‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 124 sur 189 · II. — La. compression de la tête · texte numérisé non relu

II. — La. compression de la tête

La tête de Tenfant en passant à travers le canal du bassin, subit me cooipression qui peut amener une diminution passagère du WHiùit on une modification de la forme de ce dernier. Cette modi-

(I) Heode, I, 200.

ûcation qui est désignée dans raccouchement sous le nom de configuration du crâne est produite surtout par ce fait que Toccipital et les os frontaux s'introduisent sous les os pariétaux et que ceax-d se superposent; en même temps la peau de la tête se plisse plus ou moins et le diamètre occipito-mentonnier s*allonge. Il se produit aussi un aplatissement de la partie de la tête qui est proche do promontoire. Le volume du crâne est diminué d'une façon absolue, le liquide cérébro-spinal étant refoulé (1). Le ralenlissem^t du pouls fœtal pendant les douleurs, prouve qu'il y a en mém temps compression du cerveau. Ce ralentissement a été considéré par Schwartz comme provenant du trouble de la respiration placentaire causé par les douleurs; d'après les théories plus mo* dernes et surtout d'après les expériences de Leyden (2), il doit êtri attribué à la compression du cerveau.

La compression que la tête de l'enfant éprouve pendant la naissancc; même lorsqu'elle reste normale, produit certaines modifications qui ont une importance au point de vue médico-légal. A cet ordre appartiennent la bosse sanguine et les ecchymoses danslei enveloppes molles du crâne.

La bosse sanguine de l'accouchement se présente comme une tumeur pâteuse, faisant une saillie plus ou moins prononcée au* dessus de la partie du crâne qui était en avant, se trouvant par conséquent généralement au-dessus de la petite fontanelle ou d« la partie postérieure et externe d'un pariétal, et présentant à li coupe une infiltration séreuse du tissu cellulaire du crâne, et souvent des extravasations plus ou moins considérables. La bosse sao* guine de la tête permet non seulement d'affirmer que l'enfant s'est présenté par la tête, mais encore d'estimer la durée de l'accoih chement : c'est-à-dire que l'absence de la bosse séro-sanguioe prouve que la délivrance s'est faite rapidement. Plus le crâue de l'enfant est petit et plus le bassin est large, plus la tumeur de U tête est faible. Aussi Elsàsser ne trouva-t-il sur 340 enfants nés avant le terme en position occipitale que 74 ayant la bosse séro> sanguine. Mais sur 3789 enfants venus à terme, il la trouva i502 fois. Dans les présentations par le siège, le gonflement et l'infiltration séreuse du scrotum ou des grandes lèvres sont dus à une cause analogue, et ont été constatés par Elfcà>ser 47 fois sur

(I) Voir Fehiing, Neuere Vnlersuchungen ûber die Compression des Sckâ*ieli ^ der Gel'Urt{Arc\.f. Gynâk., 1874, VI, p. 68). (•2) Elsîsser, Virchow's Arckiv, XXXVH, 519.

l'infanticide. 667

IdO cas. Cependant on a observé souvent un œdème du scrotum diei les enfants nés dans la position occipito-iliaque.

Les ecchymoses dans les enveloppes molles du crâne sont des phénomènes tout ordinaires se produisant même après les naisnnces normales. En général ce sont des sugîliations ayant la gros- Kur d'une lentille ou d'un haricot, se trouvant soit dans le tissu cellulaire sous le cuir chevelu et plus souvent entre le péricràne et les 08, surtout près des sutures. Quelquefois il y a des sugillations pkis grosses; nous en avons trouvé à mainte reprise, même après les naissances normales, s'étendant sous de grandes parties de la peau de la tête. Elles se produisent plutôt par suite de la distenâon des vaisseaux causée par le déplacement des os que par suite d'une pression directe (i). Elles ont surtout une valeur parce que leur présence prouvp que l'enfant vivait encore pendant Taccouche- Bent, d'autre part, parce que ces suffusions, produites par Taccoudieoient, pourraient être considérées comme les effets de violences fDÎ auraient été exercées seulement après Taccouchement sur la IMe de Tenfant. Si la peau de la tête et les os du crâne ne portent fêi de traces de blessures, on n'est pas en droit d'attribuer la profBDance des suffusions des enveloppes molles du crâne à des liolences exercées après la naissance, même lorsque ces suffuaions iTétendent à des parties considérables. Le céphalétnatome n'est autre chose, suivant nous, qu'une suffusion de sang entre le péricràne et l'os, ne provient pas toujours de ce dernier et ne se distingue pis d'abord d'une suffusion ordinaire; elle ne s'en distingue que phis tard par sa marche particulière, qui n'est peut-être délermi- Bée que par le hasard.

