‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 28 sur 189 · ABT, !•». — LES SIGNES DE L*AVORTEMENT · texte numérisé non relu

ABT, !•». — LES SIGNES DE L*AVORTEMENT

Les signes de Tavoilement sont fournis, d*un côté, par rezamen de la mère, d'un antre cftlé^ par l'examen du produit. Peut*ou faire ce double ezamenv le diagnostic ne présentera pas de grandes dif* ficullés, mais le plus souvent on n'a à examiner que l'accusée sans le fœtos.

S !*'• — l'exami^i de la BàRI.

Les signes que l'on peut trouver dans un cas réel d'avortement du G6té de la mère dépendront d'abord de la période de la grossesse» en second lîeu/du temps qui s'est écoulé depuis l'avortement jusqu'au moment de Texamen médico-légal.

11 est clair que, toutes conditions égales, on peut s'attendre à des signes d'aceonchement d'aoïant plus prononcés, que la grossesse aura été plus avancée. Dans les premières quatre à huit semaines Tœuf est beaucoup trop petit pour produire par son expulsion des modifications dans les parties génitales. L'hémorrhagie abondante qui sa montre d'ordinaire, ne prouve rien par elle même^ car elle peut être prise pour une menstruation profuse ou une bémôrrhagie palbolof^ue. On ne peut pas plus trouver des signes de grossesse antérieure sur les autres parties du corps, car ces signes, comme nous l'avons vu, ne se montrent que dans les derniers mois et d'une fa^n progressive. La difficulté de reconnaître un avortement précoce, se voit surtout par ce fait, que la dysménorrhée membraneuse dent nous parlerons tout à l'heure, a été prise par la plupart des gynécologistes comme un trouble menstruel, par d'autres comme un avortement survenu dans les premiers jours ou mois de la grossesse (I).

En général l'avortement criminel est rare dans lespremiers temps de la grossesse, car la femme n'est pas encore complètement édifiée sur son état et est disposée à expliquer d'une autre façon l'absence des règles et les antres signes. On comprend donc que la plupart desavortementsse fassent, comme nous l'apprend l'expérience, dans le quatrième ou cinquième mois, quand il ne peut plus y avoir de

Car il arrive biao flonreni que les fémaies cherchent à se fsiro STorter, parce ^'eiles se croient enceintes sans Tètre réellement. Dans ce dernier cas, Taccussikm d'aToriement tombe nécessairement, quoiqu'il ne puisse y SToir de doute sur ilotentico criminelle.

(i; Hausmaan, Beiirâffê eut Gêburtthilfe vnd Gunûkol. Berlin, 1872, 1, 16S.

doDies sur la grossesse. Mais, à celte époque, le fruil a pris un défeloppemenl tel, que raccouchement ue peut plus aToir liea sans dûtension du canal génital, distension dont on retrouTe les tracas, lo moins dans les premiers temps qui suiTent raccouchement, et cela d'autant mieux que le fœtus aura été plus âgé. En général, entre les signes que Ton trouve après un aTortemeni du quatrième au sixième mois et ceux que laisse après lui un accoochement d'im enfant à terme, il n'y a que des différences de degré, dont la plus importante est qu'après un avortemenl il y a beaucoup plus rarement des déchirures de l'orifice du col et de l'entrée du ?agin. Leur existence, témoignant d'une distension considérable de ces parties, dbtension qui n'a pas eu lieu dans un cas d'aTortemeat avant la vingt-huitième semaine, plaide plutôt en favenr d'un accouchement d*un enfant à terme qu'en faveur d'un aTortement. La déchirure complète de ce qui reste de Thymen après la défloration peut très-bien ne pas avoir lieu dans un avortement, et cm comprend même qu'un hymen, qui n'a pas été déchiré par le coït et qui est très-extensible, puisse supporter un aTortement dans les premiers mois sans grandes dilacérations (I).

Dans les mois où se pratique d'ordinaire Tavortement, Tutéms est déjà assez volumineux pour qu*on puisse le sentir au-dessus de la symphyse pubienne dans les premiers jours qui suivent l'avortement. Par contre, la distension du ventre est en général peu prononcée, de sorte qu'on ne peut trouver les cicatrices de la grossesse, encore moins la flaccidité et le plissage de la paroi abdominale. Mais le plus souvent la ligne bnine est déjà dessinée, ainsi que U pigmentation du mamelon et de l'aréole ; le gonflement des seins peut facilement se voir ainsi que l'écoulement d'un liquide laiteux à la pres&ion des seins.

Quant au temps qui s'est écoulé depuis l'avortement, il estérident qu'on peut d'autant mieux le préciser, qu'on a Toccasion d'examiner la femme plus près de son accouchement. Plus tard le diagnostic de l'avortement est plus difficile que celui de raccouchement d'un enfant à terme ou à peu près, parce que, à moins de circonstances particulières, les signes de la grossesse et de l'avortement disparaissent plus vile, et les parties reviennent plus complètement à l'état normal qu'après un accouchement ordinaire, et surtout parce que ces avorlemenls ne laissent pas après eux des signes, tels que les vergetures, les déchirures de l'orifice du col, de

(1) Hobl, loc. cit.t 2* édit., 1862, p. 283.

L'ÀVORTEMENT. 143

I foarcheUe et môme du périnée, qui permettent, même après de Migoes années, de diagnostiquer une grossesse et un accouchement

Noos trouYerons donc, quand ces cas deviennent l'objet d'une tipertise quelques mois après l*avorlement, d'autant moins de ignés importants que Tavorlement a eu lieu dans une période noîns avancée de la grossesse.

§ 2. ^ l'bxamb?! dd produit.

Le poîni principal, c'est déporter son attention, dans les cas où a cbose est possible, sur ce qui a été expulsé au moment de Tavoremeni, et le devoir du médecin, chaque fois qu'un cas semblable I récent vient d'être porté à la connaissance de la justice, est de liriger ses recherches dans ce sens et de s'assurer de la nature du trodoit expulsé. Gela s'applique moins aux fruits déjà âgés, qui «nvent facilement être reconnus comme des fœtus même par le inbUc, et sont facilement trouvés, qu'aux produits expulsés penlani Vavortement survenu dans les premiers mois de la grossesse. Ze9 produits peuvent être pris et sont donnés souvent pour des :aillots de sang, tandis que l'œil expert du médecin y reconnaît un œlQS ou des débris de fœtus, qui permettent de faire le diagnostic le l'avortement.

On fera bien d'examiner les caillots sous un courant d'eau, afin i*enlever tout le sang. On peut réussira retrouver l'œuf entier dans les deux oo trois premiers mois, car plus tard les enveloppes de 'œuf se déchirent généralement, et il y a expulsion d'abord du hiitf puis du placenta.

Dans ces cas et dans les cas où l'on ne trouve que le fruit seul, le diagnostic est naturellement facile; mais il n'en est pas de même ifaand on ne trouve que les enveloppes de l'œuf, qu'il ne faut pas te bâter de prendre pour telles ; car il peut se former dans l'utérus ion gravide des membranes à peu près analogues, pouvant être opubées par les contractions de l'utérus avec des hémorrhagies plus oo moins abondantes.

Noos voulons parler surtout des membranes qui peuvent être eipolsées dans la dysménorrhée membraneuse (1), dont la nature D'est pas encore complètement définie. Tandis que les uns ne regardent ce symptôme que comme une exagération de l'expuUion

(l) Vide Haaimann, /oc. cil., etBeigel,ilrcA. f. Gynùk,, IX, S4.

{4i LÀ GBOSSESSE BT L'ACGOOCHEHENT.

des parties supérieares de la moqoeuse de rateras, expulsion qm t lieu à chaque menstraatîoD, mais par parcelles et non tout d'une pièce (Schrôder) (1), d'autres prennent cette membrane pour on produit analogue à la caduque qui se forme après la eoncepUon, et la nomment caduque mensfruelle ; d'antres enfin considèrent cette membrane comme un produit d'inflammation, et désignent tout le processus sous le nom dendométn'ie ezfoliaiwe (Beigel).

Ces membranes peuTcnl être expulsées tout d'une pièce, et simuler un œuf des premiers mois de la grossesse, et cela d'autant plus facilement que, comme ce dernier, ils reproduisent la forme de la cavité utérine. Dans d'autres cas ces membranes ien font partiellement et peuvent alors être prises pour des fragments des enveloppes de l'œuf, surtout parce qu'elles sont expulsées avechémorrhagie et douleurs, et que leur formation est précédée de troubles menstruels.

La constitution microscopique de ces membranes n'est pas toujours la môaie. Dans la plupart des cas on peut y reconnaître les parties constituantes de la muqueuse de l'utérus, surtout les terminaisons périphériques des glandes de l'utérus, en outre un tissu cellulaire jeune formant une couche particulière (couche granu* leuse), et, d'après Beigel, une grande quantité de petites cellules rondes, dont la prolifération constitue la cause principale du détachement de la muqueuse de l'utérus. La surface libre présente on épilhélium graisseux, opaque (cylindrique), et est en général couverte de dépôts ûbrineux. Il n'y a donc pas une grande différence entre la structure d'une telle caduque et celle de la caduque vraie, et cette différence ne suffit pas à elle seule pour décider si la membrane provient d'une grossesse ou d'une dysménorrhée. Le fait que la membrane peut se dédoubler en plusieurs couches ne prouve pas qu'il s'agit des membranes de Tœuf, car on pourrait observer la môme particularité sur la caduque menstruelle. Mais nous aurons le droit de regarder ces membranes comme des enveloppes de l'œuf, si nous pouvons y reconnaître l'amnios et le chorion, ce qui est facile à un examen à l'œil nu et au besoin au microscope. Du reste on ne pourra confondre ces membranes avec les enveloppes de l'œuf que dans les premières semaines de la grossesse. Dans les mois qui suivent, les enveloppes de l'œuf sont si étendues et ont des caractères tellement nets que la confusion n'est plus possible, et cela d'autant moins qu'à cette époque le placenta se forme

(1) Zieoitsen's ttandb., X, 312, et Léopold, Arch. f. Gynùk., X, 293.

L'AVOHTE«ENT. 145

déjà et peut Stre reconnu par le cordon ombilical (jui en part. A-t-on réussi à trouver le fruit, ou ses enveloppes, ou l'œuf tout entier, il s'agit de déterminer la période de la grossesse correspondante. Dans ce but nous donnons les points de repère suivants (i) :

Premier moi* : A la Bn de ce mois i'œuf tatleint !■ groueurd'uD (Bafde pigeon. Il «Bt long de 1,1 à a centimètres, le cliorion est villeui dans toute sa surfica. L'embryon a un cen^mèlro de tang, est relié au ciiorion par un cordon ombilical Irèi-court, et est fortement replié sur lui*m&me. La nei et In boucba rorment uni) seule carilé. De cbiqne cAlé du cou il y k quati'o fentes brancbialiia. L'uuv<!rture du rentre et la vésicule ombilicale eiislcnt encore, bien qu'en voie de disparition. Les membres sont Indiqués par dos papilles.

