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GOMME A DH AG ANTE

D’après Dorvault, on expédie de Smyrne la racine décortiquée ou non et le suc d’un Glycyrrhiza non encore déterminé, qui forme de petites forêts aux environs de cette ville; l’extrait est en gros pains carrés.

Les feuilles de YAbrus precatorius L., des Antilles, etc., servent à la préparation d’un extrait analogue à celui de la Réglisse; ses racines sont employées aux mêmes usages, dans l’Inde et en Amérique. La racine du Trifolium alpi num et celles de 1 ’Astrayalus ammodytes contiennent aussi de la Glycyrrhizine.

Gomme adragante.

Cette substance est produite par plusieurs espèces de plantes du genre Astragalus et dont les mieux connues sont les suivantes :

1° Ast. gummifer, Labill.— Arbuste pouvant atteindre 1 à 2 mètres de hauteur, selon H. Bâillon et seulement 40 à 60 centimètres, d’après de Lanessan. Il habite le Liban, la Syrie, l’Asie Mineure, l’Arménie et le Kurdistan. Guibourt lui attribue une substance, qu’il nomme Gomme pseudo-adr ayante ;mais Bâillon, Hanbury, ainsi que Bentley et Trimen lui rapportent une partie de l’Agragante vraie.

2° A. verus, Oliv. — Espèce encore incomplètement connue, observée dans la Perse occidentale. Olivier dit qu'elle produit une partie de l'Adragante du commerce.

3° A. brachycalyx, Fisch. — Arbuste haut de 90 centimères, qui habite le Kurdistan persan.

4° A. adscendens, Boiss. et Haussk. — Arbuste de 1",30 de hauteur, vivant de 2700 à 3000 mètres d’altitude, sur les montagnes du sudouest de la Perse. Selon Haussknecht, il fournit beaucoup de gomme.

5o A. microcephalus , Wilid. (A. eriocciulon, DG., A. pycnophyllus, Stev.). — Espèce d’aire étendue, habitant depuis le sud-ouest de l’Asie Mineure, jusqu’à la côte nord-ouest, dans la Turquie et l’Arménie russe.

6o A. pycnocladus, Boiss. et Haussk. — Espèce très voisine de la précédente, vivant sur les monts Avroman et Shahu (Kurdistan). Selon Haussknecht. elle fournit beaucoup de gomme.

7° A. Kurdicus , Boiss. — Plante du Kurdistan, du nord de la Syrie, de la Cappadoce et de la Cilicie. Cette espèce et la suivante produisent l’Adragante nommé A intab, par les indigènes, selon Haussknecht.

8° A. stomcitodes, Bunge. — Cette plante croit dans le nord de la Syrie, sur les monts Akker Dagh, à une altitude de 1500 mètres.

LEGUMINEUSES -- PAPILION AGEES

9° A. cylleneus, Boiss. et Heildr. — Cette espèce croît sur le mont Kylléne, dans le Péloponèse. Elle est, paraît-il, l'unique source de l'Adragante récoltée près de Vostizza et de Patras. Quelques auteurs la regardent comme la même espèce que VA. Parnassii , Boiss. (A. aristatus, Sibth.).

10° L'A. creticus, Lamk. (A. Boissieri, Bunge), que l’on regardait comme l'une des sources de la gomme Adragante, paraît n'en pas produire. Martius lui attribuait la gomme vermiculée de la Morée. C’est sur VA. creticus, sans doute, que Tournefort constata la manière dont s'effectue la sortie de la gomme.

On verra plus loin quelle est l’origine de cette substance.

La Gomme adragante est recueillie dans l’Asie Mineure, l’Arménie, le Kurdistan et la Perse. On l’expédie de Constantinople, du golfe Persique et surtout de Smyrne. Une partie de celle du Kurdistan et de la Perse arrive par Bagdad. Une faible quantité provient du Péloponèse et probablement aussi de la Crète.

Cette substance découle spontanément ou par incision. Selon Maltass, on pratique les incisions à la plante, pendant les mois de juillet et d’août : la gomme en découle sous forme de rubans ou de plaques, qui se dessèchent rapidement. D’après Haussknecht, celle que l’on récolte en Perse et dans le Kurdistan est due à une exsudation spontanée.

Production de la Gomme adragante. — On a longtemps supposé que cette substance est un suc sécrété par la plante et qui se concrète à l’air. Kützing l’avait attribuée à une action spéciale, déterminée par la présence d’un Cryptogame parasite ; mais Hugo Molli a montré qu’elle résulte d’une modification des cellules de la moelle et des rayons médul laires. Ces cellules se transforment en une substance gélati neuse, qui par l’action de l’eau, se gonfle et acquiert un volume plusieurs centaines de fois plus grand que celui des cellules primitives.

