C. Plaies
Les caractères des plaies par instruments contondants dépendent surtout de la direction dans laquelle l'instrument a rencontré la surface lésée. Si la direction était perpendiculaire, on a des simples solutions de continuité de la peau, soit qu'il y ait eu éelatement de la peau, soit que l'instrument ait réellement traversé les parties molles; mais si la partie du corps a été atteinte obliquement, ou si l'instrument a glissé, il se forme le plus souvent dans ce cas des plaies à lambeaux, parce que l'instrument contondant ne divise pas seulement la peau, mais arrache encore les parties sous-jacentes. Les plaies contuses dans ces deux cas se reconnaissent presque toujours à leur forme irrégulière, à leurs bords broyés, écorchés et dentelés, et à leur large suffusion sanguine, ainsi qu'à la constitution irrégulière de leur fond.
Les instruments contondants peuvent quelquefois produire des plaies linéaires à bords tellement nets qu*il est quelquefois difficile et même impossible de les distinguer des plaies par instruments tranchants. Ces plaies se forment plus facilement aux endroits où la peau passe par-dessus un corps solide, surtout convexe, et sont dues en général à ce que la peau, sous l'action de l'instrument, éclate ou est divisée en ligne droite par une force agissant seulement tangentiellement.
(1) E. Hofmann, Viertefjahnch. f. gench. Med. 1877, XXVI, p. Î64. — Langhaui» Observations sur la résorption des extravasations {Virchow*s Arehiv.yU XLIX};- — Rokitansky, Handb, der patholog. Anatomie^ 3« édit., l, 216.
C*est surtout sur la peau de la tête que Ton trouve ces plaies léaires parce qu'elle offre , outre les conditions favorables dont lUS aTonsparléyUne homogénéité de structure et une fixité consifibles. On peut encore les trouver sur les parties de la peau qui x>aTrent les bords osseux. C'est ainsi que nous avons vu une de linéaire et à bords nets, chez un homme pris dans un éboulesni, le long de la crête du tibia, et dans un autre cas de ce genre, le autre plaie de 15 centimètres, également recliligne et à bords U sur la peau du ventre recouvrant le pubis. La distinction entre ces plaies et les plaies par instruments tranints se trouve surtout dans les caractères du fond de la plaie. Lodis que dans les plaies par instruments tranchants, le fond a la •me d'un coin et que tous les tissus sont ainsi coupés sur le même* LD, nous trouvons dans les plaies contuses linéaires, malgré la îtitude et la netteté des bords, un fond irrégulièrement contus, comme la plaie se produit généralement par éclatement de la lOy on peut souvent sentir dans le fond des parties de tissus plus ôstants, surtout des vaisseaux, passant en forme de pont d'un rd de la plaie à l'autre ; ce signe suffit à lui seul pour faire reconlire une plaie contuse. On trouvera encore des caractères disctifs dans retendue de la suffusion correspondante, qui est ordiirement très large dans les plaies contuses, et marque la place riostnunent a porté, et dans le décollement des bords de la plaie ns différents sens. Le décollement d'un seul des bords de la plaie rencontre aussi bien dans les plaies contuses que dans les plaies r instruments tranchants.
Les plaies contuses guérissent rarement par première inten- D, plus souvent avec formation de granulation et cicatrices. La irche de la guérison dépend du degré de contusion des parties «ntesy ou de leur plus ou moins de viabilité. On observe soual, comme suites de longues suppurations, des exfoliations ganbieases, des inflammations phlegmoneuses, de Térysipèle, des ées purulentes, etc., dont la marche peut être très-lente. G*est ar cela que ces plaies laissent après elles des cicatrices rarement iûreSy mais plus souvent irrégulières et d'autant plus larges que nécrose aura été plus étendue et la suppuration consécutive lins limitée .
forment un autre genre de plaies contuses, et peuvent être faites ri bien par l'homme que par des animaux. Dans le premier cas eUes siègent géDéral anr les parUet saillantes du corps, faciles à saisir avec les dents, Isa qai9 les doigts si le nés. On obserre asses lodrent des cas d'ablation du
lae LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET LA TIE.
nez avec les dents par haine ou par jalousie. Dans le Tyrol on a Thabitiide dau les rixes de s'enlever les oreilles avec les dents, et nous avons en à faire nn rapport dans trois de ces cas.
Les bords de ces plaies ou la place des parties enlevées présentent de noabreuses sugillations et portent assez souvent l'empreinte des dents, qui sillt pour faire diagnostiquer la provenance de la blessure.
Les morsures des animaux peuvent occuper les parties les plus diverses da corps, et, si elles proviennent de grands animauXi de grands cliiens, de cheiaax ou autres, elles déterminent des lésions beaucoup plus étendaes qae cellea qoi proviennent d'une morsure d'homme.
Nous avons eu à faire, l'année dernière, l'autopsie d'une fille de treise ans qoi avait été déchirée par des chiens.
La petite fille, craignant, à cause d'une faute, de rentrer à la maison, grimpa par- dessus la clôture d'un chantier qui était gardé par deux chiens de boacber et on petit chien b&tard, et fut trouvée peu de temps après, saignant par on grand nombre de plaies et mourante, par des voisins qui avaient entendn lea aboteoieots furieux des chiens et les cris de détresse de Tenfant. A l'autopaie on tiroota toota la peau de la tète détachée du crâne, des contusions nombreuses snr la peaa du côté droit du cou et des déchirures irrégulières entre le stemo-mastoidiea drcit et la veine jugulaire externe droite, ainsi que sur la peaa et les muscles superficiels de la partie interne de la cuisse droite avec une blessure de la veins saphène. Quelques-unes de ces plaies avaient un orifice extérieur arrondi et se continuaient en un canal conique traversant la peau seulement. Ces dernières étaicat certainements faites par les dents coniques des chiens et offiraient d'autant plos d'intérêt qu'on les avait prises d'abord pour des plaies par intmments piquants. La marche de la guérison des morsures est souvent très-loote comme celle des plaies contuses en général. Cela s'applique surtout aux morsures des doigts qui peuvent avoir pour conséquence la nécrose d'une phalange et, comme noos en avons vu deux cas, un phlegmon étendu de tout le membre. On a même observé le tétanos.
Il ne faut pas oublier que dans les morsures d'animaux il peut j avoir aossi infection par le virus rabique.
D. Commotion des centres nerveux.
Nous ayons ici en vue la commotion surtout du cer?eaa, deli moelle épinière et des plexus abdominaux. Nous en parlerons quand nous traiterons des blessures des différentes parties du corps.
E. Rupture des organes internes,
La rupture des organes internes peut avoir lieu par coup direct ou par contre-coup. Leur existence suppose en général une violence considérable, et on les trouve surtout dans les chutes d*an liea élevé, dans les casd^éboulement ou d'écrasement, chez les individus pris entre deux tampons de wagon, ou dans d'autres cas de violences de ce genre. On les trouve plus rarement dans le cas de
nomatisines moins graves, tels que coups de pied, coups de crosse le fosily dans les cas où un individu est violemment lancé contre erre, etc. Nous avons connu un médecin qui s*était fait une vptare mortelle des reins, en se heurtant dans sa précipitation Mmtre une barrière de bois qu'il n*avait pas vue, à cause de sa Djopie.
Le plus souvent ce sont des organes parenchymateux qui sont Bzposésà ces ruptures, et parmi ceux-là surtout le foie, aussi bien k cause de son volume et de sa friabilité, qu'à cause de sa position tuperficielle. Puis viennent par ordre de fréquence décroissante la !ate, les reins, les poumons, le cœur, plus rarement l'estomac, les inteslJDS, la vessie et en dernier lieu le cerveau. Gooper, Adams (1) K Gasper-Lâman ont observé des cas du dernier genre, c*est-à-dire les déchirures de la substance cérébrale sans fracture du crâne. Il Ht évident que, toutes conditions étant égales d'ailleurs, la facilité ivec laquelle se produisent les ruptures d'un organe dépendra de la ^éustance particulière de cet organe. Ainsi le foie, lorsqu'il est augmenté de volume par suite de la dégénérescence graisseuse, somme par exemple chez les alcooliques, et que son revêtement )ériConéal est en même temps fortement tendu, peut présenter, nême après des violences relativement minimes, des déchirures i|u\, dans ces cas, ne s'étendent d'ordinaire qu'au péritoine et aux i:ouclies superficielles du foie.
