‹ Nouveaux éléments de matière médicaleChapitre 97 sur 219 · GENÊTS ET CYTISES · texte numérisé non relu

GENÊTS ET CYTISES

grammes, parait avoir une action analogue à celle de la Digitale et de la Gonvallamarine, mais plus prompte et plus durable.

Le sulfate de Spartéine semble indiqué, lorsque le myocarde a fléchi, soit par altération de son tissu, soit quand il est insuffisant, pour compenser les obstacles à la circulation. Lorsque le pouls est irrégulier, intermittent, arrythmique, le sulfate de spartéine rétablit rapidement le type normal. Quand, enfin, la circulation est ralentie, ce médicament paraît obvier immédiatement au trouble fonctionnel, tout en augmentant ou maintenant la force acquise du muscle (G. Sée).

Reinsch a signalé aussi, dans le Genêt à balais, la présence d’un principe amer, cristallisable, encore peu connu.

La décoction des sommités de cette plante (15 à 30 pour 1000) est prescrite contre l’hydropisie avec albuminurie, à la dose de 2 cuillerées à bouche, toutes les heures.

Le Cytise des Alpes ( Cytisus alpinus, L.) et le Cytise faux Ébénier ou Aubours (C. Laburnum , L.) sont réputés éméto-cathartiques et diurétiques. Leurs fleurs, employées en place de celles du faux Acacia, pour la confection de beignets, ont déterminé des empoisonnements graves, paraissant dus à l’un ou l’autre des alcaloïdes, que l’on a nommés Cytisine et Laburnine.

La Cytisine (G20 H27 Az3 O) fut trouvée par Chevallier et Sassaigne, dans les graines de l’Aubours, sous forme d’une matière amorphe, blanc jaunâtre, déliquescente et vénéneuse, ayant l’apparence de la gomme arabique. Husemann et Marmé l’ont obtenue à l’état de cristaux non déliquescents, de saveur amère, puis caustique, fusibles à 154°, et se sublimant en longues aiguilles. Cet alcaloïde déplace l’ammoniaque de ses combinaisons ; il se dissout dans l’eau et dans l’alcool faible ; l’éther, la benzine, le chloroforme et le sulfure de carbone le dissolvent à peine. L’eau bromée et l’iodomercurate dépotasse le précipitent en jaune orangé; l’acide nitrosulfurique le colore aussi en jaune orangé.

La Cytisine est vénéneuse ; elle provoque des vomissements et détermine la mort par asphyxie.

La Laburnine est retirée des gousses et des graines non

LÉGUMINEUSES — PAPIUONACEES

mûres des Cytises. Elle parait être un amide. Elle ne bleuit pas le tournesol et elle ne se combine pas aux acides ; la potasse en dégage de l’ammoniaque. Elle se présente en gros prismes rliomboïdaux, solubles dans l’eau, moins solubles dans l’alcool, presque insolubles dans l’éther. Elle est très vénéneuse.

Semences de Fenugrec

Le Fenugrec ( Trig“onella fœnum-græcuyn, L.) est une plante annuelle, cultivée pour ses semences mucilagineuses, «à odeur forte, spéciale, non désagréable, déjà signalée dans l’écorce mucilagineuse de l’Orme rouge (v. t. I, p. 552).

Les semences de Fenugrec sont rhomboïdales, jaunes, demi-transparentes. L’éther en extrait une huile grasse, amère et fédide. L’alcool, ajouté à une solution concentrée de l’extrait aqueux, en précipite environ 28 0/0 d’une matière mucilagineuse. Cette matière est produite par une couche de cellules à parois cornées, à peine distinctes dans la graine sèche. De Lanessan, qui a donné une bonne section transversale des téguments du Fenugrec, est porté à croire que cette couche est formée par un albumen réduit. Outre que, en général, les Légumineuses sont apérispermées, la constitution même de la figure donnée par de Lanessan tend à montrer que la portion mucilagineuse appartient au légume.

En effet, en examinant cette figure, on y voit de dehors en dedans : 1° une couche épidermique; 2° une couche de cellules en palissade, très grandes; 3° une zone de 4-5 séries de cellules du parenchyme. (Ces diverses parties semblent appartenir au testa, qui aurait ici une composition analogue à celle d’une feuille); 4° au-dessous de ce parenchyme, se voit une série simple de cellules nettement distinctes, par leur dimension et leur forme, qui rappellent celles des cellules épidermiques du testa; 5° cette couche recouvre une zone relativement épaisse, formée de cellules cornées, dont les plus extérieures seules ont des contours définis et que l’on doit rapporter à un parenchyme (analogue à celui du testa.

