I. — PémétratloB 4e Teau dtass le ttms^ des Boyéa
Pour déterminer si pendant la submersion il pénètre de l'eau dans le sang des noyés et pour mesurer celte quantité, un moyen simple et, sous certaines réserves, très précis de résoudre la question est tout indiqué: il sufiit de compter les globules du sang d'un animal avant et après la submersion. C*est ce que nous avons fait, et voici les résultats de nos expériences.
Première expérience. — Chien adulte, mort par submersion en vingt-cinq minutes :
Avant Texpérienre 0,300,000 globules par millimèUe cube
Aprèf 4.J00,000 —
Diminution d'environ un tiers.
(1) Catper, Traité de médecine légale, Trad. G. Baillièrf, 1. 11, p. 404. (t) Cl. Bernard, Uçons sur tes liquides de t'argûnisme, 1. 1, p. ZZ.
Deuxième expérience. — Chienne adulle, morte par submersion en vingt minutes :
Avant rexpërience 6,000,000 globales.
Après 4,250,000 —
Diminution également de près d'un tiers.
Troisième expérience. — Chienne de trois à quatre mois ; la submersion ayant duré neuf minutes, on retire la chienne vivante. L'animal a survécu.
Avant Texpérlence 7,250,000 globules.
Après 5,^00,000 —
DiminuHon déplus d'un quarL
Quatrième expérience. — Un petit chien nouveau-né, âgé de six jours noyé, en une heure ;
Avant rexpërience 6,718,000 globules.
Après 4,843,000 —
Diminution d'un tiers environ.
Il ressort de ces expériences que le nombre de globules contenus dans un môme volume de sang est diminué du quart ou même du tiers lorsque la mort par submersion se fait lentement et que l'abaissement du chiffre des hématies est sensiblement proportionnel à la durée de la submersion.
Sommes-nous en droit de considérer cette diminution comme relative et due uniquement à une augmentation correspondante de la portion aqueuse du plasma^ ou faut-il croire que les globules ont réellement disparu, au moins en partie, par le fait du contact de l'eau dont on connaît l'action destructive sur ces éléments?
La dernière interprétation est démentie par Taspect même que présentent les globules du sang des animaux noyés. Nous décrirons plus loin leurs caractères; mais nous devons dire de suite qu'un nombre appréciable de ces éléments n'aurait pu être détruit complètement, sans que quelques autres ne présentassent des altérations beaucoup plus profondes que celles que nous avons constatées. En outre, nous nous sommes assurés par un dosage fait à l'aide du colorimètre que l'hémoglobine diminuait dans la même proportion que les globules. Nous pouvons donc considérer comme établie d'une façon incontestable la pénétration d'une quantité considérable d'eau dans le sang des animaux morts par submersion prolongée.
Nous disons prolongée, car si nous noyons rapidement les tni-
maux en moins de cinq minutes, en leur lenanl constamment la tête sous Teau, et en les empêchant de venir respirer de temps à autre à la surface, nous n'observons plus les mêmes résultats. C'est ce que démontrent les deux expériences suivantes :
Cinquième expérience. — Chien adulte, peu vigoureux, maintenu sous Teau, mort en quatre minutes :
Avnnt rexpérieoce 6,0â0,(»0 globules.
Après 5,850,C00 —
Sixième expérience, — Rat blanc adulte, mort en trois minutes, la tête restant constamment sous Teau:
Avant Texpérience... 7,GOO,000 globules par millimètre cube (1). Après 7,900,000 —
On voit que, dans ces deux cas, l'absorption ne s'est pas effectuée, la mort étant survenue trop rapidement. Le sang présentait d'ailleurs dans ces deux derniers cas les mêmes caractères que dans l'asphyxie simple.