Deaxiime moû .- L'muf a la grosseur d'un œuf de puule : l'embryon est long da 7,5 1 3 centimitres at pèse i peu pràa \ grammes. Il n'est plus replia, la bouclie et Je net sont «éparés, les fentes brancbialoa sont fermées, de mfime que l'ouïertnre du rentre. La vésicule ombilicale a disparu. Les membres sont formés, mais les dolgis ot tes orteils no sont pas enroro sfparËs. Le cordon ombilical est pIuB long. L'ossification commance dans le miiillaire infârieur, dans les cUvîeûtes, les cdtes et le corps dos vertèbres.

Troinème moU: L'ceuf ala grosseur d'un oauf d'oie. Le placenta est déjï formé. Le fruit a 7 & 8 centlmËlres de long et pèse de S b 30 grammes. Les doigts et les orteils loni séparés, le seie commence h so dessiner. On trouve des points d'ossification dans les os du crÂne et dos mumbres. Lo poids moyen du placenta est de as grammes. La longueur moyctino du cordon ombilical est de 7 conlimËires.

Quatrième moii : Le foslus a 10 b 17 cenlimilres de long et pËso MQ grammea. Le sexe est nettement dessiné. Les cheveux commencent it apparaître, fît on reconnaît facilement les ongles. Le poids moyen du placenta est de 80 grammes, la longueur do cordon est de 19 centimètres.

Cinquième mois : Le foatus mesura de IB II !T centimËlres et pèse de !2â & 330 grammes (284 en moyenne]. On dislingue parfaitemsut les cbeveux de la iMe La peau est encore d'un rouge clair et mince, le méconium apparaît déjï colore en jaune bilieux. Le poids moyen du placenta est de I7S grammes, la longueur du cordon da 31 centimËtres. La point d'insertion du cordon, qni la mois dernier «tait encore & la sjmpbyse, commence \ s'en éloigner.

Six\émt tnoit : La longueur du fcetus eet de 3H à 31 centimètres son poids mojcD de63i grammes. La tète est encore grosite comparativement au tronc, mail pas autant que dans les mois précédents. La peau devient plus épaisse et le cous' sinet graisseux commence à so former. Les cheveux do la tOte deviennent plus visibles; tes poils forment déji un duvet asaex fort. L'enduit aébacé apparaît, les testicules sont encore dans le ventre. Les grandes lèvres sont encore pen développées, les petitea lèvres et la clitoris font aailtJQ entre elles. La cerveau présente ses premières circonvolutions. Les pupilles sont encore formées par la membrane

(I) Hecker, Ueber dot Gewicht des Fattus und seiner Ânhângt in dm venthiedenen Monalen der SchwanQerKhaft (Du poids du fœtus et de ses annexes dans les d>ff.^renls mois de la grossesse]. (Monatseh. f. GeburUk, laCG, \XVIiI, ISS.) — SclirOder, foc. cit.— Casiier-Liman, loe. cit.

Hoffmann. 10

papillaire. Le poids moyen du placenU est de 273 grammes. La longueur da cordon, qui est encore plus éloigné de la sympbyse^ est de 37 centimètres.

Septième mois: Longueur du fœtus, 35 à 38 centimètres; son poids moyen, 1218 grammes. Les cheveux de la tète sont abondants et ont 5 à 6 millimétré de long. La peau est toujours rouge et maigre. Les poils sont très-nombreux. La descente des testicules commence. D'autres circonvolutions cérébrales se destinent, mais elles sont encore assez rares. La membrane pupillaire offre souTeat vers la vingt-huitième semaine une ouverture centrale. Le poids moyen do placenta est de 374 grammes, la longueur moyenne du cordon de 42 centimètres.

ART. II. — LES CAUSES DE l'aVORTEMENT.

La seconde tâche du médecin légiste, c'est de rechercher les causes de Tavortement. Ces causes peuvent ôtre telles qu'elles aient provoqué l'avortement sans qu'il y ait eu culpabilité de la femme oa d'un liers, ou bien l'avortement a été provoqué intentionnellement Il faudra, dans chaque cas en particulier, avoir présent à l'esprit la possibilité d'un avortement spontané, d'abord à cause de sa grande fréquence, ensuite parce que Ton ne pourra regarder un avortement comme criminel, qu'autant qu'on aura exclu toutes les autres causes pouvant avoir la même conséquence, sans qu'il y ait faute de la mère ou d'un tiers (1).

§ 1*'. — LES CAUSES DE l'AVORTEMBIIT NON CRIMINEL.

L'avortement spontané paraît survenir le plus fréquemment dans les premières {^^ à A") semaines de la grossesse, bien que la plupart de ces cas se dérobent à notre observation. Le peu d'adhérence de l'œuf, la sensibilité exagérée à cette période de l'utérus contre toute excitation, les violences de toutes sortes, telles que le coït répété, et le peu de ménagement d'autre genre que subit l'utérus gravide, sufûsent amplement à expliquer ce fait. En dehors de ces cas le plus grand nombre des avortcments spontanés ont lieu dans le troisième et le quatrième mois, mais les mois suivants fournissent aussi un fort contingent, et nous avons remarqué que le plus grand nombre des enfants qui naissent en état de putréfaction appartiennent au sixième et plus souvent encore au septième mois, de sorte que nous pensons que l'âge où la viabilité du fruit doit commencer peut être regardé comme un âge critique.

Les causes de l'avortement spontané peuvent provenir de la mère ou de l'œuf.

(I) D'après Whitehead,37 0/0 des femmes enceintes avorteraient, Abegg compU 1 avortement sur 11 accoucbemcnta, et Uennrig 1 sur 10.

Parmi les premières nous citerons toutes les maladies aigu6s tves, et parmi celles-ci les affections infectieuses aiguGs (surtout anibématiques), la pneumonie (1) et le mal de Bright aigu (2). Parmi les maladies chroniques ce sont surtout les affections pulonaires et cardiaques qui entraînent le plus souvent ravorteent, car Tintégrité des fonctions de ces organes est d'autant plus bcessaire que la grossesse est plus avancée. C'est pourquoi, quand ts organes sont malades, TinsurOsance de leurs fonctions arrive lus Xài que d'ordinaire, de là des conséquences fâcheuses aussi en pour la mère que pour l'enfant. Il en est de môme des affec- )iis chroniques qui s'accompagnent de troubles profonds de la iilritioD, enfin des affections syphilitiques qui amènent très-soufut la mort du fruit et son expulsion prématurée (d'après Hecker, I fois sur 40).

L^avortement spontané peut encore être dû à des circonstances cales, telles que l'existence de tumeurs dans le ventre ou dans itéras. On accorde également une influence fâcheuse sur la marie de la grossesse aux flexions de l'utérus. Howitz (3) rapporte que ) femmes atteintes d'antéflexion n'ont donné le jour qu'à 30 en- Dts vivants, tandis qu'elles ont eu 98 interruptions de grossesse, avant le 5" mois et 89 plus tard, et que 14 femmes, présentant le rétroflexion, n'ont accouché que de 15 enfants vivants, tandis libelles ont eu 37 interruptions de grossesse. D'après Howitz, c'est m seulement l'impossibilité où se trouve l'utérus de s'étendre par lile de sa flexion (retroflexio uteri gravidi) qui détermine l'avortelent, mais encore l'irritabilité réflexe exagérée que l'on peut obnrer chez les femmes qui souffrent d'une flexion de l'utérus. Parmi les causes tenant à l'œuf nous citerons, en dehors de la rmation des m61es, Tinsertion vicieuse du placenta (placenta «vta), les hémorrhagies, la dégénérescence graisseuse et les au-

li) D'iiirès les eommonications de Rican sar la pneumonie des femmes eniates {Virchou)*t Jahreib,, 1875, II, 591), de 28 pneumonies survenues avant le 0* Joar de la grossesse, 23 guérirent, 6 avec et 17 sans avortement. D'un autre té, mr IS pneumonies après le 180* jour il n'y eut que 8 guérisons, dont 5 avec t tans accoacbement prématuré, et 7 cas de mort, dont 2 sans accoucliement. [2) La néphrite aigué se montre, en général, chez les femmes enceintes sous la rMe de l'éclampsie et occasionne souvent non seulement Tavortement, mais en« re la mort de la mère. Ces cas pourraient éveiller l'idée d'un accouchement OToqaé, tortout par ingestion d'une subsunce abortive. Nous avons observé m cas semblables, et un troisième de ce genre se trouve dans les rapports de Hchka (Maschka's Gutachten^ UI, 234).

{%) Howiti» VirchowU Jahretb., 1876,11, 757.

i48 LA GROSSESSE ET L^AGCOUCHEMENT.

1res affections du placenta et surtout les affections syphiliticiues que l'on peut reconnaître immédiatement, si l'on a l'œuf devant les yeux. Nous devons cependant faire remarquer que la dégénérescence graisseuse du placenta et de la caduque, ainsi que les dégénérescences graisseuses ou autres (hydropiques) du chorion peuvent n'être que secondaires à la mort du fœtus.

Les torsions du cordon ombilical sont des causes fréquentes d'avortement. Elles s'observent plus souvent dans la première moitié de la grossesse que dans la seconde et peuvent facilement être reconnues à l'examen du fœtus expulsé. On les trouve surtout au bout fœtal du cordon.

Les affections primitives du fœtus et sa mort consécutive se voient exceptionnellement. Ce qui est plus fréquent, c'est la transmission d'une maladie de la mère à l'enfant, surtout des exanthèmes aigus et de la syphilis. On découvrira facilement ces affections, ainsi que les vices de conformation du fœtus ou de ses annexes, qui peuvent amener sa mort prématurée.

En dehors de ces causes il en existe encore d'autres que noos nommerons en étudiant l'avortement provoqué, telles qu'un ébranlement ou une irritation mécanique de l'utérus, et qui peuvent déterminer l'expulsion prématurée du fœtus sans qu'il y ait intention coupable de la part de la mère ; dans beaucoup de cas on peut rapporter à des causes extérieures de ce genre l'avortement qui est si fréquent chez les femmes enceintes pour la première fois.

L'avortement ne survient pas nécessairement immédiatement ou peu de temps après la cause qui l'a provoqué ; il arrive plus souvent qu'il se passe un temps plus ou moins long (quelques semaines, dans des cas plus rares môme des mois), surtout si le fœtus meurt avant que l'avortement n'ait lieu (1). Les annexes, surtout le placenta, peuvent continuer, dans ces cas, à s'accroître, cependantellessonten* vahies généralementparladégénérescence graisseuse, qui finalement conduit à l'expulsion. Le fruit pendant ce temps ou bien macère, ou est atteint de dégénérescence graisseuse (limopateuse, Hecker). Dans les premiers mois de la grossesse le fruit peut même dispa-

(1) SchrOder a réuni un certain nombre de ces cas dont le plus intéressant est celui qui a été publié par Fairbank et dans lequel une femme, qui avait éproafé dans le sixième mois de sa grossesse une contusion très-violente du ventre arec fracture du bassin, n*accoucha de son enfant mort que trois mois apr^. — ll'Clintock {Vircfiw's Jahresb., 187S, U, 535) a décrit récemment deux cas dans lesquels l'expulsion du fœtus n*a eu lieu que trois et six mois après Taction de la cause.

on mois de la grossesse se conservent souvent d'une façon nante malgré leur long séjour dans l'utérus. On aurait é C8 fait après deux mois et dans un cas communiqué par même après six mois. Ces observations exigent une confiri ultérieure, car les cas de ce genre connus jusqu'à présent kt s'expliquer autrement.

