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I. — ModUfleailoBS prodattes dans les pomatons par

Paspiratloa de Falr.

' Les modifications éprouvées par les poumons du fœtus à la soiie de l'aspiration de l'air, portent sur le volume, la couleur^ la tôiuiiiance et le poids spécifique.

\^ Volume des poumons.

Il est facile de comprendre que les poumons se développent et augmentent d*autant plus de volume qu'ils se remplissent plus complètement d'air. Après l'aspiration, les poumons, qui à l'état fœtal eenstiiuent de petits organes lobules occupant seulement la partie posiérieare du tiiorax et qui pour cette raison ne sont pas vus immédiatement après qu'on a enlevé la paroi antérieure du thorax, se lODt distendus à un point tel, qu'ils remplissent la plus grande partie delà cavité thoracique et s'avancent tellement par leurs bords dans h pmrtie antérieure de la cavité, que ceux-ci dépassent les parties lilérales du péricarde, qu'ils les recouvrent d'autant plus qu'ils se iipprochent davantage, aussi les aperQoit-on dès qu'on ouvre le Ihârtz. Ce gonflement des poumons change aussi la configuration de la surface et des bords de l'organe. Tandis que la surface des pouiioos d'un fœtus est complètement lisse, comme par exemple celle éo foie, et que leurs bords s'amincissent également sous un angle très aigu et pour cette raison ont, dans leurs parties extrêmes, un aspect Mmbraneux et sont transparents, nous trouvons la surface des pou- MBS qui sont gonflés par la respiration moins lisse, à cause de la mSmt des alvéoles remplies d'air, et d'autant plus inégale, que les iBérents lobules ont été plus irrégulièrement dilatés par l'air; les kordi des poumons sont en même temps plus ou moins mousses.

2^ Couleur des poumons.

La cottfeto* des poumons, encore vides d'air, est due essentiellement i la quantité de sang qu'ils contiennent. Les véritables poumons ib fœtus sont anémiques, la petite circulation n'étant pas encore arrivée à son développement complet; pour cette raison ils montrent Mie couleur pâle de chair qui a été souvent comparée à la couleur fa chocolat au lait, mais qui ressemble pourtant davantage au ^ooBe^bmn. Nous trouvons la même couleur sur les poumons vides

626 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTt BT LA TII.

de sang qui sont devenus ullérieurement anémiques, ainsi que sur les poumons des fœlus qui ont macéré et présentent une transsudation sanguine abondante dans les cavités pleurales. Le fœtus est-il mort suffoqué et en faisant des mouvements respiratoires prématurés, U couleur des poumons paraîtra d'autant plus sombre qu*il8 sont devenus plus riches en sang, et offre alors les nuances les plus diverses, depuis le violet jusqu'au bleu foncé. La couleur est d'autant plu uniforme que Torgane est plus anémique ; et sur ces poomons» même quand ils sont riches en sang, la coloration hyposlaliqueplos sombre des parties postérieures n'est pas aussi accentuée que noos sommes habitués à la trouver sur des poumons contenant de l'air.

Avec le commencement delà respiration, la couleur des poumon passe au rouge clair. Gomme cette couleur est composée de la owleur du tissu pulmonaire rempli de sang et de la couleur de l'iir contenu dans les vésicules pulmonalresi il est facile de comprendre qu'il y aura diverses nuances, suivant que l'une ou l'autre des couleurs l'emportera. Les parties antérieures des poumons ont es général une coloration rouge plus claire que les parties poslirieures qui sont plus riches en sang par suite de Tbypostase. Parle même motif, les poumons anémiques deviennent plus clairs qoe les poumons riches en sang et nous trouverons ceux-ci d'un roags d'autant plus clair que les alvéoles pulmonaires auront été plv dilatés par l'air et inversement d'autant plus sombres que les poumons auront moins respiré. Gomme dans ces derniers casii survient, par suite de la suffocation, une hypérémie des poumons, nous pouvons trouver des poumons d'une coloration très foncée, quoique ceux-ci contiennent de l'air, tout en n'étant que fort peo gonflés. En effet, nous avons observé, sur des enfanls suffoqués immédiatement après la naissance, des poumons dont la coulear à première vue était semblable à celle des poumons d^enfants morls avant l'accouchement par suite de suffocation dite fœtale, bien quUm examen minutieux et la docimasie nous aient montré un gonflement régulier, mais faible, des cavités pulmonaires. 11 s'ensuit que les dénominations de clair et obscur d'une part, de plein d'air et de vide d'air d'autre part, ne se correspondent pis dans toutes les circonstances, comme Falk (ij l'a déjà soutenu avec raison.

Si on examine plus attentivement une partie des poumons reotplie d'air par la respiration, c'est-à-dire si on l'examine à la loupe,

(1) Falk, Des différentes couleurs des poumons des nouveau^nés [Vierldj* A ger. Med. 1869, X, i).

on Toit que la couleur plus ou moins rouge, claire et uniforme se décompose en un réseau serré de vaisseaux injectés dont les mailles entourent les alvéoles remplis d'air, ce qui forme une espèce de mosaïque ayant une figure très caractéristique. Gomme il y a de plus des vaisseaux assez gros qui cheminent entre les lobules des poumons, ceux-ci semblent plus nettement délimités qu'à l'état fœtaly et la surface des poumons prend, à cause de cela, un aspect marmoréen qui ne peut être confondu avec celui qui se produit quand des parties isolées des poumons se remplissent inégalement d'air, ou qu'il subsiste au milieu de parties claires et contenant de l'air des parties atélectiques, obscures et enfoncées. L'aspect régu- Ber des alvéoles pleins d'air, se présentant comme des perles, est très digne d'attention, car il permet déjà de conclure que l'air n*est pas arrivé dans la partie pulmonaire en question par la putréfaction. La pression sur les parties voisines les fait saillir davantage et peut même les faire éclater.

3® Consistance des poumons.

Une autre modification éprouvée par les poumons à la suite de la respiration porte sur leur consistance. Des poumons vides d'air ont une consistance plus ou moins charnue et une résistance parfont égale, peuvent être découpés comme de la chair et sont également denses dans toute la surface de section d'où s'écoule, quand on j fait glisser la main, du sang non écumeux. Les poumons qui ont respiré donnent au toucher la sensation de coussins, crépitent qnand on les découpe, montrent à la coupe une structure spongieuse et lâche, et laissent échapper de l'écume sanglante à petites bulles, qui est surtout visible quand on les découpe ou les presse tous l'eau et se trouve non seulement dans le parenchyme pulmonaire, mais encore dans les bronches. Ces modifications pré.sentent aussi des degrés divers de développement et sont d'autant plus éclatantes que l'enfant a respiré plus complètement.

