‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 10 sur 189 · ART. U — DIAGNOSTIC DU COÏT ACCOMPLI · texte numérisé non relu

ART. U — DIAGNOSTIC DU COÏT ACCOMPLI

Au point de vue physiologique le coït consiste dans 1 introduction du pénis et Téjaculation dans le vagin. Il est clair qu'au point de vue criminel l'introduction du pénis seul suffit pour caractériser le viol.

Les anciens légistes regardaient réjaculation intravaginale comme indispensable pour qualifier le viol, probablement pour appliquer le moins possible la peine de mort édictée contre ce crime, et Feuerbacb a défendu cette (^[ùnion. De nos jours l'introduction du pénis

seule suffit pour caractériser le viol, et la loi anglaise est formelle à ce sujet, elle n'exige que Isl pénétration de la verge.

En effet, si la loi exigeait, pour la qualification du viol, un coït complet, c'est-à-dire l'éjaculation dans le vagin, non seulement la constatation du fait deviendrait beaucoup plus difficile, mais ce texte fournirait encore des moyens honteux de tourner la loi. Le législateur a évidemment cherché, moins à prévenir le danger de la conception, qu'à protéger l'honneur de la femme, en punissant le viol comme un crime ; et cette intention se voit surtout dans ce fait, que le coït accompli sur une jeune fille de moins de quatorze ans est considéré comme viol, quoique dans ce cas il n'y ait pas de danger de conception.

Dans les cas où, malgré l'union des parties génitales, il n'y a pas eu introduction complète du pénis, que cette introduction ait été empêchée par un hymen trop résistant, ou une étroitesse considérable du vagin, il n'y a eu que tentative de viol.

Après avoir appelé Tattention sur les considérations qui précèdent, nous allons nous occuper du diagnostic du viol, en ayant surtout en vue le coït complet, et en rechercher les signes, principaloment sur la femme, l'examen de l'homme nous donnant peu de renseignements, à moins qu'il ne soit atteint d'une affection spécifique.

Pour établir son diagnostic, on doit rechercher :

i* Les modifications anatomiques survenues dans les parties génitales de la femme après le (premier) coït ;

2^ Les traces d'une éjaculation de sperme sur les parties génitales de la femme ou à leur voisinage;

3^ Les affections virulentes, s'il y en a.

§ 1. — MODinCATIONS ANATOUQUES DBS PARTIES GÉNITALES DE LA rEMMB A LA SUITI

DU COlT.

On ne peut s'attendre à trouver ces modifications des parties génitales que dans les cas où le viol a eu lieu sur une femme encore vierge, c'est-à-dire a été accompagné de défloration. Dans les cas contraires, ce n'est que tout à fait exceptionnellement qu'on trouve des modifications qui soient le résultat du coït môme, et leur constatation est d'autant plus difficile, que les parties génitales de la femme ont été plus élargies par une cohabitation précédente on par des accouchements antérieurs.

Dans le plus grand nombre des cas soumis à la justice il s'agit de femmes encore vierges, qui prétendent avoir été violées; le rôle du

médecin dans ces cas est de voir si les organes de la jeune ÛUe présentent bien les caractères de la virginité, et s'ils offrent des modifications qui permettent de conclure à un viol récent.

On donne comme signes de la virginité : de grandes lèvres fermes, s'appUquant exactement Tune à l'autre, de petites lèvres rosées recouvertes par les premières, un orifice du vagin étroit, un hymen intact et an vagin étroit et fortement plissé.

La réunion de tous ces caractères permet, dans le plus grand nombre de cas, d'admettre que la jeune ÛUe est encore vierge, mais il y a quelques remarques à faire à propos de certains signes en particulier.

La consistance ferme des grandes lèvres est due à un coussinet graisseux, qui peut par conséquent manquer chez des jeunes filles manifestement vierges, si ces jeunes filles sont naturellement maigres ou amaigries'par des maladies antérieures ; d'un autre côté, la fermeté des grandes lèvres peut exister même après un coït plu- »eurs fois répété, si la jeune fille se trouve dans de bonnes conditions de nutrition. En général, la consistance ferme des grandes lèvres peut être regardée comme un état de jeunesse et comme une manifestation de la turgescence des tissus qu'on rencontre dans le jeune âge, et de la tendance à la formation de graisse lobulée et ferme dans le tissu cellulaire sous-cutané. Elle disparaît donc dans un âge plus avancé, lorsque les phénomènes de nutrition diminuent, que les fibres se relâchent, et que la graisse du tissu cellulaire souscutané disparaît ou perd sa consistance ferme et lobulée.

Par les mêmes raisons, les grandes lèvres peuvent s'appliquer plus ou moins exactement l'une à l'autre et fermer plus ou moins complètement la fente vulvaire,et Ton comprend que cet état puisse manquer chez des jeunes filles vierges et se rencontrer chez des femmes qui ne le sont plus. Il faut encore faire remarquer que chez des jeunes filles vierges, possédant des grandes lèvres fermes et bien appliquées Tune à l'autre, ces parties peuvent ne plus s'accoller quand les cuisses sont fortement écartées, aussi faut-il examiner les jeanes filles dans une abduction modérée des cuisses.

L'état des grandes lèvres est la seule raison qui fait que les petites lèvreSy tantôt sont recouvertes par les premières, tantôt font saillie et se troQvent à nu. De môme qu'on voit les nymphes saillantes sur des fœtus nés de bonne heure, parce que la peau en général et celle des grandes lèvres en particulier ne renferment pas autant de graisse que chez un enfant né à terme, de môme et pour la môme raison on voit souvent chez les vieilles filles maigres les nymphes in-

complètement recouvertes par les grandes lèvres, et cela dans des cas où la virginité de la femme ne peut être mise en doute.

Hais comme les nymphes ne conservent les caractères d'une mu* queuse , que tant qu'elles sont préservées de Taction de l'air et tenues humides par les grandes lèvres qui les recouvrent, on peut trouver chez des filles manifestement vierges de petites lèvres plus ou moins brunes, sèches, et présentant un revêtement épidermique. Cet état se rencontre assez souvent chez des jeunes filles mal nourries. Il faut également prendre en considération le relâchement et par conséquent l'allongement de ces replis de la muqueuse qui augmentent avec l'âge. Les petites lèvres peuvent encore être allongées par des attouchements et des tiraillements répétés, par eiemple par l'onanisme.