INDIGO

Cette zone, qui constitue la portion mucilagineuse de l’enveloppe, est exactement appliquée sur le tissu cotylédonaire et, par suite, nous paraît constituer le tegmcn de la graine, avec la couche simple (n° 4) qui la surmonte.

La poudre des semences de Fenugrec était jadis réputée émolliente et résolutive. C’est à ce titre que ces semences entrent dans la composition de Y Huile de mucilage et dans les Farines résolutives. Les Arabes les emploient comme aphrodisiaques.

Indigo

L’Indigo est une matière colorante bleue, extraite de diverses especes de plantes, appartenant à plusieurs familles. 11 est surtout fourni par des Légumineuses du genre Indigofera, L. (fig.

517), dont voici les caractères : calice à 5 dents aiguës ; étendard arrondi ; ailes aussi longues que la carène, qui est gibbeuse ou éperon née ; étamines diadelphes ; style filiforme, glabre; gousse cylindrique ou tétragonale, droite ou recourbée; semences ovoïdes, tronquées et comme cubiques, séparées par des étranglements de la gousse ; feuilles imparipinnées, i-3-multifoliolées.

Fig. 517. — Indigotier.

Les Indigofera producteurs de l'Indigo sont les suivants :

I. tinctoria , L., cultivé dans presque tous les pays chauds, surtout

LEGUMINEUSES - PAPILION AGEES

dans l’Inde, à Java, en Chine, dans la Nouvelle-Calédonie, au Sénégal, dans l'Afrique centrale, dans l’Amérique du Sud.

I. Anil, L., ordinairement appelé Indigotier bâtard , espèce originaire de l'Inde et naturalisée en Amérique.

I. argentea, L., cultivé en Égypte, en Arabie et dans l’Inde.

I. Caroliniana, dont on devrait essayer la culture en Europe.

Les I. disperma, I. pseudo-tinctoria, I. hirsuta, I. angusti folia, I. tri foliota, I. sericea, I. cytisoides, I. glabra, I. glauca, etc. sont cultivés aussi, mais moins communément.

L’/. tinctoria fournit abondamment un Indigo de qualité médiocre. Les I. Anil, I. argentea , I. disperma produisent un Indigo moins abondant, mais de très bonne qualité.

Ou retire aussi de l’Indigo de plusieurs autres Légumineuses ; telles sont : les Galega officinalis, L., et Gai. tinctoria, W. ; le Podalyria tinctoria, W. ; le Cytisus spinosus, L. ; le Trifolium pratense. Ces plantes ne sont guère exploitées. Les végétaux ci-après servent aussi parfois à l’extraction de l'Indigo, mais ils sont le plus souvent utilisés directement en teinture : \e Polygonum t inctorium, Lour. et le P. Chinense, ainsi que l'Isatis indigotica (Tein-ha ou Tein-Cliing des Chinois) sont employés en Chine; selon Robert Fortune, le dernier surtout fournit un Indigo pâteux, réservé pour la teinture du coton et pour colorer les thés verts; le Nerium tinctorium , Rotll, est exploité à Salem; les Indiens du Mexique emploient le Sericographis Mohitli en teinture et pour se peindre le corps; VEupatorium tinctorium est cultivé en Algérie. Enfin, pendant le blocus continental, sous le premier Empire, on cultiva l'Isatis tinctoria, L., plante commune en Europe et qui fournit un Indigo d'assez bonne qualité.

Le mode d’extraction de l’Indigo varie avec les localités :

1° Au Bengale et au Sénégal, on fauche les plantes au moment de la floraison, on les dispose par couches, dans des cuves en maçonnerie, appelées trempoires et on les fait macérer dans environ 3 fois leur poids d’eau. Lorsque, au bout de quelques heures, la fermentation s'est établie, la surface de l’eau se couvre d’une écume violacée et d’une pellicule cuivrée. Le liquide est alors soutiré et conduit dans une autre cuve nommée batterie , où on l’agite avec des bâtons ou des palettes. Sous cette action, la liqueur bleuit et laisse déposer des flocons d’indigo. On accélère la précipitation de ce dernier, en ajoutant au liquide un peu d’eau de chaux. L’Indigo étant séparé par décantation, on le recueille, on l’égoutte et on le fait bouillir, avec de l’eau, pour lui donner plus de cohésion. Enfin, le dépôt ainsi obtenu est égoutté, puis soumis à la presse et divisé en pains.