Si la compression de la tête dépasse les limites normales, il peut m produire des phénomènes plus graves. D'abord l'interruption des battements du cœur, produite par la compression du cerveau ■ peut arriver à un point tel que la respiration devienne diflicile et qiue le sang perde bientôt son oxygène. Dans ce cas il y a égale- Bienl des mouvements respiratoires prématuris^ comme nous en •ions TU se produire après l'interruption de la circulation placentaire. En second lieu, il peut se produire à la suite de la superposition des os du crâne, des extravasations intirméningéf s ; celles-ci 16 produisent le plus souvent par la rupture des vaisseaux de la pie-mère qui se rendent aux sinus ou par la rupture des sinus eux* Bêmes. Dans les accouchements laborieux ces phénomènes sont

(1) Bkmeska, VieHet/ùfirtschrift f, ger, Med. 1869, XI, p. 75.

fréquents; on les observe aussi quelquefois dans les naissances normales; il semble que pendant les accouchements, qui s'accomplissent avec violence et rapidité, et sont accompagnés d^uoe déformation du crâne, non pas progressive, mais subite, elles se produisent plus facilement. Ces extravasations produisent une coinpression persistante du cerveau et peuvent aussi amener des mon* vements respiratoires prématurés par le ralentissement des puisa* tions du cœur; mais l'expérience nous apprend que les enfants supportent plus aisément ces extravasations qui ont lieu pendant la naissance que plus tard, et surtout qu'ils peuvent leur survivre plusieurs jours.

On a souvent observé des lésions des os du crâne pendant la naissance par suite de la force d'expulsion de l'utérus; on a trouvé non seulement de simples compressions ou de$ renfoncements de» os du crâne, mais même de %'éritables solutions de continuité. Les premières se présentent le plus souvent comme des enfoncements en forme de cuiller et portent, soit sur un os pariétal, soit sur un des os frontaux ayant été comprimés contre le promontoire ou la symphyse. Dans les naissances régulières, ces compressions ne se produisent qu'exceptionnellement; elles ont lieu plutôt quand il y a une disproportion entre la tête de l'enfant et le canal du bassin, par conséquent dans les bassins étroits. A l'endroit le plus profond de renfoncement, elles sont ordinairement compliquées d'une fêlure ou d'une véritable fracture de l'os.

Leur forme ressemble beaucoup à celle qui serait produite parla compression du forceps ; il n'y a pas de confusion possible avec d'autres lésions provenant de causes différentes.

Gurlt a réuni 10 cas de solutions de continuité des os de la tête qui se sont produites pendant un accouchement normal. Le plus souvent elles consistaient en fissures passant à travers les rayons d'ossification et partant du bord de la suture sagittale de l'os pariétal ; cependant dans certains cas on a observé également des fractures qui portaient principalement sur le bord de la suture d'un os et provenaient évidemment de la;superposition trop violente des os. C'était surtout dans les accouchements laborieux et lents qu'on a trouvé ces lésions, bien que tous se soient terminés sans les secours de l'art. Nous-même nous avons observé deux fois, dans des accouchements de ce genre, une fissure de l'os pariétal longue de trois centimètres, partant du bord de la suture sagittale et se dirigeant à travers les rayons d'ossification vers la bosse pariétale. En outre nous avons remarqué chez un enfant mis au monde

clandestinement, une fêlure de l'os partant, derrière le milieu de la ntnre sagittale et à 0,5 centimètres à gauche de celle-ci, d'une partie de l'os mince comme du papier et s'étendant à travers des parties également minces jusqu'à la bosse pariétale; nous avons dû reconnaître que, par suite de la ténuité anormale de cette partie de l'os pariétal, causée par un défaut d'ossiGcation, cette rupture a?ait pu déjà se produire pendant la naissance par la courbure ucessive de l'os ; nous avons fait à ce sujet cette remarque que ^est précisément la constitution simple de la fissure et son peu d'élandue, relativement à la grande fragilité de ces parties de l'os, qui prouvait qu'elle n'était pas due à une violence directe et grave; aoas avons fait observer également que les os pariétaux et surtout k milieu des bords de la suture sagittale se courbent fortement par h compression de la tôle dans le bassin, ce qui rend la fracture te os plus facile le long des rayons d'ossification que partout fleurs.