C'est une erreur de croire que des personnes qui se sont adonnées au coït ont toujours les petites lèvres saillantes, d'une consi8<* tance flasque, etc. Gela arrive souvent, il est vrai; mais quiconque a l'occasion d'examiner un grand nombre de pei*sonne8 violées, peut se convaincre que, dans beaucoup de ces cas, les petites lèvres sont recouvertes par les grandes, et présentent l'apparence d'une muqueuse qui n'est pas exposée à l'air, et qu'on peut rencontrer cet état de choses chez des prostituées et môme chez des femmes qui ont accouché.

Les variétés individuelles des petites lèvres sont donc très nombreuses, et s'accordent avec cette observation que, les autres conditions étant égales, la hauteur des replis de la muqueuse constituant les nymphes varie beaucoup, et qu'il nW pas rare de trouver des cas où les petites lèvres présentent un bord très bas qui n'augmente pas de hauteur, malgré le coït souvent répété et malgré des accouchements antérieurs.

L'intégrité de l'hymen a été de tout temps regardée comme le signe le plus important de la virginité, et on ne peut nier que la conservation de cette membrane ne soit d'une importance capitale pour la résolution de cette question, à savoir si une jeune fille a été ou non déflorée. Mais il faut se défier â ce sujet des opinions plus ou moins erronnées qui ont encore cours aujourd'hui sur l'état de l'hymen après le premier coït.

Il n'y a pas d'idée plus fausse que celle qui consiste à croire, que l'hymen en général présente toujours les mêmes caractères et que le premier coït laisse à sa suite toujours les mêmes modiflcaitioiis. Quiconque examine d'une façon systématique l'état anatomique de l'hymen, ce qui est très facile à faire chez les enfants, peut se con-

faîncre que l'hymen présente de nombreuses variétés tant dans sa forme que dans ses autres caractères.

En général on peut considérer Tbymen annulaire comme le type fondamental dont dérivent toutes les autres variétés. Dans sa forme typique Vhymen annulaire nous représente un repli de la muqueuse qui fait saillie sous la forme d'un anneau à l'entrée du vagin, est partout d'une égale largeur et circonscrit un orifice central et rond. Biais le type parfait de l'hymen annulaire est très rare, et en général Torifice est situé plus excentriquement, et toujours plus près de la partie supérieure que de la partie inférieure de l'entrée du vagin. Noos n'avons encore jamais vu une disposition inverse. Celte position excentrique de Toriflce nous explique le passage de l'hymen annulaire à rhymen semi-lunaire. Dans sa forme. parfaite celui-ci se présente sous l'apparence d'un repli semi-lunaire qui s'étend de la partie inférieure de la périphérie vers la partie supérieure et dont les deux extrémités vont en s'amincissant de plus en plus sans se rencontrer, mais restent plus ou moins éloignées Tune de Tautre. Entre ces deux formes principales se placent une foule de degrés intermédiaires qui sont déterminés en partie par la grandeur de l'orifice de l'hymen, en partie par sa forme. Celles du premier genre Tarient considérablement. Tantôt on trouve des orifices qui admettent à peine l'introduction d'une sonde ordinaire et ne sont pas éloignés de l'atrésie complète; tantôt l'orifice est si grand que chez de petits enfants on peut entrer dans le vagin avec le bout du petit doigt sans blesser l'hymen, qui, dans ces cas, présente une bordure peu lai^, ayant la forme annulaire ou semi-lunaire.

La forme de l'orifice de l'hymen n'est pas toujours ronde, mais souvent ovale, et dans ces cas le plus grand diamètre est presque sans exception vertical. Quand le diamètre vertical l'emporte de beaucoup sur le diamètre transversal, de sorte que les parties supé* rieure et inférieure de l'hymen forment une bordure très étroite, tandis que les parties latérales présentent un lambeau relativement très large, on appelle cet hymen, un hymen labié (hymen labiifor- MÛ). Si la partie supérieure manque et si la partie inférieure est peu accusée (car celle-ci ne manque jamais), ce genre d'hymen se présente, quand on écarte les grandes lèvres, comme une troisième paire de lèvres.

La constitution des bords, qui limitent l'orifice de Thymen, a une grande influence sur sa forme, et ces bords offrent de nombreuses variétés. Dans un grand nombre de cas, et quand l'hymen est tendu, le bord libre de celui-ci représente une ligne circulaire, elliptique

OU semi-lunaire. Mais dans un nombre non moins considérable de cas ce bord est plus ou moins entaillé et dentelé. Ce fait a une importance extrême au point de vue médico-léga), car on pourrait prendre ces échancrures et dentelures préexistantes pour des produits d'un traumatisme.

On rencontre souvent des échancrures sur le bord libre de Thymen, le plus fréquemment sur la partie supérieure, rarement sur la moitié inférieure. Par l'observation d'un grand nombre de cadavres d'enfants, nous nous sommes convaincu que l'endroit de prédilection de ces échancrures congénitales est l'union des deux tiers inférieurs avec le tiers supérieur et que, quand elles existent, elles sont presque toujours symétriques. 11 faudra donc avoir égard aa siège de ces échancrures congénitales pour les distinguer des déchirures traumatiques et guéries. La profondeur de ces entailles est variable. Elles peuvent n'occuper que le bord libre, ou s'étendre à toute la largeur de l'hymen jusqu'à son point d'insertion, ce qui n'est .pas rare. Dans ce cas nous avons une forme fréquente de ce qu'on appelle un hymen à lambeaux, caractérisé par ce fait que le tiers supérieur de 1 hymen forme de chaque côté un lambeau séparé. Si en même temps les parties moyennes présentent un rebord étroit à leur extrémité supérieure et inférieure, ou, en d'autres termes, si on trouve des échancrures très profondes sur un hymen labiiforme, celui-ci est constitué par quatre lambeaux arrondis, symétriquement placés, dont les inférieurs sont presque toujours plus grands que les supérieurs.

En dehors de ces échancrures plus profondes, le bord libre de rhymen est souvent régulièrement dentelé dans toute son étendue, et pourvu dans certains cas de saillies, ayant la forme de cils forts, mais un peu molles et courtes {hymen fimbriatus^ hymen firangé).

Nous avons vu plusieurs fois, mais d'une façon moins nette, cette dernière forme d'hymen décrite pour la première fois par Luschka, et nous avons pu nous convaincre que cet état frangé et dentelé do bord se rencontre surtout sur les hymens labiés. Nous avons très bien constaté, ainsi que l'a fait remarquer Luschka, la ressemblance de cet hymen avec une corolle de fleur (1).