U en est de même pour la rate, dont la constitution individuelle a une plus grande importance que celle des autres organes, car cet 3rgane hypertrophié et surtout pendant son gonflement aigu, peut \e rompre plus facilement et à la suite de causes plus légères que la *ate à l'état normal.
Les larges déchirures des organes internes se terminent presque toujours par la mort, cependant la rapidité de la mort dépendra, m dehors de l'étendue de la rupture, de l'importance de l'organe éséet surtout de l'intensité de l'hémorrhagie qui suit la rupture. Les ruptures du cœur ou des gros vaisseaux, les ruptures étendues les poumons, du foie et de la rate entraînent presque toujours la mort immédiate par hémorrhagie. Si l'hémorrhagie n'est pas trèsibondaute dès le début, soit à cause du peu d'étendue de la rup-
(I) Bergnuno, Die Lehre von der Kopfuer/etzungen^ Pitha-Billroth's Handb. d. Ckùnr^^ m, 24S. En dehort des orgtnes ci-dessus mentionnés il est clair qae iMi las «atres pentent être sojets à des ruptures. Dans les cas d'éboulement on treave saorent les ruptures les plus diverses : c'est ainsi que nous avons obsenré êtwx fois la rupture de la trachée et plusieurs fois celle de Taorta.
ture, soit du peu de sang contenu dans l'organe, ou si elle a été ralentie par des circonstances locales particulières, la mort peat n'arriver qu'au bout de quelque temps par hémorrhagie ou par un processus secondaire. On peut quelquefois voir des indiTidos, même après des ruptures étendues d'organes internes, se rele?er ei pouvoir continuer leur chemin (1).
C'est ainsi que, dans un cas communiqué par Juhlin (3), on individu chez lequel la chute d*une poutre avait déterminé uneniptnr» de la rate et une déchirure complète du rein gauche, a pa encore se relever, faire environ vingt pas, et n'est mort qu'après sept minutes et demie. Nous avons fait l'autopsie d'un garçon de j&L-hnit ans, qui avait été écrasé par sa voiture, et qui, malgré l'écrasement complet du duodénum au point de réunion avec le jéjunum produit dans cet accident, avait pu encore gagner Tauberge la plus voisine, y rester deux heures et retourner chez lui où il mourat le lendemain avec les symptômes d'une péritonite intense.
Les déchirures superOcielles des organes glandulw*es peavent guérir. Gela est vrai surtout pour les déchirures superficielles do foie, particulièrement celles qui n'intéressent que le péritoine, ce qui arrive encore assez fréquemment.
Sur un alcoolique, qui était mort d'une hémorrhagie provenant d*ane mem* brane pachyméningitique, nous avons trouvé une déchimre da foie kmgiie de 8 centimètres et profonde de 5 centimètres seulement, que ce malade a*étail lUte deux jours avant sa mort en tombant d'un escalier. La déchirure était recollée, ne présentait pas de symptômes de réaction inflammatoire à son voisinafe, et h quantité de sang qui s'en était écouléo était très peu considérable, de sorte qu'oo avait toutes les raisons d'admettre que, si Thémorrhagie cérébrale n'était pis
(1) En dehors de la richesse vascuiaire d'un organe, il faut encore considérer son état individuel. Cela s'applique surtout au foie. Sur un individu ivrogne et voleur qui avait été lynché^ les médecins chargés de l'autopsie trouvèrent, ontre une fra^ ture du crâne, quelques déchirures du foie, longues de plusieurs centiaiètret,nais n'ayant que de un à trois centimètres de profondeur, avec une hémorrhagie peo abondante dans la cavité abdominale. D'autres médecins, consultés en second Uea, mirent en doute la provenance intra-vitam de ces déchirures à cause da peu d1iémorrhagie, et émirent l'idée qu'elles avaient été produites pendant Tautopsia par des mains maladroites. Mais le peu d'abandance de l'hémorrhagie s'expliquait trèsbien par le peu de profondeur des déchirures et surtout, ce que les seconds médecins n'ont pas vu, par la dégénérescence graisseuse considérable et par conséquent l'anémie du foie en général et particulièrement des parties périphériques, anémie que Ton trouve souvent chex les alcooliques et qui avait été meationnée dans le rapport.
(2) Juhlin, Virchwo't Jahrb. 1874, I, 331.
tonrenae, la déchirure da foie se sertit vraisemblablement guérie. Klob (1) a fait Boe commanication sur une décliirure du foie, profonde de 6 à 8 centimètres et probablement en voie de guérison.
11 peat arriYer encore assez souvent qu'il y ait rupture étendue d'organes internes, sans qu'on puisse retrouver sur la peau les traces de la violence qui les a produites.
Noos avons eu plusieurs fois l'occasion de faire Tautopsie d'individus pris dans on ébonlenient ou écrasés entre deux tampons de wagon, sur lesquels nous n'avoua po troaver ni écorchures ni sugillation de la peau, bien que l'examen interne eût lait découvrir des ruptures diverses d'organes internes, des fractures de Umtea lea c6tet, etc. De môme l'examen d'une jeune fille de vingt ans, qui s'était Jetée da troisième étage sur le pavé de la cour et n'était morte qu'une heure après, ne Ht voir qu'une coloration bleo&tre de la largeur d'une pièce de 5 francs, qui avait d*abord passé inaperçue, dans le pli fessier du côté gauche. Malgré cela en trouva à Tantopsie des ruptures du poumon gauche, de la rate et d'un rein, une fraetore de la portion lombaire de la colonne vertébrale, et des fractures ffloltiplea du baaain. L'absence des lésions extérieures avait fait douter que la mort eût eu lien réellement par une chute, c'est pourquoi on avait ordonné de procéder i fantopsle.
Ces particularités s'expliquent par la grande résistance de la peau, qui permet la compression des organes internes, de même qu'une pomme enveloppée d'un drap peut être écrasée, et peut même être coupée par un couteau qui n*est pas trop tranchant, sans qu*il y ait déchirore dndrap. L'hémorrhagie, qui s'établit immédiatement dans ces Cês^ peut aussi empêcher la formation de suffusions sanguines dans le tissu sous-cutané, car dans ces genres de mort le temps ainsi que la matière nécessaires pour le développement de ces sulTosions sanguines, font généralement défaut.
F. Solution de eontinuùé et déplacement des os.
Les fractures et les luxations des os sont une complication fréquente des plaies contuses. Nous renvoyons pour ce qui est relatif à leur Taleur en justice au chapitre des blessures des différentes parties da corps en particulier, surtout de la tête et des membres.
G. Broiement et détachement de parties entières du corps.
Ces effets sont en général produits par une force énorme. Nous les observons dans les accidents de chemin de fer et chez des
(1) Klob, SitxungsbeHcht der K. K. Gesellseha/ft der Àerzte in Wien (Compte TCQda de la seesion de la Société I. R. des médecins à Vienne, 26 Janvier 1877).
individus qui ont été pris dans des engrenages de machines. On trouve les désordres les plus considérables dans les explosions di fabriques de poudre, de dynamite ou autres, car la mutilation des individus atteints peut être telle qu'on ne puisse plus en trouver que des restes méconnaissables et qu'il soit difficile de constalar ridentité de ces personnes (1).