S S* — L'ATORTIMBMT PROTOQDÉ. — MANOBOVBBS ÀBORTIYBS.

A. Substances abortives.

avortements tentés ou provoqués soi-disant par des breuconstituent les cas les plus fréquents de la pratique médicoet ce fait se comprend facilement, car les substances lei soot les moyens les plus employés pour provoquer l'a aent.

s le nom de substances abortives nous comprenons les subs qui, à dose appropriée, peuvent provoquer l'avortement. la langue ordinaire on donne un sens plus restreint à cette non, par laquelle on désigne les substances qui, prises à l'in- ' à dose suffisante, déterminent les contractions de l'utérus I el l'expulsion du fruit, et cela avec une certitude égale ou uès à celle avec laquelle les vomitifs provoquent le vomis* t el les purgatifs, la diarrhée .

I ne connaissons aucune substance aborlive de ce genre. 1 est certain qu'il y a des substances après l'ingestion des-

i50 lA GROSSESSE ET L'ACCOUCHEMENT.

L'action abortive peut s'expliquer par ce fait que ces poisons, en dehors des autres troubles fonctionnels qu'ils déterminent, provoquent également les contractions de l'utérus, en excitant les centres nerveux qui président aux contractions de Tuiéras. Le siège de ces centres est encore peu connu. Goltz (1) est disposé à regarder la moelle lombaire comme le centre indépendant de Tacle de la génération, car il a vu une chienne, à laquelle on avait fait la section de la moelle à la hauteur de la première vertèbre lombaire, entrer en rut, accomplir plusieurs fois le coU et mettre bas trois jeunes chiens. Schlesinger (2) également a trouvé le centre des réflexes de Tutérus dans la partie inférieure de la moelle épinière. Mais, d'après Korner, les nerfs moteurs de l'utérus ne proviendraient pas seulement de la moelle lombaire, mais encore de la partie inférieure de la moelle dorsale. Nous avons trouvé dans nos recherches sur les mouvements de l'utérus, que nous avons faites en collaboration avec von Basch, qu'il partait du plexus aorlique une paire de nerfs (nerfs hypogastriques) dont Texcitation déterminait de fortes contractions du col. Ces dernières peuvent encore être provoquées, ainsi que l'ont observé Âser et Schlesinger, par une excitation isolée du cerveau. En dehors de ces centres de réflexes pour les contractions de l'utérus, il en existe encore d'autres dans l'utérus même. Kehrer les avait déjà signalés et nous les avons également constatés avec Basch.

L'excitation de ces centres peut avoir lieu aussi bien directement que par voie réflexe, et sous ce dernier rapport il est possible que des fortes excitations de la muqueuse de l'estomac ou de l'intestin, telles que celles que déterminent les poisons irritants, puissent provoquer par voie réflexe les contractions de l'utérus. Le plus souvent cependant ce sont des troubles vaso-moteurs qui paraissent donner lieu à cette excitation, en ce sens que la paralysie vaso-motrice ou la contracture des vaisseaux, diminuant l'apport du sang aux organes, ce sang, pauvre en oxygène, excite les centres cérébrospinaux ou les centres parenchymateux des mouvements de l'utérus ou les deux à la fois. Gomme le montrent les observations deSpiegelberg(3), d'Oser et de Schlesinger (4) et comme nous avons pu l'observer nous-même, on voit de fortes contractions de

(1) Goltz, Pfluger't Archiu, IX, 552.

(î) Schlesinger, Oest, med. Jahrb., 1874, p. 1. (8) Spiegelberg, '/eittchrft, f. rat, Med. 5, II. 1. (4) Sclileîinger, Wiener med. Jahrb. 1874, I.

L'ÀVORTBMENT. i51

rutéros snrYenir pendant l'asphyxie, et déjà après l'interruption de rapport sanguin au cerveau ou à l'utérus.

Dans d'autres cas, l'avortement peut encore avoir lieu, parce ;oe la substance ingérée dans l'organisme de la mère détermine la mort dn fœtus. C!omme la nutrition et la respiration du fœtus ont leur source dans le corps de la mère, toutes les substances, toxiques, gui troublent les conditions de nutrition de la mère, peuvent aussi tuer le fœtus. Ces troubles de la nutrition, mortels pour le fœtus, peuvent être dus aussi bien à la maladie aigu6 que le poison lura déterminée, qu'à l'état d'inanition chronique qui est resté :omme suite de l'empoisonnement. Mais la mort du fœtus peut sncore avoir lieu parce que le poison, pris par la mère, passe lans le corps du premier et l'empoisonne. Cette possibilité a déjà ïté indiquée par Adouard et Tardieu, et ne peut être niée d'une nanière générale, bien que d'autres observations aient monré que le passage des substances toxiques de la mère à l'enfant le se fait pas toujours aussi facilement qu'on serait tenté de le Toire. ZvfeiM (1) dit avoir constaté le passage du chloroforme ians le placenta du fœtus et Benicke a fait dans le congrès des laluralistes de Graz, une communication sur le passage rapide de 'acide salicylique du sang de la mère à celui du fœtus. Par coure, Gussero^ (2), dans huit expériences sur des femelles d'aninaux grosses, n'a pu retrouver la teinture d'iode ouïe ferrocyanure le potassium qu'il avait injecté dans l'estomac de la mère, ni dans e liquide amniotique ni dans le fœtus. Fehling (3) n'a pu constater ucun effet sur les fœtus de lapines qu'il avait chloroformées ou orarisées, bien que dans un cas l'action du curare ait duré une eore trois quarts. Nous pouvons confirmer par notre propre expéience les données de Fehling, car dans une série d'expériences lites sur des chiennes grosses, nous avons toujours obtenu des etils respirant immédiatement et se mouvant très bien, bien que s jmimaux aient été soumis à l'influence du curare pendant des eares. Récemment encore, à l'occasion d'une communication de ehling (4) à la Société gynécologique de Leipzig, il y eut une tscQSsion très animée sur la question de savoir si les narcotiques, . particulièrement le chloroforme et la morphine, employés chez s femmes enceintes, pouvaient avoir une influence fâcheuse sur

(0 Zweifel, Berlimr klin. WœhensehHft. 1874, n* )1. (ï) Gaiaerow, Àrch. f. Gynàk, lU, 2.

U) Fehling, Àreh, f. Gynâk, IX, 318.

\h) Pehling , Àrch, f, Gyn., X, 188.

ISS lA GB06SIS3 R L'ACC0CCBCXC3IT.

le fruit. C fat proofé que la cfalorofonnstkm de la mère n'aTiit pas une zrande infloeoce sor le fteU» - 1), mais que la morphine pooTaît loi être noiôMe daxts certains cas • i'*.

La facilité aiec laquelle one substance toxique pent passer de la mère aa fœtos et toer ce dernier, dépendra catnreUeoient de b nature et de la dose du poison, ainâ que d'autres ciroonstanoei telles que ceUes qui infl lent sur llnlennté de Taction toxique et la rapidité de son début et que nous aTons eu Toccasion d'apprendre dans la toxicologie. Mais c'est surtout de la plus ou moins grande diffusibilité de la substance toxique que dépendra son passage plus ou moins rapide dans le sang du foetus et que Tiendra le danger pour la rie de Tenfant ^ .

Il faut encore Toir si la substance toxiv|ue a eu le temps nécessaire de passer de la mère au fœtus, .\insi les substances qui sont lentement éliminées de l'orginisme, telles que les poisons métalliques, ont plutôt une influence mortelle sur le fœtus que celles qui, comme les alcaloïdes ou les poisons Tolatils, sont rapidement éliminées. C'est ainsi que s'explique aussi Tobserration de Gusserow, qui, dans les empoisonnements aigus par ingestion de la substance toxique dans Testomac, ne pouvait rien découvrir dans le fœtus, tandis qu'il parrenait à retrouver dans le liquide amniotique et l'urine des fœtus de l'iodure de potassium qu'il afûi adminislré pendant quelque temps (13 jours) à la mère (4).

(1) Koas devons rappeler que Melchior a poblié deux cis de moit-iiés, c*eiià-dire d*aToitcment cinq on six heures après radministration da chlorofonM pour une exiraciion de dent. (DeuUche EUnik, 1831. ÎG. SchmidCs Jûhrb,, ISSl, 72* Tol., p. 2S . Dans les deux cas les mouTements du fœtos aTaient été perças avant la cbloroforoiisation.

(2; Friedreich a proposé dans la grossesse extra-utérine de tuer le foBtiis par des injonctions sous-cutanées de morphine (Huseounn, Pflansenstoffe^ 1 1|.)

(3) Nous devons faire remarquer que les poisons volatiles, aspirés par la mèrer peuvent tuer le fœtus. BresUu {Monatsch. f, GebwrUk, Juin ISôS) a décrit on cti d'avortement après un empoisonnement par le gaz de l'éclairage avec ooosena* tion de la mère. Mais il n'est pas prouvé dans ce cas que le gaz ait pénétré ausii dans le sang du fœtus et Tait empoisonné ; la mort du fœtus peut plus facilesMUt s*eipliqucr par une simple asphyxie, qui serait provenue de ce que le sang de Is mère destiné au fœtus n'était pas assez riche en oxygène.

(4) On avait accusé le traitement mercuriel, surtout les frictions, d'être daagereox pour le fœtus. L'expérience des sypbilidologoes (nous noos rapportons sur* tout aux communications du professeur Sigmund) nous apprend que ce traitement peut être employé sans danger pour le fœtus et que, s'il y a avortement, il CMt l'aUribuer à d'autres causes, surtout à la syphilis elle-même. — F. Weber a suivi la marche de la grossesse sur 129 femmes enceintes et soumises à différeoU traititoonu aiitisypbiUtiqaes {fitd. CenfralOl. 1875, p. S28). Les résuluu les ptas

L'AYORTEMENT. 153

Uue autre cause d'avortement après l'ingestion de substances >xiques peut se trouver dans les vomissements que certaines *entre elles provoquent. Nous avons déjà dit que Tirritation de la laqueuse de l'estomac el de l'intestin pouvait donner lieu par voie Ulexe à des contractions de l'utérus. Mais en dehors de cette cironstance, la violence mécanique du vomissement peut avoir les uftmes conséquences. Ce fait, bien qu'il ne soit pas prouvé, doit «pendant être admis avec certaines réserves, car tous les accoulieurs comptent parmi les indications d'un avortement légal ou l'on accouchement prématuré, les vomissements incoercibles de la ;rossesse. Dans ces derniers temps, un accoucheur a prétendu que es vomissements de la grossesse étaient un moyen curatif de la na» tire, et que l'émé tique arrêtait un avortement en train de se faire (1).