Dans certains cas, on trouve encore une disposition plus compliquée, consistant en ce que certaines parties, et surtout les parties supérieures de la membrane du vagin sont formées de plusieurs feuillets situés l'un derrière l'autre, quelquefois complètement sé-

(1) Voy. pour la représentation de ces dernières formes d'bymen Batanis et Boachard, Nouveaux Éiémen($ (Tanatomie descriptive, 8* édition. Paris, 1879.

parés, plus souvent soudés par places l'un à l'autre et formant alors des replis en forme de sacs; les feuillets postérieurs se présentent quelquefois comme des expansions membraneuses des replis longitudinaux du vagin.

On Toit souvent, et en môme temps, un système de feuillets disposés en cercle autour de Torifice de l'urètre et formant une espèce de petite corolle comme dans les cas de l'hymen frangé de Luschka.

Une autre forme particulière et intéressante d'hymen est celle que nous avons décrite déjà il y a quelques années sous le nom d'hymen en forme de pont (i). Elle correspond à ce que les anciens auteurs appelaient for amen hymenœum bipartitum^ et consiste en ce qu'une bandelette de môme structure que la membrane de l'hymen est tendue par-dessus l'orifice du vagin et presque toujours dans une direction longitudinale de façon à diviser cet orifice en deux parties latérales. Cette forme d'hymen n'est nullement rare. Nous l'avions observée déjà cinq fois lorsque nous avons écrit noire travail, et, depuis ce temps, nous l'avons retrouvée plusieurs fois sur les vivants et sur les cadavres, et môme sur ces derniers deux fois dans le môme jour. Du reste, elle a été vue et décrite aussi par d'autres observateurs et récemment par H. Paschkis (2). Nous avons regardé cette bandelette comme le bord inférieur du êeptum^ existant dans les premières périodes du développement embryonnaire et divisant le canal génital en deux moitiés latérales, par conséquent, comme le premier degré de cet arrêt de développement qui, à un degré plus avancé, est appelé utetus septus et vagina sepia. Nous fûmes confirmés dans cette opinion par l'observation de plusieurs cas, dans lesquels le pont de l'hymen se continuait avec une cloison s'avançant dans le vagin et séparant même quelquefois toute la longueur du canal vaginal en deux parties. Mais comme certains auteurs tels que Schrôder (3) et surtout Dohm (4) admettent que l'hymen ne se forme que plus tard (la dixneuvième semaine), il serait possible que la production de cette forme d'hymen fût due, moins à un arrêt de développement qu'à un développement excessif du rudiment de l'hymen.

On peut rencontrer un tel pont dans toutes les formes d'hymen, et la grandeur des orifices latéraux peut être des plus variées. Sont-

(I) Hofmann, VifrUifarhrsc. f, ger, Med.^ XU, 329.

{!) Patcbkis, Wr. medie. Pr$s$e, IS77, Nr. 1.

(S) Ziemstent, Bandh, der spec, Pathoi, u, Ther,^ 1S74> X, p. 43*

(4) Dohm, Medk. Cemtrabl., 1S75, p. S69.

ils très petits, ils forment alors un degré de passage à l'alrésie complète du vagin ; quelquefois même, dans ce cas, les orifices ne sont indiqués que par des places plus saillantes et plus minces, comme l'a observé Patin (1). Il peut encore arriver, dans ces cas, qu'on seul oriûce latéral se développe, l'autre restant fermé, c*est ce qui explique la position latérale et excentrique de l'ouverture de l'hymen plusieurs fois observée.

On peut encore rencontrer cette disposition de l'orifice de l'hymen à un degré moins prononcé. Ainsi nous avons trouvé et placé dans notre musée plusieurs cas, dans lesquels on voyait partir du bord supérieur ou inférieur de l'hymen des prolongements lobules s'avançant dans l'ouverture de l'hymen, de sorte que celleci présentait la forme d'un cœur renversé ou droit (2). Dans d'autres cas nous avons vu ces prolongements partir en môme temps de la partie supérieure et inférieure de la périphérie de l'hymen. On trouve encore dans la plupart des hymens des restes de ce pont, et nous considérons comme tel un triangle, dont la base part de la colonne postérieure des plis (columna rugarwn) de l'entrée do vagin et qui, soudée à la paroi postérieure de la partie inférieure de l'hymen, sert de soutien à ce dernier.

Ce que nous avons dit jusqu'à présent se rapporte seulement aux diOérentes formes de l'hymen , mais celui-ci peut présenter, sous d'autres rapports, de nombreuses variétés, surtout en ce qu^ concerne sa consistance et par conséquent sa résistance. Dans certains cas, l'hymen est extrêmement mince et nous avons plusieurs fois trouvé des hymens transparents. Cette raréfaction peut être telle qu'il en résulte des pertes de substance; c'est ainsi que s'explique la forme criblée de l'hymen {hymen cribri forma), si souvent citée par les anciens auteurs (Piccolhominus, Bérenger de Carpi, Riolan et Yelpeau) (3). Nous n'avons pas observé par nous-même cette forme d'hymen. On a décrit aussi des hymens extraordinairëment résibtants, musculeux et même tendineux (Yelpeau), et ce sont ces cas qui nécessitent l'intervention chirurgicale pour permettre le coït et même l'accouchement.

L'extensibilité de l'hymen dépend de sa structure ; l'hymen tendineux est peu extensible et très résistant ; l'hymen très mince, à bords tendres, se déchire très facilement. Par contre, l'hymen qui

(i) Patin, Schmidt's Jahrb , 1S58, Bd. 100, p. 309.

(î) Skrzeczka a décrit det formes analoguet à'hymM (Vierteljahrteh. f.gtrich, Medic, N. F. V, p. 54).

(3) Gaz. des Hôpitaux, 18Ô1.

