EMPOISONNEMENT PAR LE PICROTOXYICB
Les fruits du mem'spermum cocuius, de co qu'on appelle la coque du Levant, employés quelquefois pour étourdir les poissons, mais aussi pour falsifier la bière etralcaloide qu'ils contiennent, la picrotoxine^ donnent lieu, cette dernière à la dose de C^S, à des vomissements et des convulsions aussi bien toniques que cloniques, fei n'ont cependant pas un caractère de mouvement réflexe, comme ceux do Temfeitonnement par la strychnine.
§ 24. » EMPOISONNEMENT PAn LA NICOTl>E.
On a observé très rarement des empoisonnements par Li nicotine mire; celle-ci constitue un liquide oléagineux se colorant en jaune au bout de quelque temps et est contenue dans les feuilles de tabac à la dose de 2 p. 400.
On connaît le cas du comte de Bocarmé qui, en 4850, empoisonna son beau-frère Fourgnies avec de la nicotine qu'il avait préparée lui-même (1). La dose mortelle paraît être pour un adulte 4e 8-46 centigrammes. D'après Schroff ^ à ^ de grain donnerait déjà lieu à de violents symptômes d'empoisonnement. On a plueieurs fois observé des empoisonnements par des feuilles de tabac ^ntnployées à Textérieur et par des liquides dans lesquels avaient macéré des feuilles de tabac.
Iv — PhéBomènee de l'empoleoiiaemeBt.
On connaît les symptômes qu'on éprouve quand on essaie do fumer pour la première fois. On a cependant observé des empoisonnements graves et même mortels par l'usage du tabac à fumer, surtout après des paris. Helviga vu la mort survenir après dix-sept ou Az-huit pipes qu'un individu avait fumées Tune après l'autre. Ce ees concernait deux frères qui avaient fait un pari pour savoir celui qui fumerait le plus. Brodis a vu une goulte de suc de tabac déterminer la mort d'un chat; Deulscb (2) a observé cependant une guérison chez un homme fort qui avait pris une once de suc de tabac comme remède contre le ténia, toutefois après de violents symptômes d'empoisonnement. Matouschek a observé, il y a quelques années en Bohême, un cas mortel d'empoisonnement d'un petit garçon auquel on avait mis pour plaisanter du suc de tabac dans
(!) Voy. Stas, Empoisonnement criminel par la nicotine^ affaire Bocarmé (Tar- 4iea, Étude médico-légale sur V empoisonnement, 2* édition. Paris, 18"* 5, p. 945). (2) Deatscb, Schmidi's, Jahrb.^ 1851, 70, T, 27.
une pomme de terre. D'après Vohl et Eulenberg (1), il n'y aurait de nicotine ni dans la fumée ni dans le suc de tabac, parce qu'elle se décomposerait quand on Tume, mais il s*y trouTerait par coatre des corps à base de picoline et de pyridine analogues aux bases d*aniline et qui sont toxiques à un haut degré.
Les symptômes d'empoisonnement se montrent de bonne heoie ] et consistent en une brûlure dans le pharynx, une augmentation iê } la sécrétion de la salive, du malaise, des douleurs dans restomac^ des vomissements, une pâleur et une froideur de la peau, de la céphalalgie, de Télourdissement, de la perte de connaissance et des convulsions cloniques. Parmi les actions physiologiques, dchh citerons la diminution de l'excitabilité réflexe de la moelle, unecoih tracture violente des vaisseaux et l'excitation des centres des mouvements de l'intestin et de l'utérus.