Tout en tenant compte de ces différents faits dans l'appréciaion des moyens abortifs, on n'oubliera pas que les dispositions idividuelles jouent ici un grand rôle. Quiconque a eu l'occasion 'examiner la manière dont se comporte l'utérus sous l'influence A afférentes excitations, a dû trouver que l'excitabilité de l'utéos n'est pas seulement variable selon les différents animaux, par xemple beaucoup plus grande chez la lapine que chez la chienne. Mis que» dans la même classe d'animaux, l'excitabilité de l'utérus imii selon les individus, et que, s'il suffit chez quelques-uns 'une légère excitation pour provoquer les contractions, chez 'autres il faut souvent recourir à une excitation beaucoup plus orte. Il n'est même pas rare de trouver des animaux chez lesquels 'excitation reste sans effet. Nous croyons avoir remarqué dans os expériences, que les animaux jeunes réagissent beaucoup plus île que les vieux et que l'époque du rut a une certaine influence [MIS ce rapport, en ce qu'elle augmente l'excitabilité de l'utérus^ M utérus gravides des animaux se comportent aussi diversement, tr, tandb que dans certains cas on observe de violents mouvelenls péristaltiques des cornes de l'utérus, dans d'autres, ceux-ci lanquent complètement ou sont très-faibles.

Il est certain que chez les femmes il y a les mêmes différences idividuelles, au point de vue de l'excitabilité de l'utérus gravide B non. On sait que chez certaines femmes les causes les plus in-

étaient foarnis par les fricUons mercurielles, ctr, de 35 femmes ainsi paa une aeole n'accoucha afant terme, tandis que par les autres mé- U 7 a eu de IS à S6 0;0 d'avortements. Les résuluts les plus défavorables iMDt foarnis par Tiodare de potassium, c'est^dire 30 0/0. (1) Slockea, ilm. Joiirn., 1S7I, p. 699. Schmidfs Jahrà., 1371, T. ISl, p. 166.

fSI Là GIOSSBSSI ET L ACOOCCHEIBHT.

signifiantes penTent proroqner rarortement, et, dans ces cas, on trouTe le plus souvent une excîtabifité générale exagérée. On comprend également que rexcilabilité de l*utérus doive être yariaUe selon les différentes périodes de la grossesse, et qu'eUe est exagérée, ainsi que Elsasser, Wa!d et autres l'ont observé, à l'époque où les règles devraient revenir.

Après ces remarques, nous allons rapidement passer en revue toutes les substances qui ont la réputation d*ètre abortives et qni sont employées comme telles.

!• Seigli €ryc4^.

Nous nommerons d'abord le setgk ergoté et ses préparations. Le seigle ergoté est produit par un champignon [claviceps purpwrta^ Tul.;, qui se développe sur le seigle, et dont les caractères extérieurs sont connus. La toxicité du seigle ergoté, qui est hors de doute, est plus forte quand rerg>t est frais que quand il est vieux et ne se montre qu'à des doses a>sez élevées. Quand la dose dépasse 8 grammes ^Husemann\ on voit survenir un malaise, des vomissements, une sécheresse de la gorge, des étourdissemeuts, une dilatation (plus rarement^un rétrécissement de la pupille), des douleurs de l'estomac et des intestins, le ralentissement du pouls, enfin du délire, de la perte de connaissance et un état comateux auquel succède la mort. Des doses moins fortes, un gramme par exemple, ne déterminent d'après Schroff, qu'un sentiment de malaise, des éructations, une sensation de plénitude de l'estomac, qui se change plus tard en véritable douleur, une diminution do l'appétit, et une sécheresse de la langue, symptômes qui persistent jusqu'au lendemain ; cette dose n*a pas d'influence sur le pouls. L'extrait de seigle ergoté, l'ergoline, est beaucoup plus active, car 2 à 5 décigrammes donnent déjà lieu à des douleurs de ventre, des étourdissemeuts, une dilatation de la pupille et un abaissement constant du pouls de iâ à 18 pulsations (Schroff).

On ne tait rien de précis sur le principe tctif do l'ergot de seigle oa mieux dt i'ergotine. Les alcaloïdes, Tecboline et l'ergotine, que Weniell (1) disait afoir retirés du seiglo ergoté, no se sont pas comportés comme tels. Buccheim (3) toII dans Tergotine un produit de transformaUon de la gomme ou résine de TergoC {Roggen Kleber) par le mycélium, et pense que cette résine est en décompoiitioa constante de sorte qu'il se forme comme dernier produit de transformation ds

(1) WitUteIn, Vierteljahrsft f. Pharmacie, t. 14, p. 18. 1865.

(2) BucGlieim. Areh,, /. w/w. PathoL 111, I.

L*AYORTEMENT. 155

li kmdn; de f «mmoniaqne et de la trimétbylamine. Par cette yariété de compo* iitioii» s*expU^e aaiai la différence des réaoltata obtenus aar les malades et Tactioa àm ce médicament, qai compte parmi les substances putrides ou septiques. Draggeodorff et Padwissotskjr (1) ont découvert récemment l'acide sclérotinique ^■0 Ton troaTorait dans la proportion de 3 à 4 0/0 et la sciérocumine à celle de t «o S 0(0 dam le seigle ergoté, et regardent ces substances comme les principes aetifs da i^gte ergoté.

L'ergot de seigle a certainement la propriété de provoquer les contractions de Tutérus, et on sait que les accoucheurs le donnent surtout sons la forme d'ergotine pour activer les contractions de l'utérus, si Taccoucbement a déjà commencé par lui-même. Mais il a encore été employé pour provoquer les contractions de Tutérus dans les accouchements prématurés. Ramsbolham et Krause (2) ont fait des expériences avec ce corps. Le premier a donné jusqu'à un once et demi de seigle ergoté pour obtenir Taccouchement préouiiurév mais il aurait trouvé qu'il y avait beaucoup plus d'enfants mort-nés par ce moyen que par la ponction de Tœuf. Le dernier dte 80 cas dans lesquels la méthode de Ràmsbotham a été employée pour obtenir un accouchement prématuré. Dans 62 cas il y eut des douleurs qui 18 fois restèrent sans effet, 37 enfants vécurent et 3 mères moururent. La durée de Taccouchement variait entre un et douze jours.

On ne sait pour ainsi dire rien sur la cause de cette action. Wernick (3) la cherche dans un rétrécissement des vaisseaux provoqué par Tergotine, et Tanémie qui en résulte en partie dans le cerveau et la moelle, et en partie dans Tutérus, anémie qui aurait pour conséquence l'excitation des centres cérébro-spinaux ou palencfay mateux des mouvements de l'utérus. Cette explication paraît plausible, car le ralentissement du pouls est un symptôme constant de l'action de Tergotine, et l'effet thérapeutique de i'ergotine, dans les hémorrhagies, est fondé également sur la contraction des vaisseaux. D'autres observateurs au contraire n*ont pas remarqué un rétrécissement considérable des vaisseaux après l'administration de l'ergoline, et attribuent même à cette dernière une action paralynnte sur la moelle épinière (4).

En tous cas, il résulte des expériences faites jusqu'à présent sur te femmes enceintes et sur des animaux, que Faction de l'ergot

(1) Padwissolaky, iàid., 1876, VI, 153.

(?) Lex, ioe, cil,

(S) WemidL, Virchouft Areh. L. VI, SOS. — Beitrage sur Gynâk. ei Geburtsk,^ 1174,111. I.

f\: Zwcifel, Arck. f, txp. PathoL, 1875, IV, S87.

1S4 Là 4ifc^ffgpg £7 L-JaSK:^

àt m&4^ ^QS Xzsérxi &'{& p» rratfwtf et icpdière. Cela s*ip- «cT'jDal i:=x ptfClia àasK^ tiifcffrr ^w do doses éle?ta pp9r->]Txr ^lT^J^:£caeBU mis prodaire en même temps d» nil^eiU «Txpû&a» clsliiixkjkiâ jB. de sorte que reTorteoial p&Gl cî;i è:re expîlqpé piar ce ôesaûr iiît, sans q[a*oo ail booia d'ad2«&Ure cds ^;î:-q «pécii^ise ce TeTzctiae sor Imiteras.

C» faii< soDi d'a^c>?d axec a nre^ des cas o& Fergol de sei|^ malzré b facLité qn'xi ade se le prv>naer. et malgré aoD admiiiistration fréqaeiiU; dans la pra^i^e des accoachements^ a délermiiié UD aTortcment.

Tv£€« 1; nppcrte le cas d'IDC fesa* ds ?4 d« ta grvfMSM ifrès aTwr pris d^ k:ç« er£9ié VÊokdt Tîi{2-q3ttre btcres a^Tes. Oa trier» d»

5oas ocrLJuittvSft ua uioc os asalc^ae, sais décm avec plai es Mb ter ') : Uae fiJe liginrease i$-r« de 22 aru aiah pns daas le sîiîèas ee moif de u proHesie a::e qsaaûté de ici^e ergoté fnlaée d« 2 à4 SDCet. Eltolie prise imz^éduiemeat de T^xiueaenu répétés et ds soif YÎeleaie, sjapcteet ^é darai«rat déjà depois deox j von, qoaad le médeda fat ippelé. Gelni-ài troa? i b malade ajant eacore la oomuisaance. le linçe pile, uoe f;nads aeitatioo, n pools rapide, une soif ardeste. des doalears daos Testooiac ei to«t le Teotrt el une réienûon d'criae. L'accouchement avait déjà commencé et qilqiini ioscaiiti après, naquit on enfant qai était m.rt réceoiment. Hémorrliagie abnduite accompagnée de Tumissemenu, qui aa bout d'one demi-heure enlevm la malade. L*ia« topsie fit Toir une anéoDÎe considérable ; pis d'injectiea TÎaible de TeMomac, éiO' tions hémorrbagiqaes de la grande coorbore et da fond de reetomac. contena de Te^tomac couleur chocolat, rojg^rar en forme de stries dana l'œsophage. La natare du poison ne fut pas reconn-je aiec use certitude complète ao microicopeN à Teiamen chimique. Taylor rapp-jrte qu'une femme arait pria, daoa l'inteotioB de se faire aforter, trois cuillerée^ à café de teinture d'ergoiine par Jour pendant onze semaines (I). Elle mourut la onzième semaine sans «Toir aTorté. Oo ne dit rien des symptômes obsenrés pendant la Tie. A l'autopsie on trouTa sur la moqueuse de Testomac c des taches inflammatoires • et dana ratérua un ombryoa ^ de trois mois.

Otto (3) a publié le cas plus récent d*une domestique qoi, aprèa dea Toodasments et des douleurs dans le bas-fentre, accoucha aTec ane hémorrfeigie pes abondante d'un fœtus long de 5 pouces. Peu de temps après (?j elle monrot eo perdant connaissance. Dans Testomac on trouva une plaque da deui poœce il long, d'un brun rougeàire, la partie postérieure de Testomac prèa da cardia tetemeot injectée, et dans l'estomac un liquide grisâtre, contenant de nombreuses po* L tltes parcelles sans forme ni couleur précises, que Ton reconnut aTec om Oèi

(1) A. Tardleuy Étude médico-légale sur VavortemaU. V édition. Paris, llHi .%

[1) nichter, Vierleljahrsch, /. gtrich. Méd. XX, 177, 1861 et Neabert, Busemaim'* |.

