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ART* III. — B1G1DIT4 CADAVÉRIQUE

Un signe de la mort qui apparaît bientôt après le décès, c'est la igtdité cadavérique. Sur les cadavres d*adultes, elle commence hailuellement à se produire deux à quatre heures après la mort et lie s'étend à tout le corps dans les quatre heures suivantes. L'oinioOy que des cadavres d'individus maigres ou âgés sont plutôt QTahis par la rigidité cadavérique que ceux des personnes fortes,

encore besoin de confirmation. Par contre, les nouveau-nés

richesse en sang et rinfiltration considérable des parties décliTes du cuir chevelu et des couches de tissu cellulaire souft-jacent. Ces caractères peuvent présenter un degré très prononcé lorsque U tête a été très basse, (et quelquefois, comme l'ont montré les expériences d'Engel, il peut même y avoir formation d'ecchymoses. 11 faut encore compter parmi ces phénomènes le gonflement coo* sidérable du sinus déclive de la dure-mère par le sang, et surtout rinjeclion des réseaux vasculaires de la pie-mère aux endroits dé* clives que l'on pourrait confondre avec une hypérémie qui se se* rait produite pendant la vie. Au cou les hypostases apparaissent surtout dans les couches les plus basses du tissu cellulaire lâche qm se trouve sous la peau et entre les muscles, sur la paroi postérieart du pharynx, des voies respiratoires et de l'œsophage, et dans le tisso cellulaire qui se trouve entre celui-ci et la colonne vertébrale. Dans la cavité thoracique, les hypostases des poumons ont une importance particulière. D'une part, l'abondance des vaisseaux et, d'autre part; la constitution lâche et à grandes mailles du tissu pulmonaire, pré* sententparticulièrementdes conditions favorables pourlaproduclio'i des hypérémies par hypôstase ; c'est pourquoi les hypostases des poo* mons, plus ou moins développées, sont des phénomènes constants et ne font défaut sur aucun cadavre. C'est grâce à ces hypostases que des poumons tout à fait sains paraissent de couleur plus foncée dans les parties déclives que dans les parties supérieures; celte coloration devient de plus en plus claire à mesure qu'on s'élève. Ces parties sont plus dures au toucher et plus riches en sang, plos infiltrées et contiennent moins d'air que les autres. 11 est facile de les confondre avec des infarctus, des pneumonies et des atelecli* sies (quand il s'agit d'enfants). C'est la position des parties congés* tionnées, la transition progressive et toujours dirigée dans le même sens, c'est-à-dire de bas en haut, entre les tissus riches ea sang, infiltrés et contenant peu d'air et les parties normales, et enfin, en cas de besoin, l'examen microscopique qui permettent de faire le diagnostic. Il faut remarquer surtout chez les nouveaunés que ces parties modifiées par des hypostases contiennent pan d'air. Il est possible que, dans certaines conditions, des parties déclives des poumons, ayant auparavant contenu de l'air, deviennent vides d'air par suite de l'hypostase du sang. Cela peut se produire plus facilement dans les hypostases qui se sont développées seulement après la mort, que dans celles qui ont commencé à se for* mer pendant l'agonie. Dans l'abdomen, il faut surtout rechercher les hypostases de la paroi postérieure de l'estomac et des parties

sortooi de celle des poings fermés, dans la persistance de la contraction des moBcles en question ou dans la rigidité qui se serait produite soudain ; il faut dire simplement que les poings qui étaient fermés ne doivent en aucune façon s*ouvrir mprës la mort, les muscles extenseurs se relâchant en môme temps que les muscles tféchisaeurs ; un changement de position ne peut donc être déterminé que par la pesanteur même des parties, qui ne se fait pas toujours sentir. Cette marche des Aoaes n'a rien de particulier, car dans la vie aussi quand nous avons fermé les poings, les muscles fléchisseurs peuvent se relâcher sans que nous soyons forcés ^warrir la main ; les poings d'ailleurs restent fermés môme après que la rigidité

cadayérique a complètement disparu. Gela explique aussi comment les cadavres ^individus qui se sont brûlé la cervelle ou qui se sont poignardés, etc..., peuvent mieore avoir l'arme dans la main ; le même fait peut avoir lieu quand l'individu a