La résistance de la peau se montre môme à l'égard de ces éQO^ mes violences. Dans un cas qui nous a été communiqué, la tête d'un individu qui avait été pris entre deux trains se trouva aplatie comme une galette, tous les os et les parties molles étaient rédaits en pÀte, et cependant la peau de la tête et de la face avail été conservée intacte, sauf quelques petites déchirures insignifiantes. Noos avons eu Toccasion d'examiner deux fois dans ces dernières années des individus sur le cou desquels avait passé un train de chemin de fer. Dans un de ces cas la tête avait été complètement séparée da tronc ; dans l'autre, la peau s'était conservée tout entière^et formait un sac lÀche reliant la tôle au tronc, bien que i'épiderme eût été enlevé par places et que toutes les vertèbres et les parties molles da cou eussent été réduites en bouillie.
C'est cette grande résistance de la peau qui explique la rareté de l'éclatement isolé des cavités du corps dans les chutes d'une certaine hauteur, les éboulements et autres violences semblables. Nous n'avons observé cet éclatement que deux fois, la première fois sur un individu pris dans un éboulement, chez lequel la peau du ventre avait éclaté dans toute sa largeur, et les intestins étaient sorUs en masse, la seconde fois chez une folle qui s'était jetée d'un troisième étage sur le pavé de la rue et était tombée verticalement sur la tête. Celle-ci avait éclaté d'avant en arrière et sur sa ligne médiane, de telle façon que la première impression était que la tète avait été fendue en deux moitiés latérales par une hache, d'autant plus que les bords de la plaie passant par la peau du front, du nez et de !a lèvre supérieure, ne présentaient que de fines dentelures. Les bords de la partie postérieure de la blessure présentaient plusieurs déchirures, le crÀne était brisé en un grand nombre de morceaux et da cerveau il n'en restait pour ainsi dire plus rien.
(1) Masclika, Dericht ûber die Explosion der DynamHfabrik bei Pray (R*?port sur l'explosion de la fabrique de dynamite à Prague). ( Wtener. med. IP'oc/iWcfirift, 1871, n» 8.)
§ 2. ^ PUIU PAR INSTRUMB?ITS TRANCHANTS.
Les plaies par instruments tranchants se caractérisent par leur lireciion en général rectiligne, leurs bords nets et non dentelés, [wr la prédominance de leur longueur, dépassant de beaucoup les autres dimensions de la plaie, parla forme de la solution de conti- Doitéy qui ?a en se rétrécissant de haut en bas et qui, vue de profil, reprodoit la forme d'un coin.
La direction rectiligne peut manquer quand les plaies par instruments trancbants siègent sur des parties convexes du corps, et Taspect des bords peut être modifié par la nature de Tinstrument ToIoéranL Le couteau était-il émoussé ou ébréché, les bords de la peau peuvent avoir un aspect plus ou moins dentelé, et môme déchiré selon les circonstances. On peut encore trouver cet aspect dentelé des bords de la plaie, si celle-ci siège sur des parties de peau plissées. En effaçant les plis, on obtient ainsi, dans ce cas, une solution de continuité en forme de Z, ce qui peut faire croire, si on ne rapproche pas bien les pointes ainsi produites, à l'existence de deux et même de trois plaies; celte circonstance se produit surtout dans les plaies du cou par instruments tranchants.
Lta plaie airelle été faite perpendiculairement à la partie lésée, les surfaces internes de la plaie présentent une disposition symétrique ; mais si le coup a porté obliquement, elles sont taillées en biseau aux dépens Tune de i*autre^ et i*un des bords de la plaie sera d*aulaDt plus net et à angle plus aigu, que la plaie aura été faite plus obliquement; si la lame de l'instrument est tombée presque à plat, il peut j avoir un véritable lambeau.
La profondeur d'une plaie par instrument tranchant dépendra, en dehors de la force employée et du ûl de la lame, de la résistance plus ou moins grande que présentent les parties lésées. Les os empêchent souvent la pénétration plus profonde de l'instrument; il peut en être de même du larynx ossiQé pour le cou, où cependant se rencontrent les plaies par instruments tranchants les plus profondes. On voit rarement ces plaies ouvrir les grandes cavités du corps, li ce n'est les cavités articulaires.
Le degré de béànce de la plaie dépend de la rétractilité de la partie de peau atteinte, ou mieux de la direction des fibres du lissu cutané et du sens dans lequel elles ont été coupées. C'est ftîDsi que les plaies de la tête ne sont presque pas béantes, si ce n'est quand elles ont traversé également l'aponévrose épi-
192 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET U tlK.
crânienne. Il faut faire remarquer que la forme plane on convexe des parties lésées peut donner lieu à une plus ou moins grande béance de la plaie. Cela s'applique surtout aux plaies de la partie antérieure du cou et des surfaces articulaires.
La gravité d*une plaie par instrument tranchant provient surtout de sa profondeur. La guérison a généralement lien, si la plaie n'est pas négligée, par réunion par première intention, ea laissant une une cicatrice linéaire dont la direction rectiligneetla mobilité permettent de reconnaître la provenance. Les plaies pir instruments tranchants sont surtout dangereuses ou mortelles par lésion des gros vaisseaux, surtout les plaies du cou qui sont souvent le résultat d*un suicide, mais aussi d'un homicide. Les plaies profondes par instruments tranchants donnent souvent lieu à des suppurations prolongées, et peuvent, si elles ont lésé des muscles, des tendons ou des nerfs, déterminer une infirmité passagère oa durable d*un membre.
Les plaies par instruments hachants sont déterminées également par des instruments munis d*un tranchant; mais, tandis que les plaies par instruments tranchants sont produites par les mouvements de va-et-vient d'un instrument tranchant posé snr une partie du corps, les plaies dont nous parlons résultent de la projection d*un instrument hachant dans une direction perpendiculaire à Torgane. Ce mode de production, qui a ordinairement lieu avec déploiement d*une grande force, mais surtout le poids de Tinstniment employé, font que ces plaies se distinguent des plaies par instruments tranchants par leur plus grande profondeur, et que, contrairement à ces dernières qui sont arrêtées par la rencontre d'on osoa un autre corps solide, celles-là les traversent, et prennent par là on caractère beaucoup plus dangereux.
L'aspect extérieur d'une plaie de hache dépend surtout de la direction de l'instrument vulnérant* Si celui-ci est projeté perpendiculairement à l'organe, il se forme des plaies linéaires dont les bords se rejoignent à angle aigu ; l'organe a-t-il été atteint obliqn^ ment, on peut observer alors des lambeaux plus ou moins obHqoes, et pouvant même être détachés complètement par la hacbe. La netteté de la plaie dépend du fil et de l'épaisseur plus ou moins considérable de la lame, en outre du poids de Tinstniment. Des sabres légers, mais bien acérés, produisent des plaies beaucoup plus nettes qu'une hache. Les plaies faites par une hache ou un corps analogue présentent en général une attrition des bords de la plaie et des fractures d'os, ainsi que des dépressions et des détachements
us ATTSIIITSS A U SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 1U3.
d'esquilles, qui sont presque toujours accompagnés d'une fêlure des os. Dans les blessures des os qui sont produites par des instru<p ments hachants et pas très lourds, tels que, par exemple, un sabre, on obsenre plus rarement une fêlure des os, mais assez fréquem.meni une fracture de la lame vitrée.
Une plaie de hache dans un os est d'autant plus béante, que les. deux faces de Toutil se rencontrent sous un angle moins aigu. Plus le coin est épais, plus il écarte les bords de l'os, plus facilement il iail des esquilles et plus les extrémités de la fente se continuent sous forme de fêlures.
Dana l'appréciation des plaies de hache, il faut prendre en considération non seulement la nature des parties lésées, et l'ouverture possible de certaines cavités du corps, mais encore le poids de Tins* trument volnérant et ses conséquences. Gela s*applique surtout aux plues de la tète, car, quand celles-ci sont faites par un instrument lourd, comme par exemple une hache, au danger de la division des parties s'ajoute encore celui de la commotion cérébrale.
S 8. — • PLAIES PAM IRSTRUMBUTS piqcarts.
Les plaies par instruments piquants se distinguent par la petitesse de leur orifice d'entrée et par la profondeur du canal qui fait suite à ce dermer.