INDIGO

2° Sur la côte de Coromandel et dans l’Archipel indien, on sépare les feuilles des tiges et on les fait sèclier au soleil ; puis, on les comprime fortement et on les emmagasine. Au bout de 3 semaines, ces feuilles sont concassées et mises à macérer pendant 2 ou 3 heures, dans la trempoire, avec 3 ou 4 fois leur volume d’eau. Le liquide filtré est conduit dans la batterie , où il est vivement agité et additionné de un demilitre d’eau de chaux, par kilogramme de feuilles sèches. Le dépôt est traité comme dans le premier procédé, puis entassé dans des barriques, où il subit une seconde fermentation, pendant laquelle il se recouvre d’une efflorescence blanche. On le fait ensuite sécher définitivement.

3° Les Chinois, ainsi que les indigènes de Java et des Philippines traitent la plante entière ou triturent et pétrissent les feuilles fraîches, avec de la terre glaise et teignent directement avec ce mélange (Penneticr).

4° Les nègres de l’Afrique centrale pilent les feuilles, avant la floraison et en font des boules, objet d’un grand commerce à l’intérieur.

Bernardin dit que cet Indigo parait de bonne qualité et devrait être essayé en Europe.

La diversité de l’origine, des procédés employés et surtout des soins apportés à la fabrication de l’Indigo déterminent né- • cessairement des différences dans la nature de cette substance, selon la localité productrice. Il en résulte un grand nombre de sortes commerciales, désignées chacune par un nom particu lier et dont il est inutile d’exposer ici les caractères.

L’Indigo du commerce se présente sous forme de pains cubiques, de fragments diversiformes et de boules ou d’olives irrégulières, de grosseur variable.

Sa couleur varie du bleu clair au bleu violet, au bleu cuivré, au bleu noirâtre ou au bleu verdâtre. Il existe, dans la collection de la Faculté de Lyon, un Indigo d’Australie, qui a une coloration grisâtre, tirant sur le bleu ardoisé.

L’Indigo de bonne qualité est léger, insipide et inodore : mais à chaud ou en grandes masses, il exhale une odeur spé ciale. Sa cassure est terne, puis, homogène ; sa pâte est sèche, friable; il happe à la langue et prend un éclat cuivré,

LEGUMINEUSES - l’APILIONACl'ES

lorsqu’on le frotte avec le dos de l’ongle. Projeté sur des charbons ardents, il dégage des bulles de vapeurs pourpres, formées par de l’ Indigotine, et laisse un résidu charbonneux.

L’Indigo n’est pas un principe immédiat ; il est constitué par une matière colorante, additionnée de substances diverses. Ceci se conçoit, en raison des procédés à l’aide desquels on le prépare. Outre sa matière bleue spéciale ( Indigotine ), il contient d’ordinaire aussi des matières extractives, rouges ou brunes, qui lui communiquent des propriétés importantes. La proportion de ces principes, appelés Indigo rouge et Indigo brun , varie avec les sortes. Gomme ils donnent aux étoffes des teintes à nuances renforcées, très appréciées, les Indigos riches en principe brun ou en principe rouge sont fort recherchés par les teinturiers. Enfin, l’Indigo renferme aussi une substance azotée-, dite Gluten d'indigo et des matières minérales.

Girardin et Preisser ont trouvé dans un Indigo du Bengale cuivré bon ordinaire : Eau: 5,7; Gluten d'indigo: 1,5: Brun d'indigo : 4,6 ; Rouge d'indigo : 7,2 ; Indigotine : 01,4 ; sels de chaux , de potasse, de magnésie et oxyde de fer : 19,6.

L’Indigo se dissout dans l’acide sulfurique cencentré, auquel il donne une belle couleur pourpre. L’acide azotique le transforme en acide picrique.

Leprincipe colorant de l’Indigo ou Indigotine, ne préexiste pas dans les plantes. Selon Sclmnck. il se produirait, pendant la fermentation des feuilles, par dédoublement d’un glucoside, YIndican, (G2GH31Az O7), qui se transforme en Indigotine (G8 H5 Az O) et en Indiglucine (G6 H10 Az 0°).