LE VIOL. 6i

me structure fibreuse et même musculeuse (Velpeau, Lus* bm) est très^extensible, ce dont on peut se convaincre irar le cadavre que sur le vivant; car, quand l'orifice de ii*est pas très petit, on peut, avec un peu de précaution, téÊDsJie vagin, et sans blesser l'hymen, non seulement un éâ même quelquefois un petit spéculum.

pts tenu assez compte de ce fait, que l'hymen, si les organes Bt dans leur situation normale, ne forme jamais une mem- Iraient tendue, mais qu'il est plutôt replié sur lui-même, »-Ttgin ne forme pas un canal à parois rigides. Ge plissebât dans la direction du raphé du périnée, de façon à ce I011Z moitiés latérales de l'hymen forment un pli saillant, idant au prolongement du raphé, et l'hymen ainsi replié c6ne dont le sommet mousse est dirigé vers la sortie du

Ittnière forme' de plissement se rencontre de la façon la idans l'hymen semi-lunaire, qui, après un léger écarte- > grandes lèvres, se montre sous la forme d'une carène ; Dir que, même si Thymen est tendu, il reste cependant lede raphé correspondant au pli existant précédemment et tant comme un prolongement du raphé du périnée. On la plupart des formes de l'hymen ce raphé auquel corépaississement de la substance de l'hymen, se contila partie postérieure du triangle de soutènement dont QB parlé plus haut.

bymen annulaire, nous retrouvons la disposition en cône, [ne niymen se présente ici comme un cul de poule (Tardieu, )• On observe en même temps sur la surface extérieure du certain nombre de plis longitudinaux, qui, s'ils ne sont es par une trop grande tension, peuvent donner au bord liymen un aspect dentelé.

liymen en lambeaux, le plissage se fait de telle sorte que «nts lambeaux se recouvrent en partie comme les tuiles

lage latéral et la disposition conique disparaissent en partie lUes pubères par une légère tension de l'entrée du vagin, et forme le plus souvent dans ces cas une membrane tendue alement par dessus rentrée du vagin. Chez les petits entension de l'hymen ne se fait pas aussi facilement ni aussi Binent, par la raison qu'il possède des dimensions relati- >liis considérables par rapport à l'entrée du vagin que chez

les adultes. C'est ce qui fait qu'on trouve quelquefois, surtout chex les nourrissons, un hymen qui forme un cône tellement long qu'on peut en voir le sommet faire saillie entre les grandes lèvres. Ces faiii ont été indiqués parAmbroiseTardieu(i), Scrzeczka et autres, qui regardaient cette forme d'hymen en cul de poule comme la forme de l'hymen dans l'enfance. Cette manière de voir n'est pas complètement juste, car nous avons dit que la disposition conique de l'hymen se rencontre plus ou moins chez les filles à l'âge de la puberté, que chez celles-ci le cône peut souvent être très allongé et que cette disposition n'est pas constante chez les petits enfants, naais seulement plus fréquente que chez les adultes.

L'existence d'un hymen complètement intact est undesmeilleun signes, mais non pas un signe absolu de la virginité. L'hymen peut rester intact malgré l'accomplissement d'un coït, parce que* dans cet acte, le membre en état d'érection n'est pas entré jusque dans le vagin et que la satisfaction du désir sexuel a eu -lieu dans le vestibule. Cela peut arriver, d'une part, parce que la résistance de l'hymen n'a pas permis l'introduction du pénis, comme on l'a observé plusieurs fois chez des femmes mariées malgré un coït répété; ou, d'autre part, parce que l'introduction de la verge dans le vagin est ordinairement impossible chez les petits enfants à cause de l'étroilesse considérable des parties génitales, de sorte que tout l'acte s'accomplit à la vulve; l'hymen ne peut donc pas se déchirer, et peut tout au plus être refoulé en dedans. Cette circonstance nous explique pourquoi, dans la plupart des cas de viol relatifs à des enfants, Thymen a été trouvé intact.

Dans une autre catégorie de cas, la membrane de l'hymen peut être trouvée tout à fait intacte, quoiqu'il y ait eu coït complet, c'està-dire avec pénétration dans le vagin. Cette possibilité dépendra en partie de la largeur des parties génitales, en partie et surtout de la constitution de l'hymen. 11 est clair que chez des filles très jeunes, avant Tâge de la puberté, l'accomplissement du coït complet sans déchirure est plus difficile que chez des filles plus grandes, dont les organes génitaux sont complètement développés.Chez les premières, l'entrée du vagin ne peut être franchie, à cause de son étroitesse, sans déchirure do l'hymen, si celui-ci a une constitution ordinaire, tandis que chez les filles plus âgées la largeur plus grande des partics génitales et leur plus grande extensibilité, signes de la puberté,

II) Tardieu, Éiudi midico-Ugale sur les attentats aux mœurs. 1* édiUon. Pirit, 1878, avec & pi.

permettent plutôt rintroduction de corps étrangers qu'avant celte époque.

Mais chez les filles développées, c'est surtout la constitution de l'hymen qui permettra déjuger si le coït complet a pu être accompli avec ou sans déchirure. Il faudra, sous ce rapport, tenir compte de la forme et de la structure de Thymen. Ainsi, si nous trouvons un hymen annulaire ou semi-lunaire avec un petit orifice, nous ne pourrons pas admettre qu'il ait pu y avoir pénétration sans déchirure ; il en est de môme si l'orifice est plus grand, mais que la membrane soit d'une structure lâche et à bords peu résistants et qu'il n*y ait pas de traces de déchirures. Par contre, celte possibilité peut ôtre admise si l'hymen a une consistance lâche et extensible, un bord très bas et un orifice assez grand pour permettre facilement rintroduction du doigt ou môme d*unspéculum. On comprendra facilement que l'intégrité de l'hymen peut persister après le coït, quand il ne se présente pas sous la forme d'un diaphragme tendu, mais sous celle de ce qu'on appelle un hymen à lambeaux; en effet, celui-ci, par sa structure n'oppose aucune résistance à rintroduction du membre viril, parce que les lambeaux dont il est constitué sont refoulés sur les côtés, et cela d'autant plus facilement que la forme et l'extensibililé de ses parties s'y prêtent mieux.

On a trop peu apprécié cette dernière propriété; cependant la chose se comprend plus facilement et paraît moins surprenante quand on se rappelle avec quelle facilité extraordinaire des canaux, élro'ils comme Turètre de la femme et le rectum, supportent sans déchirure une dilatation forcée qui a môme été souvent utilisée dans la chirurgie moderne. L'extensibilité de l'hymen et de l'entrée du vagin peut ôtre tellement grande chez certaines femmes pendant la menstruation et surtout dans les états blennorrhoïdes des parties génitales, qui se rencontrent encore assez fréquemment chez les vierges, qu'on ne sera pas surpris de trouver un grand nombre d'observations d'intégrité de Thymen chez des prostituées et môme des femmes en couches (1). Nous comprenons également pourquoi les anciens auteurs déjà n*accordaient pas une valeur absolue à l'intégrité de l'hymen pour la constatation de la virginité (2) .

(i; Pareoi-Dacbàtelet (La prottiiuiion dans la ville de Pari», 3* édition. ParU, 18^7) et Rotenberg (SchmidVs Jahrb., 1SI8, 59 Bd, p. 56}.