L'orifice d'entrée a, si la plaie a été faite par un couteau, ce qui est le cas le plus fréquent, la forme d'une fente dont les bords nets, légèrement concaves en dedans, s'écartent l'un de l'autre pour se rejoindre à angle aigu aux deux extrémités. 11 arrive plus rarement, bien que dans la plupart des cas Tarme soit un couteau à un seul tranchant, que l'orifice de la plaie ait la forme d'un coin étroit, dont le dos correspondrait à celui du couteau. Cela s'explique parce que la plupart des instruments analogues au couteau, même les couteaux de poche ordinaires, s'amincissant tellement vers la pointe qu'ils sont pour ainsi dire à deux tranchants sur une étendue plus ou moins longue, il se forme d'abord une plaie dont les deux extrémités forment un angle aigu, puis l'agrandissement a ensuite lieu dans un ieol sens par le côté tranchant de la lame, tandis que l'autre extrémité de la fente n'est que distendue et revient à sa position prinntiTe par l'élasticité de la peau, après que le couteau a été retiré, on c<mtinue à se déchirer en forme de fente du côté du dos du eouteau (i).
0) Dapajtien et Malg^gne odI déjà appelé raitontion sar la pcMibilJté daa
Il s*ensuit qu'il est souvent très-difficile, par les seuls caractères de l'orifice d'entrée, de dire avec certitude de quel côté était tourné le tranchant ou le dos du couteau. Mais si le couteau a pénétré dans des os, la chose devient plus facile, car Tos reproduit très-exactement la forme d'une coupe transversale du couteau. Dans les plaies par instruments piquants, il n*est pas rare de trouver un éclatement de la table interne des os du crâne, et un détachement de la partie de la table externe formant les bords de la plaie.
Pour ce qui est de la longueur de la plaie, elle ne correspond pas toujours à la largeur de la lame du couteau.
Le plus souvent la longueur de la plaie est un peu plus grande, ce qui s'explique parce que dans les mouvements d'entrée et de sortie la lame du couftau agrandit la plaie, soit par une pression, sdt par une traction exercées dans le sens du tranchant. On voit plus rarement la longueur de la plaie être moindre que la largeur de Yioar trument. Dans certains cas cette diff'érence peut n'être qu'apparente, et être due à la rétraction des bords de la plaie, qui diminue ainsi la longueur de l'orifice; aussi, quand on doit mesurer la longueur d'une plaie par instrument piquant, faut-il toujours aifironter les bords de la plaie. Mais en dehors de ces causes, la longueur de ces plaies peut réellement être plus courte que la lêrgeur de l'instrument. Notre attention fut appelée sur ce point par nn cas dans lequel la plaie mesurée sur le cadavre n'avait que S,5 centimètres de long, tandis que la lame du couteau était large de 2,6 centimètres. Des expériences que nous avons faites sur des cadavres, nous ont prouvé que la plaie pouvait avoir 1 millimètre et même, quoique exceptionnellement, de 1,5 à 2 millimètres de moins que la lame du couteau employé. Examinant ces faits de plus près, nous avons pu voir que cette particularité se produisait surtout quand on se servait de couteaux mal acérés ou à dos large, parce que dans ces cas la peau, pendant l'introduction de l'instnimenl, s'enfonçait en cône, était par conséquent distendue et revenait à sa place primitive, après que le couteau était retiré, de sorte que la longueur de la plaie paraissait un peu diminuée ; en laissant le couteau dans la plaie on peut très-bien observer ce refoulement de la peau en dedans. C'est le même fait que celui qui se produit a
déchirures de li peau, et ont fait observer que dans les plaies produites par «M alêne ronde, il n'y avait pas un orifice arrondi, mais une fente. Langer a fUt éH expériences avec une pointe conique et a trouvé toujours des fentes réguUèrtf {Wiener, med. WochenbL XVU, 20, 1S61 eiSchmidrs Jahrb. ISSS, I. IIS, p. Î7^
LES ATTEINTES A LA SANTË ET A LA VIE PAR BLESSURES- 193 souvent dans les plaies par armes iL feu, et qui s'explique par la grande élasliciLé de la peau.
On n'oubliera pas l'influence de la rêtruction de la peau sur la forme de l'orifice d'entrée d'une plaie par instrument piquant. La peau se rétractera d'autant plus qu'elle est plus mobile sur le Lissu sous-jacenl ; la rétraction dépendra encore de la direction des fibres de la partie do peau lésée, et ces deux raisons Font que certaines plaies déterminées par desinstrumentspiquanls et à angles (rapière, Sanson), peuvent avoir aussi bien une forme polygonale que ronde. Il peut ; avoir encore déformation de la plaie dans les endroits où la peau possède une grande mobilité comme au cou ou au-dessus des articulations. II est inutile de dire que la forme primitive de la plaie peut être modifiée parles modes de guérison, suppuration, etc.
La direction du canal de la plaie par instrument piquant ne correspond pas toujours ii la direction dans laquelle le coup a été donné, car l'arme peut dévier. Le canal de la plaie, surtout quand il touche des organes inlernes et mobiles, comme, par exemple, ceux du thorax ou l'intestin, ne constitue pas toujours le prolongement direct de l'orîBce de la plaie ; cette circonstance est très-importante à retenir surtout quand il y a plusieurs plaies. Les instruments piquants peuvent ne pas donner lieu à la formation d'un canal fermé de tous cAtés, cela arrive surtout si le coup ne touche le corps que tangentiellement, et coupe la peau el les parties sousjacentes en gouttière, de sorte que l'on a l'aspect des plaies par instruments tranchants. Le fait peut se présenter aussi pour les organes internes. C'est ainsi que nous avons observé un coup de couteau qui, ayant pénétré dans lelhorax entre la septième et huitième c6te dans la ligne axillaire, avait coupé le c6lé gauche du diaphragme et le bord inférieur du poumon gauche, ouvert les deux ventricules par la face postérieure du cœur, et divisé la cloison ioterventriculaire, de sorte que dans aucun de ces organes on ne put découvrir un vrai canal, mais une section en gouttière, comme dans les plaies par instruments tranchants.
La gravité des plaies par instruments piquants dépendra surtout de leur profondeur, à cause de ta possibilité de lésions graves des organes, par exempte des gros vaisseaux, des cavités du corps, ou d'autres organes internes. La largeur de la plaie a aussi une certaine importance, car, toutes conditions égales, le pronostic sera d'autant plus favorable, que l'instrument vulnérant aura été plus mince. Mais cela n'est absolument vrai que pour les inslrumenli très-minces, ou aiguillés, car les plaies même pénétrantes de ces
instruments^ sont suivies de symptômes inûgnifiants ou même nuls. L'expérience nous apprend cependant que ces piqûres, sartoot â elles intéressent le cœur ou Tinlestin, ne sont pas toujours inoffeih sives, et Tacupuncture du cœur, que l'on recommande pour ramener les asphyxiés à la vie, ne peut pas être considérée comme étant tout à Tait sans danger (1).
§ 4. — PU1B8 PAft ARMES A PIV.
Dans une plaie par une arme à feu on distingue en général i'ou* verture d'entrée, le trajet de la balle^ qui peut se terminer en culde-sac et l'ouverture de sortie.
Les caractères de Vorifice d'entrée dépendent surtout de la distance à laquelle le coup a été Uré. Dans les coups à bout portant, il y a non seulement l'action du projectile (et de la bourre) mais encore celle des gaz d'explosion et de la flamme de la poudre.
Par suite de l'action combinée du projectile et de la force directe des gaz d'explosion, l'orifice d'entrée est presque toujours marquée par une perte de substance, qui sera d'autant plus grande que la charge de poudre aura été plus forte. Aussi trouvons-nous des orifices d'entrée beaucoup plus grands (souvent énormes) dans les plaies par armes à feu telles que fusils, pistolets, que dans celles faites par un revolver, et la grandeur de l'orifice d'entrée de la balle de revolver sera plus petite pour les réfolvers de poche que pour les revolvers d'un plus grand calibre.