4« Poids spécifique des poumons.

Le changement lé plus important au point de vue diagnostique dans les poumons, c'est la diminution du poids spécifique^ et c'est ce fait qui forme la base de l'épreuve de la dadmasie pulmonaire ou de l'examen hydrostatique des poumons, prescrit particulièrement, avec la manière d*y procéder, aussi bien par l'ordonnance autri-

chienne pour la constatation légale des décès que par le c regnhtiT i prussien (art. 24).

On prétend que le physicien Rngger de Pressboarg a émit la premier, en Idl, l'idée de soumettre les poumons à TépreuTe de la natation, aio de poofoir déddarii un enfant est né vivant ou mort ; mais c*est seulement en 1689 que Schr^jer, dili petite ville de Zeitz en Silésie, a mis le premier cette idée à exécution dans r» topsie Judicaire d'un nouveau-né. Toutefois il est hors de doute que GtUen naissait déjà ce changement du poids spécifique, car il désigne les éprouvés par les poumons à la suite des premières aspirationa d'air, par ess Mil brefs, mais précis : Substantia pnlmonum (per respirationem) ex ^lb^^ gmi k densa in albam, levem et raram transfertur. BarthoUn aussi (1668, Mende, L c.IJ indiquait déjà comme un fait connu que les poumons qui n'ont pas respiré oe mt nagent pas, tandis que ceux qui ont respiré surnagent. Sonnenkalb prétend ^ la docimasie hydrostatique des poumons a déjà été employée en 1561 par Is tribanal saxon de Pegau dans un cas Juridique.

La docimasie hydrostatique d'après Tinstruction autrichienne se (ait aladt après avoir constaté l*état du diaphragme, le degré de dilatation des pooaNi et leur situation dans le thorax, on retire les poumons avec le cœur et le tky* mus de la cavité thoracique, on prend note de l*état de la surface polmootii% de celui des bords et de leur consistance ; on met ensuite tous ces organes 6ssemble dans un vase suffisamment profond et plein d'eau froide, et on voit ili surnagent ; on détache ensuite le cœur et le thymus, on fait l'épreuve de la n^ natation avec chaque poumon ; on ne doit pas négliger d'examiner antérieorsiNil le contenu des bronches du bile. LA-dessus on découpe chaque poumon, oa fe» mine et, après avoir rédigé le procès-verbal de tous ces caractères, on les coops m morceaux et on voit si les morceaux se maintiennent sur l'eau on si qoelquei-aai s'enfoncent ou semblent vouloir s'enfoncer.

Le regulativ allemand renferme là- dessus les dispositions suivantes :

§ 24. Si on peut admettre que l'enfant est né après la trentième semaine, il fut rechercher s'il a respiré pendant ou après la naissance. Dans ce but 11 fant répreuve docimasique et procéder comme 11 suit :

a) Déjà après l'ouverture de la cavité du ventre, Il faut constater l'état da phragme par rapport à la côte correspondante ; c'est pourquoi il faut ouvrir d'abori la cavité du ventre^ et ensuite seulement la cavité de la poitrine et de la tète.

h) Avant l'ouverture de la cavité thoracique, la trachée-artère doit être liés tidessus du sternum.

c) Après il faut ouvrir la cavité de la poitrine et constater l'état de dilatitiff et la position des poumons (cette dernière relativement au péricarde) ainsi que Iht couleur et leur consistance.

d) Ouvrir le péricarde et constater son état, ainsi que les caractères extériein du cœur.

e) Ouvrir les parties du cœur, établir quel en est le contenu et l'état.

/) Ouvrir le larynx et la partie de la trachée qui est aa-dessos de la ligitor^ par une incision longitudinale et constater leur contenu et l'état des parois.

g) Couper la trachée au-dessus de la ligature et l'enlever avec tons les saim organes thoraciques.

h) Après avoir enlevé le thymus et le cœur, il fknt soumettre les poomoos 1 l'épreuve de la sumatation dans un vase spacieux, plein d'eau pore et froide.

0 OaTiir la partie inférieure de la trachée et ses branches, et examiner leur •oteoa.

k) Faire dea incisions dans les deux poumons et faire attention au bruit de créit qui peut se faire entendre, ainsi qu'à l'abondance et à la constitution du qui s*échappe quand on presse légèrement les surfaces de section. i) Faire aussi des incisions dans les poumons sous l'eau, pour voir s'il s*échappe ïm biiUaa d*air des parties coupées.

m) Les deux poumons doivent être découpés d^abord en leurs lobes et après en — cimii isolés, et on doit essayer les parties pour se rendre compte de leur Mlibaité.

a) n fluit ooYrir le pharynx et constater son état. Enfin il faut : •) Faire on examen microscopique quand il y a lieu de supposer que les pouans oe pouTsieut pas aspirer de l'air, parce que leurs cavités étaient remplies de morbides (liépatisation) ou étrangères (liquide amniotique, méconium).

Gomme le poids spécifique des poumons (lissu -4- sang) n'est, d'après Krause, que de i,0i5 — 1,056, de petites masses d'air suffi- (Mt déjà à les maintenir sur l'eau et Tépreuve natatoire est pour €da déjà en état de dénoter une petite quantité d'air contenue dans kl poumons. Cette circonstance et le fait que, dans l'emploi d'une sélhode correcte et systématique, la surnatation des parties isolias des poumons nous montre que Tair est également réparti dans hors différentes parties, donnent à l'épreuve de la docimasie Igrdrostatique une importance spéciale comme moyen diagnosttfae. Toutefois cela ne nous permet pas de nous dispenser de constater les autres conditions plaidant pour ou contre la présence ie l'air dans les poumons ni de négliger tout autre examen anatomique de l'organe. Malheureusement il arrive souvent que répreuve de la sumatation des poumons fait négliger l'examen des antres caractères, si on ne les laisse pas tout à fait de côté, et fae souvent on procède à la dernière partie de l'épreuve natatoire des poumons avant que Texamen anatomique de chaque lobe pulmonaire ait eu lieu, ce qui rend ce dernier examen tout à fait impossible, comme il est facile de le comprendre.