La matière bleue, que certaines urines pathologiques déposent, par addition d’un acide ou sous l’influence d’une fermentation spontanée, paraît due à la présence de l’Indican, qui existerait aussi dans l’urine normale et même, selon Cartier, dans le sang de l’Homme et du Bœuf.

Indigotine. — Ce principe est normalement incolore ; il prend la teinte bleue, sous l’influence de l’oxygène. L’Indi- 1 gotine bleue repasse à l’état d’Indigotine blanche, par l’action concomitante d’un corps désoxygénant et d’une liqueur

INDIGO

alcaline ; mais, exposé à l’air, l’acide carbonique sature l’alcali, tandis que l’Indigotine s’oxyde : la coloration bleue réparait alors.

Selon Dumas, l’Indigotine blanche a pour formule : Cl6H6Az02, et la formule de l’Indigotine bleue est: G16 H3 Az 02 + Ho. La transformation serait ainsi due à une soustraction d’un équivalent d’hydrogène, qui se combinerait avec un équivalent d’oxygène, pour produire de l’eau. Il semble plus simple de dire que l’Indigotine bleue est de l’Indigotine blanche oxydée :

G16 H6 Az O2 + O = C1G H6 Az O3.

Quoi qu’il en soit, l’Indigotine bleue est d’une couleur bleu foncé, avec reflet pourpre et elle prend une teinte cuivrée par le frottement. Elle se volatilise à 290°, sans résidu, et fournit alors des prismes en aiguilles, à 4 ou G pans, dérivant d’un prisme rhomboïdal droit : les prismes ont une teinte violette, avec de beaux reflets rouge cuivré ; leur poudre est bleu foncé. L’Indigotine bleue est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, très faiblement soluble dans l’acide phénique et la créosote bouillants.

Sa proportion, dans l’Indigo, varie avec les sortes. Les meilleures en contiennent jusqu’à 90 à 95 0/0, tandis que les plus inférieures en donnent à peine 20 0/0.

Nous avons dit que les sortes commerciales d’indigo sont très nombreuses. Pennetier en décrit 15 pour le seul Indigo Bengale et il rapporte que les connaisseurs en distinguent 45. On conçoit que nous ne suivrons pas cet auteur, dans sa nomenclature détaillée, les emprunts que nous lui avons faits et ceux que nous lui ferons encore étant plus que suffisants, pour un ouvrage comme le nôtre.

Girardin classe les Indigos, d’après leur origine, en Indiyos d’Asie, Ind. d’ Afrique , Ind. d'Amérique.

Indigos d' A sie

Les Indigos de cette provenance sont rapportés à six catégories :

1° Bengales. — Indigos produits par les provinces nord-est de

LEGUMINEUSES - 1>A I ’ILIOXACEES

l'Inde et comprenant de très nombreuses sorles, qui varient du bleu pur au violet, au rouge el au cuivré. La variété la plus estimée est appelée Bengale bleu surfin, léger ou flottant. Il se présente en cubes ou parallélipipèdes de 5 à 8 centimètres de côté, d‘un bleu vif et prenai t un beau cuivré par le frottement. Sa pâte est fine, unie, légère, friable, douce au toucher, très spongieuse et happant à la langue. Les sortes violet rouge, à ton pourpre, sont préférées par les teinturiers; d'autres ont une couleur bleu clair, tirant parfois sur le verdâtre ou le grisâtre.

Les plus beaux Bengales sont aussi recherchés que les Guatémala et les Caraques-fior (v. p. 443), bien qu’ils ne contiennent guère que 7 2 0/0 d’indigotine.

2° Aoudes ou Oudes. — Ces Indigos, désignés autrefois sous le nom d’indigos du Coromandel, proviennent des districts situés au nordouest du Bengale et contiennent toujours de la chaux ou des matières terreuses. On en d'stingue trois variétés : 1° Oude violet : en carreaux compacts, lourds, d’un beau violet; 2° Oude cuivré : pâte compacte, plus lourde que celle de l’Oude violet, de couleur cuivré-rouge, parfois noirâtre et à cassure souvent parsemée de points brillants, dus à du sable ; 3° Oude ordinaire : pâte lourde, difficile à casser, bleu ardoisé ou de couleur terreuse.

