nervure en éventail à bords crénelés-obtus ; les caulinaires imparfaites, peu nombreuses, subsessiles. Inflorescence, allongée, grande, à contour oblong, formée de branches éparses, étalées- dressées, portant des ombelles composées, rarement opposées, sans involucre, larges de
Fig. 484. — Inflorescence et feuille de Sumbul. Fig. 4S5. — Fruit du
Sumbul *.
3 à 6 centimètres, et formées de 6 ou 10 rayons portant chacun une ombellule d’environ vingt fleurs jaunes, petites, pressées les unes contre les autres et à pédoncules très courts. Galice presque nul; pétales incurvés, triangulaires-lancéolés, acuminés. Étamines à anthères jaunes, cà filets courts, incurvés, insérées autour d’un disque aplati, sinueux, cupuliforme. Styles très courts, récurvés, obtus, à stylopodes petits, enfoncés dans le disque. Méricarpes (fig. 485) offrant
* A, face dorsale; — B, face commissurale.
SUMBUL
chacun quatre bandelettes très larges, situées entre les côtes dorsales et deux petites, occupant les faces commissurales.
Le Sumbul vient en Europe, par la Sibérie. A l’état frais, cette racine est gorgée d’un suc laiteux fétide, qui prend, avec l’càge, l’odeur persistante d’un musc putréfié (H. Bâillon). A l’état sec, elle est en tronçons épais de 2 à 4 centimètres, longs de 5 à 10 centimètres et dont le pourtour offre de nombreuses franges circulaires; leur tranche est fibreuse et d’un brun pâle, marbré de blanc. Vue à la loupe, cette tranche offre de nombreuses gouttelettes résineuses. Elle est formée de fibres grossières, irrégulières, facilement séparables, qu’entoure une sorte d’écorce ridée, un peu sombre ou légèment brune.
Sur une coupe transversale (fig. 486), cette racine se montre formée d’une zone ligneuse constituée par un assemblage irrégulier de faisceaux ligneux et de rayons médullaires, cou tenant de l’amidon. Ges faisceaux limitent une moelle à gros éléments, dont le pourtour offre des canaux résineux. L’écorce est spongieuse et formée surtout de lamelles libériennes, mélées de réservoirs oléo- résineux.
La racine de Sumbul a une saveur d’abord douce, puis amère et balsamique, laissant dans la bouche un arôme très vif, qui se communique cà l'haleine. Elle a une odeur forte et franche de musc.
Reinsch y a signalé la présence d’une huile volatile , de deux résines balsamiques et de deux acides : X acide Sumbularnique, qui a une odeur forte de musc; X acide Sumbulique, qui paraît identique à l’acide Angélique.
Les propriétés du Sumbul ont été étudiées surtout par les
Fig. 480. — Racine de Sumbul.
OMBELLIFERES
médecins russes. C’est un stimulant nerveux, employé contre les fièvres adynamiques, la dysenterie et la diarrhée à forme asthénique, contre le choléra, le delirium tremens, la chlorose, l’aménorrhée, la dysménorrhée, etc.
Selon Muravieff, la résine en est le principe actif. Cette résine est obtenue à la manière de celle du Jalap. Elle est blanchâtre, transparente, de saveur acide, brûle' sans résidu et se ramollit entre les doigts.
Stromeyer prescrit le Sumbul sous forme de teinture.
Depuis quelques années, on importe de Chine une Fausse racine de Sumbul , évidemment fournie par une plante différente. Flückiger dit, à ce sujet, que, selon le professeur Dymock, de Bombay, on parfume, avec du musc, la racine d’ Ammoniaque, pour l’expédier en Europe, sous le nom de Sumbul. Cette fausse racine diffère beaucoup de la vraie.
Aneth
L’Aneth (Aneth um graveolens , L. ; A. Soioa, Roxb.; Pastinaca Anethum , Spreng. ; Pcucedanum graveolens, Hiern.) est une plante haute de 20 à 90 centimètres, commune dans les moissons, dans le midi de l’Europe, l’Egypte, la Perse, l’Abyssinie, etc. Elle était jadis cultivée, par les Grecs et les Romains, pour ses fruits réputés fortifiants. Selon Bentley et Trimen, la plante cultivée dans l'Inde (A. Soioa, Roxb.) diffère de la nôtre, par ses fruits un peu plus longs et plus étroitement ailés, tandis que la plante abyssinienne est une forme un peu plus petite.
Le Fruit d’Aneth (fig. 487) est brunâtre, ovoïde -lenticulaire, très comprimé sur le dos. Chacun
Elu. 4c>7 — Fruit de F Aneth *.
* a) de grandeur naturelle; b) un peu grossi et vu par les faces dursale et commis urale; c) coupé transversalement ; d) très grossi.