Dans la docimasie hydrostatique les poumons peuvent ou surmger plus ou moins ou s'enfoncer dans l'eau. Dans le premier cas, 3 but avant tout se rappeler que la surnatation des poumons en elle-même ne prouve qu'une chose, c'est la présence de l'air dans les poumons, mais non l'acte de la respiration. Cette dernière condosîoQ n'est permise que si les autres procédés, par lesquels l'air a pu pénétrer dans les poumons, peuvent être exclus. Ces procédés toot : a) la putréfaction ; b) une insufflation d'air.

a) La possibilité de la surnatation des poumons par développeiDeot des gaz de putréfaction n'est à prendre en considération que

nornfAHN. 31

si le cadavre porte des traces de puiréraclion; elle disparaît absolument en présence d'un cadavre frais. Elle s'exclut également si Jt pulréfaclion étant d'ailleurs assezavancée, les poumons ont conserré encore un aspect tout à fait frais et n*ont pas encore changé de couleur. Sous ce rapport l'expérience nous apprend quelespoomens, à cause de leur tissu ferme et composé particulièrement de fibres élastiques, se putréfient relativement plus tard que d'antres organes, par exemple, le foie et la rate, et que les poumons, qui sont vides d'air, résistent plus longtemps à la putréfaction que ceux qui en contiennent, car l'air favorise le commencement et la marche des processus de putréfaction. Toutefois, la putréfactioD commençant d*abord par le sang, il faut également prendre eo considération la quantité de sang contenu dans l'organe, et comme les poumons des fœtus nouveau-nés, qui sont morts par sufTocalioD, contiennent une quantité considérable de sang, la putréfaction dans ce cas peut survenir encore plus tôt et marcher plus vile que dans les poumons qui ont contenu de l'air. Par là s'explique l'opinion de Tamasia (1) qui, dans ses expériences pleines de mérite sur la putréfaction des poumons, trouva que les poumons qui ont respiré se putréfient cinq à six jours plus tôt que ceux qui n'ont pas respiré et que les premiers se désagrègent plus vile que les seconds.

Déjà dans les premiers degrés de la putréfaction les poumons commencent à changer de couleur; ce changement est produit d'abord par l'imbibition et plus tard par les altérations que la putréfaction opère dans le lissu pulmonaire, mais provient surtout du sang dont l'hémoglobine se décompose en méthémoglobine brun, ensuite en hémalinc et ses composés verts ou brun foncé. Les premières bulles de putréfaction se montrent dans le sang des grands vaisseaux, ce qui lui donne une consistance écumeuse; plus tard elles se montrent isolément ou par groupes dans le parenchyme pulmonaire, surtout dans les parties imbibées de sang; elles sont visibles même du dehors sous les plèvres, qu'elles soulèvent plus lard sous forme de bulles plus ou moins grandes et pouvant être déplacées. Dans cet état de putréfaction, les poumons se muinliennent d'autant plus facilement sur l'eau qu'ils contiennent plus de bulles de gaz.

A cela Tamasia objecte qu'il n'a jamais vu surnager des poumons en état de putréfuction. U a remarqué, il. est vrai, dans ses expériences des bulles d'air sont

(1) Tamasia, Sulla putrefazione del polmone {Rivista tprriment, dimed, iegaL 1876, III et IV.)

plàvre eomme dans le parenchyme ; mais celles-ci ne peuvent à ton atis aouleTer tiaao compact des poumons qui n'ont pas respiré, ni les rendre capables de sarfPT, parce que le tissu se gonfle en même temp4 par les processus de putréfacm el que son poids spécifique augmente et parce que, quand la putréfaction a m dans la terre ou dans l'air, les poumons perdent de l'eau, se rapetissent, se tatinent et par suite deviennent d'un poids spécifique plus grand, de sorte que I boUea d'air qui se sont formées no peuvent maintenir les poumons au-dessus treaa. Nous pouvons confirmer cette opinion en ce qui concerne les poumons leéa dans l'eau, on point sur lequel nous reviendrons. Toutefois nous devons faire ■arquer ici que les processus de putréfaction n'ont pas la même marche sur des MBons contenus dans des corps non ouverts que sur des poumons retirés m eorps, comme ceux sur lesquels T. a opéré et qu'on peut facilement se conèicte, quand on laisse des enfants mort-nés se putréfier, qu*au bout de quelque •pa les poumons non seulement sont traversés de part en part par des bulles igaz, mais se maintiennent aussi sur l'eau, de même que nous trouvons d'autres rgiaea vides d'air, comme le foie, la rate et même le cœ«ir et le cerveau, pouvant ger, quand de nombreuses bulles de putréfaction s'y sont développées.

Poor distinguer les poumons putréQés des poumons qui se sont impKs d'air par la respiration, il est recommandé, quand il n'y a |ae de grosses bulles d'air, de crever ces bulles et de rechercher msuile si les poumons peuvent encore surnager.

Ce procédé mérite, en tous cas, d'être pris en considération et Krmet de conclure, quand immédiatement après avoir crevé les Mlles d'air les poumons s'enfoncent, qu'il n'y avait là que des Mies de putréfaction. Toutefois il faut remarquera ce sujet que X procédé n'est probant que dans les prenners degrés de la putrételîon; car dans les derniers degrés, quand les poumons sont pour ainsi dire en bouillie, des organes, qui auparavant avaient iODtenu de l'air, ne contiennent plus que de giandes bulles de gaz |n, étant crevées, font que les poumons s\ nfoncent. Il est aussi iteommandé d'essayer, dans les premiers degiés de la pulréfacm, de chasser l'air des parties isolées des poumons en les pressant oosles doigts. Si on y réussit facilement, et si les parties ainsi iprimôes s'enfoncent dans l'eau, c'est une nouvelle preuve qu'il ■gît de gai de putréfaction, car il est difficile et possible seulcleot par un écrasement complet des poumons de chasser par la resûon Tair d'un tissu gonflé par la respiration. Quand le tissu limonaire a déjà commencé à se désagréger, cette épreuve n'a im de valeur.