L*ouverture d'entrée est tantôt complètement ronde, et comme faite à l'emporte-pièce, tantôt irrégulière et étoilée. Cette dernière forme se montre plus souvent dans les coups de pistolet ou de fusil que dans ceux de revolver, et surtout quand la balle touche un endroit oi!i la peau passe directement sur l'os (crftne, côte). La production de ces lambeaux et déchirures a lieu, parce que les gaz d'explosion, aussitôt que la peau est trouée, se répandent par suite de la résistance moindre, entre la peau et le corps solide soosijacent, soulèvent et font éclater la peau à partir du trou de la balle. Ce qui prouve ce mode de production c'est ce fait, que les bords de l'ouverture d'entrée, que celle-ci soit irrégulière ou arrondie,soDt presque toujours plus ou moins minés, et que les tissus sous-cati-
(l)Simon, Zwéi FâUevon NaâeUtich'Verletzung des Herxens » neM Litterûiwr* (Deux cas de piqûres du cœur par des aiguiUes, tTec hittorique). Viêrteljokrtk f. gerich. Med. 1865, III, 3S7).
LES iTTEIHIKS A U SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 197 néi sont noircis de poudre dans une étendue correspondant aux parties minées.
L'action de la flamme de la poudre se maniresle par la brûlure des cheveux ou des pnils au voisinage de l'ouverture d'entrée, dans certains cas par la brûlure des babils. On rapportait également la lone parcbe minée et desséchée du bord de l'ouverltire d'entrée à une brûlure de la peau par la flamme de la poudre, et on l'appelait zone brûlée ou de brûlure. Mais celle-ci est due moins à une iirûlure qu'à une contusion et excoriation du bord de l'orifice
A S eentim6tre«.
d'eotrte. car on peut la trouver, quoique moins large, dans les coups tirés à distance ; du reste la durée de la déflagration de la poudre eU beaucoup trop courte, pour pouvoir produire une brûlure de la peau qui est toujours plus ou moins humide.
Dn autre effet de la déflagration de la poudre est la coloration noire des environs de l'ouverture d'entrée, coloration produite en pat^ par ta fumée de la poudre, en partie par des grains de poudre l moitié brilles et tlxés dans la peau. La preniiëro disparaît par le U*tige ; quant aux grains de poudre on peut les voir déjit & l'œil nu.
plus racilement à la loupe et au microscope. Le tatooâge est natarellement le plus fortement prononcé, si l'arme aété appliquée surU peau Due; il ne manque pourtant pas dans le cas contraire, surtout si les effeU d'habillement ont été minces et ne se sont pas trouvés en plusieurs couches.
C'est aux environs immédiats de la plue que le tatouage est le
Fig. J. — A 13 centlmètreR.
plus intense ; il va en diminuanl de dedans en debors et forme en général deux zones distinctes et très-visibles, surtout dans le cas ob l'orillce d'entrée est arrondi ; l'interne est plus mince et plus sombre que l'ejleme, dont la périphérie marque en même temps U base du cfine de ta pression atmosphérique ayant atteint cette partie de la peau avec une force diminuant du centre à la périphirie.
[Dans l'alTaire Godefroy, qui a vivement ému l'opinion publique, il s'agissait de déterminer de quel point étaient parties les deoz balles. M. le docteur Dumesnll (1) a fait à celte occasion les expériences suivantes:
« Il a d'abord, comme point de comparaison, tiré & bout portas!, c'est-à-dire à la distance de 5 centimètres, avec le pistolet mftme,
(I, Du Hesnil, Httation miHio-Hgale de raffain Godefroy, mewtrt on tëidt (Ànx. d-hyg. publ. tt <lt mid. ligali, t87T, V idrie, t. XLVIF, p. M&).
LES ÂTTHriTBS A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 199
qui a tué la TicUme et des cartouches semblables à celles qu'on a trouTées chez Taccusé (fig. 1). Puis avec le môme pistolet et des cartouches semblables, il a tiré sur des morceaux de peau de che?reau blanche placés à 13, 20, 30, 50 centimètres et môme à 80 centimètres (fig. 3, 4, 5, 6 et 7). o 11 est certain qu'à 13 centimètres le tatouage et môme la brûlure
Fig. 3. — A 20 centimètres.
produits par la poudre resteront faciles à constater, môme après le lavage. Il est fort probable qu'il en sera de môme le plus souvent à 20 centimètres ; à 30 centimètres, les traces diminuent considérablement; elles disparaissent à peu près à 50 centimètres, et à 80 centimètres, on ne constate plus que des traces presque nulles. M. le docteur Bergeron déclarant n'avoir constaté aucun tatouage, aucune brûlure, aucune projection de poudre, nous pouvons en conclure que le coup est parti d'une arme tenue dans tous les cas i plus de 90 centimètres de distance.» E. Levy.]
Dans les coups tirés à distance, c'est le projectile seul qui déternûne les caractères de l'ouverture d'entrée, et TinQuence des autres causes que nous avons indiquées plus haut disparaît et cela d'autant plus que la distance, à laquelle le coup est tiré, est plus grande.
Ce qui disparaît en premier lieu, c*est l'action immédiate des gaz d'eiplosion, qui déjà à de petites distances ne se fait plus sentir, et cela d'autant plus que la charge de poudre aura été plus petite, par conséquent pour les revolvers plus tôt que pour les pistolets.
Puis disparaissent les brûlures de la flamme de la poudre, et id encore plus tôt pour les revolvers que pour les pistolets et plustM pour les pistolets que pour les fusils. Tourdes (I) â pu, avec dei pistolets d*arçon, enflammer un papier encore à la distanei d'une demi-mètre, et nous avons pu observer une brftlure dei poils par des coups de revolver de 9 millimètres de diamètre,
Fig. 4. — A 30 centimètres.
tirés à une distance de 10 à 15 centimètres. Dans les coups de pstolet et de fusil la brûlure peut aussi être produite par la bourre enflammée, et à une assez grande distance pour les fusils. Ce qû disparaît en dernier lieu c'est le tatouage de la peau par incrqrtttion de grains de poudre. Ceux-ci font Tofflce de très-petils pnn jectiles qui peuvent être portés assez loin, et forment un côoa de dispersion, comme celui que nous voyons en plus grand pour las charges de grains de plomb. Tourdes a trouvé dans les coups de pistolet d*arçon une incrustation de grains de poudre encore à b distance de deux mètres, pour un grand revolver (américain) à celle de i mètre et demi, et pour un revolver ordinaire jusqu'à U
(1) lourdes, Observations de blessures mortelles au moyen étum réooher ntc quelques remarques midico- légales, sur ce genre de blessures. SUnsboarg > 117^ — Expériences analogues de Crespi et Tason, Rivista elinka di BoUgnsi» lllSi Maggio, 186.
distance de 4D centimètres seulement. Il faut admettre que dans les coups de ftisil, les grains de plomb peuvent ôtre transportés à de plus grandes distances.
A de grandes distances le projectile entre seul en cause et c'est de sa forme que dépendra en général, mais non sans exception, la forme de l'ouTcrture d'entrée. Les balles sphériques produisent le plus sourent une plaie arrondie avec perte de substance, tandis
GJM ' ?\S. s. — A 50 centimètres.
Fig. 6. — A 80 centimètres.
que les balles coniques font des orifices d'entrée souvent linéaires. On irouye cette dernière forme surtout dans les coups de revolver qui peuvent quelquefois, surtout si le projectile est petit, déterminer one division linéaire de la peau tout à fait insignifiante et pouîanttrte-bien simuler une plaie de couteau. On.sait que la blessure de Yictor Noir, qui a été tué d'un coup de revolver par Pierre Bonaparte, a été prise d'abord pour un coup de couteau (1), et BraoB (1) raconte avoir vu une plaie faite par une balle conique, et dont roriSce d'entrée ressemblait à une égratignure et s'était goérie par réunion immédiate ; il a trouvé dans ses expérimenta- Ikyosque les plaies faites par des balles coniques ressemblaient souvent i des coups de lancette. Gasper-Limann ont également notfrla Attrence des orifices d'entrée dans les coups de feu & balle spbérl-
(1) Tof . Tudieo, Relatim médiethlégaU de ^affaire dAuteml (inn. d'hyg., lITt, tomm XXIII, p. 273} et Étude médico-légale sur le$ blessures comprenant ks hleesuree en géméral et Us blessures par imprudence, les coups et thomicide mekmimrei. Ptris, 1879, p, 134.
