PRODUITS DES SUMACS - MASTIC
Le Sumao vernis (Rh. Vernisa , L.); de a Chine et du Japon et le Poison Sumac ou Arbre à Pipa (Rh. venenata , DG,), de l’Amérique du Nord, fournissent un suc vénéneux.
Le Sumac vénéneux (Rh toxicodendron, L,; fig. 508)etle Lierre du Canada (Rh. radicans, L.) sont doués de propriétés redoutables. Ces deux plantes, assez généralement regardées comme variétés d’une même espèce, diffèrent en ce que la. première a des tiges dressées, avec des folioles incisées, pubescentes en dessous, tandis que la deuxième a des tiges couchées, radicantes, avec des folioles glabres, presque entières.
Le Sumac vénéneux est inscrit au nombre des substances officinales, portées sur la liste secondaire de la Pharmacopée des États-Unis; il figurait jadis dans les Pharmacopées de Londres et de Dublin. Ses feuilles contiennent un suc vénéneux, très âcre, noircissant à l’air et constituant une excellente encre à marquer le linge. Il suffit, dit-on, de toucher ce végétal, pour que la main se couvre de pustules. Lorsqu'on s’expose à ses émanations, la peau est rapidement envahie par des plaques rouges et même par des boutons plus ou moins volumineux. Cette action irritante paraît due à un principe hydrocarbure, mal défini, signalé par van Mons et qui disparaît par la dessiccation.
Selon Orfila, le Sumac vénéneux, frais, agit à la manière des poisons narcotico-âcres. L’extrait préparé avec le suc non dépuré de ses feuilles a été préconisé contre les dartres invétérées et contre certaines paraplégies; les homéopathes l’emploient contre le rhumatisme,
Holmes dit que la teinture de Lobélie est réputée propre à com battre les effets produits par les émanations de la plante.
Mastic
Le Mastic est une térébenthine solide, obtenue par incision du tronc et des branches du Lentisque (Pistacia Lentiscus , L.), arbrisseau répandu dans toute la région méditerranéenne et qui s’étend des Canaries jusqu’à la terre des Somalis. Selon Hildebrandt, il acquiert la taille d’un arbre, dans ce dernier pays, où on le nomme Hess.
Le Lentisque est principalement cultivé à - Chio et c’est de cette île que provient le Mastic du commerce; mais, d’après Orphanidès, on pourrait en récolter également dans les autres îles de l’Archipel.
Le Mastic est contenu dans des canaux résineux, situés exclusivement dans l’écorce. On l’obtient à l’aide d’incisions verticales, très peu profondes, pratiquées, vers le milieu de juin, sur le tronc et sur les grosses branches. On a le soin de net-
terèbinthacèes
toyer le sol au-dessous des Lentisques; souvent, même, on le recouvre de pierres plates. Le suc durcit rapidement et se dessèche assez vite, pour que la récolte en puisse être opérée au bout de 15 à 20 jours. Un bel arbre peut, dit-on, en fournir de 8 cà 10 livres par année. Les jeunes rameaux laissent découler spontanément une résine de très belle quaqualité. La récolte du Mastic est faite par des femmes et des enfants.
Les marchands de Gliio distinguent 4 sortes de Mastic : les deux plus belles, récoltées sur l’arbre, sont appelées KuMaroet «I>Xi<Txapi ; on nomme rivjTTx celui qui est recueilli à terre et <I>Àouoy. le plus mauvais. La majeure partie de la résine est consommée dans les pays turcs, surtout à Constantinople. On l’importe en Europe, par voie de Trieste, de Marseille et de Vienne. L’Angleterre en consomme fort peu.
Le Mastic se présente sous forme de larmes de couleur jaune pâle, tantôt sphériques, oblonguesou piriformes, tantôt aplaties et irrégulières. Les sortes inférieures sont en larmes distinctes ou plus souvent agglutinées en masses irrégulières ; elles ont une coloration brune et sont moins t ransparentes que celles de bonne qualité ; habituellement, elles sontsalies par des matières terreuses, des débris d’écoroe et d’autres impuretés végétales.
Les larmes sont, en général, poussiéreuses et subopaques au dehors; mais, lorsqu’elles ont été lavées, leur surface est luisante. Leur cassure est toujours vitreuse, conchoïdale et transparente ou, parfois, nn peu opaline.
Cette résine a une saveur aromatique et dégage une odeur agréable, balsamique, un peu térébinthacée, surtout quand on la frotte ou, qu’on la chauffe; elle devient molle et ductile sous la dent, se ramollit à 99J et fond à 108°. Sa densité est de 1,0G.
Le Mastic contient une petite quantité d’huile volatile; c’est donc une oléo-résine. Il se dissout, à chaud, dans la moitié de son poids d’acétone, mais la solution se trouble, par le refroidissement; l’éther, l’essence de térébenthine et l’essence de Girofle le disolvent. L’alcool froid en dissout 90 0/0 et laisse une substance ( Masticine ou Bêta résine de Mas -