Toxicologie^ 306. ■

(3) Otto, Memorabilien^ 1870, n* 2, Viidujw'i Jahrcsb. I, 438.

probabilité à ramnan mieroscopiqae et chimique poar de la poudre de fis ergoté altérée par la digestion*

Pour reconnaître les parcelles de seigle ergoté dans les vomisseents on le contenu de Testomac et de Tintestin, il faut les examiir au microscope* La structure du tissu du seigle ergoté, quand le n'est pas trop altérée par la digestion est tout à fait caractérisqoe. Elle consiste en cellules polygonales, très-étroites, reliées lUmemeni entre elles, et contenant une graisse incolore ; aussi la rocture apparalt-elle bien plus nette, si on traite le seigle ergoté ir réther. Dans les cellules des couches périphériques on trouve % outre une matière colorante violette qui donne à la surface ex- $me da seigle ergoté sa coloration noir violette si bien connue. elle oiatière colorante, que Draggendorff appelle sclérérythrtne^ eut être retirée par Talcool qui se colore aussitôt en rouge par addition d'acide sulfurique (Jacobi et Bôttcher). D'après DraggenorlFy cette réaction est encore plus nette, si on retire cette subiaoce i>ar de l'alcool contenant de l'acide, qu'on y ajoute de l'eau, u'on Taf^te avec de l'éther, qu'on évapore l'éther et qu'on se sert du ésidu poor rechercher la réaction par l'acide sulfurique (solution Duge) ou par la potasse (solution violette). Une autre réaction onsisle à traiter la substance avec une solution de potasse à froid. l se forme» s*U y a du seigle ergoté, de la triméthylamine qui se econnalt i son odeur particulière de saumure de hareng. L'odeur tsi plus forte si, après avoir ajouté de la potasse à la substance, >n bouche le flacon et qu'on ne l'ouvre qu'après quelques minutes.

2<> Sabine.

La Sabine a eu de tout temps la réputation d'une substance aborti^e et a été. employée comme telle. Son principe actif est une huile élhérée (o/. sabinà) qui se trouve dans une glande située à rcxtrémité centrale des fines aiguilles de cette plante. La volatilité le cette hnile explique l'énergie beaucoup plus grande de l'action les branches fraîches, énergie qui diminue à mesure que la plante m dessèche et qui est nulle quand les branches sont tout à fait ■èdies et sans odeur* L'huile de sabine est contenue dans la proportion de 1 à 3 0/0 dans les branches fraîches, appartient, comme la plupart des huiles essentielles, à la classe des poisons irritants locaux et détermine surtout des symptômes de gastro- entérite toxique (les branches de sabine appliquées sur la peau donneraient lieu, d'après SchrofT, à une inflammation et à de la

suppuration), avec une action plus oa moins prononcée sur le ce^ Teau et la moelle. La dose toxique pour l'homme n'est pas exactement connue ; deux à quatre drachmes d'huile ont tué des lapim en six heures (Husemann) et une demi-once de poudre a tué ai chien. En tous cas. Faction sur l'homme parait être irës-éner^qiW| car tous les cas connus, dans lesquels la sabine, surtout une décoo» tion de branches fraîches, a été employée dans un but d'afort^ ment, se sont terminés par la mort. Quant à son action sur le système uro-génital, elle paraît prouvée pour le rein, car sur lei animaux on a observé en général des hématuries et des urines sentant la Sabine, sans qu'on puisse toutefois lui attribuer une action spéciGque. Son action abortîve spécifique admise ordinairement n'est rien moins que prouvée, mais on comprend que ravortement puisse survenir par suite des symptômes violents d'irritatioD, qui sont la conséquence de l'ingestion de fortes doses de sabine.

Dans an cis de Taylor, ane femme enceinte de sept mois «Tait Tom! peodut trois Joars un liquide Terdàtre que l'on prenait poor de la bile. Le qmtrièflMjov, elle accoucha d'un enfant TÎTant, qui mourut bientôt. La mère eUe-mème monrot deux jours après l'accouchement. A l'autopsie on trouTm de la roofear et ém ecchymoses du pharynx, et une roufçeur inflammatoire trës-forta et cjrconacriti dans le grand cul-de-sal de Testomac, mais pas d'érosions. L'estomac contenait un liquide Tcrdàtre dans lequel nageaient des parcelles de sabiM que l'on pot reconnaître par l'odeur et au microscope. On troura en notre ane rougeur très» forte de la muqueuse de l'intestin grêle, et une inflammation da péritoine et des reins à son début. La quantité de sabine ingérée ne put 6tre précisée.

Dans un second cas de Newth, une femme enceinte de sept mois fut troafée, huit heures après avoir pris de la sabine, sans connaissance, arec une respiration stertoreuse, après avoir eu des vomissements violents et fréquents. Elle mourot quatre heures après l'accouchement qui eut lieu immédiatement. L'estomac coo* tenait un liciuide d'un vert brun, acide, duquel on put retirer de Thaile de sabise. La muqueuse était plus | aie que d'ordinaire et n'était eccbymosée qa'en desi endroits.

Dans un troisième cas, observé par Tidy, on a vu survenir du trismos et di tétanos après l'ingestion du poison, de sorte qu'on pensa d'abord à on empoiaon» nement par la strychnine. Mais on retrouva de la sabine dans le conteno de l'estomac^ ainsi que dans un flacon dont la femme avait bu la plus grande partie. On ne dit rien de l'autopsie. Il n'y eut pas d'accouchement.

Ces faits sont très-instructifs parce qu'ils nous montrent d'abord l'action moi^ telle de fortes doses de sabine, ensuite la diversité des symptômes qui peovont survenir encore pendant la vie après l'ingestion de ce poison. Tandis que, dans le premier cas, il y eut surtout des symptômes de gastro-entérite toxique, dans Is second, on observa du coma, et dans le troisième du trismos, et du tétanos.

Lethcly (1) a vu une Jeune femme de 21 ans avorter quatre à cinq heures sprèi une ingestion de sabine, avec de violentes douleurs de tentre et des eonTolsiooSi

(1) Lex, loc, cit.

L*AVORTfiMENT. 159

t mourir immédiatement après. On trouva de la sabine dans le contenu de Mtomac.

Par contre Fodéré rapporte un cas où une forte dose de poudre de sabine, rlM avee da vin, ne donna lieu qu'à des symptômes passagers d'irritation stoaana qu'il y eût interruption de la grossesse. Tardieu a observé la cbose cbei une femme enceinte qui avait pris pendant plusieurs jours I i 40 goattes d'essence de aabine. Dans un cas de Maschlca (1), il ne survint lem ssrmpKIflkOt bien que la femme eût pris deui Jours de suite une décoction

Ce qpl est important pour le diagnostic post mortem, c'est la Oolear rerte du contenu de Testomac, quand il y a eu ingestion de oodre, ou de décoction de sabine. Taylor la compare à la couleur e 1m purée de pois. Cette coloration peut cependant provenir de la ile. On portera surtout son attention sur l'odeur particulière de haile de sabine, et on recueillera avec soin, si c'est possible, les ircelles de feuilles ou de branches de sabine que Ton desséchera t conservera pour un examen ultérieur. En dehors des caractères otaniqoes de ces parties on examinera encore la structure de cette lanle au microscope, et la découverte des vaisseaux rectilignes iDsi que des conduits résineux permettant facilement de reconftttre les conifères. On pourra aussi retirer l'huile du contenu de ttiomac, en traitant ce dernier par Téther et en distillant.

3* Genévrier de Viringie et huile de cèdre,

he junipervs virgtntana (genévrier de Virginie) et l'huile appelée mie de ^dre^ qui en provient, a la môme action que le juniperns ibfna. Mais on peut retirer du genévrier ordinaire une huile esntielle qui, d'après Semon, tue un lapin à la dose de une once losemann). Fodéré décrit cependant un cas, dans lequel une UDme enceinte avait pris tous les jours pendant trois semaines OO gouttes de cette huile sans parvenir à se faire avorter.

4» Thuya,

Les ihuyùy que l'on trouve beaucoup dans nos jardins, contiennent {dément une huile essentielle dont l'action se rapproche de celle Bb Sabine. Sander (2) a publié un cas où une femme, après avoir m une infusion de thuya, avorta et mourut immédiatement ^rts iTec des symptômes violents de gastro-entérite.

(1) Haichka's, Gutaehten, Ul, 336.

P) BnsemanD, lo€. cit. Supplément.

i60 U GROSSESSE ET L* ACCOUCHEMENT.

A cette classe de substances appartient encore Vif {taxm baeeaul^ qui a élé déjà souvent employé dans un but criminel â*a?ortêment (1). Schroff a montré Tanalogie de raction des feuilles et branches du taxus avec celle de la sabine. On doutait encore de l'a^ tion toxique des fruits, mais elle a été prouvée par Lucca (S) fli Marmé (3), qui réussirent à isoler le principe toxique sous la forme d'une substance analogue aux alcaloïdes, la toxine, et détennint» rent la mort en quinze à vingt minutes en injectant dans les veioei jugulaires 15 à 20 milligrammes de taxine pour un lapin et 30 1 50 milligrammes pour un chat.

6<» Essence de térébenthine*

Enfln nous citerons encore parmi les conifères l'essence de térébenthine^ qui est une des huiles essentielles les plus fortes et gai, à la dose de 3 à 8 grammes, donne lieu à des douleurs de ventre, de rabattement, de Taccélération du pouls, de la diurèse (odeur de violettes), mais aussi à de la strangurie, des hématuries et des sjmp* tomes d'une violente gastro-entérite, sans qu'on puisse iontetois loi accorder une action abortive spéciale.

?• Tanaisie et Rue»

11 en est de même d'autres huiles essentielles et des plantes qui les contiennent, comme par exemple la tanaiste {tanacetum migm) qui est beaucoup employée en France et la rue (ruta graveokni), en Angleterre, dans un but d'avortement j(4).

8» Cantharides.

L'action des cantharides sur les reins, dont nous parlerons plw

(1) Voyez dans Lex la collection des cas analogues. On trouTa de nonfalki observations d'empoisonnement d'animaux par les feuillet da iaxu$ ^aecmtm dioi !^ Virchow*s lahresb. 1874, I, 489, entre autres une intoxication non mortelle tfoBi | petite fillo do cinq ans par les fruits du Uxus. — Voy. Ghevallier, Doebeane « g Raynal, Mémoire sur Vif et sur ses propriétés toxiques {Annaies (Thygiènt et é méd. légale^ 5» série, tome IV, p. 94 et 355.)

(2) Husemann, 1871, p. 488.

(3) Marmé, MeJ, Contralb. 1876, p. 97.

(4) Voy. Hélie (de Nantes) De Vaction vénéneuse de la rue et de sm in/lwntf sur la gtvssesse (Ann, d'hyg. et de médecine légale, tome XX, p. 180, 1838).

L*AYORTEMBNT. lOi

ignement en un autre endroit, est bien connue et a élé regardée de tt temps comme aphrodisiaque. Nous ne sommes donc pas étonné loot les rencontrons parmi les substances abortives. Dans les cas ■• oùIes caniharides ont été prises comme moyen aborlif (I), la >rl de la mère est survenue avec ou sans avortement. Les symp* Des vidents d'irritation du canal digestif, qui suivent Tingeslion ■ cultiirides, rendent compte de la possibilité de Tavortement M le eonrs de riniozication. Mais il n'est pas prouvé que les iihTiifcw aient une action spéciale sur Tutérus, et surtout que rdosea non toxiques même répétées puissent provoquer les contlioDS de l'utérus.