(3) Brano, FritdrticKs Bldlter, 1878, p. 861.
que OU conique, et citent un cas où l'ouverture d'entrée d'une balle ressemblait à un coup de couteau. Nous a?ons eu plusieurs cas de ce genre, entre autres un dans lequel on n'a trouvé qu'à l'autopsie une plaie du cuir chevelu faite par un coup de revolver de poche, et qui, à cause de sa petitesse, avait échappé à un premier examen.
Dans les plaies par balle sphérique aussi bien que conique, l'élasticité et la facilité avec laquelle se déchire la peau, font que l'orifice d'entrée est ordinairement plus petit que le projectile. Buscb (1) en tirant sur des plaques de caoutchouc a trouvé que chaque projectile chasse d'abord devant lui la peau qui s'enfonça en cône, la traverse au sommet du cône, à la suite de quoi la peau se rétracte de nouveau. En tirant avec un chassepot contre U plaque de caoutchouc, il ne trouva qu'un très-petit trou mesorant à peine le tiers de la balle du chassepot, mais présentant des bords noircis, correspondant au calibre de la balle. A ce dernier phénomène se rattachent l'excoriation et la contusion que l'on trouve autour des plaies faites par des balles aussi bien sphériques qae coniques.
Les caractères du trajet de la balle sont aussi différents seloo que le coup a été tiré à bout portant ou à grande distance. Dans le premier cas nous retrouvons les mômes agents que ceux dont nous avons parlé à propos de l'ouverture d'entrée et . avec une action souvent plus intense, parce que la force de l'explosion agit comme une cône de dispersion ayant une base allant en s'élargissant, et parce que les corps que la balle a entraînés, tels que, dans ceriaôns cas^ des esquilles d'os, entrent également on jeu. Les tissus sous* jacents à l'endroit blessé ont une grande influence sur les caractères de la blessure faite par un coup de feu tiré à bout portant. La partie sous-jacente est-elle un os, comme à la tôte, des morceaux d'os peuvent être détachés et projetés en avant, ou bien les os sont violemment séparés l'un de l'autre par la force de l'explosion. Si le coup est tiré dans la cavité du crâne il y a en môme tamps pression hydraulique latérale du contenu du crâne qui éclate avec violence. Ces différentes causes donnent lieu à des désordres d'autant plus considérables que la charge de poudre aura été plus forte; nous avons très-souvent vu, après des coups de pistolets, tout le crâne avec la peau du crâne complètement divisa, et môme toute la voûte crânienne enlevée. Dans ces conditions il n'y a pas à rechercher le trajet de la balle, et il est souvent très-difficile de tron-
(1) Buscb, Arch, f. KU Chirurg., XYIII, 201.
fer Touveriure d'entrée de la balle. Les revolvers produisent rarement des lésions aussi considérables, à moins que ce ne soient des revolvers de gros calibre. Les petits revolvers de poche ne donnent lieu, quand ils blessent le crâne, qu'à une petite ouverture en forme de trou, d'où partent quelquefois des fêlures dans différents
Les coups tirés à bout portant vers la poitrine avec des pistolets ou de gros revolvers, produisent des désordres graves des organes iniemes, mais la force parait s'épuiser souvent dans les premiers Ussas, de sorte qu'à la fin il ne reste plus que l'action du projectile, qui ou bien donne lieu à la formation d'un canal plus ou moins long se terminant en cul-de-sac, ou va se loger dans la paroi 00 enfin pénètre dans la cavité.
Dans les coups tirés à une certaine distance le canal est formé par le projectile seul, mais l'effet n'est pas toujours le môme dans ee cas. Si les parties molles ont été atteintes seules, on trouve en général on trajet simple, qui se termine en cul-de-sac ou présente mi orifice de sortie. Si le coup a rencontré des os, il peut y déterminer un simple trou ; mais plus souvent il y a des fêlures partant do trou et ce dernier se produisant avec éclats, ces éclats font office de projectiles et influent sur les caractères du canal.
L*èdftlMMol èit M peut se produire aussi par les coups d'armes à feu andenoes, mais il est beaucoup plus fréquemment déterminé par les armes moismet 16 chargeant par la culasse, surtout par les armes militaires actuelles. Les «fêta du chiisepol, obsenrés pendant la guerre franco^llemande, avaient d*abord fui aecoMT Jet Français de se servir de balles explosives. Mais les expériences fûtes pu* Boaeli (1), Wahl ('2), Kuster (3), Heppner, Richer (4), Garfinlcel (S) et astres arac le duMepot et d*autres armes se chargeant par la culasse ont prouvé qee oellet de ces armes qui ont une très grande force de propulsion, déterminent seaveal à des distances assez courtes (30 pas, Busch) pour que la balle ait enioate sa force, des désordres incroyables, tels que par exemple l'éclateds Ift tèta, ce qui a une grande importance au point de vue médico-légal, joaqa^ présent on n'avait observé de lésions aussi considérables que dans les ipe à bout portant.
Oa n'est pas encore d'accord sur la cause de ces désordres. Les uns (Busch)
(1) Bosch, Ârch. f. Kiin, Chirurgie, XVH, Heft. 2 et XVIII, H. 3.
(2) Wahl, Mécanisme des plaies par armes à feu, Ibid, XVI et XVII. ()) Koater, Skt faetion des nouvelles armes à feu. Berl. Klin. Wochmsek,
(4) Rkber, Chvnargie des plaies par armes à feu. (1/ed. Conttalb, 1874,
(S; Garilnkel , heeherches sur taetion des petites armes modernts, {Cen* ifM, /. CkirwTffie, 1S74, n<« 4 et 15.)
pensent que la balle déjà échauffée par le canon de Tanne et par l'air, par niiti de sa grande vitesse, s'échauffe encore plus en passant par an corps dor^ 4i sorte qu'elle se fond et qu'il s'en détache des parcelles, qni forment on c5ttt 4i dispersion. D'autres pensent que les parcelles s'en détachent d'une fisçon nique, tandis que d'autres enfin expliquent ces lésions par la rotatioo rapide de la balle, dont la force centrifuge se manifeste sortout dans le ou la moelle des os, et fait éclater le crâne ou les os longs par une hydraulique brusque.
La direction du trajet de la balle ne correspond pas toajoanl celle du coup, car le projectile, quand il rencontre des os, défia et peut môme, en suivant ces os, faire le tour d'une partis da coq». CSette déviation peut avoir lieu immédiatement après ronvertars d'entrée mais aussi dans une partie ultérieure du canal. Ce damier cas se rencontre souvent à l'intérieur du crâne* Il peut arriver escore qu'une personne soit blessée, sans qu'on ait ea l'intentioB de tirer sur elle, parce que la balle ayant d'abord toaché un antie corps, rebondit et atteint le corps de cette personne (ricocfast).
Si le canal se termine en cul-de-sac, on trouve le projectils i son extrémité. L'individu a-t*il longtemps porté la balle dans soa corps, celle-ci peut se déplacer et être retrouvée dans on endroit tout différent de sa place primitive. Le projectile retrouTé a imrs* ment conservé sa forme primitive, et est au contraire loojoonplos ou moins déformé, et surtout s'il a fracturé des os ou 8*il y est resté implanté. La balle, au moment où elle touche l'os, s'apIlÂit, ce qui explique pourquoi les ouvertures d'entrée du cr&ne sont toujoon plus grandes que le projectile; nous possédons une préparation provenant d'un coup de revolver, où la balle aplatie est restée logée sur le pariétal et qui présente, au point correspondant, une fissure circulaire de la table externe de même diamètre que la balle, et répondant à une perte de substance de la table interne d*an ëkmètre double.
