BAUMES DE MYROXYI.ON
( Myroxocar pine : G*4 H34 O3), cristallisant en prismes incolores, minces, longs de près de 3 centimètres et qui appartiennent au système bi-oblique.
Par digestion du fruit, dans un liquide alcoolique, on obtient une matière appelée Balsamito.
Le Baume de Sonsonate est peu soluble dans l’alcool et plus soluble dans l’éther. Il contient une matière grasse, provenant, sans doute, des semences et qui en a été extraite par l’expression des fruits.
Baume de Tolu. — Ce Baume découle spontanément et surtout par incision du Myroxylon Toluifera, H. B. K. ( Myros permum Toluiferum, A. Ricli. ; Toluifera Balsamum , AJill., L.; Toi. Balsamum , a, genuina , H. Baill. ; Myrosp. Ilanburyamcm, Kl.), arbre toujours vert, de 20 à 25 mètres de hauteur et dont les branches les plus basses sont souvent à 10 ou 20 mètres du sol. Cet arbre habite la Colombie (Turbaco, Rio-Magdalena, Maranhon) et le Vénézuéla ; il parait avoir été introduit aux Antilles, notamment à Cuba.
Pour recueillir le Baume, on pratique à l’arbre des incision en forme de Y et, à la pointe de ce V, l’on pratique une cavité, dans laquelle on fixe une calebasse delà grandeur d’une tasse à thé. D’autres fois, on laisse le Baume découler jusqu’au bas de l’arbre, où on le reçoit sur de grandes feuilles d’une espèce de Calatliea. Les incisions faites à un même arbre peuvent atteindre le nombre de vingt et l’extraction du Baume s’cft’ectue pendant au moins S mois de l’année. Quand le bas de l’arbre est, pour ainsi dire, criblé d’incisions, le récolteur en pratique d’autres, à l’aide d’une échelle. Il esta croire que la matière résineuse, ainsi enlevée à l’arbre, n’est pas le résultat exclusif d’une excrétion, car, à la longue, l’arbre s’épuise et son feuillage devient moins touffu.
Le Baume ainsi récolté était jadis expédié dans des calebasses ou dans des potiches. Il vient maintenant dans des boîtes en fer-blanc du poids d’environ 3 kilogrammes.
A l’état récent, il a la consistance d’une térébenthine épaisse et glutineuse, d’un brun clair. Il devient ensuite grenu, plus ferme et de couleur fauve ou rousse. Son odeur est alors très suave et rappelle celle du benjoin et de la vanille. Sa saveur
LÉGUMINEUSES - PAPILIONACÉES
est douce et parfumée. Si on le conserve longtemps, il durcit, devient sec, cassant, cristallin, très friable et de couleur brun rougeâtre; mais il se ramollit, même à la chaleur de la main, et coule comme de la poix. En couche mince, il est transparent. Les vieux échantillons offrent une cassure brillante et cristalline, une couleur ambrée foncée et une odeur plus délicate, quoique plus faible ; en même temps, la saveur est devenue un peu âcre, ce que l’on attribue à la transformation partielle de son essence en acide cinnamique. Ce vieux baume, écrasé entre deux lames de verre chauffées, se montre composé d’une grande quantité d’acide cinnamique.
Le Baume de Tolu se trouve, dans le commerce, sous deux états : 1° wow, c’est-à-dire, récent; 2° sec. C’est sous ce dernier état qu’il se présente le plus souvent ; mais sa consistance n’est jamais alors bien grande ; il suffit, en effet, delà moindre élévation de température, pour le rendre coulant et lui faire prendre la forme du vase qui le renferme.
Distillé avec de l’eau, le Baume de Tolu fournit 1 0/0 d’une sorte d’huile essentielle, appelée Tolène (G10 LI1G) ; cette essence bout vers 170° et s’oxyde rapidement à l’air.
Par distillation destructive, il donne divers principes, entre autres du Phénol et du Styrol.
Il contient, en outre, de Y acide cinnamique , mais pas d’acide benzoïque, selon Caries ; toutefois, Busse dit y en avoir trouvé. Kopp en a séparé deux résines (oc, [3), auxquelles il donne les formules ci-après :
Résine a = G18 H1S O4 Résine p = C18 H20 O
11 ne renferme pas de cinnaméine, ni de styracine.
Le Baume de Tolu est soluble dans l’acide acétique, l’acé— 1 tone, l'alcool, le chloroforme, la potasse caustique; il est moins soluble dans l’éther, à peine soluble dans les huiles volatiles, insoluble dans le sulfure de carbone et dans la benzine. 11 ne se mêle aux corps gras, qu'à l’aide d’un intermède (cire\ alcool , glycérine).
Selon Gerhardt, la petite quantité de matière huileuse qu’il renferme et la rapidité avec laquelle il perd l’état mou sont deux caractères qui le distinguent du Baume du Pérou.