Ehi ne peut nier que les drastiques ne puissent provoquer l'avoriieai à la suite des troubles qu'ils portent dans les conditions rmales de l'organisme ; mais cela ne doit arriver qu'exoeptionnel- MQt et dans des conditions particulièrement favorables, car jus- 'à présent nous n'avons pas encore trouvé un cas authentique m avortement de ce genre.

9* Boissons excitantes.

Enfin nous mentionnerons encore les boissons excitantes qui sous lèrents noms et sous différen les. préparations ont été prises »mme abortives. Ces boissons consistent en général en une décocm dans do vin d'épices acres et d'une odeur forte \vm chaud). se l'aboi de boissons alcooliques puisse par lui-même déterminer ifortement, c'est là un fait affirmé dans tous les traités d'accouement. Cette afOrmalion est cependant en contradiction appaite avec l'observation qui nous apprend, qu'un assez grand nombre I femmes enceintes sont adonnées à rivrognerie, sans toutefois orter. Hais il peut arriver dans des circonstances particulières, rtoQt si une personne peu habituée à Taicool et très excitable BDd dans ce but une quantité de liqueur forte.assez considérable or amener l'ivresse, que l'avortement survienne comme conséde cet état ^normal. Il faut accorder une plus grande impor« ingrédients qui entrent dans la composition du vin chaud. ■sme tontes les substances employées dans ces cas contiennent e hoiles essentielles, dont la plupart, sinon toutes, déterminent, eâ bien que les huiles essentielles de sabine, de thuya, etc., une tilation des muqueuses et des troubles vaso-moteurs, nous n'a-

p) Lsx« /oc al.

BonuMc. 1 i

Yons pas le droit de regarder ces substances comme complètement iDoffensives, nous avouons toutefois qu*on ne peut pas en attendra un effet certain, et que la quantité minime de ces ingrédients employée dans Tusage ordinaire ne peut pas avoir de conséqaencei graves.

Si donc nous passons en revue toute la série des substances, qai ont la réputation d*ètre abortives, nous voyons qu'il n'y a pas na seul abortif dans le sens restreint du mot, que, si dans certains cas Tavortement survient réellement après Tingestion de ces substances, on ne peut établir une relation de cause à effet entre une prétendue action spécifique et primitive de cette substance sur les centres moteurs de Tutérus ou sur le fœtus et Tavortement, et que cet effet n*est que la suite ou une manifestation d'autres trooÛes de Torganisme et surtout d'une intoxication dans un sens plus large. Tous les poisons peuvent donc dans certaines circonstancei provoquer l'avortement et être employés comme abortifs, maison comprend que les femmes enceintes, qui veulent se débarrasser de leur enfant, ne prennent pas de substances qu*ils connaissent pour être des poisons mortels.

Quand donc on aura à se prononcer en justice sur la valeur d'une substance employée comme abortive, il y aura lieu de se demander si cette substance est capable, à certaines doses, de détenmner des troubles fonctionnels, et dans ce cas si ces troubles sont tels que Tavortemenf puisse en être une suite ou une manifestation.

Si nous sommes en mesure de répondre affirmativement à cette dernière question, cela suffit au juge pour fonder son accusation d*avorlement criminel, car il importe peu à la justice de savoir li cette substance est ou non une substance abortive spécifique ou ca* pable de déterminer avec plus ou moins de certitude Tavortement, mais seulement si Tavortement a pu en être la conséquence. L'accusation ne tombe « que si Ton a employé une substance tout à fait impropre à ce but, mais non si une substance appropriée a été prise en quantité insuffisante par suite d*une cause quelconque, ni si cette substance ne manifeste son action que d^ns certaines conditions, et non dans toutes les dispositions physiques des femmes enceintes, parce que dans le premier cas cette circonstance que h dose a été insuffisante et dans le second Tabsence de disposition physique sont regardées comme un empêchement de cause étrangère ou un hasard (1). »

(t) Décision du tribunal suprême du 17 Janvier et 32 avril ISSt. Herbst. Strafrecbt. 1,311.

L*AYORTEMENT. 163

On Toit très soayent des substances tout à fait inertes être emoyées dans un but d'avortement. Dans un cas, sur lequel nous ons en à faire on rapport, une femme enceinte avait pris pendant ts semaines, sur le conseil de son amant, de la craie en poudre | tlnrellement sans résultat. Dans un autre cas, on avait employé le non d*ane pierre à aiguiser qui parait avoir la réputation d*un >oriif à cause du fer qu'il contient, car nous trouvons souvent smploi de ce moyen d'avortement cité dans la littérature médicogile. A cet ordre appartient une série de tisanes tout à fait inofosires, dans lesquelles on a une foi aveugle et qui sont souvent ^données par les charlatans, colporteurs et autres personnes nxqaels s'adressent les femmes enceintes dans leur dô*

S*il s'agit, dans un cas réel d*avortement, de décider s'il y a une ilation de cause à effet entre le moyen employé et l'avorlement, Cradra tenir compte des symptômes qui ont précédé l'accoucbelenl. Comme il n'y a pas de substance qui puisse provoquer Ta- >fiement sans déterminer d'autres troubles fonctionnels, il ne oos est pas permis d'expliquer t'avortement par l'ingestion de )tle substance, s'il n*y a pas eu des troubles de ce genre ou s'il est Qpossible de se renseigner à ce sujet. On devra encore voir si les rmpV6mes observés sont tels qu'ils puissent être rapportés à façon d^une substance dite abortive, et, quand il s'agit d'une bslance déterminée, si les symptômes qui sont survenus concor* snt aTec ceux qui, d'après les principes de la pharmacologie et de toxicologie, se montrent après l'administration de certaines dos de cette substance. Il ne faudra pas oublier que certains sympfnes peuvent être dus à des causes spontanées ou au moins indéindantes de la substance ingérée. Un autre point important à »ter c'est le temps qui s*est écoulé entre l'ingestion de la substance le début des symptômes morbides, d'une part, et entre celui-ci et iforlement, d'autre part ; on verra si on peut constater une succesrni immédiate sous ce rapport. Gomme la plupart des substances Qptoyées comme abortives appartiennent à la classe des poisons irtanls, l'action, particulièrement la gastro-entérite toxique surent peu de temps après l'ingestion. D'un autre côté, si on peut Ler avec précision le moment où les vomissements ont com- «Dcé, on a un point de repère assez certain pour le temps où la ibstance a dû être prise. Quant au moment où commence l'avoriment l'observation nous apprend qu'il coïncide avec le summum es symptômes d'intoxication ou le suit de près, bien qu'il puisse

m LA GROSSESSE ET L'ACCOUCHEMENT.

arriver, mais dans des eas rares seulement» que l'expulsion du festin ait Heu plus tard.

Il est évident qu'il sera de la plus haute, importance, dans les cas où la chose est possible, de faire examiner les matières Tonûes par un spécialiste (chimiste ou botaniste). La découverte de substances réputées aborlives dans Texamen des lieux aura une grande Taleor» d'abord parce qu'elle confirme l'idée qu'il y a eu intention de provoquer Tavortement, ensuite parce que Iq médecin légiste peut diriger ses recherches dans un sens déterminé et surtout voir â les symptômes observés du côté de la femme correspondent liîen i ceux que détermine l'iogestion de la su)>stance trouvée.

B. Manœuvres aborttves mécaniques.

Nous entendons par manœuvres abortives mécaniguetf toutes les manœuvres qui peuvent déterminer Tavortement par lésion de l'œuf ou par irritation mécanique de l'utérus. Ce sont là desabortifs dans le vrai sens du mot et il y en a parmi ceux-ci, qui provoquent l'avortement avec une précision telle, qu'ils sont employés dans ce but par les accoucheurs, quand une indication médicale exige un avortement ou un accouchement prématuré.

La nature de ces manœuvres fait qu'elles sont toujours em* ployées avec la complicité d'un tiers qui s'est chargé de l'opération, cependant il n'est pas impossible que la femme fasse ellemême ces manœuvres. Beaucoup d'entre elles exigent une certaine connaissance technique, pourtant ce ne sont pas exclusivement des sages-femmes ou même des médecins qui ont recours à ees moyens, quand ils se rendent coupables de ce crime, mais l'observation nous apprend que ces pratiques sont faites mècne par dei personnes ordinaires, qui peuvent arriver à avoir une certaine habileté dans cette matière quand ils en font leur métier.

Nous ne parlerons que des manœuvres abortives mécaniques qui se rencontrent le plus souvent dans la pratique criminelle et qui peuvent être employées même par le vulgaire, tandis que nous regarderons les moyens scientifiques de provoquer l'aTortement comme connus.

1® Commotion violente du ventre par des coups.

Un des moyens mécaniques les plus brutaux et par suite employés seulement par des personnes étrangères à la médecine est^

ommoUon violente du ventre par des coups ou autres. Ces actes ^ent déterminer Tavortement par le décollement de Tœuf de la i»i utérine, on par rupture de Tœuf, maïs aussi en portant at- Ile à la vie du fœtus ou en provoquant les contractions de Tu-

est eonnae depuis les temps les plus reculés. Hippocrate (1) hii^iDêine, car il dit avoir provoqué l'aTortement cbes une belle Ine, Hur la demande de sa maltresse, en la faisant sauter sept fois de suite le eertaine hantear et que là-dessus « genitura cum sonitu defluxit. » fide parle d'un eœcui ictut, dont on se servait pour provoquer ravortement. m CM niiponé par A. Tardieu (3) montre que ces moyens brutaux d'avortement MNit pu employés seulement par les Indiens du Paraguay (Sbort). Dans ce cas, pcyno, qui avait rendu sa domestique enceinte, la prit avec lui sur un cheval 9«ax ai dans la plus fort du galop la lança violemment à terre, sans toutefois rar à son bat.

MS on cas qne nous connaissons, une Jeune paysanne avait laissé tomber sur le battant d'une, lourde porte dans le but de se faire avorter, sans j féoaair, et dans un autre, sur lequel nous avons eu à faire un rapport à dt Prague, un paysan après avoir employé divers moyens internes pour Pavonement cbes sa domestique qui était grosse de ses œuvres, la guetta ■I apfliqaa sor le yentre un violent coup de battoir; la douleur fit perdre à la Jeune flUe, mais la grossesse ne fut pourtant pas Interrompue, et Mirial an temps normal.

2» Frktioné sur le ventre.

Du autre moyen mécanique moins violent et plus sûr d'amener portement consiste en frictions et pressions exercées systémati- Bment sur Tutérus à travers la paroi du ventre. On sait que le ■âge du bas-ventre est employé dans la pratique des accouche- Bto anaâ bien pendant raccouchement que pendant l'expulsion plaeenta pour provoquer les douleurs, et il est certain que ce iMage exercé systématiquement et pendant un temps assez long il provoquer les contractions de Tulérus pendant une grossesse, * eonséquent déterminer un avortement. Celte méthode a été souat employée avec succès pour provoquer un avortement cri-

1) Hippocrate, Œuvres ccmplilee. Trad. littré, Paris^ 1839-1861. f) A..TardieQ, Étude médie<htégale tur tavortement^ 3« édition, Paris^ 1868, p. 28. I) RcMs noua sommes plusieurs fbis convaincus sur des chiennes que l'excita- I êm la aiirftce de l'utérus^ gravide on non, provoquait les contractions de cet aao. Cétait surtout l'exciUtion du corps de l'utérus par des frictions à Faide B8 aooda qui déterminait les contracUons de cet organe et les mouvements du %um noua avons décriu avec V. Basch.