Dans d'autres cas, la balle non seulement s'aplatit^ maissedivîie «ncore en plusieurs fragments, qui de même que les esquilles ainsi formées, peuvent donner lieu à de graves désordres. Ces allérations de la forme de la balle peuvent encore avoir une autre importance en médecine légale, quand il s'agit, par exemple, de dire si le coup a été tiré avec une balle ou avec du plomb haché, ou si la balle trouvée correspond ou appartient à une certaine arme.
Parmi les autres corps que l'on peut trouver dans le canal de la plaie, nous citerons, outre des morceaux de vêtement, etc., et pour les coups tirés à bout portant, les grains de poudre, et la bourre. L'examen de celte dernière est d'une grande importance, d'abord
LES ATTEINTES A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES- SOj parce qu'elle prouve qu'on a lire de très-près, ensuite parce que la matière ou d'autres signes distinctifs de la bourre peuvent aider à fjire découvrir le coupable. Aussi faul-il chaque fois décrire avec soin la bourre et le projectile trouvés, et les remettre ensuite à la justice.
Si la balle a traversé une partie du corps, il y a lieu de détermioer laquelle des deux ouvertures est celle d'entrée et laquelle celle de sorlie.
Dans les coups à bout portant, ToriGce d'entrée se reconnaît par la brûlure et la noirceur des parties voisines, mais surtout par l'încrustaliou de grains de poudre, qui à elle seule suffit pour affirmer que l'orifice opposé est l'ouverlure de sortie. Dans ce cas l'orifice d'entrée est aussi en générai plus grand que celui de sorlie, parce que le premier est produit non seulement par le projectile, mais eucore par l'action des gaz d'explosion, tandis que l'oriflce de sortie est fait par le projectile seul et dans certains cas par des éclats d'os. II y aura naturellement une exception à celte règle dans les cas oà les coups tirés à bout portant ont enlevé ou déchiré d'une façon irréguliëre des parties entières du corps, car l'étendue des lésions et l'absence d'un canal vrai ne permetlent pas de reconnaître la place où la balle est entrée.
Dans les coups tirés à une certaine distance, l'orifice de la sortie est le plus souvent plus grand que celui d'entrée. Cela arrive presque toujours quand la balle a touché des os, car, outre les éclats d'os qu'il peut entraîner, le projectile augmente de largeur par son aplatissement ou par d'aulres modîGcations de forme.
On observe surtout do grandes ouvertures de sortie dans les coups de Tusil qui ont, comme tous tes instruments se chargeant par la culasse, une grande force de propulsion. Le canal de la plaie peut, à partir du point où ia balle a touché un os, s'élargir en forme de cône dont la base serait précisément l'ouverture de sortie. La balle n'a-l-elle rencontré que des parties molles, l'orifice de sortie peut être égal à celui d'entrée et même un peu plus petit. Cela est surtout vrai pour les armes qui se chargent par la bouche el avec des balles ordinaires, et qui produisent presque toujours un orifice d'entrée accompagné de perte de substance, tandis que l'ouverture de sorlie a lieu simplement par éclatement et sans perte de substance (1).
L'assertion de Devergle, d'après lequel les bords de l'orifice d'en-
(Ij PÏTOsolt. Schmidl'a Jahrb. WM, 11, 116.
trée seraient renversés en dedans, tandis qoe ceux de la sortie b seraient en detiors, peut être juste pour beaucoup de cas, m^not pour tous. Gasper et limann ont montré que par la saillie de la graisse et par la putréfaction, les bords d^une ouyeriure d'entréi pouvaient être renversés en dehors. Notre expérience nous permet de confirmer celle observation. Nous ferons remarquer enoon que dans les coups à bout portant les bords de l'orifice d'entrés sont presque toujours renversés en dehors, quand il se trouTe da os au-dessous de l'endroit blessé, parce que dans ce cas, ainsi qDS nous l'avons expliqué plus haut, les gaz d'explosion se répandant entre la peau et le plan dur sous-jacent, les bords de la plaie sont refoulés en dehors et peuvent même se déchirer de cette façon.
Les armes chargées de plomb de chasse et déchargées à bout po^ tant produisent des désordres encore plus considérables que celles qui sont chargées à balle. Si le coup est tiré à une certaine distance nous trouvons un nombre plus ou moins grand de petites ouvertures d'entrée, auxquelles fait suite un canal plus ou moins long. Comme la charge de grains de plomb, au moment où elle quitte la bouche du canon de l'arme, se divise en formant un cône allongé, on comprend que, toutes conditions égales, il j aura d'autant moins de grains dans le corps, et les ouvertures d'entrée seront d'autant plus éloignées l'une de l'autre, que le coup aura été tiré à une plus grande distance. Cela n'empêche pourtant pas que, même à de grandes distances, un certain nombre de grains puissent rester ensemble ; et nous ferons remarquer que la dispe^ sion des projectiles est beaucoup plus sensible à la partie périphérique qu'au centre.
Nous parlerons, à propos du suicide par armes & feu, des autres armes de ce genre.
Nous ne ferons que citer les plaies par ricochet et /et érafUm dans les coups de feu. Les premiers ne sont que des contusions; oa observe rarement des lésions graves dans les coups par ricoefaelda petites armes à feu, assez souvent cependant dans le ricochet de gros projectiles.
Les éraflures se présentent ou comme de simples excoriations oa comme une plaie en gouttière, et sont dues à ce que le projectile n'a touché la peau que tangentiellement. Une plaie de ce genre pourrait très-bien être prise pour une déchirure ou une plaie par instrument tranchant.
Nous ferons remarquer enfin qu'une seule balle peut quelquefois donner lieu à plus de deux ouvertures sur la surface du corps.
Cela arrive surtout quand le projectile après avoir traversé une partie quelconque du corps, rentre dans une autre, ou quand la bille, rencontrant une arête d'os très-aiguë, se divise en deux parties, dont chacune est chassée dans une direction différente.
Aox pimlet par armes à feu appartiennent encore celles qui sont produites par ka nou¥e1l«a anbstancék explosives, surtout la nitro-glycérine et ses préparations (dynamite, doaline). Les cas publiés par Blumenstock (1) prouvent que ces bles- •oret se sont pas toujours le résultat d*un accident. Dans un de ces cas, il s'agit d*iu fitie par explosion d'une cartouche de dualine posée sur la poitrine d*un individii; dans l'autre, la mort eut lieu par l'explosion d*une cartouche de dynamite ■ite, peut-être intentionnellement, dans le poêle. On cite également un cas de nieide pcr k dynamite et nous connaissons aussi un cas de ce genre.
AIT. n. — QCAUFICAnON DBS BLESSURES DANS LE SENS DU CODE PÉNAL.
§ 1*'. — BLB88CR18 NON MOITELLBS.
Dans Tappréciation médico-légale des blessures non mortelles, la tâche do médecin légiste serait relativement facile, s'il n'avait qu'à se prononcer^ au point de vue purement médical, sur les soiles passagères ou durables que la blessure a entraînées. Malbeoreosement cela n*est pas le cas. Gomme les codes criminels distingoenl plusieurs catégories de blessures, selon le genre et les tuiles des Uenores, distinction qui parait nécessaire pour des raisons de jurisprudence criminelle et de procédure, mais exige, par sa naiore, lintervention médicale, on demande au médecin légiste de faire, dans chaque cas en particulier, son rapport non seulement au point de vue purement médical, mais encore dans le sens des distinctions établies par la loi; cette circonstance donne au rapport médico-légal sur les blessures un caractère tout à fait spécial, qui s'éloigne essentiellement de la clinique.
Le principe qui fait la base de la classification des blessures n'est pu partoot le même.
Tandis que le Code pénal français n'apprécie une blessure que selon la dorée de la maladie ou de l'incapacité de travail personnel qu'elle a entraînées et que le Gode pénal allemand prend pour point et départ de sa classification les suites d'une blessure, le Code péitl aotrichien actuel et le projet de réforme du Code pénal prennent en considération les deux principes.