(}} SchrOder {Lehrb.,p. S9l) dit: L'intégrité de l*hymen se rencontre assex fréquemment chex des primipares. — Credé (Verhandlungen der Gesellschaft /. Geburtskunde^ ISâl) dit aTOir trooTé l'hymen intact même après un acconcbement, et Sceinhaus {Wiener médicinal Balle, lU, 1862, n* 16) décrit an cas d'aTortement aa quatrième mois, a? ec persistance de l'iiymen.

6é LES ATTENTATS AUX MŒURS ET A LA PUDEUR.

Malgré cela la déchirure de Thymen au premier coït est la règle et il faudra avant tout rechercher les lésions de l'hymen, quand il s'agira de décider s'il y a eu un coït accompli ou non. La déchirure de rhymen part presque toujours du bord libre et se limite le plus souvent à ce dernier ou bien traverse toute la membrane jus* qu*à son point d'insertion à la périphérie de l'entrée du vagin. Le nombre, l'endroit et la profondeur des déchirures dépendront de la conformation de la membrane. D'après Amb. Tardieu (I), l'hymen labié se déchire à sa partie inférieure, de sorte qu'il en résulte deux lambeaux verticaux ; Thymen semi-lunaire sur deux places latérales, il se forme ainsi un lambeau moyen triangulaire ; l'bymen annulaire se partage en trois ou quatre lambeaux plus ou moins irréguliers. Cependant la marche des choses sera certainement modiGée par la structure de l'hymen qui n'est pas partout égale, mais présente sur certains endroits une consistance plus ferme ijue sur d'autres. Les parties les plus résistantes de l'hymen sont celles qui présentent un épaississement de la substance et trouvent en même temps une espèce de soutien dans les plis du vagin, qui se continuent sur sa face postérieure ; et comme il existe très souvent derrière la partie inférieure et moyenne de l'hymen un triangle de cette nature, on s'explique, avec Tardieu, la formation d'un lambeau triangulaire médian après la déchirure de l'hymen, surtout de l'hymen semi-lunaire.

Dans les cas récents, les blessures de l'hymen sont faciles à reconnaître, non seulement par les solutions de continuité, mais encore par certains phénomènes de réaction. De ce nombre sont les hémorrhagies liées à ces déchirures. On a attaché et on attache encore une grande importance à ces hémorrhagies dan^ la première nuit de noces comme signe sufGsanl de la virginité. La yslidité du mariage dépendait même, chez les anciens Israélites, de ce signe. Mais comme l'hymen ne se déchire pas toujours nécessairement après le premier coït, la valeur de ce signe, c'est-à-dire l'absence d'hémorrhagie, est très limitée. L'abondance de l'hémorrhagie dans la défloration dépendra d'une part de l'étendue de la lésion, d'autre part de la richesse vasculaire des parties lésées. Nous savons que les hémorrhagies abondantes sont en général très rares après le premier coït ; cependant dans certains cas elles peuvent avoir un caractère tellement grave, qu'elles nécessitent l'intervention chirurgicale. La rareté des hémorrhagies abondantes dans ces cir-

(I) Tardiea, Éivde médico-légale sur Us Attentats aux mœurs, V éditioo. Pi-

rU, 1878.

constances s'expHqae par la pauvreté de Thymen en gros vaisseaux, mais surtout par ce fait que les solutions de continuité de l'hymen après le coït ne sont que des déchirures du bord libre, qui est mince et contient peu de vaisseaux. Môme dans les opérations qu*on fait sur l'hymen dans Tatrésie ou bien dans Taccouchement, on n'observe en général que des hémorrhagies insignifiantes, quoique dans ces cas on opère quelquefois des hymens de consistance tendineuse. Cependant Chiari et- Habit (i) ont observé dans un cas une hémorrhagie abondante dans une opération semblable. Il est évident que dans ce cas, avant de rapporter les hémorrhagies des organes génitaux à une déchirure de l'hymen, il faut exclure toute autre source d'hémorrhagie. La menstruation précoce avait fait penser, dans un cas qui nous est connu, que l'enfant avait subi une tentative de viol. De même les hémorrhagies à la suite d'autres lésions des organes génitaux, surtout de la région du clitoris si riche en vaisseaux, du frein ou d'autres parties du vestibule et même du vagin, pourraient être rapportées à des lésions de l'hymen. D'après Scblesinger et Wemich, il faudra penser aussi aux hémorrhagies, toujours légères et passagères, qui peuvent être produites par la déchirure des vaisseaux congestionnés du col à la suite du coït.

La guérison des déchirures survient généralement au bout de deux ou trois jours, et cela d'autant plus vite et avec des symptômes d'autant moins prononcés qu'il y a eu plutôt déchirure qu'une vraie lacération du bord libre. Le gonflement, la rougeur et la suppuration généralement peu abondante des bords delà plaie permettront non seulement de retrouver facilement les déchirures, mais encore de conclure qu'il s'est passé un temps très court depuis le moment du rapprochement.

La guérison des déchirures a-t-elle eu lieu, il est souvent très difficile de les reconnaître. Quoique la guérison complète par première intention et sans formation de cicatrice ne soit pas possible, contrairement à ce que pensait Devergie, il faut cependant un examen attentif pour distinguer les cicatrices fines et tendres que laissent ces déchirures, des échancrures congénitales. Pour la facilité du diagnostic différentiel , il est important de se rappeler les places où se trouvent le plus souvent ces échancrures congénitales, ainsi que leur position symétrique, en même temps de se représenter l'hymen intact et de voir s'il est situé ou constitué de telle façon

(1) Wiener, Wochmbhti, 18S7, N. 2.

HorriiAMN. ^

qu'à la suite du traumatisme dans le coït, il a dû se déchirer à ces endroits plutôt qu'à d*autres.

On devra encore rechercher si Tendroit lésé répond à une cicatrice ou à une échancrure normale recouverte par la muqueuse. Cette recherche doit être faite dans chaque cas en particulier, mais ce serait une erreur de croire que, chaque fois que l'échancrure est produite par une déchirure, on puisse toujours trouve? une cicatrice à Tendroit correspondant. Ce n*est que dans des cas assez rares qu'on rencontre des cicatrices blanchâtres d'une consistance ferme ou tendineuse, car l'endroit lésé n'est recouvert en général que d'une peau très une, et sa dureté et sa consistance ne dilTèrent pas considérablement de celles de la muqueuse avoisinante, de sorte qu'il est souvent très difficile, même pour le médecin le plus expert, de se prononcer entre une déchirure guérie et une échancrure congénitale. On prendra alors en considération, outre les circonstances déjà indiquées, toute la configuration de celte place, les caractères des bords et des coins, dont les angles arrondis indiqueront plutôt un état congénital. Nous recommandons particulièrement, autant que la chose sera possible, d'examiner la face postérieure de l'hymen, parce que, dans la division congénitale de l'hymen, les lambeaux séparés paraissent être, comme nous l'avons déjà dit, la continuation des plis de la muqueuse du vagin.