Wistrand (1) rapporte que, dans un cas, ravortemenl est survenu après des pressions énergiques très-douloureuses et répétées sur le bas-ventre. Dans un autre cas, des sugillations, qa*oo trouva sur le péritoine d*une femme morte après un avortement, permirent de conclure à des manœuvres semblables ; mais, comme oi avait trouvé également un léger ictère, un cœur mou et une dégénérescence graisseuse du foie, on pouvait penser qu*il 7 avait eo empoisonnement par le phosphore. Le même auteur raconte qall y a en Suède des gens qui se sont acquis une répntatioo comine presseurs de ventre (Bauchdiuker) et qui cherchent à provoque: l'avortement en exerçant des pressions répétées sur le ventre à*i h femme.

3<* Ponction et déchirure des enveloppa de Vœuf.

Mais le moyen le plus souvent employé dans la pratique criminelle des avortements est la ponction et la déchirure des enveloppes de Tœuf par des instruments introduits par le col. La ponction de Tœuf est une des méthodes le plus anciennement employées par les accoucheurs pour provoquer Taccouchement prématuré, mais elle est très-peu employée dans ces cas à cause des eonséquenca fâcheuses que Técoulement subit et prématuré du liquide amniotique entraîne avec lui. La ponction de Tœuf, qui dans la pratique obstétricale a lieu par la sonde utérine ou par des instruments spéciaux, se fait dans les avortements criminels tantôt par ces mêmes instruments, tantôt avec toutes sortes d'instruments longs et pointus en forme de sonde, tels que des aiguilles à tricoter, des fils de fer, des baguettes pointues, etc., etc. Dans un cas de Tardieu on avait employé un fer à friser, dans un autre de Gasper, des ciseaux. Les sages-femmes de Téhéran se servent dans ce but d*un instrument en forme de lance (Pollak) et celles de Gonstantinople de la grande nervure des feuilles de tabac. Au Japon, elles emploient des fines branches du bambou et dans Tlnde, la racine du plumbago lefflanica (Shorl),

Bien que cette méthode d'avortementne semble possible qu'avec rintervcntion d'un tiers, Texpérience nous apprend cependant que dos femmes enceintes ont entrepris sur elles-mêmes ces manœuvres abortives. C*est ainsi que Graves (2) a communiqué on cas dans lequel une femme a provoqué sur elle-même un avortement à Taide d'une aiguille à tricoter, et nous trouvons on

(1) Hmkes Zeitschrift, 1863, 125. L«i, loc. cit., 25T. <;t) Graves, Virekow't Jahresb, 1862, 11» 608.

autre (1) dans lequel une femme enceinte s*élaii introduit une baleine d*un parapluie dans les parties génitales.

On rencontre rarement d*autres moyens mécaniques de produire rayortement, cependant tous les moyens sont essayés par les personnes ignorantes. C'est ainsi que Mascka (2) raconte qu'un indi- TÎdu non médecin, soupçonné depuis longtemps de faire métier d*ayortementy fut surpris au moment où il faisait une injection dans l'utérus à l'aide d'une sonde introduite par le col. Dans un cas publié par Tbompson (3), on avait cherché à provoquer l'avortement en faisant promener pendant longtemps le doigt dans le vagin. Nous avons eu à faire un rapport sur un cas dans lequel un homme après aYoir essayé toute une série de substances internes (eau-de-vie avec poivre, un mélange d'eau, d'amidon et de sucre, une décoction de cbélidoine, de camomille, de safran, d'alun, de sulfate de cuivre et de camphre et là-dessus de la craie en poudre) et sans résulter pour obtenir l'avortement de sa maîtresse, avait eu l'idée de le provoquer par un coït forcé; aussi non seulement il pratiqua le coït deux à trois fois par jour avec cette femme, mais il avait encore amené un de ses amis, qui dut cohabiter avec elle en sa présence I

4® Introduction des substances itnHtantes,

On a encore cherché à provoquer l'avortement en introduisant des substances irritantes dans les parties génitales. Le même indi- TÎda dont nous venons de parler avait encore imaginé dans le même but le moyen suivant : il prit deux gousses d'ail, y mit du poivre à Tendroit où le germe sort de la gousse, les plaça « profondément dans le Tagin jusqu'à la matrice », et en introduisit une troisième dans le rectum de sa maîtresse en recommandant à celle -ci de laisser toutes les trois en place une demi-journée. Mais la femme ne put supporter la brûlure trop forte et retira toutes les trois gousses d'ail après une heure. Ce cas me rappelle les pessaires enduits de substances irritantes que les médecins arabes emploient pour provoquer l'aTortement. C'est dans le même but qu'on a introduit dans deux autrescas des poisons violents, surtoutde l'arsenic, dans le vagin(4).

Si le médecin légiste a à se prononcer sur un des cas ci- dessus

(I) Graves, 1873, U, 651.

(3) Bfaschka, Gutachten, H, 324.

(3) Thompson, Vierteljahrschnft f, gerich. Med, Neue Folge, 1, 321. {A) Deutsche Klmik, 1873, n* 41. Brisken Vierteijahrsch. f. gerich, Med. XXV, 110.

mentionnés, soit par suite de l'aveu du coupable, ou de la femme encçinte ou do la déposition des témoins, soit par suite de drconsiances particulières, il ne lui sera pas difflcile de répondre, si ce procédé peut on non provoquer ravortement. Biais s'il n*y a que

" des présomptions de manœuvres abortives mécaniques, le diagnostic ne sera possible que si celles-ci ont laissé les lésions objectifei pouvant être reconnues. Nous en parlerons en traitant des suites de ravortement.

Outre la constatation de ces lésions le médecin aura encore I préciser, comme dans les cas d'avortement par des substances prises à rintérieur, le temps qui s'est écoulé entre ces manœuvres et

• ravortement, et s*i] concorde avec le temps qui doit s'écouler d'ordinaire entre ces deux actes.

Parmi les méthodes employées dans U pratique des arcoachemenU, les éonàm vaginales ascendantes (Kiwisch) atteindraient le plus lentement leur bat. Si, eooma le feut Kiwisch, on fait toutes les trois ou quatre heures une injection d'oto tiède de 1? à 15 rainâtes, les premières douleurs ne se montrent d'ordinaire qae de trais à cinq jours après (1), quelquefois môme plus tard (2). L'injection atérins (méthode de Cohen) agit plus vite. Dans douze cas où Lazarewitcli (S) a employé cette méthode, les douleurs commencèrent presque toujours immédiatÎMiont aprto l'injection et l'accouchement durait de trois heures et demi à trente henret. Taidieii dit que, si cette méthode est employée dans un but criminel, raccoadiaBeat anit rinjection au plus tard de dix-huit heures. Dans le cas de Maachka lea donleart survinrent immédiatement après l'injection et ravortement huit haorea après. L'opinion de Krause qui admet que l'avortement a lieu en moyenne le troiaième Joar.tn maximum le huitième Jour, n'est donc pas juste; mais le début dea donlenrs doit dépendre de la façon dont l'injection a été faite, c'est-à-dire de la profondeur à laquelle la sonde a été introduite entre Tutérus et Tœof, et de U quantité dt liquide employé. Dans la méthode de Krause (introduction d'une aonde élaatiqas entre l'œuf et l'utérus) il n'est pas rare, d'après SchrOder, de voir les doaleon apparaître immédiat(>ment chez les multipares, et au bout de quelques heorai au plus chez les primipares. Franquo (Scanzoni, 18G9), au contraire, a trouvé dan ses cas, soixante-huit heures pour la durée moyenne de l'accoachement ; le plm long a duré cent quarante et une heures. La méthode la plus recommandaUe ot qui donne les résultats les plus précis est celle de Barnès et de Tamier (intraduction d'une ampoule en caoutchouc entre l'œuf et l'utérus et injection d'eu) (4).

(t) Hohl^ loc. cit., 1862, p. 741.

(2) D'après Krause jusqu'à 22 Jours (Lex, /oc. cit,, 261). Nous pouvons Toir perla communication de Baader {Vùch, Jahrb, 1868, II, 633), combien il est loufest difficile, même aux gens compétents, de provoquer les contractions de l'uténu. Après avoir employé 43 douches pendant onze jours, appliqué, le cinquième Jour, des ventouses sur les mamelons, il fut finalement obligé de recourir, le ireisièmejoor, à la sonde utérine pour obtenir l'accouchement.

(3) Lazarewitch, VircU. Jahrb, 1868, II, 632.

(4) Tarnier, Nouveau moyen de provoquer VaccouchemerU prématuré ùrii/kid {Bulietm de VAcadémie de médecine^ 1S62, U XXVUl, p. 70). — Vojes asni

L'AYORTEMENT. {60

rèê Macbenand (I), dans vingt et an cas l'avortement commença en moyenne i treote-cinq heures; d'après Spiegelberg (?) et dans tous ses cas (sept) TackMWBt était eommencé de une à trois lieares après Inapplication et fini de il henres. Godson (3) a troufé que ponr l'éponge préparée la darée de l'aecoa- BflBC, depaia le moment de l'application de l'éponge, variait entre vingt-quatre «Bta-aix heures. Quant à la ponction de Tœaf, qui est la méthode la plus loyée dans an but criminel, Holh dit que les douleurs se montrent d*or- Srtt de dMue à vingt-quatre heures après l'écoulement des eaux, et dans ses Mratioiis Turdieu a vu l'accouchement survenir en quelques heures, rarement I tard que quatre Jours. Dans la ponction faite par des personnes ordinaires doit arriver plus vite que dans Tavortement médical, car dans ce ai Pavertement est provoqué par une indication scientifique, les eaux 'éeo«lciii faa tout d'un eoup, mais peu à peu, parce que Ton fait U ponction à endroit ploa élevé.

oos ne savons rien de précis sur le temps qui peut s'écouler entre le massage 'uîén» on une commotion violente du ventre et l'avorteraent. Si les contrac- I de ratérm sont rapidement provoquées par le massage, l'avortement arrive (inéral poa de tempe.' après ; mais si, à la suite de la commotion violente du w% l'oMif est le premier lésé, c'est-à-dire si le fœtus est tué, il peut se passer JoorB et méffle un temps assez long, avant que le fœtus mort ne soit expulsé. st de ee dernier peut fournir des renseignements sur le temps qui s'est écoulé lia la flsoit do fostus et on verra si ce temps correspond avec l'indication de «pM où ont en lieu les manœuvres abortives, au dire des coupables ou autres. da fcstua a'il porie des blessures pouvant être rapportées à Tintro» d'iui ioatniment quelconque, peut donner des renseignements précieux

lo natiiTO de cet instrument.

!asdto« a trouvé dans un de ses cas une plaie par instrument piquant partant de pmade fontanelle, allant par le sinus falciforme presque dans le cerveau, et wpognée d>itravasation sanguine. Lex a réuni an certain nombre d'antres

éo ce iceiiro (4).