Ce qui est plus important que les faits précédents, c'est la réparlioa de l'air dans le tissu pulmonaire, car les alvéoles ne peuventsc mplir d'air d'une façon régulière que par la respiration, évenleUement par l'insufflation, ma s jamais par les processus de putré-

faction, et cela parce que d'une part la pression nécessaire pour remplir les cavités pulmonaires fait défaut, d*autre part parce qoe la formation des gaz de putréfaction est accompagnée de la désagrégation du tissu pulmonaire qui détruit les vésicules pulmonaires là où la putréfaction a été assez avancée pour produire des bulles de gaz. C'est pourquoi, si nous sommes en état de constater, en examinant les poumons à Tœil nu ou avec la loupe, que les alvéoles sont régulièrement remplis d'air, nous sommes d'autant plus en droit de nier la putréfaction, que l'étendue sur laquelle ce fait se produit est plus grande; tandis que, s*il n'y a dans le tissu pulmonaire que des bulles d'air inégalement et irrégulièrement réparties, on peut être certain qu'elles proviennent de la putréfaction. Dans les degrés plus avancés de la putréfaction, où le tissu pulmonaire est presque transformé en une bouillie sans couleur déûnie, tout diagnostic différentiel devient naturellement impossible et il est ordonné, dans tous les cas où les caractères décrits ne peuvent plus être constatés, de déclarer qu'il n'est plus possible, vu l'état de putréfaction trop avancée, de décider si l'enfant a respiré après la la naissance ou non.

b) La possibilité que l'air contenu et constaté dans les poumons puisse provenir de tentatives de viviGcation faites au moyen de l'insufflation, peut presque toujours être exclue, car il est inadmissible qu'une femme, qui accoucbe en secret, fasse des tentatives de ce genre sur un enfant mort-né; si cela avait eu lieu en réalité par son fait ou par le fait d'autres personnes, il y aurait eu des déclarations spontanées à ce sujet.

S'il se présentait un cas où il faudrait prendre en considération la possibilité d'une insufflation, ce serait moins Tétatdes poumons que celui du tube digestif qui pourrait résoudre la question; l'observation nous apprenant que, quand on insuffle de l'air de bouche à bouche ou avec un tube introduit non dans le larynx, mais simplement dans la cavité de la bouche, l'air arrive en général moins dans les poumons que dans l'estomac et dans le canal in* teslinal qu'il gonfle, et comme, d'autre part, ainsi que nous le dirons plus loin, l'estomac et l'intestin d'un enfant mort-né sont vides d'air et pour cette raison s'enfoncent dans l'eau, lorsque nous trouvons ces organes gonfles d'air chez un nouveau-né, celte constatation appuiera l idée de l'insufflation ; celle-ci est au contraire infirmée quand nous ne trouvons de l'air ni dans le canal intestinal ni dans l'estomac ou que nous n'en trouvons que de p^ tites quantités. Les poumons eux-mêmes ne fourniraient une preuve

pour le diagnostic que si rinsufflalion forcée avait produit un emphysème et surtout un emphysème interstitiel. Toutefois ce der- *nier même ne- serait pas un signe d'une grande valeur, les emphysèmes interstitiels pouvant se produire aussi d'une autre façon chez lés nouveau-nés, par exemple, par suile d'expirations forcées, quand des corps étrangers ont pénétré dans les voies respiratoires. Gasper a donné comme signe distinclif la coloration ronge claire remarquable et l'anémie des poumons insufflés et a fait observer que l'insufflation d'air peut bien produire un des changements que la respiration détermine dans les poumons, c'est-à* dire les gonfler, mais elle ne peut augmenter la quantité de sang contenu dans les poumons, augmentation qui est due au développement de la petite circulation.

De plus on observe rarement sur des poumons qui ont été insufflés sur un cadavre d'enfant intact, une distension aussi régulière que sur des poumons insufflés hors du corps, ou le thorax étant ouvert. Nous ferons remarquer en outre que la coloration rouge clair n'existe qu'immédiatement après l'insufflation, l'oxygène, qui est absorbé par le sang et qui lui donne cette coloration rouge clair, se consumant au bout de quelque temps, et que des poumons d'uo enfant mort par asphyxie fœtale (genre de mort qui s'accompagne de congestion intense des poumons) et insufflés ne se distinguent en rien après l'opération de poumons qui ont respiré. On peut encore moins faire cette distinction quand l'air insufflé n'a pénétré que par places dans les poumons. C'est pourquoi nous pensons que, si l'état du canal intestinal ne permet pas de résoudre la question, on ne peut décider d'après les caractères des poumons si l'air qui y est contenu provient de la respiration ou d*une insufflation.

Si U.patréfaciioD, et éTentaellement rinsufQition est écartée, on peut, dans les cas d*accusation d'infanticide qui donnent lieu à une autopsie, déclarer en codacience qae l'enfant a respiré de l'air après la naissance, par conséquent qu*il est né virant. La possibilité qu'un enfant puisse respirer pendant la naissance, ne doit être prise en considération dans les accoucliemenu clandestins, que lorsqu'il %*»gkt de décider si un enfant, qui n'a encore sorti que la tète, peut déjà aspirer do Tair. Ce cas semble se produire souvent, car ScUwaru (I) fait observer que les mouvements d'inspiration de l'enfant commencent le plus souvent après qae la tAte a passé, ou du moins pendant le passage du corps du fœtus par la vulve et quelquefois aussi seulement après l'expulsion complète de l'enfant. Régulièrement la tète une fois sortie est rapidement suivie du reate du corps ; toutefois il peut arriver que cela n'ait pas lieu et que l'enfant, qui est resté retenu par les

(I) Schwarti, /. c, 3S1.

534 LES ÂTTEiNTATS CONTRE LA SANTÉ ET U VIE.

épaules, meurt et naisse mort quoiqu'il ait respiré de Tuir. G'ef t ea ce sens qoe Tuchmeyer observe (1) : « Fieri potest in fans caplte exclusus, antequam totas eichidatur, respirant, statim vero, antequam reliquo corpore egreasos fuerit, moristar^ et quidem absque malitia matris. »

Martin cite un cas de ce genre (?) ; plus récemment Bothe (S) en a décrit oc concernant un monstre double (4). Dans un cas qui a été soumis à la Faculté et t«r lequel nous avons fait un rapport, une domestique de paysana qui a?ait accoocbé dans les champs, prétendait que l'enfant avait déjà crié lorsqu'il n'avait eoam sorti que la t£te, mais qu*il ne cria plus une fois complètement sorti, et qu'il mourut en ràinnt. Ces indications furent contestées par les médecins chargés de Taotopsie, toutefois elles durent être acceptées par la Faculté comme poasibles.