3° Indigos des provinces nord-ouest. — Les Indigos de cetle provenance sont préparés surtout par les indigènes et leur qualité est inférieure encore à ceux d’Aoude.

4° Madras. — Les Indigos de ce nom sont expédiés de Madras el de Pondichéry. Deux de leurs variétés sont vendues sous les noms de Madras etcle Curpah. Ceux qui proviennent de Pondichéry sont connus aussi, dans le commerce, sous le nom de Madras.

Ces Indigos sont en grosses pierres cubiques, portant d’ordinaire l'empreinte de la toile sur laquelle ils ont été égouttés. Leur pâte est aussi légère que celle du Bengale, mais moins fine, moins riche, moins ' spongieuse; elle happe moins vite à la langue. On les emploie à l’azurage du linge. Us comprennent Lois sortes : 1° Madras fin bleu: pâte fine, légère, d’un bleu tendre assez vif; 2° M. bleu violet mè - ] langé: pâte non homogène, moins légère que celle du fin bleu , à teinte bleue ou rougeàlre, peu ou point cuivrée; 3° M. ordinaire : pâte pâle, grossière et impure, parfois noire, pesante et sablonneuse ou grise ou verdâtre.

5° Javas. • — Indigos très estimés, en pierres cubiques oü aplaties’, I ordinairement très purs, à pâte molle, happant à la langue; les qualités supérieures sont d’un beau bleu violet et se cuivrent fortement sous l’ongle; les qualités inférieures sont d’un bleu tendre cuivré. Elles offrent d'ordinaire l’empreinte de la toile, sur laquelle on les a fa 4 sécher. Les diverses variétés de l’Indigo Java ont les mêmes noms -I que celles du Bengale.

Les Javas sont légers, très purs et ne contiennent que très peu de matières organiques étrangères.

6° Manilles. — Indigo très mélangé, comprenant des pierres de toute qualité, depuis les plus belles, jusqu’aux plus mauvaises, toujours

INDIGO

chargé de carbonate de chaux et de matières terreuses. Il ne sert qu'à l’azurage du linge. II se présente sous forme de cubes, de carreaux plats ou de morceaux irréguliers.

7° Chine et Océanie. — L'Indigotier est abondamment cultivé en Chine, mais ses produits n’arrivent pas en Europe. Il en est de même pour les Indigos de certaines iles de l'Océanie, de la Nouvelle-Calédonie, par exemple.

Indigos d' A friq u e

Lesgrands centres producteurs de l'Indigo, en Afrique, sont l'Egypte, l'ile de France et le Sénégal. Nous avons vu (p. 438-439) que, dans tout l'intérieur de l’Afrique, on cultive aussi l’Indigotier et que ses produits sont l'objet d’un grand commerce, mais ne sont pas exportés en Europe.

8° Egypte. — Indigos à carreaux plats, contenant d’assez notables proportions de matières étrangères.

Ils offrent deux variétés : 1» fin bleu, à pâte très fine et très légère, ordinairement d'un bleu faible, quelquefois noirâtre ; 2° bleu , violet et rouge, à. pâte fine et légère, d'une nuance à la fois rouge et bleu viole'.

9" Ile de France. — En carreaux allongés, violets ou violet rouge, fortement cuivrés à l'intérieur; leur pâte est très fine et sa cassure nette. On le trouve rarement dans le commerce.

10° Sénégal. — Cet Indigo contient d’ordinaire une notable proportion de matières terreuses. Il est rare dans le commerce.

Indigos d' A m é r ique

Les Indigos de cette catégorie comprennent de nombreuses sortes; quelques-unes sont au moins aussi belles que les meilleurs Bengale, d’autres de qualité très inférieure. Ils ont diverses provenances.

11° Guatémalas. — Indigo en morceaux irrréguliers, arrondis ou anguleux, du volume d'une noix. La pâte est dense, assez friable, faiblement poreuse, très légère ; sa couleur varie du bleu franc ou bleu violet. On en dislingue trois variétés : 1° Guatémala Flor : Pâte d'un très beau bleu, tendre, légère, unie, happant fortement à la langue. Il est aussi estimé que le meilleur Bengale ; 2° Guat. Sobre-scdiente : bleu moins vif, tirant parfois sur le violet, avec une pâte plus ferme et plus lourde que celle du Guat. Flor ; 3° Guat. Corts : pâte rouge cuivré, plus ferme et plus lourde que celle du précédent et pourvue d'aspérités.

