C. Quelle a été la cause de la mort
ART. l®'. — l'enfant est-il NÉ VIVANT ?
Cette question est si capilale que c'est sur elle seule qu'on se base pour continuer ou non la poursuite pour infanticide. U poursuite est arrêtée quand le rapport médical conclut que l'en*
(1) Tardieu, Etude médico-légale sur f infanticide, i* édition. Pirit, IS».
(2) Taylor, hc. cit., II, 438.
L*iNFANTICIDE. 523
£iQt est mort-né. Il n'y a d'exception que si on peut établir que la mère, ou une tierce personne agissant à sa connaissance et avec son consentement, a tué l'enfant pendant la naissance. La loi prend ce cas en considération en qualifiant d'infanticide le meurtre de TeDfant non seulement immédiatement, mais aussi pendant la naissance. Il est clair toutefois que c'est seulement dans des cas très rares qu'il y a lieu de songer à un meurtre pendant la naissance, surtout quand la mère a accouché seule sans Tintervention d'an tiers. Uu cas pareil serait plutôt possible, si des parties de Fenfant étant sorties hors de la vulve et pendant que l'enfant est aûcore arrêté par les épaules du la tète, la mère avait ainsi eu le lemps et le moyen de blesser gravement ces parties. A notre connaissance le cas rapporté par Bellot (i) est le seul qui puisse être dté comme exemple de cette possibilité. Ce cas était celui d'une personne qui mit au monde secrètement des jumeaux et tua le premier né à coups de sabot sur la tête; pour le second, elle n'attendit pas la un de la naissance, mais, dès que la tête parut, elle la U brisa. Il est clair que si un pareil meurtre se produisait réellemtnif nous pourrions être en état de constater par l'autopsie que le meurtre a été commis pendant que l'enfant vivait; mais nous ne itnrîons qu'exceptionnellement que le meurtre a déjà eu lieu avant h Un de la naissance.
Si nous observons la manière dont se comportent les nouveau- ■éSy nous remarquons que, dans l'état normal, l'enfant, après être léy ouvre les yeux, les muscles qui entourent la bouche et le nez is contractent, de même que ceux de la face, comme s'il voulait fleurer; ces mouvements sont suivis de la première inspiration pendant laquelle la bouche s'ouvre, la poitrine et le ventre se gon- ■enlen se portant en avant. Les premières inspirations sont encore iyspnéiques, cependant elles deviennent bientôt rythmiques comme dans la respiration ordinaire. Déjà, après les premières inspirations, Fenfant commence habituellement à crier et en même temps i rendre de l'urine et du méconium.
Oo peai considérer comme la cattse de la première respiration l'interruption,
•• Bienx, la cessation de la respiration placeuuire déterminée en partie par la
eMCraciion de l'utérus délirré du fœtus, et par le rétrécissement consécutif des
liiMe atérinee, en partie par la compression et le détachement du placenu. Le
lHig« qai dès lors défient byperveineux, agit d*une façon excitante sur le centre
et respiration automatique situé dans la moelle allongée et supprime la première
de respirer qui est suivie, après que la dyspnée avec laquelle naissent la
(1) SdiaMBstain, loe. ct(., p. 203.
524 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTt ET LA VIE.
plupart des fœtus a cessé, de la respiration normale et rjrthmiqiie. Les physiologistes anciens prétendaient que ce sont particulièrement les excitations mécaniques et thermiques de la peau, qui, en agissant sur Tenfant immédiatement iprèi la naissance, déterminent la première respiration. Toatefols il est doateux qsa de pareilles excitations exercent une influence essentielle dans ce sens (1). Tandis que quelques-uns (Poppel, Kehrer) sont d'a?is qae l'irritation de la pesa peut déjà par elle-même produire des moarements respiratoires et que Schwarti a constaté également que le retour des inspirations chei les asphyxiés était provoqué par des irritations de peau, Falk veut que l'excitation des nerfs de la peu par une atmosphère plus froide soit regardée, non pas comme un aaxiliaire, man comme un obstacle à la première respiration du nouTeaa-né.