La respiration chez l'enfant peut sans doute avoir lieu avant la sortie de la têia, quand de Tair a été introdiiii dans l'utérus par des instruments ou par la nain de l'accoucheur, comme cela arrive dans les accouchements diffidlea. Dans ces eu l'enfant peut non seulement respirer dans Tutérus, mais même crier (Tagitos uterinus). 11 est facile de comprendre que rien de pareil ne peut se produire dans les accouchements secrets ordinaires. Toutefois comme de nombreux cas observés par d'autres et par nous-mème (5) ont montré que dans les accouchements Imti le simple toucher suffit pour faire arriver de Tair aux orifices respiratoires de Teafant et qu'un utérus relâché peut dans les changements de position du corps upirer de Tair (Schatz, Hegar), il faudrait examiner, dans les cas certainement très rares où un accouchement secret a été très lent ou dans les cas où un complice aurait déjà pendant l'accouchement fait des manipulations dans les parties génitales^ il faudrait, disons-nous, examiner ai la respiration n'était paa poasible pendant Tacte de la parturiiion même.

Il s'agil de savoir maintenant ce qu'il est permis de conclure quand les poumons sont trouvés vides d'air. En général, on se bâte dans ce cas de déclarer que Tenfant est morl-ué. Une pareille conclusion, si elle s'appuie simplement sur l'absence de l'air dans les poumons, n'est pas absolument fondée, car il y a toute une série de causes qui peuvent faire que les poumons soient trouvés vides d'air à l'autopsie, bien que Tenrant soit né vivant. Il y a sorlool trois possibilités qui méiitent d'êlre prises en considération ici: i® les mouvements respiratoires peuvent avoir fait défaut, quoique l'enfant soit né vivant ; 2^ malgré les mouvements respiratoires qui se sont produits régulièrement, l'aspiration de l'air a pu être empêchée ; 3*^ des poumons remplis d'air par la respiration peuvenlde nouveau se vider dans certaines circonstances.

1*^ Chez les fœlus nés avant la vingt-huitième ou trentième s^ maine, il arrive d'autant plus souvent que ceux-ci meurent sans

(1) Tuchmeyer, Inst. merf. teg,, 241.

(2) Bothe, Monntsschr. /. Geburtsk., 1863, XXII, 204.

(3) Martin, Archiv f. GynOk. 1870, I, 3il.

(4) Henke, Lehrb, d. ger, Wed., 1811, p. 373.

(5) Hoffmann, Vterteljahrstchr. f. ger. l/erf., 1875, XXII, p. 58 et 240.

LMNFANTICIDK. 335

iToir fait de mouvemenls respiratoires, bien qu'ils soient nés virantSy qu'ils sont plus éloignés de celle période. La cause en est nirtout dans rinsuffisance du développement et r inaptitude à se serrir des muscks de la respiration; mais elle se trouve aussi dans ce bit, que les centres de respiration ne sont pas encore assez développés pour réagir par des mouvemenls respiratoires contre TapptUTrissement du sang en oxygène, appauvrissement résultant de it suppression delà respiralion placentaire. De là vient que chez h plupart des fœtus avortés, même s'ils ne sont pas morts avant la mbsance, nous trouvons des poumons vides d'air (I). Nous ne savons pas si cette insuffisance des muscles respiratoires ou du centre respiratoire peut persisler encore dans les premiers temps qui ttivenl la vingl- huitième semaine.

Chez les fœtus viables, le commencement de la respiralion extra- «lérine peut être retardé. D*aprè$ K. Schrôder (2), il arrive presque toujours qu'un enfant nouveau-né, plein de vie, vive sans respirer pendant un temps court, mais appréciable après sa sorlie de l'uténu. Ceci ne concorde pas avec l'opinion de Schwartz citée plus haut d'après laquelle les enfants font le plus souvent déjà des mouvenenls respiratoires après le passage de la tête ; cet auteur ajoute toutefois que souvent des enfants pleins de vie et après leur naisitQce complète, restent encore quelque temps sans mouvement, fm ouvrent les yeux et commencent seulement alors à respirer liée une énergie croissante. Kehrer (3) a décrit avec détails un tes semblable. La cause de ce phénomène, c'est rapnée, c'est-àdire cet état dans lequel le manque d*oxygène dans le sang n'atteint pas encore un point tel que le centre de la respiration soit tidté à produire des mouvements respiraloires ; cet état survient fttDd, après la délivrance, le placenta rcsle lié à Tulérus et qu'il jaabsence de douleur, de sorte que la respiralion fœtale persiste. Oetétat qui peut même durer plusieurs minutes (dans le cas cité ftr Kehrer, deux minutes) se distingue de Tasphyxie en ce que tels celle-ci il ne subsiste qu'un battement du cœur, faible, rare H irrégulier et que dans l'apnée le cœur bat forlement et régulièlement. Dans les circonstances normales cet état n*a, à vrai dire, lucune importance, puisque la respiralion pulmonaire s'établit par die-mème après quelque temps, mais il en a en médecine légale,

(I) C* Hoffinann, Des mouoements respiraloires prématurés ( Vierieljahrschr* iiftr. Utd.. 1S73. XIX, 233 et s.).

(>) SchrOd«r, Arch, f, GynOk., I, 418.

(1) Kahnr, Arch. f. Ktin, Med„ 1869, M, 398.

3aH L2S ATTK5TArS OQ^TBE XJL SàXTS KT LA TIE.

^arce >^iie. pendant celle apnée, oa peol ioer reniant ayant qu'il a'iii respiré.