Les Guatémalas sont exportés de San-SalvaJor.

12° Caraques. — Indigos en morceaux irréguliers et à pâte parsemée de petits trous. Ils ressemblent beaucoup aux Guatémalas et se divisent aussi en trois variétés ; 1° Caraque flor : pâte très fine, très légère, d'un beau bleu, tirant parfois sur le violet; 2° Caraque sobre : pâte moins légère, plus ferme et happant moins à la langue que le précédent; 3° Caraque corte :pàte plus ou moins impure, plus lourde,

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plus sèche et plus compacte que les Sobre. On connaît trois sortes de Caraque Corfce : 1° le Corte supérieur, qui est bleu violet; 2o le bon Corte, qui est violet, violet rouge ou cuivré ; 3° le Corte ordinaire, qui est bleu ardoisé ou parfois noir.

Les Garaques viennent de Vénézuéla ; ils sont exportés par La Guayra et Porto-Cabello.

13u Indigos de la Nouvelle-Grenade. — Indigos souvent aussi beaux que celui du Bengale, tantôt en cubes, tantôt en carreaux de grosseurs diverses et ordinairement aplatis. Ils sont classés aussi en Flor, Sobre Corte.

14° Ind. du Mexique. — Cette sorte se rapproche des Guatémalas ou des Garaques; elle est, comme eux, en fragments arrondis ou anguleux.

15° Ind. du Brésil. — Indigos à pâte ferme et à cassure nette, gris verdâtre en dehors, gris verdâtre ou d'un rouge cuivré en dedans.

1G° Ind. de la Caroline. — Indigos de qualité inférieure, en petites pierres grises; les meilleurs sont cuivrés, les plus communs sont d'un bleu verdâtre.

17° Enfin, I’Indioo de la Louisiane est en carrreaux très cuivrés.

Falsifications de l'Indigo. — Le choix des Indigos est toujours établi sur les caractères suivants : lo la couleur , jugée sur une cassure fraîche; 2 » Y éclat cuivre plus ou moins marqué, que leur communique le frottement de l’ongle; 3° la sensation plus ou moins douce, qu'ils donnent au toucher; 4° la densité; 5° la friabilité; 6° la force duAappement à la langue; 7° Yhomogènèitè de la pâte, etc.

En se reportant aux caractères donnés, pour les diverses sortes supérieures (Java, Bengale, Guatemala, etc.), il sera facile d’établir si l’Indigo est de bonne qualité ou non. Dans le choix de l'Indigo, il ne faut pas oublier: 1° que les sortes de bonne qualité sont légères et peuvent même parfois flotter à la surface de l’eau; 2° que les mêmes sortes, soumises à la calcination, laissent un résidu assez faible (0,07 à 0,10). Ce résidu sera plus considérable, nécessairement, si l’Indigo examiné a été additionné de matières minérales (plombagine,sous oxyde de plomb, ardoise pilée, sable, argile, bleu de Prusse, etc.) L’existence de l’une quelconque de ces matières est facile à dévoiler, soit directement dans le résidu, soit par un traitement avec des réactifs appropriés. Nous ne croyons pas devoir examiner ici ces diverses falsifications.

On connaît l’emploi de l’Indigo dans la teinture.

On l’a préconisé, en médecine, contre l’épilepsie.

RACINE DE REGLISSE

Racine de Réglisse

On emploie, sous le nom de Racine de Réglisse, la racine de deux plantes, qui fournissent, l’une la Réglisse ordinaire, l’autre, la Réglisse de Russie.

La Reglisse ordinaire ou officinale est produite par le Glycyrrliiza glabra , L., plante comprenant de nombreuses variétés répandues dans toutes les régions chaudes de l’Europe et jusque dans L’Asie centrale.

Selon Hanbury, la racine de Réglisse du commerce européen provient du Gl. glabra, var. a, typica, plante de l’Espagne, du Portugal, du sud de l’Italie, de la Sicile, de la Grèce, de la Grimée, du Caucase et de la Perse, cultivée surtout en France, en Allemagne et en Angleterre.