Mb aojens mécaniques d'avortement appartiennent encore les fortes spolona do aang faitea surtout sous forme de saignée, pins rarement sous celle ne application de sangsues.

I ■'est pas impoasibie qu'une forte anémie, surtout subite, puisse déterminer etmwuit, d*an côté, parce que la diminution de la quantité du sang de la mère t à la respiration du fœtus, d'un autre côté, parce qu'une anémie brusque des ^boa nerveax peut provoquer les contractions de l'utérus, comme l'ont prouvé tipéfienees d'Aser, de Schlesinger et les nôtres. Mais, malgré cela, il est rare i k Baignée aoit une cause d'avortement, parce qu'elle est rarement poussée M loin poor noire au fœtus ou déterminer une excitation des centres des mou- MBto do l'aiéroa. Da reate, malgré le grand nombre de cas où la saignée a été tiyéo dana on bot d'avortement, nous n'en connaissons pas un seul où elle a I à elle aeule pour atteindre le but désiré, «s lUu n'en ont pas moins une grande importance au point de vue légal, parce

ha, Nattceau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques^ 1. 1, p. 805,

ido koooncBMMwn néiiÂTiiai AiriPiaBL.

1} MadMoand, Vi^ehow'i Jahrh. 1862, U, 611.

\) Codaon, lôûf., 187&, U, 616.

I) Lax, /oc. ca., )67.

que rexistence de cicatrices récentes de saignées oa de sangsues, confirme ndét que la personne a tenté de se faire arorter, surtout si ces cicatrSces siègent à 4ai places, par exemple aux pieds ou aux parties génitales, où l'on Cût rarement m jamais une saignée ou une application de sangsues.

ART, m. — SUITES DE l'aVORTBMENT.

Les suites de i'avorlement sont prises en considération, au point de vue pénal, si TaTortement a été provoqué à Tînsu ou contre b volonté de la mère, parce que dans ces cas les conséquences lâcheuses pour la santé ou la vie aggravent la peine du coupable qui peut être puni de dix ans de travaux forcés et môme de travaux forcés à perpétuité si la mort est la suite de ces agissements.

En dehors de cette considération, l'élude de ces suites est encore très importante au point de vue médico-légal, parce qu'elle permet non seulement d^afûrmer qu*il y a eu avortement, mais encore de reconnaître de quelle façon il a été accompli.

Les conséquences fâcheuses pour la santé ou la vie de la mère peuvent provenir aussi bien de Tavortement môme, que des moyens employés pour le provoquer.

Sous le premier rapport nous citerons surtout les hémorrhagies, qui accompagnent si souvent Pavorlement, sont dues à des contractions incomplètes del'ulérusetpeuventpar elles-mêmes mettre la vie de la mère en danger, Tébranlement nerveux, les affections puerpérales inflammatoires et septiques et leurs suites qui sont connues de tout médecin. Ces états, quand ils n'entraînent pas la mort, guérissent après un temps plus ou moins long et ne laissent pas après eui de conséquences fâcheuses pour la santé. Si Tardieu cite le cancer de Tulérus et les kystes de Tovaire comme conséquences possibla d'un avorlement criminel, il lui serait cependant difficile de trou* ver, dans un cas, une relation de cause à effet entre Tavortement et les affections de ce genre. L'appréciation de ces états consécutifs se fera d'après les mêmes principes que ceux dont nous parlerons en traitant des coups et blessures.

Les conséquences fâcheuses, que l'on a observées après un avortement, sont dues beaucoup plus souvent aux moyens employés pour le provoquer.

Nous citerons d'abord les intoxications qui sont occasionnées par l'ingestion des substances abortives. Beaucoup, sinon la plupart de ces substances, étant des poisons violents, on comprend que les malheureuses femmes enceintes soient souvent en danger de mort et paient même de leur vie leur entreprise hasardeuse.

L'aVORTEMEM. 171

Dans la plupart de ces eus rinloxicallon par ces substances a ua caractère aigu, et la guérison on la mort arrive peu de temps après le début des symptômes d'empoisonnement. Dans le premier cas, il y aura à se demander si les sjmplâmes étaient tels, qu'il y ail eu danger pour la vie de la mère. On observe rarement une intoxication à marche lenle, plus rarement encore des maladies chroniques on d'autres conséquences f&cheuses et persistantes pour la santé comme suites de l'empoisonnement. Y a-t-il eu mort de la femme, on fera l'examen du cadavre d'après les mêmes règles et prescriptions que celles que l'on a observées dans l'autopsie de personnes empoisonnées.

Le plus souvent c'est après les moyens mécaniques et surtout la ponction de l'œuF, si celle-ci est faite par des personnes ignorantes, qu'on observe les suites les plus graves. Comme ces personnes ne pondent en général pas la moindre notion de l'analomie de ces organes, on comprend qu'au lieu d'arriver avec leurs instruments, souvent les plus primitifs, directement sur l'œuf, elles puissent délerrainer des lésions plus ou moins graves des parties génitales. D e ces lésions la plus grave est la perforation des culs-de-sac du vagin ou de l'utérus. Une péritonite grave est presque toujours la conséquenee d'une telle lésion, mais l'issue n'esl pas toujours mortelle, bien que ce soit le cas le plus fréquent.

GraiM [I] raconte qu'une famme qui s'était f»it arorter au quatrième mois àa t» eroïscMe ïtBc une aiguilla !i tricoter, rendit pendant l'avortomBiit des matiùras fécale» et det tBcarides par l'oriflco du col ils l'utérus ; il survint une pérîlonita gnre, mu» la femme guérit au bout de aii mois et accoucha plus tard encore de dem enfanls viTanis. Dans un cas da Pijiratiuin et Feli, une femme s'éiiit fait introduire une sonde dans l'utériis par une sape-femma pour se faire avorter, La londe diapamt, et l'avorlenient eut lieu. Quatre mois après il su forma une poUte IQmcnr près da l'ombilic, d'où une incision tli sortir la sonda, sans qu'il y ail eu des ïympUliaea graves. Barwell rapporte un cas aomblabla. Une jeune dame a'êuit fait atoner par l'introduction d'une sonde élaatiqua qai fut laissée eu place, mai» dont on na put retrouver que le bout en ivoire, Dii-liuit mois après B. trouva sur la lianebe une collection purulente considiirabla qu'il vida. Une semaine après on sentit la sonde dans les plis da Douglas et alla fut eilraita plus tard par le reclDiD après avoir séjourné pondant vingt mois dana la cavité abdominale. La guirison arriva après six semaines.

Ces lésions présentent en général tous les caractères des plaies par instruments piquants. Si on s'est servi d'instruments plus gros {ciseaux, Casper), ou si l'avortement a été tenté par l'introduction violente du doigt dans l'utérus, on trouve, mais plus rarement, des lé-

(I) Grava», Vircficw's Jahrb., Il, GOS.

în LA GROSSESSE ET L*AGGOUGHEMBHT.

fiions irrégulières de ces parties, lésions qui peuvent autti se présenUr sous forme de ruptures, s'il y a eu contusion violente da ventre et de l'utérus. Les lésions grossières des parties génitales peuvent ètrenconnues même pendant la vie, mais il peut Atre plus diffldla de diagnostiquer une perforation, si celle-ci par sa finesse on son siège se dérobe à notre observation. La péritonite ne prouve rioi par elle-même, elle peut être due à d'autres canses, entre aatrei, i l'avortement même.

Le diagnostic sera des plus faciles, si l'avortement s'eit fermioé par la mort, ce qui est très fréquent dans l'avorteaient par manœuvres mécaniques. Sur 116 cas d'avortements crimtneb dans lesquels la terminaison a été exactement indiquée, Tardieu (1) a va la mort survenir dans 60 cas, et dans la plupart de ces cas h causa de la mort se trouvait dans les lésions mêmes que ces manoBavres avaient déterminées. Ces lésions sont dans la plupart des eu très visibles, surtout si on trouve des plaies ou des perforations par instruments tranchants, et leur siège et leur direction sont en général tels qu'elles ne peuvent laisser de doutes sur leur origine. Y a-t-ii rupture de l'utérus, il faudra se demander si efle a été faite arliflciellement ou s'il y a eu rupture spontanée de l'utéras. Mais les ruptures spontanées de Tutérus sont très rares et presque tous les cas de ce genre ne se présentent que dans lesaccouchementi qui ont lieu à la fin d'une grossesse normale ou peu de temps auparavant (2). On trouve presque toujours dans ces cas, comme cause prédisposante, une constitution défectueuse de la paroi de l'utérus, un défaut de résistance par places, un fibrome, des cicatrices, des affections parenchymateuses ou autres et, comme causes déterminantes, des efforts violents de l'utérus pour vaincre un obstacle quelconque à l'accouchement, circonstances que l'on arrivera facilement à exclure. Dans les premiers mois de la grossesse les ruptures spontanées sont encore plus rares bien qu'on en ait observé déjà dans le troisième et quatrième mois et même dans le second (3). Les ruptures spontanées de l'utérus pendant la grossesse

(1) Tardiea, Étude médico-légale sur Favortementt 3* édition. Parii, 18SS. p. S<> (3) Les données sur la fréquence de la rupture spontanée do Fatéms sont trèi discordantes. Pour les uns, il y aurait déjà une rupture de l'utérai pour SOO accoochements, pour d'autres, une pour 48138 (SclirOder). Mais nous pouvons voir par les obsenrationa de la Blaternité de Paris, combien les aUtistiqaea peuvent indair« «D erreur. Ainsi, tandis qu*on n'a pat constaté un seul cas de rupture sur 31&ei accoucbemenu de 1839 à 1848, nous en Irouvons U pour 2S329 accouchooMSti les di\ années suivantes.

(3) Monatschnft /". Geburttk., XII, 408.

LIS ▲TTBNTàTS contre U santé BT U vie. 173

m debors de l'acte de l'accouchement sont niées par certains aulaurs (1); Hildebrand en a cependant publié un cas (2). Dansées cas las «Domalies de la paroi de l'utérus constituent la cause prédispo- HOitd el, d on n'en troure pas, on peut beaucoup plus dif&cilement idmetlre une rupture spontanée.

Ce qui eit important pour le diagnostic, c'est le siàge de la rupture. Larai^iirafpontanée siège en général au col ou à l'union du col et du coips de l'utérus; et a le plus souvent une direction transversale on on peu oblique (Scbrôder), rarement longitudinale (Mohl) ; les ruptures artificielles peuvent siéger en différents endroits, et se trouTent, quand elles sont produites par Tintroduction d'instruments piquants par le vagin, dans le prolongement de Taxe du canaJ géoiUl, quelquefois, comme Tardieu en a observé un cas, au ■ifiMi do fond de l'utérus.

La raptore artificielle, en debors de ces caractères, peut se recon- ■allre encore par la concomitance de lésions d'autres organes, RniOQt de Tintestin, que l'on ne rencontre pas dans les ruptures s^onlanéas, et cela d'autant plus facilement que ces lésions sont plos étendiies.

Nous Toulons encore faire remarquer à propos de l'ayortement par injections dans l'utérus, que, dans ces cas, l'introduction de l'air maisausM dnUquide injecté dans les veines de l'utérus peut donner lieo à des symptômes graves et môme à la mort.

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