Par ce que nous venons de dire, on peut voir que de tels examens ne sont pas des plus faciles, et exigent au contraire toute l'attention du médecin. Cet examen est souvent rendu encore plus difficile, surtout chez les enfants, par leur turbulence et par Tétroitesse de leurs parties génitales, dans d'autres cas par l'existence des règles, d'un état blennorrhagique ou d'autres affections. Dans ces circonstances, on fera bien de répéter plusieurs fois l'examen, et l'observation de celte règle préservera le médecin, novice en cette matière, des erreurs qui ne se présentent dans aucune expertise médico-légale aussi fréquemment que dans celles qui sont relatives à l'état de l'hymen.

Chaque fois que la personne à examiner a ses règles, ou est atteinte d'un écoulement blennorrhagique ou autre, il faudra, avant de procéder à l'examen, nettoyer soigneusement les parties génitales. Il est nécessaire de faire l'examen dans une position et un éclairage convenables, de façon que l'hymen soit tendu autant que possible, que les plis s'effacent, et que les échancrures deviennent ainsi plus visibles. Si la tension de l'hymen ne peut être complète, à cause de sa hauteur relativement considérable chez les enfants, on

soulèvera ayec précaution son bord à l'aide d'une sonde ou tout autre instrument introduit par son orifice, et on tendra Thymen de place en place en faisant passer la sonde derrière son bord libre, afin de pouYcir mieux Texaminer. D'après Mascbka (1), la meilleure manière de voir Tbymen, c*est de faire coucher l'enfant sur le dos, les cuisses écartées et relevées sur le ventre, de séparer les grandes lèvres ayec la main gauche, de tirer en haut l'orifice de Turètre à l'aide d'une sonde ou par un autre moyen ; de cette façon les parties sont tendues et l'hymen apparaît très nettement.

Dans ces recherches, le médecin devra se garder d'une exploration trop brusque et maladroite, de peur de déterminer lui-même des déchirures de l'hymen. Ainsi Liman rapporte un cas où, à la suite de manœuvres maladroites de l'expert, ou ne put décider si la déchirure existait déjà avant l'exploration ou avait été produite par elle.

Vient-on à trouver une déchirure de l'hymen, il ne faudra pas immédiatement la rapporter àun coït accompli, mais avoir présentes à l'esprit toutes les autres circonstances qui peuvent donner lieu à une lésion de l'hymen.

Que Técartement brusque des cuisses puisse occasionner une déchirure de Fbymen, c'est là une chose que les anciens auteurs admettaient, mais qu'il faut rejeter comme inexacte. Par contre on a observé et on s'explique ces déchirures à la suite d'une chute, si les parties génitales ont donné sur des objets durs et de forme appropriée. Cependant on n'admettra ce mode de production pour une déchirure de l'hjmen, que si les circonstances particulières du cas permettent de penser à une telle possibilité.

Le 20 décembre 1S76, au soir, on trouva dans une cave profonde de deux toises une jeune domestiqué, R.K,.., âgée de quinze ans, couchée évanouie sur un tas de sable, après une absence de IS minutes seulement. Elle mourut quelques instants ipres. L'autopsie ne fit découvrir aucune blessure à l'extérieur du corps, mais un ^pancliement sanguin de la largeur de la main sous le cuir chevelu au-dessus de la sature lambdolde gauche, et une contusion de Thémisphère cérébral gauche ivec une extravasation sanguine asses considérable à la base du cerveau, sans ince de (rmctore des os du crâne. Pas de sang aux parties génitales externes. L'bymen semi-luDaire à bord net, large de 1 centimètre à sa partie inférieure, est laez épais avec on large orifice. A la partie la plus profonde du segment inférieur sa trouve une déchirure saignante à bords finement dentelés, occupant toute U hauteur de Thymea et allant perpendiculairement du bord libre Jusqu*à son point d'insertion. On remarque en outre une ecchymose lenticulaire de 3 millimttres à droite de cette déchirure sur le pli intermédiaire entre l'hymen et le

(1) Fntger VierteijnhnchHft, 1863, III, p. 45.

Testibule. Da macus pAle dans le Tagin ainsi qae dans l*atérai vier^. Malgré rezainen attentif de ce mucus on ne put y trouTer de traces de spermatozoïdes.

Dans le rapport médical on conclut que la blessure de l'hymen aurait pu à li rigueur être surTenue pendant la chute, non par le simple choc du corps contre terre, mais dans le cas où les parties génitales auraient butté contre un corps saillant. Mais Tezamen des lieux ne permit pas de s'arrêter à cette hypotbèse, d'autant moins que les parties génitales externes ne présentaient pas la moindre lésion. Il éuit donc beaucoup plus probable que cette déchirure avait été iaits peu de temps avant la chute par l'introduction dans le vagin d'un corps dur qd, malgré l'absence de sperme, pouvait être un pénis en érection, maU aussi m doigt.

Les soupçons se portèrent sur un Jeune homme, qui le même soir avait en à faire dans le même corridor, mais, faute de preuves suffisantes, Taccusation fut abaadonnée.

On a admis de tout temps que Thymen pouvait être lésé par des manœuvres de masturbation, mais on a accordé à ce fait une importance beaucoup plus considérable qu'il n'en comporte.