Cette plante offre les caractères suivants : souches traçantes, cylindriques, grosses comme le doigt, longues de là2 mètres; tiges glabres, hautes de 10 à 15 décimètres; feuilles imparipinnées, à 13 ou 15 folioles, ovales-obtuses, entières, glabres, un peu visqueuses en dessous et à stipules très petites ; fleurs petites, bleuâtres, en grappes axillaires lâches* allongées et pédonculées; calice tubulaire, bilabié; pétales delà carène distincts ; étamines diadelphes; gousse comprimée, glabre, ovale-oblongue, contenant de 3 à 6 graines.

La Racine de Réglisse ordinaire se trouve, dans le commerce, en morceaux longs de 50 à 60 centimètres, liés en bottes et réunis en ballots pesant de 50 à 100 kilogrammes. Elle est ridée longitudinalement, d’un gris brunâtre en dehors, jaune en dedans et pourvue d’une cassure fibreuse. Sa saveur est sucrée, agréable, mais suivie d’un peu d’âcreté à la gorge. La plus estimée vient d’Espagne et de la Sicile.

Structure histologique. — La plupart des auteurs font connaître la structure histologique de la racine de Réglisse. Dans les éditions successives de notre Histoire naturelle médicale, nous avons toujours négligé cet exposé, estimant qu’il est absolument inutile, puisque la racine de Réglisse ne peut être confondue avec aucune autre substance de même ordre. Toutefois, comme la connaissance des caractères hislologiques^e celte racine est exigée, dans les examens passés devant quelques Écoles supérieures ou Facultés mixtes, nous allons exposer brièvement ces caractères.

LEGUMINEUSES — PAPILIONACEES

Examinée sur une section tran versale, la racine de Réglisse se montre composée des éléments ci-après : Le suber est formé de 8-10 couches de cellules aplaties et brunes; le 'parenchyme cortical est proportionnellement très étroit et composé de cellules langentielles, un peu allongées, remplies d'amidon; la couche libérienne est constituée par deux sortes d'éléments : 1° des faisceaux ; 2° des rayons médullaires. Les faisceiux se composent de groupes isolés de fibres disposées eu 2 ou 3 séries radiales, dont l'intervalle est occupé par un parenchyme à minces parois. Chaque groupe est entouré par une série de cellules quadrangulaires, contenant chacune un cristal d'oxalate de chaux. L'ensemble des faisceaux d’un même groupe a la forme d’une sorte de cône, à pointe extérieure limitée par un amas de fibres disposées en arc. Les fibres libériennes ont des parois extrêmement épaisses et qui sont composées de deux portions distinctes : l’une interne, en couches concentriques irrégulières, circonscrivant un lumen très étroit et qui n'absorbent pas le bleu d’aniline; l'autre extérieure , que le bleu d'aniline colore vivement. A un faible grossissement, cette portion extérieure semble constituée par une matière intercellulaire. Un grossissement plus fort montre que cette prétendue matière intercellulaire est, en réalité, formée par les couches les plus extérieures des fibres, qui ont subi une sorte de cuticularisation, tout en restant distinctes. Les rayons médullaires sont composés de cellules allongées radialement et plus grandes que celles du parenchyme libérien. Ils sont en continuité avec ceux du bois.

Les faisceaux libériens sont séparés des faisceaux dubois par une zone génératrice de couleur foncée, dont les cellules, très1 petites, sont disposées en une sorte d'arc à convexité extérieure.

Les faisceaux ligneux se composent de fibres et de vaisseaux à large ouverture.

La racine de Réglisse est dépourvue de moelle. Cette constitution, du reste propre à la majorité des racines, permet de discerner, parmi les racines vraies, les fragments de stolons souterrains, qui sont de nature raméale et qui, pour cette raison, sont pourvus d'une moelle.

Robiquet a trouvé, dans la racine de Réglisse, une oléo résine âcre, de l’acide malique, de l’asparagine, un principe sucré (Glycyrrliizine), etc.

On avait admis, jusqu’à ce jour, que la Glycyrrhizine (G21 H36 O9, Gorup Resanez) est une matière pulvérulente, non cristalline, un peu jaunâtre, ressemblant au tannin, insoluble dans l’eau froide et dans l’éther, soluble dans l’eau chaude et dans l’alcool, de saveur forte, à la fois douce et amère; que les acides étendus et bouillants la dédoublent en un sucre incristallisable, fermentescible et en une résine brune, appelée Glycyrrhètine ; qu’enfin, l’acide azotique la transforme en

RACINE DE REGLISSE 447

produits résineux jaunâtres, en acide oxalique et en un acide nitré, paraissant être de l 'acide Oxypicrique.