été toé par d'autres personnes, pendant qu'il tenait lui-môme une arme dans la

La rigidité cadavérique n'embrasse pas tous les muscles d*un seul coup; elle commence presque toujours par la nuque et par la Bâchoire inférieure^ passe ensuite au tronc et aux extrémités supérieures et de là aux extrémités inférieures. Il est très rare qu*il y lit des exceptions à celle marche. Pour ce qui concerne la durée de la rigidité cadavérique, on peut admettre comme certain qu'elle eewe d'autant plus vite que les muscles sont moins développés ou fnHls ont été plus amaigris. Elle disparaît le plus rapidement chez les IddIos non à terme, de sorte qu*on a prétendu que ceux-ci ne prétentaient jamais de rigidité cadavérique. Chez des nouveau-nés h terme et bien nourris, on peut encore la trouver après vingt-quatre et trente-six heures, rarement plus longtemps. Chez les nourristons la durée de la rigidité cadavérique est, en moyenne, de quantité heures et se modifie selon Tàge et l'alimentation. Pour ce qui concerne les cadavres des adultes, nos expériences nous apprennent que^ chez la plus grande partie, la rigidité est encore ;'€onip1ète après quarante-huit heures; à partir de ce moment elle [ eommence à disparaître peu à peu et sa disparition complète a lieu entre la soixante-douzième et la quatre-vingt-quatrième heure. Sur les cadavres amaigris la rigidité disparaît beaucoup plus tôt, lînsi que sur les cadavres infiltrés. Il est inexact que le commen-

(1) Bien qu'un muscle isolé se raccourcisse par la rigidité cadavérique, celle-ci ne détcômine cependant pas de déplacements des membres sur le cadavre, parce que twM les muscles, c'est-à-dire les muscles antagonistes aussi, sont envahis par la rigidité. Il n'est pas prouvé non plus que la rigidité amène une locomotion de petites parties d'un membre, surtout une légère flexion des doigts, bien que la prédominance des fléchisseurs rende la chose compréhensible. On ne sait pas •ocore si les contractions des doigts qu'on observe après la mort sur des choléviqaes sont en rapport avec la rigidité cadavérique.

604 LES ATTENTATS COiNFRE LA SANTÉ ET LA VIE.

cernent de la putréfaclion fasse cesser la rigidité; car il n'est [yas rare de la trouver encore chez des cadavres putréflés au point d'être verts et fortement boursoufHés. La rigidité cadavérique doiti d'après quelques observateurs, durer longtemps chez les individo» morts en état d'ivresse, ou noyés ou empoisonnés par la strychnine. D'après nos expériences cela ne peut être admis comme règle générale. La congélation des cadavres ne permet pas de calculera temps qui s'est écoulé depuis la mort par le degré de la rigidité; il faut remarquer que, d'après Brûcke, celie-ci peut survivre au dégel du cadavre.

La rigidité cadavérique ne disparaît pas partout en même temps; clic cesse, en général, d'abord dans les muscles par lesquels elle a commencé; cependant il n'est pas rare de voir disparaître la rigidité dans les extrémités plus tôt qu*à la tête et au cou. CTeit dans les articulations des pieds qu'elle persiste le plus longtemps»

Parmi les phénomènes qui peuvent se produire également, immédiatement apili la mort et avant le commencement de la putréfaction, il faut compter ausai I» dessiccations ÙA la peau qui se développent très vite sousTinfluence de l'air à kk endroits dépouillés de Tépiderme ou maintenus humides, ou ayant été comprilBé^ (nous en avons parlé ailleurs, p. 995, 533 et 58i), puis ceruines altérations (bi yeux qui consistent surtout en ce que l'œil perd «n peu de sa tension et par de son éclat immédiatement après la mort et que ,1c bulbe commence k s' et la cornée à se troubler. Celle-ci parait d'abord comme couverte de poossièit; ensuite on remarque à sa surface des rides très petites et la cornée devient ds plus en plus trouble et perd sa transparence Jusqu'à ce qu'elle devienne tout à fait opaque. La conjonctive aussi, quand les paupières n'étaient pas complètement fermées, commence bientôt après la mort à se dessécher aux endroits qui étaieit en contact avec l'air; il se forme alors aux deux côtés de la cornée des tacbai j de couleur Jaune-brun et triangulaires ; ces taches ont été souvent désignées comme étant des signes certains de la mort. Le globe de l'œil .s'affaisse toujonn de plus en plus, tandis que le corps vitré se liquéfie et que les membranes dt l'œil s'imbibent de plus en plus de sang ; et finalement on trouve le globe ooa» laire sous la forme d'un sac qui, par sa constitution fibreuse, résiste encore longtemps à la destruction.

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