Uoe «ies canses les pics fréqaeaTes qoi empêchent réUblissement ées sbioTemiBi^ cespiratoîre» chez les Bomreao-Dés quoique tû» ZGCz rjvaii^ 'Z^stL raspàyiie. Les BiCaies faits qui, comme nous le faanos ^los tard, m manlreai relati¥emenl souTcnt pendant Tuœncôemenl et qoi peuvent amener diez Tenlantp mèmeanot J^rnéveaunt ie îa naissance, la moit par aiffocation, sortontpar r^iAermpcica pcématorée de la reipiratîoD placentaire, les mêmes &îfi?. ^fscnsHucB, font aos souvent que les enfants naisseat Ain pas eiLccce ccmp^étemâit OMrts, mais déjà en étal d'ispi&yxjâ. Ces eiiIinhS peoient on bâen se comporter comme da siicl», '2*z. tralLr ^ vie encore persâitante en enx par certaines nuxLeaur'rwy, ccozje par exeœpMe par de faibles mouTements respi- 7ai::«Lnes c^ par d«s battements da rtror encore sensibles. Oa oe pcc: Àfcblr la ï'n;te à partir de laqceSe il faot déclarer quede -jtàxji <c*ir.i* ne pecveat pZas être sanv«s ; on ne peut pooiUnt fkks^ M-T.ny en a proposé de le faire, les regarder comme moo-' rac:s in c:mme des mortniés; car si on considère que Tasphyxie des noaveac-cés offre des rhanofii rrîativement favorables poor !a revivification et qu'effectivement Ikeanconp de ces enfants oot été ramenés à la vie, on ne peut jamass afSrmer avec certitude qoa Tciifant en question n'aorait p^ns pn être sanvé.

Enfin Fabsence ou la manifeslitit» tardive des mouvements respiratoires peuvent être dues à la compression du cerveau par une extravasation méningée ^lV<ppeï\ Kebrcr) et i une paralysie consécutive des centres de la respiration.

2" L'aspiration de Tair peut encore être empêchée par ce fait que Teiifant est né avec la pocbe amniotique intacte. Chez les fœtus viÂb!es, c'est-i-dire venus à terme, ce cas se produit très rarement. Il y a des cas de ce genre qui sont cités par Buttler, Lane et autres I . Il y a deux ans, un cas semblable donna lieu, i Tienne, à une autopsie légale. Une per^nne, se trouvant dans an cccpé de chemin de fer avec deux jeunes filles adultes, atail a:&>i n.is au monde un enfant ayant 41 centimètres de long et pes&nt I.SCO grammes. L*accouchée, ainsi que les témoins, déclai^ renl qu'elles ignoraient ce qu'était cette masse qui s'était déuohée et ce qu'il fallait en faire. Cette assertion ne put être contestée dans le rapport et on dut abandonner pour cette raison Yàccusation d'infanticide par privation volontaire des soins nécessaires

vi; Hmkt* Zfùckri/t, isae, p. ns; laa:, p. sso, et is4o, p. toa.

pendant l'accouchement, c'est-à-dire, dans le cas présent, pour avoir négligé de délivrer Tenfant de son enveloppe.

Ce qui a été observé plus souvent, c'est Tobslruction des orifices respiratoires p<ar des lambeaux de la poche des eaux. Un fait de ce genre est rapporté par Schrôder (1) qui, ayant été appelé chez nne femme multipare, la trouva encore dix minutes après Taccoudiement, dans le même élat que pendant Taccouchement. L'en* fut était hors des parties génitales et toute la partie supérieure du eorps était couverte par les enveloppes fœtales, surtout le visage et la boache dans laquelle elles étaient entrées. L'enfant était fortement asphyxié, ne faisait aucun mouvement et n'avait que de lûbles battements de cœur ; toutefois il fut ramené à la vie au bOQt d'un quart d'heure.

La respiration peut encore être empêchée par l'obstruction des foies respiratoires par des substances aspirées pendant la naissance (liquide amniotique, mucus fœtal, méconium), lorsque les fœtus, (pn ont fait des mouvements respiratoires prématurés par suite de suffocation fœtale, sont encore nés dans un temps où l'excitabilité de centre respiratoire n'avait pas encore cessé et où il pouvait entott se produire des mouvements respiratoires extra-utérins. De Bême il peut arriver par hasard, pendant la naissance, que du mncos fœtal pénètre dans les orifices respiratoires et empêche alors l'entrée de l'air dans les poumons.

Il y a encore des processus pathologiques qui rendent l'aspiration de l'air impossible malgré la production des mouvements resliratoires. Ces processus peuvent d'abord se trouver dans les poumons mêmes et en empêcher le développement. La possibilité d'une KHidure congénitale des parois alvéolaires admise par Weber et Biisseri n'est pas démontrée. Mais il peut se produire des bépali- «tions congénitales des poumons parmi lesquelles nous citerons surlont les pneumonies blanches (pneumonia alba), que nous avons (disenrées deux fois. Cette pneumonie consiste en une prolifération morbide et une dégénérescence graisseuse de l'épilhélium alféolaire et se rencontre surtout, mais non exclusivement, chez les syphilitiques (â) ; elle mérite également d'être étudiée, parce que d'one part la couleur blanc jaunâtre de ces poumons et d'autre ptrt la manière régulière dont les alvéoles sont remplis d'épilhé- Uum graisseux, pourraient faire croire qu'ils contiennent de l'air. n y a d'autres processus qui ont leur siège hors des poumons et qui

(I) ScbrOder, Deuttchei Arch, f, klin, Med,, M, Z9è,

(ï) Virthimf$ Arch., 1867, XXXVIH, 135, 1S6S XUV, 472.

i» XXf JkTllXZJkTi 'J&>T££ LA ^ISTC ET LA flE.

peirrcst cflipérhsr Tisçistnxm et Fair par ce Eût qu'ils ne permettttil p» i'eiUf^:o ces pcQOHssw Du» la fiuéralare médicile asckuK oo pair'le sofire^t ée raccioigeient da thrinos comme CD obrUc^e à la rcspîratija as'baa thTaiî<mii). D*après notre obiefraticfi cet arcrotEemcat iefiib> être très rare, car, malgré le grand nombre de nocTeac-nés oo de noaniaoïis dont noos afons en â£ûre i'anlopse. noos n aivjiis jaioais troaTé on déreloppement ezlraordînaire de cet organe. Parmi les antres processus il faol citer sortool la rnpinre conzéni'ale da fiaphragme el le kyste coogéidlal do rdn. La première e^l sooTeol accompagnée d'one atrophie des poomons, mais eiîe peot aossi empêcher Faspiralion de Fair parce qoe pendant les premières tenta: ires d'inspiration les orgi* nés abdominaox sont poosscs dans le thorax. Noos-même (I) aroos rapporté on cas pareil. Le kyste congénital dn rein se rencontre assez soorenl el il peot atUÂndre one grosseor telle qo'il coostilue non seolement on obstacle à la respiration, mais peut même empêcher la naissance (2 .