Roussin a reconnu que la Glycyrrhizine pure est une substance jaunâtre, insipide et que la matière sucrante de la Réglisse est un composé ammoniacal de Glycyrrhizine, ce qu’il a démontré expérimentalement, en traitant, par la potasse, la racine de Réglisse contusée. Il prépare la Glycyrrhizine ammoniacale, en épuisant la racine par l’eau froide ; la liqueur étant privée de l’albumine, par ébullition, est traitée, après refroidissement, par un excès d’acide sulfurique. La Glycyrrhizine se précipite; le précipité est lavé avec soin, puis dissous dans de l’eau ammoniacale.

La solution évaporée laisse un résidu vernissé, friable, de saveur très sucrée, très soluble et de facile conservation. Cette matière peut servir, dans tous les cas où l’on emploie, soit la racine, soit l’extrait de Réglisse.

La Glycyrrhizine est inscrite dans la nomenclature des hôpitaux militaires français, sous le nom abrégé de Glyzine. Elle est surtout réservée aux armées en campagne, où elle rend de très grands services, en raison de la facilité de son transport et de la faible quantité qu’il en faut, pour édulcorer une tisane (0,4 pour un litre d’eau).

Depuis que Roussin a fait connaître le procédé de préparation de la Glycyrrhizine, l’usage de cette substance s’est beaucoup répandu et de nombreuses fabriques en ont été installées, soit en France, soit à l’Etranger. On la trouve dans le commerce, en flacons de grandeur et de forme variables et aromatisée avec diverses essences (Citron, Menthe, etc.), ce qui semble absolument superflu.

La racine de Réglisse sert à. édulcorer les tisanes. 11 convient de ne l’ajouter que quelques minutes avant de retirer la tisane de sur le feu, ou mieux encore de la faire simplement infuser ou macérer dans le liquide, car la décoction de cette racine en extrait le principe âcre. Macérée dans l’eau, avec un peu de Coriandre, elle fournit le Coco.

La racine de Réglisse est surtout un aliment respiratoire ou un condiment sucré. Son principe sucré ne se métamorphose pas, sous l’influence des ferments qui pullulent dans les

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premières voies, chez les fébricitants. Les spores de Y Oïdium albicans , si communes dans les maladies graves et prolongées, transforment instantanément les boissons sucrées en matières acides et désagréables : elles respectent, au contraire, la Glycyrrhizine. Cette qualité épargne aux malades une souffrance fort pénible, ainsi que les inconvénients attachés au mauvais état de la bouche et des premières voies, c’est-à-dire, l'inappétence, la dyspepsie et l’insuffisance de la réparation organique (Gubler).

On trouve dans le commerce, sous le nom d’ExTRAiT ou de Suc de Réglisse, une substance noire, solide, roulée en magdaléons et de saveur de Réglisse très prononcée. Cet extrait est obtenu par décoction des racines de Réglisse, dans l’eau et par évaporation du liquide, dans des bassines de cuivre.

L’extrait de Réglisse arrive d’Espagne, de Sicile et de Calabre. Celui qui vient de la Calabre est le plus estimé. Quelle que soit son origine, cet extrait renferme toujours diverses impuretés, surtout du cuivre et de la fécule; aussi convient-il de le purifier, en le faisant dissoudre dans l’eau froide et évaporant ensuite les liqueurs au bainmarie.

La Racine de Réglisse de Russie est attribuée au Glyc . echinata, L., plante du sud de la Sibérie et du cours inférieur du Volga, qui se distingue du Gl. glabra par sa racine pivotante, ses fleurs en tête et ses fruits ovales, hérissés de poils épineux.

Selon Balansa, on emploie aussi la racine du Gl. glandulifera, que Hanbury regarde comme une variété de la Réglisse officinale : G. glabra , var. y, glandulifera. Cette plante se trouve depuis la Hongrie jusqu’en Sibérie, en Perse et dans l’Afghanistan ; toutes ses parties sont couvertes de poils glanduleux.

La racine de Réglisse de Russie peut atteindre un diamètre de cinq centimètres. Elle est fibreuse, jaunâtre, plus légère que l’eau et pourvue d’une saveur moins sucrée, que celle de la Réglisse ordinaire, avec un arrière-goût un peu amer.

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