La gomme des Rosacées et, sans doute, celle des Légumineuses ont une origine peu différente.

En examinant la structure anatomique de la tige de plusieurs Astragales de la section des Tragacantha , H. Molli a pu déterminer les modifications succesives, subies par les cellules médullaires. Quand la transformation est peu avancée,

GOMME ADRAGANTE

les cellules ont un contour anguleux et elles se juxtaposent exactement, quoique leurs parois soient déjà très épaisses et formées de nombreuses couches très minces. Plus tard, elles se gonflent et s’isolent, sans se déchirer au contact de l’eau et, si ce n’est par exception, l’iode ne décèle, dans le liquide, aucune trace de mucilage. Plus tard, enfin, leurs parois se sont transformées en une matière homogène, dans laquelle on ne peut plus distinguer l’existence des minces couches, qui les constituaient d’abord : les cellules perdent alors leurs contours et leurs couches extérieures se fondent ensemble en une substance mucilagineuse.

Ces cellules acquièrent, dans l’eau, un diamètre beaucoup plus grand que celui des cellules à minces parois, dont elles proviennent. Le chlorure de zinc iodé les colore d’autant moins, que leur transformation est plus complète, ce qui tient à la prédominance des couches incolores, sur les couches colorées.

Cette origine cellulaire de la Gomme adragante avait été entrevue par Guibourt. Elle fut établie définitivement pnr H. Molli, qui, dans son mémoire sur la structure de l’Adragante du commerce, s’exprime comme suit :

« Une coupe transversale de l’un des morceaux, gonflé « dans l’eau, montre quantité de cellules situées au milieu « d’un mucilage amorphe. Les parois de ces cellules sont « épaisses, incolores, gélatineuses, composées de couches « épaisses, en partie bien distinctes. Leur cavité contient « de la fécule en petits grains. Sous l'action du chlorure de « zinc iodé, prolongée au moins vingt-quatre heures, les « couches internes et minces de ces parois se colorent en « violet vif, ainsi que quelques couches minces, situées dans « l’épaisseur de la membrane, que séparent des assises épais- « ses, incolores et gélatineuses. Souvent, des ruptures, dans « les couches colorées les plus externes, laissent sortir la « substance gélatineuse incolore. Dans la Gomme adragante « vermiforme, les cellules sont beaucoup moins conservées et « le mucilage amorphe est plus abondant. Elles se sont mon- « trées encore moins nombreuses et plus effacées, dans des « échantillons de Syrie en forme de nodosités. »

452 LÉGUMINEUSES - PAPILIONACÉES

La Gomme adragante se présente, dans le commerce, sous trois formes : en filets , en 'plaques, en sortes.

La Gomme en filets, aussi appelée Gomme vermiculée, est en filaments aplatis, vermiculés, blancs ou jaunâtres, de consistance cornée, sans odeur, ni saveur. Elle se dissout à peine dans l’eau, mais en absorbe une grande quantité, se gonfle énormément et forme un mucilage épais et tenace, qui se colore en bleu, sous l’influence de l’iode.

La Gomme en plaques est en morceaux assez larges, marqués de lignes irrégulièrement circulaires et concentriques. Guibourt pensait qu’elle a été obtenue par incisions; on a vu que cette opinion a été justifiée par les observations de Maltass. Celte sorte se gonfle dans l’eau, en conservant sa forme; elle donne alors, par l’agitation, un mucilage presque transparent, bien lié, mais un peu moins épais que celui qui est obtenu avec la Gomme vermiculée. Ce mucilage se colore à peine par l’iode.

La Gomme en sortes est un mélange de gomme blanche et jaune, contenant des morceaux plus ou moins colorés, souillés de fragments d’écorce, de terre, etc.

Pour les usages pharmaceutiques, il faut n’employer que de l’Adragante blanche.

La plus belle Adragante vient du Kurdistan et de la Perse, par Bagdad : on la désigne sous le nom impropre à? Adragante de Syrie. Elle est plus estimée que la sorte provenant de Smyrne.

La Gomme adragante se dissout en partie dans l’eau froide ; la solution précipite par le sous-acétate de plomb et présente les caractères de l’arabine. La portion non dissoute est formée par un mucilage visqueux, un peu trouble, non adhésif, qui forme, en se desséchant, une masse très cohérente : on lui a donné les noms de Bassorine, de Tracaganthine , et d ' Adragantine (CG H10 Or').

Traitée par ébullition prolongée, dans beaucoup d’eau, la Gomme adragante se dissout presque complètement. Les acides sulfurique, chlorhydrique et oxalique étendus, maintenus à une température de 90 à 100°, en digestion avec la Gomme adragante, la dissolvent entièrement : la liqueur

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