L'onanisme est très répandu parmi les jeunes filles, mais jamais il n'arrive au point d'amener des lésions graves. Il consiste le plus souvent en frictions sur le clitoris et la face interne des lèvres, et on sait qu'on a recommandé et pratiqué l'amputation du clitoris et des nymphes pour obtenir la guérison de maladies résultant des habitudes de masturbation. Rarement les jeunes filles introduisent le doigt dans le vagin, et cela n'arrive que dans les cas où Torifice de l'hymen est assez large pour permettre cette introduction, qui est très difficile dans la plupart des cas, comme nous l'avons déjà dit. Si l'orifice de l'hymen est trop étroit pour; l'introduction du doigt, il faut toutefois admettre qu'il peut être progressivement dilaté, sans déchirure, par des manœuvres fréquentes de masturbation; il pourrait même se faire qu'il y eût de légères déchirures du bord libre, mais on ne peut pas admettre que la masturbation soit pratiquée avec une fureur assez grande pour amener des déchirures étendues et nombreuses de l'hymen, car les petites filles se garderont bien de se faire souffrir elles-mêmes. Dans notre précédente position nous avons eu souvent l'occasion d'examiner des enfants et des filles plus âgées, surtout des imbéciles et des épileptiques, qui s'adonnaient avec fureur à la masturbation, et nous avons trouvé très souvent le prépuce du clitoris, les petites lèvres et l'hymen lâches et flétris, quelquefois des états inflammatoires aigus ou chroniques très intenses, mais jamais d'échancrures ou de déchirures étendues de la membrane. Beaucoup d'autres auteurs sont de mon

ris à ce sujet. J. Behrend (I), dans un article « sur rirritalion des irlies génitales des petits enfants à la suite de l'onanisme », et . W. Johnson (2) font remarquer qu'on trouve rarement des déchiires de l'hymen dans Tonanisme. G. Braun (3) rapporte des cas de fmphomanie, qui nécessitèrent l'amputation du clitoris, et où, algré le relâchement de l'hymen, il n'y avait pas de déchirures, ous trouvons dans le rapport annuel de la clinique chirurgicale de umreicher de 4869-1870 un cas d'onanisme durant depuis des nnéessans lésion de Thymen. Westphai (4) rapporte un cas semable d'une fille de 35 ans adonnée à l'onanisme. De même Liman pu s'assurer par ses propres observations, corroborées par celles a médecin du grand orphelinat de Berlin, Ideler, que, dans des is non douteux de masturbation, les parties génitales avaient leur pect normal. Du reste, si l'onanisme amenait si facilement des siens de l'hymen, celles-ci ne pourraient se faire sans hémorrhaes, tant soit peu abondantes, qui n'échapperaient pas à l'œil atntif des parents ou surveillants, tandis qu'il n'existe pour ainsi ,re pas d'observation de ce genre, malgré le nombre considéible d'enfants adonnés à la masturbation. 11 en est de même de l'onanisme pi^atiqué avec d'autres corps que doigt, et qui est également très fréquent. On observe souvent chez s enfants des accidents consécutifs à l'introduction d'aiguilles ou autres objets dans l'urètre ou le vagin, mais jamais de lésions diicles. Pour ce qui est de la masturbation avec des objets volumisox, que l'on rencontre souvent chez des personnes adultes, elle 'est pratiquée que dans les cas où les parties génitales ont déjà été argies par un onanisme habituel ou par le coït, et n'a par consélent aucune importance au point de vue médico-légal. Ce qui est plus important, c'est le fait que l'introduction violente un doigt étranger peut amener les mêmes lésions que le premier >It. Il faut avoir présente à la mémoire cette possibilité, surtout lex les enfants, car chez ces derniers une déchirure de l'hymen alternent constatée peut d'autant plus avoir été produite de cette ornière façon, que l'étroitesse des parties génitales de l'enfant peret moins l'introduction d'un pénis.

Il faut toujours prendre ce fait en considération, car la loi au-

[1) J. Behrend, Joum, f, Kinderheilk., 1S60, Nov., Dec. XXVII, 321. P) A. W. Johnson, Lancet, I, 14 avril 1860.

(a) Brman, Wiener medic. Wochenschrift, 186S, n* 73 et 1866, n«* 21 et 22. (4) Westphai, Arch, f, Psyeh, und Nervenkrank,, 18i9, II, 73.

trichienne distingue nettement le viol commis sur les enfants, des autres attentats à la pudeur, qu'elle qualiûe d'actes impudiques et qui sont punis d'une peine plus légère que le viol commis sur de petites filles Agées de moins de 14 ans.

Il faut enfin faire remarquer que les cicatrices de l'hymen peuvent être occasionnées par des processus diphtéritiques, par le noma et la variole ; mais dans ces cas la grandeur et l'étendue des cicatrices, l'état des parties voisines, c'est-à-dire des parties génitales externes, et les commémoralifs permettront facilement défaire le diagnostic.

Il faut encore penser chez les enfants aux lésions de l*hymen dues à des ulcères vénériens et syphilitiques, car ceux-ci peuvent exister sans qu'il y ail eu lésion de Thymen au moment de la transmission du virus.

Quant à l'absence complète el congénitale de l'hymen, on ne Ta jamais constatée, lorsque les parties génitales avaient leur conformation normale, et on ne trouve aucune observation authentique de celte anomalie. Hyrll prétend que l'hymen manque toujours dans les cas de vagin double. Quanta nous, nousavons, au contraire, trouvé dans chaque cas de vagîn double un hymen simple et annulaire, derrière lequel commençait la cloison du vagin, ou bien un hymen en forme de pont, fourni, comme nous l'avons déjà dit plus haut, par le bord inférieur de la cloison vaginale.

Nous ferons remarquer à ce sujet que, dans ce dernier cas, ainsi que dans les cas d'hymen en forme de pont en général, comme nous avons eu l'occasion de l'observer non seulement sur les vivants, mais encore sur les préparations du musée, il n'y a souvent qu'une défloration partielle en ce sens que le premier coït n'a déchiré qu'une des moitiés de l'hymen, tandis que le pont et l'autre moitié de l'hymen se conservent intacts et que le coït se fait à la suite, toujours par la même voie.

Cependant nousavons vu des cas où les deux parties de l'hymen présentaient des déchirures, tandis que lepont était conservé ; cette dernière partie parait posséder une résistance et surtout une extensibilité particulières, car nous trouvons souvent dans la littérature médicale des mentions de bandes charnues verticales divisant l'entrée du vagin en deux parties latérales, et que Ton a constatées aussi bien chez des femmes mariées que chez des femmes en couches (1).

(I) Clemens, Schmidls lahrb., 186*, B. 43, p. 202; et Oldliam, ibid, 18&0, G6, Bd. 336.

LE VIOL. li

Mende (I) raconte même que dans le musée de la maison d'accouchement de Gœttinguese trouve unflaconremplide ces bandelettes charnues, qui ont été trouvées et excisées sur des femmes en couches.

En dehors des déchirures de Thymen on voit survenir d'autres lésions des parties génitales à la suite du premier co!t. De ce nombre sont les déchirures de la fourchette, plus rarement des petites lèvres ou même du périnée. Toulmouche (2) a observé ce dernier cas et presque exclusivement sur des enfants de 2 à 14 ans. Ces lésions surviennent d'autant plus facilement que les parties génitales sont plus étroites, c'est pourquoi on les a observées le plus fréquemment dans les cas d'attentats à la pudeur commis sur des petits enfants, mais on peut encore les rencontrer sur des personnes adultes, quand le coït a été accompli avec une certaine brutalité. Ainsi Toulmouche a Yu une déchirure du périnée sur une fille de 25 ans el Liman (3) a observé un cas semblable.