ÉCORCE D’ALCORNOQl'E - GENÊTS ET CYTISES 433
On falsifie fréquemment le Baume de Tolu, avec de la colophane, de la térébenthine et des résines. Cette fraude est décelée par l’odeur,' que répand le baume en brûlant.
Selon Ulex, le Baume pur, traité par l’acide sulfurique cencentré, fournit une liqueur rouge-cerise, sans dégagement d’acide sulfureux. S’il est additionné de colophane, il dégage de l’acide sulfureux et la liqueur devient d’un brun noirâtre.
Si l’on traite, par le sulfure de carbone, le baume additionné de colophane, celle-ci est dissoute et le sulfure n’eniève au baume que de l’acide cinnamique (Flückiger).
Écorce d’Alco moque
L’écorce de ce nom est produite par le Bowdichia virgilioides, H. B. K., arbre de Vénézuéla, découvert près de l'embouchure de l’Orénoque.
Elle est en morceaux aplatis ou légèrement cintrés, épais de 6 à8 mi'limètres, d’un brun foncé au dehors et pourvus de verrues couleur de rouille, avec des crevasses longitudinales et transversales, creusées dans le suber; celui-ci se détache parfois et met à nu un parenchyme brun rougeâtre. La face interne est jaunâtre et striée en long.
Celte écorce a une texture grenue, dans les trois quarts de son épaisseur et feuilletée dans sa portion interne et libérienne. Sa section transversale se montre composée des éléments ci-après : suber épais, à cellules minces, entremêlées de cellules contenant une matière brune résineuse ; le parenchyme cortical offre des groupes de cellules pierreuses, disséminées dans un tissu formé de cellules minces, à contenu brun rougeâtre. Au voisinage du liber, les groupes de cellules pierreuses forment des sortes cl'üots quadrilatères, disposés en couches alternant avec le parenchyme, en même temps qu’ils sont rangés en séries radiales. Dans le liber, ces îlots sont rapidement envahis par des fibres, qui finissent par se substituer aux cellules pierreuses; ils alternent, d’ailleurs aussi, avec un parenchyme analogue à celui de la couche corticale.
L’écorce d’Alcornoque est amère et astringente. On l’a préconisée comme un spécifique de la phtisie et comme un succédané de l'Ipéca-
cuanlia.
Genêts et Cytises
La plupart des plantes du genre Genista, L., possèdent des propiétés cathartiques. On cite principalement, dans nos contrées, le Genêt des teinturiers (G. tinctoria , L.), le Genêt
Cauvkt, Mat. mèd., t. II. <5
LEGUMINEUSES - PAPILIONACEES
purgatif (G. purgeons, DG.), le Genêt herbacé (G. sagittalis, L.), le Genêt d’Espagne ( G . juncea , Desf.) et le Genêt à balais (G. scoparia , Lamk.). Ce dernier est surtout usité, en Angleterre, comme hydragogue.
Le Genêt à balais est un arbrisseau vivant dans les bois et dans les landes sablonneuses de beaucoup de contrées de l’Europe ; sa hauteur varie de 50 centimètres à 1"’,50. On emploie ses sommités ou ses jeunes pousses herbacées, sous forme de décoction ou bien l’on prépare, avec son suc, une alcoolature, que l’on dit très active.
Stenhouse a découvert, dans les jeunes pousses de cette plante, deux principes immédiats, de propriétés bien differentes : la Scoparine et la Spartèine.
La Scoparine (G21 H22 Oi0) est un corps neutre ou légèrement acide, cristallisant en houppes jaunâtres ou en cristaux jaunes étoilés, peu solubles dans l’eau bouillante et dans l’alcool. D’après Iilasiwetz, la Scoparine est un corps analogue à la Quercétine ; fondue avec la potasse, elle se dédouble, en effet, en Phloroglucine (G6 HG O3) et en acide Pyrocatèdnque (2 G7 H6 O4), en même temps qu’il se forme de l’acide carbonique et de l’eau.
Ce principe a été préconisé comme diurétique, à la dose de 25 à 30 centigrammes.
La Spartèine (G15 H26 Az2) est un alcaloïde huileux, incolore, plus dense que l’eau, qui la dissout à peine. Elle bout à 287° et distille à 180-181°, sous une pression de 20 millimètres. Le brome la transforme en une masse rouge résineuse; liode, en solution éthérée, la convertit en un periodure (G15 H26 Az2 l3), qui cristallise, dans l’alcool, en belles aiguilles vertes. Elle se combine avec les acides, surtout avec l’acide sulfurique en excès, pour donner des sels cristallisables, très amers.
La Spartèine est un poison violont : une seule goutte suffit pour tuer un Lapin.
Selon Nothnagel, ses effets physiologiques se rapprochent de ceux de la Goniine. Toutefois, G. Sée dit qu'elle agit sur le cœur, sans affecter la digestion, ni le système nerveux. Le sulfate de Spartèine , employé à la dose ;de 10 centi-