Les processus que nous Tenons dlndiqoer ne constitoenl pas en général de difCcuItés poor le diagnostic ; ce qui est beaucoup plus important sous le rapport médico-légal, c*est le fait qoe l'aspiralion de Tair peut être empêchée après la naissance par des caus-s extérieures, soit accidentelles, soit Toulues, ainsi par exemple si l'enlant se trouve immédiatement après la naissance dans un liquide (naissance dans le bain, sur des Tases pleins de liquide, submersion dans le liquide amniotique), ou si la naissance a lieu sous des enTeloppes (lits, couvertures, babils) qui ne permettent pas la pénétration de l'air, ou si, après le pa^sagede la tête de l'enfant, lesoriGces respiratoires sont fermés intentionnellement, si le cou est serré avec une corde ou si la respiration est rendue impossible d'une autre façon. Quelques-uns de ces cas, surtout le premier, se présentent relativement souvent et il n*est pas douteux qu'il ne s'agit pas toujours ni même souvent d'accidents, mais d'infanticides perfectionnés et que beaucoup de cas de prétendus accouchements précipités en étal de syncope, si souvent invoqués, se réduisent à des actions préméditées, bien qu'il soit impossible de les distinguer des accidents simples.

Dtns rtpprécittion des cts que noas iTons examinés dans les paragraphes 1 et ?, il faut tenir compte de la grande force de résistance que les nouveau-nés présentent ani causes dVphyiie. Cette particularité est prouvée par des obsemtkmt faites sur des animaux et sur des nouveau-nés. Sous le premier rapport noos

(1) Hoffmann, Vierleifahrschr, /. ger. Med.^ XIX, Î49.

(2) Klebs, PalhoL, an. (i58. — Schmifîfs Ja/trb., 1SS6, U, 318.

citerons comme dignes d*sttention les expériences de Legsllois, Brown-Sequard, et celles plus récentes de Bert (1). Elles ont montré que des tnimtux nouvetuj»H peuTent vivre de 2K à 36 minutes sous l'eau ou survivre à Tabiation de la moelle allongée, tandis que les animaux adultes meurent déjà au bout de 3 minâtes ; il fut constaté eo outre que cette force de résistance diminue peu à peu ÛMn» les premiers Jours qui suivent la naissance, mais ne devient égale à celle 4es adultes qu'au bout de quatorze Jours. Pour les nouveau-nés il faut men- Uonner ce fait que les battements du cœur persistent encore pendant un temps jremarqoablement long chez les enfants asphyxiés, bien qu'il ne soit pas possible de lee rappeler à la vie. On a souvent observé des cas où le cœur battait encore un quart d'heure ou une demi-heure. Nous avons pu voir la persistance de ces tetlements pendant deux heures. Maschka décrit môme un cas où les battements <da cœur furent reconnus par l'auscultation chez un enfant nouveau-né encore «ingit heures après qu'on l'eût mis à l'écart comme mort. A ceux-ci se rattachent les CM remarquables où des nouveau-nés se sont conservés vivants dans des coDditions défavorables à la respiration. Ainsi Kohn rapporte deux cas où des enluité, ensevelis immédiatement après la naissance, furent déterrés encore vivants «prêt plusieurs heures. Un cas semblable où l'enfant a été enseveli pendant knii heures à 25 centimètres de profondeur, est rapporté par Bardinet (2). Maschka décrit un autre cas concernant un enfant enterré pendant cinq heures à une profondeur d'un pied.

La caase de cette force de résistance n'est pas encore expliquée. Il est évident

qee le besoin d'oxygène n'est pas encore si grand dans les premiers temps qui

' tarrent la naissance que plus tard. Cela concorde aussi avec l'observation de

Schwartz et de Pflûger qui pensent que l'absorption d'oxygène par le placenta est

Il ftîble qu'elle n'entraîne même pas de diffé*^ence de couleur dans le sang des

veines ombilicales. Probablement certains organes du nouveau-né, surtout les

nerveux, se comportent autrement sous beaucoup de rapports que ceux

adultes. Du moins la consistance, encore remarquablement molle et presque

Ikipide, par suite de la grande quantité d'eau qui y est contenue, du cerveau et de

*la moelle épinière, ainsi que l'absence de séparation entre la substance blanche et

grise, font supposer que l'excitabilité de ces organes se comporte autrement en

€6 looroent que dans les stades ultérieurs de leur développement. Effectivement

O. Solemann dans ses expériences intéressantes yZ) a trouvé que chez des nou-

m-nés (chez des chiens) l'excitation électrique de la couche corticale du cerveau

provoquait pas de mouvements musculaires, comme cela a lieu dans les expé-

liences connues de Fritsch et Hitzig. Il a observé au«si que certaines dispositions

Infloençant les mouvements réflexes ne sont pas encore développées chez les nou-

ireaa-nés, du moins pas au même degré que chez les adultes (4).

3* La question de savoir si des poumons, qui se sont remplis d'air

(I) Bert, art. Asphyxie du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ Paris, I86S, tome III, p. 546, et Leçons sur la Physiologie comparée de la respiration, Paris, 1870.

(3) Bardinet, De ia vie sans respiration chez les enfanti nouoeau-nés {Bull, de tAcad, de méd. 2 vol., 1864, tome XXX, p. 77), et Devergie, Rapport sur le mémoire de Bardinet (Ibidem^ p. 1052).

(S) Solemann. Jftfc/. CentraibL^ 1875, n* 14 et 1873 n* 23.

(4) Solemann, /6t</., 1877, n* 26.