Trouve-t-on des déchirures plus étendues des parties génitales, il faut penser alors qu'elles sont dues à une autre cause telle que, par exemple, l'introduction violente du doigt, plutôt qu'à l'introduction de la verge, car on ne peut rapporter une telle violence à cette dernière. Malgré le grand nombre de recherches qu'ont faites C^sper-Liman, ils n'ont jamais trouvé de déchirures aussi étendues; cependant, le fait ne paraît pas impossible dans les cas de brutalité excessive, suivie de lésions graves des parties génitales, et on trouve même quelques observations de ce genre.

Tels sont les cas rapportés par Taylor (4) et par Albert (5). Un arabe de 16 ans épousa une jeune fille de li ans qui n'était pas encore nubile ; elle mourut dans la nuit des noces, étranglée probablement par son mari, à cause des cris que la douleur lui arrachait; on trouva sur la commissure une déchirure de 8 millimètres, la fosse naviculaire détruite et sur la partie postérieure et supérieure du vagin, une déchirure transversale longue de 4 centimètres et communiquant avec l'abdomen.

Noos avons ea roccasion d'extminer une Jeune fille de 6 ans dont les deux grandes lèvres présentaient de larges suffusions sanguines et un gonflement consi-

(1) Mende, Bandb. der gerieh, Medic, IV, 436 et 444.

rS) Toalmoucbe, Des attentats à ia pwieur et du viol, (Ann, d'hygiène pubi., Juillet 18S6, t. VI, p. 100).

(3) Linun, loc, cit., 1, 124.

(4) Taylor, loc. et7., II, 448.

(5) Albert, Virch, lahrb., 1870, 1, 426.

dérable ; ces lésions firent penser qu'on iTsit commis un viol sur cette enfant et les réponses incohérentes et contradictoires de l'enfant peu intelligente permirent de croire que cette supposition éttit fondée. L'hymen et la fourchette étaient intacts, le prépuce du clitoris et la partie supérieure des petites lèvres étaient llches, leur revêtement avait plutôt le caractère épidermique^ ce qui lious fit penser que cette enfant était adonnée à la masturbation, ce qu'elle avoua du reste ; mais en dehors de ces hématomes des grandes lèvres nous trouvâmes encore sur la peau des fesses des sufTusions larges d'une pièce de 20 centimes et de plus une autre sufTusion à bords peu nets, allant du bas-ventre à la symphyse; ces circonstances nous firent penser que ces sufTusions étaient dues probablement à des coups ou à d'autres violences et qu'il n'y avait aucune raison de les attribuer à un viol commis sur l'enfant. Ce cas resta ineipliqué et ne fut pas suivi par la Justice.

Plus sont graves les lésions des parties génitales à la suite da coït, plus sont intenses les phénomènes de réaclion, et, comme ces derniers constituent des lésions qui, selon leur nature, sont plusou moins durables et laissent à leur suile des altérations constantes (cicatrices), le diagnostic dans ces cas est en général plus facile que dans les conditions ordinaires.

L*état du vagin offre en général peu de renseignements pour la solution de cette question : y a-t-il eu introduction du pénis ou non ? Les signes les plus utiles se trouvent le plus facilement sur les enfants, car Tétroitesse du vagin ne permet rintroduction du pénis que dans les cas où Ton emploie la violence et où il y a eu distension plus ou moins forte des parties dont on trouve facilement les traces dans les cas récents. Chez les filles adultes la largeur du vagin, répondant à son but physiologique, est généralement telle qu'elle n*oppose aucune résistanceà rintroduction du membre en érection, aussitôt que l'hymen est rompu. G*est pour cette raison et à cause de l'élasticité du canal vaginal, que l'introduction du pénis, quand elle n'a eu lieu qu'un petit nombre de fois, ne laisse à sa suite aucune modification frappante dans la largeur du vagin ou dans la disposition des plis de la muqueuse vaginale. Par contre, il faut admettre que l'habitude du coït entraine un élargissement constant et progressif du vagin, ainsi que le relâchement de ce canal surtout des constricteurs du vagin, et un effacement partiel des plis de la muqueuse vaginale. La turgescence primitive de la muqueuse et la constitution délicate de son revêtement épithélial se perdent plus ou moins, comme on peut l'observer sur les prostituées.

Il est inutile de dire qu'un accouchement modifie complètement la constitution primitive du vagin; nous parlerons en un autre endroit des modifications que l'on observe dans ce cas ; nous voulons

seulement faire remarquer ici que ce n'est qu'au moment de l'accouchement qu'a lieu la déchirure complète de l'hymen ou plutôt de ce qui reste de l'hymen après la défloration; et, comme Font déjà montré Mendé (I), Lazarevich et Bellien à Gharkow (2), ce n'est qu'à la suite de ces déchirures que se forment les caroncules myrtiformes caractéristiques, épaisses, à large base, tandis qu'après la défloration et même après une déchirure profonde de l'hymen, il reste des lambeaux, dont la forme et le nombre sont déterminés par le nombre et le siège des déchirures correspondantes.

Outre ces symptômes objectifs, il faudra encore dans ces recherches prendre en considération les symptômes subjectifs^ mais on observera la plus grande circonspection à l'égard des manifestations subjectives, et on ne leur accordera une certaine valeur que dans les cas où ils concordent avec les signes objectifs. Ainsi, on ne considérera la sensation de douleur indiquée au moment de l'acte, comme ayant réellement existé, que dans les cas où il y aura des traces de déchirures ou de lésions graves des parties génitales. L'expérience nous apprend que dans les conditions normales, c'est-à-dire chez les filles adultes, la défloration est rarement accompagnée de douleurs violentes, ce que Ton comprend facilement quand on se rapporta à ce que nous avons dit à propos de l'hymen ; mais on ne peut nier que, dans les cas où l'on emploie une grande violence pour vaincre la résbtance de l'hymen, il ne puisse y avoir des douleurs même très fortes. Il en est de même des indications relatives aux bémorrhagies qui auraient eu lieu pendant l'attentat et de quelques autres symptômes subjectifs qui se seraient montrés, comme on l'a indiqué souvent, les jours suivants, c'est-à-dire la difficulté de la marche, des douleurs pendant la défécation et la miction, etc.

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