CHAPITRE III
L'avortement, couramment pratiqué et permis dans l'antiqailé clas'iique, ne fut considéré comme crime et puni comme tel par la loi romaine que dans le troisième siècle de l'ère chrétienne. Plus tard les anciennes lois germaniques édictèrent une punition pour ravorlement,et la loi Caroline punissait les coupables d'à vortemenl, un homme du glaive, une femme de noyade, si l'enfant était déjà vivant, tandis que la flxation de la peine était laissée à l'appréciation du juge, si l'enfant n'éUit pas encore vivant /cette loi anil
(I) On consultera avec intérêt sur la qaestion do ravorloment : S. Pichlar, Wr. al'g. med. Zeilg, 1860, n« 4Î; R. Ux Viirtetjahrt.hHrt /. ger. Mtd.. 1868. N. F. IV, p. 17». ^
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6 dictée par les idées de ce temps sur Fanimation du fœtus. De nos jours encore ravortement est très-fréquemment pratiqué. Im les peuples orientaux ravortement est encore permis, et n'est ispani par la loi, ou tout à fait exceptionnellement. D'après Polk (i), en Perse, où les accouchements illégitimes sont punis de la âne de mort, toutes les grossesses en dehors du mariage se termiml par Tavorlement provoqué. Stricker (2) et Schort (3) raconnl la même chose des Indiens, et Tavortement est pratiqué enTurnie sur une si grande échelle qu'il est regardé comme une cause de ^popolaiîon. Pardo (4) raconte môme qu*à Gonstanlinople dans sspace de dix mois on a constaté 3,000 (?!) cas d*avortement crimid, et qa*i\ y a quelques années encore on voyait dans une pharacie de Stamboul un fœtus dans un bocal comme enseigne du ime odieux que Ton y pratiquait.
Dans les pays les plus civilisés, l'avortement est une des choses iplns fréquentes, bien que certainement le plus petit nombre alement de ces cas arrive à la connaissance de la justice. Lex parle î la fréquence de i'avorlement en Angleterre et en Amérique, et irdiea (5) rapporte qu*en France, de 4850 à 1861, il y a eu 346 aclaatioDs d'à vertement. En Prusse, d*après Lex, il y aurait eu, de 54 à i859, 277 accusations, tandis qu'en Autriche (cisleithane) il y a eu en Vannée 1872 que 17 cas et en 1873 dix cas qui firent i'obt d'une accusation.
La cause principale de l'avortement c'est le désir de cacher au ablic les suites d'une cohabitation illégitime, mais aussi celui de épargner les autres conséquences d*un accouchement normal. On a que très-rarement à s'occuper de I'avorlement pratiqué par les ms mariés dans un but économique, pour limiter le nombre des ifants, comme cela arrive surtout en Orient où la polygamie est Bitnise. L'avortement est encore pratiqué par certaines femmes >ar la conservation de la beauté de leur corps. Celte raison pousil i ces actes aussi bien les femmes de l'antiquité que de nos «rs celles de l'Orient (6).
On appelle avoriement^ dans le sens strict du mot, un accouche-
(1) PolUk, Perikn un teim Biwohner (U Perse et sea^habiutnts). Leipxig, 1SS5,