Dans les accouchements réguliers, nous ne pouvons admettre fie des fissures et surtout des fractures, telles que nous en avons ttnstatées sur le crâne d'un nouveau-né, aient pu être produites par la compression qui a lieu pendant la naissance, à moins toutebis qu'il n'y ait des défauts d'ossification, par conséquent des Urties des os du crâne très fragiles. Dans les -accouchements laboieu, surtout lorsque le bassin est étroit, nous pouvons attribuer à a compression de l'accouchement les fissures simples ou les fracares simples (sur les bords des sutures) qui se trouvent en des endroits subissant pendant la configuration du crâne une tension lonsidérable ou éprouvant, comme les bords des sutures, une erte dislocation. Nous ne pouvons le faire dans le cas où il y a des ^tures étendues ou nombreuses ou s'il y a en même temps de irges contusions ou des solutions de continuité des enveloppes ftoUes du crâne.

PmUnt ]« naisMDce renftnt peut auMÎ mourir à la suito d'bémorrhtgies. Cela ^Ml arrirer snrtoat dans ce qu'on appelle l'inaertion vélamenteuse du cordon MbUkaly ce qui n'eat pas si rare, lorsque la partie du fœtus qui est en avant dé- Un le ve/ameii/vm. Haier a réuni 12 cas de ce genre, parmi lesquels il y en mit 10 où les enfants moururent pendant la naissance. Valenta (I) rapporte un Mrs cas. Lliémorrbasie peut se produire également quand uo cordon ombiUcal taf eovit sa déchire. On a observé des cas où le cordon ombilical n*était long que Il !• nUUmèires (Sclafer) et d'autres où il manquait complètement (2). Cette Mvcté aDormato peut causer aussi le décollement prématuré da placenta. Enfin

(1) falenta, MemorabiUen, 1874, n« S.

())Scad«, Monaisêeh. /. Geburtsk., 1866, Vil, 1.

un jumeaa peut perdre tout son sang après la naissance du premier enfant dins le cas où, le placenta étant commun, on n'a psf mis une ligature double tar le cordon ombilical. Brachet de Lyon a observé un cas de ce genre.

§ 3. — MORT DB l'enfant APRÈS LA NAISSARCC.

!• Mort par défaut de viabilité.

Un enfant peut mourir après la naissance, surtout parce quil D*a pas la faculté de vivre par lui-même. L'ordonnance de police autrichienne de Tannée 1853 (§ 90) exige expressément, dans les accusations d'infanticide, la recherche de la viabilité de Tenfanl La nouvelle ordonnance de la police de Tempire ne renferme pis de disposition de ce genre ; mais le paragraphe 81 du projet de Tordonnance de police allemande exige qu'à l'ouyerture d'unca* davre de nouveau-né, l'examen porte surtout sur le point de savoirsi l'enfant était à terme ou du moins viable. L'ancienne ordonnance de police autrichienne s'est servie des mêmes termes et il semble en résulter que les législateurs n'avaient en vue que des fœtus qm, étant nés trop tôt, devaient mourir immédiatement ou pea de temps après la naissance. Cependant, comme il peut arriver même à des enfants à terme de n'être pas viables et comme ceux-ci, de même que les enfants non-viables par suite de leur naissance précoce, ne meurent pas toujours immédiatement ou peu de temps après la naissance^ bien qu'ils portent en eux le germe de la mort, ridée de la viabilité ou plutôt de la non-viabilité est très vague même dans le sens où elle est prise d'ordinaire. Toutefois ce qu'il y i de certain c'est qu'un enfant, qui serait mort en peu de temps parce qu'il n'était pas à terme ou parce qu'il n'était pas viable, peut également être tué. II ne ressort ni du Code pénal ni de TOrdonnancc dts police de l'empire comment un cas pareil serait considéré au point de vue judiciaire. Toutefois la disposition du paragraphes du Régulatif prussien portant : «Si l'état du fœtus prouve qu*iiest né avant la trentième semaine, on peut se dispenser de l'autopsie, lorsqu'elle n'a pas été demandée expressément par le Juge » , permet de conclure que dans certaines circonstances, même quand il s'agit d'enfants qui n'étaient certainement pas viables, il y a lieu de rechercher s'il n'y a pas eu d'autres causes de mort et si on ne peut pas croire à la mort causée par meurtre. Dans un cas pareil, la non-viabilité ne pourrait modifier le fait du meurtre; mais elle formerait une circonstance atténuante, comme le disent claire ment quelques codes anciens.

L'INFANTiCIDE. 571

Page 1