532 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTfl ET LA VIB^

faclion, et cela parce que d'une part la pression nécessaire pour remplir les cavités pulmonaires fait défaut, d'autre part parce que la formation des gaz de putréfaction est accompagnée de la désagrégation du tissu pulmonaire qui détruit les vésicules pulmonairei là où la putréfaction a été assez avancée pour produire des bulles de gaz. C'est pourquoi, si nous sommes en état de constater,» examinant les poumons à l'œil nu ou avec la loupe, que les alvéohi sont régulièrement remplis d'air, nous sommes d'autant plus a droit de nier la putréfaction, que l'étendue sur laquelle ce fait is produit est plus grande; tandis que, s'il n'y a dans le tissu pulmonaire que des bulles d'air inégalement et irrégulièrement réparties, on peut être certain qu'elles proviennent de la putréfaction. Dans les degrés plus avancés de la putréraction, où le tissu pulmonaire est presque transformé en une bouillie sans couleur déCnie, tout diagnostic différentiel devient naturellement impossible et il est ordonné, dans tous les cas où les caractères décrits ne peuvent plos être constatés, de déclarer qu'il n'est plus possible, vu l'état de putréfaction trop avancée, de décider si l'enfant a respiré après la la naissance ou non.

b) La possibilité que l'air contenu et constaté dans les poumons puisse provenir de tentatives de viviGcation faites au moyen de l'insufflation, peut presque toujours être exclue,car il est inadmissible qu'une femme, qui accouche en secret, fasse des tentatives de ce genre sur un enfant mort-né ; si cela avait eu lieu en réalité par son fait ou par le fait d'autres personnes, il y aurait eu des déclarations spontanées à ce sujet.

S'il se présentait un cas où il faudrait prendre en considération la possibilité d*une insufflation, ce serait moins Tétatdes poumons que celui du tube digestif qui pourrait résoudre la question; Tobservation nous apprenant que, quand on insuffle de l'air de bouche à bouche ou avec un tube introduit non dans le larynx, mais simplement dans la cavité de la bouche, l'air arrive en général moins dans les poumons que dans l'estomac et dans le canal in* testinal qu'il gonfle, et comme, d'autre part, ainsi que nous le dirons plus loin, l'estomac et l'intestin d'un enfant mort-né sont vides d'air et pour cette raison s'enfoncent dans l'eau, lorsque nous trouvons ces organes gonfles d'air chez un nouveau-né, celte constatation appuiera l idée de l'insufflation ; celle-ci est au contraire infirmée quand nous ne trouvons de l'air ni dans le canal intestinal ni dans l'estomac ou que nous n'en trouvons que de petites quantités. Les poumons eux-mêmes ne fourniraient une preuve

poor le diagnostic que si rinsufflation forcée avait produit un emphysème et surtout un emphysème inlerslitiel. Toutefois ce dernier même ne- serait pas un signe d'une grande valeur, les emphysèmes interstitiels pouvant se produire aussi d'une autre façon diez les nouveau-nés, par exemple, par suite d'expirations for- Bées, quand des corps étrangers ont pénétré dans les voies respira- Ijpires. Gasper a donné comme signe distinctif la coloration rouge chire remarquable et l'anémie des poumons insufflés et a fait observer que l'insufflation d'air peut bien produire un des changements que la respiration détermine dans les poumons, c'est-àde les gonfler, mais elle ne peut augmenter la quantité de sang eODlenu dans les poumons, augmentation qui est due au déveloplement de la petite circulation.

De plus on observe rarement sur des poumons qui ont été insuflis sur un cadavre d'enfant intact, une distension aussi régulière qoe sur des poumons insufflés hors du corps, ou le thorax étant ouvert. Nous ferons remarquer en outre que la coloration rouge diir n'existe qu'immédiatement après l'insufflation, l'oxygène, qui est absorbé par le sang et qui lui donne cette coloration rouge diir, se consumant au bout de quelque temps, et que des pou- BODS d'un enfant mort par asphyxie fœtale (genre de mort qui t'accompagne de congestion intense des poumons) et insufflés ne se tistinguent en rien après l'opération de poumons qui ont respiré. On peut encore moins faire cette distinction quand l'air insufflé n'a pénétré que par places dans les poumons. C'est pourquoi nous pensons que, si l'état du canal intestinal ne permet pas de résoudre la question, on ne peut décider d'après les caractères des pouvions si l'air qui y est contenu provient de la respiration ou fone insufflation.

S la pairéfactioo, et éTentaeliement l'insufQition est écartée, on peut, dans les Cm d'accusation d'infanticide qui donnent lieu à une autopsie, déclarer en cooicience qae l'enfant a respiré de l'air après la naissance, par conséquent qu'il est ei Tifmnt. La possibilité qu'un enfant puisse respirer pendant la naissance, ne iiil être prise en considération dans les accouchements clandestins, que lorsqu'il i^ifil de décider si un enfant, qui n'a encore sorti que la tète, peut déjà aspirer di rair. Ce cas semble se produire souvent, car Scbwaru (1) fait observer ps les mouTcmeots d'inspiration de l'enfunt commencent le plus souvent après |M k tète a passé, ou du moins pendant le passage du corps du fœtus par la vulve M qoelqaefois auasi seulement après l'expulsion complète de l'enfant. Régulièrela tète une fois sortie est rapidement suivie du re^te du corps ; toutefois il arriver que cela n'ait pas lieu et que l'enfant, qui est reaté retenu par les

(I) Scbwarti, /. c, SSl.

Tenfant a vécu de la vie extra- utérine. Ce n*est que pour les enfants nés en état de putréfaction que nous sommes en droit de déclarer avec une certitude absolue que l'enfant est yenu au monde tout à fait mort. Même quand nous trouvons des signes manifestas d'asphyxie fœtale, que nous apprendrons à connaître plus tari» nous ne pouvons afOrmer avec certitude que l'enfant était tout à fait mort en naissant,puisqu'il pouvait n'être mort qu*en appareaeiu Par contre, quand les poumons, tout en ne contenant pas d'aii; sont remplis de substances étrangères, comme d'eaux de lavage e de matières d'une fosse d'aisances, substances qui n'ont pu élit aspirées qu'en dehors de l'utérus, malgré le résultat négatif de b docimasie pulmonaire, nous serons cependant autorisés à décUrir que l'enfunt est né vivant. 11 en est de môme quand chez un enDut non encore putréfié, tout en ne trouvant pas d'air dans les poo* mous, nous en rencontrons dans Teslomac ou dans celui-d et dans les parties supérieures de l'intestin, uu point sur lequel noo reviendrons.

Si on ne constate pas de faits de ce genre, l'état de mort-né est sans doute probable mais non encore absolument prouvé; danses cas nous apportons, ainsi que l'a proposé Gasper, la plus grande réserve dans nos conclusions et nous déclarons que Vautopiit^ wrUfà celle des poumons, n offre aucun signe qui permette de conclure fÊt r enfant ait vécu après sa naissance.

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