Noos ferons remarquer en outre qu'en dehors de l'efiTet, qu'une
(1) BtasMiiatock, Frkértick't Biâittr f. ger. Mtd. 1817, p. 171.
208 LBS ATTENTATS CONTRE LA SAÇTÉ ET Là VIS.
blessure a réellement produit il faut encore avoir égard à ceoz qu'elle aurait pu produire, (comme, par exemple, quand on troan plusieurs plaies sur le cadavre, ou quand, à cause de la marchi lente de la blessure, le blessé n'a pu en attendre la guérison), ain qu'à la nalure de instrument yulnérant, qui a une influence sur la qualification criminelle de la blessure, en twt que cet instni* ment est ou non dangereux pour la vie.
A. Dommages cw*pùreU graves.
D'après l'art. 15â du Code pénal autrichien, il y a dommage co^ porel grave, quand les sévices infligés à une personne dans ose intention hostile, ont eu pour conséquence : 1® une altération de la santé ou une incapacité de travail personnel d'au mmns mgt jours; ou 2* un trouble de Tintelligence, ou 3* one bleiBon grave.
1* Altération de la santé ou incapacité de travail personnel d^au am»
vingt jours»
Le sens juridique de l'expression altération delasanién*e8i nullement identique avec celle de durée de la guérison» Gomme la loi a fait une distinction entre l'altération de la santé et rincapaciié de travail, et, que cette dernière ne peut exister sans une altération organique, les dénominations d'altération et d'incapacité de travail formeraient pléonasme, si le législateur avait pria ces deox termes comme synonymes. 11 s'ensuit que l'expression, altératioo de la santé, est synonyme de maladie accompagnée de trouble de l'état général, de lièvre, du malaise, de douleur ou autres phénomènes semblables. Car, dans le cas contraire, des lésions insigoifiantes, telles que par exemple, une sugillation, qui demande souvent plus de vingt jours pour disparaître complètement, devraient être regardées comme une altération de la santé, ce qui est évidemment contraire à l'intention de la loi et à l'acception vulgaire de l'idée d'altération de la santé, tandis qu'on conçoit très-bien qu'une blessure relativement insignifiante peut, sansdéter^ miner de maladie, donner lieu, pendant qu'elle persiste, à une incapacité de travail personnel, telle que, par exemple, certaines blessures des doigts chez des individus qui s'adonnent à des travaux manuels délicats (couture, écriture, violon).
Sous le terme u incapacité de travail personnel », il faut com*
LIS âTTUNTBS a la santé et a la VIB par blessures. 209
prendre Tinaptitude au trayail que l'individu a appris et pratiqué ^pais longtemps. L'incapacité de travail personnel n'est donc pas rincaptcilé de trayail en général.
n s'ensuit que, quand il s*agit d*apprécier l'incapacité de travail d'on individo, il faut, d'une part, prendre en considération la nature de ses occupations ordinaires et les organes et membres qui sont nécessaires à ce travail, d'autre part, voir si la blessure est telle qu'elle empêche complètement l'usage de ces organes ou membres, ou si elle le rend tellement difficile que ce travail ne puisse plus être fait .avec la force et la durée nécessaires. Il y a donc une incapacité de travail personnel complète et une incapacité partielle; mais le texte de la loi ne fait pas entendre s'il a en me l'une ou l'autre de ces incapacités, ce qui dans certains cas peut rendre l'expertise assez difficile. Malgré cela le médecin lél^ste ne manquera pas de désigner toute difficulté à exercer la profession habituelle, comme une incapacité de travail personnel, car il importe peu que l'individu soit encore en état d'exercer sa profession avec de grands efforts et en se faisant violence; du reste rincapacité absolue de travail personnel est relativement rare. Dans les cas moins graves, il ne reste plus qu'à exposer en détail au juge jusqu'à quel point la profession de l'individu dans chaque cas en parlîcnUer est entravée, et à laisser au juge le soin d'admettre ou non une incapacité de travail personnel dans le sens de la loi.
Cet exposé est encore utile en ce sens que le juge se base là-dessus poor fixer les dommages et intérêts que le coupable doit au blessé.
La limite de yiagt jours que la loi a fixée pour pouvoir appliquer aux sévices qui ont amené cette altération de la santé ou incapacité de travail, la qualification de blessures corporelles graves, a été choisie pour des raisons tout à fait juridiques, mais aussi parce que la chirurgie nous apprend que des blessures, qui ont une certaine graTité, exigent, en général, trois semaines avant que la maladie ou l'incapacité de travail aient disparu.
2^ Troubles de Vintelligence,
Noos étudierons dans le même chapitre les troubles passagers et durables de l'intelligence, quoique la loi fasse une distinction entre ces deux cas.
Il est clair que le terme « trouble de Tintelligence » {Geùteszerrntung), employé dans la loi ne peut être pris que dans le sens de HofVAiai. 14
maladie mentale, que sous cette désignation Ton ne comprend pas certains troubles passagers, tels que perte de connaissance oa autres, que Ton obsenrc après beaucoup de blessures autres que celles de la tète, mais une affection mentale, dans le sens restrànt du mot, se développant après la cessation des symptômes aigus de la blessure, ou un certain temps après ces derniers.
Les troubles de rintelligence peuvent être produits non seulement par les blessures de la tète, mais encore par celles d*un organe éloigné et même par la violence psychique qui accompagne les violences corporelles.
Que les blessures de la tète (du cerveau) donnent souvent nabsance à une affection mentale, c*est là un fait connu de tout le monde. Scblager (f ) a trouvé sur 500 aliénés, 49 chez lesquels le développement de la psychose était en rapport de causalité afse une blessure anlérieure de la tète. L*affection mentale peut se développer immédiatement après la blessure et dans ce cas il y aurait toujours, d*après Krafft-Ebing (2), une idiotie primitive. Ces cas sont ordinairement de nature très-grave, en général incurables, mais n'offrent aucune difQculté à Texperlise, car le rapport de causalité entre la blessure et la psychose est clair et ne peut être mis en doute.
L* expertise présentera de plus grandes difficultés, si les troubles de rintelligence ne sont survenus que quelque temps après la blessure. Il est à remarquer qu'entre la blessure et ses conséquences immédiates et Tapparition de la maladie mentale, il y a rarement un intervalle complètement exempt de symptômes, et que déjà pendant ce temps il y a ordinairement des troubles élémentaires des fonctions du cerveau, qui peuvent être regardés comme des symplômes prodromiques. Schlager et Kraflt-Ebing désignent les symptômes suivants : troubles des sens, hyperesthésie de l'œil, tintements d'oreilles, difficulté de l'ouïe, vertiges, céphalalgies, tendance aux congestions cérébrales, intolérance contre les alcools, persistance de paralysie et d'anesthésies ou même leur extension, comme des signes de la persistance de l'affection cérébrale déterminée par le traumatisme ; il en est de même de la continuation ou le retour intermittent des attaques apoplectiformes, et sous le rapport intellectuel, de la faiblesse de la mémoire, de la rapidité de la fatigue intellectuelle, des changements survenus dans le caractère et rhumeur du blessé.
(1) Schlager, Zeit)fch. der K. K. Getelisch der Artxe in Wien. 1857, p. 4S4. (5) Kraffl-Eblng, Vierteljahrsch. f. ger, Med., 1874, XXI, 56.
LIS ATTKIIITSS A U SANTÉ ET A U VIE PAR BLESSURES. 2ii
Les derniers symptômes, surtout leur développement progressif, sont d*une grande importance, et leur existence se montrera le plus neiiement si on compare la disposition d'esprit et le caractère de Tindifidu, tels qu'ils étaient entre la blessure et lapparition de l'affection mentale, avec leur état avant la blessure.
La durée de cette période prodromique peut comporter des semaines et des mois. Dans 19 cas observés par Schiager raffection mentale s'est développée dans le courant de Tannée qui a suivi la blessure et dans quatre après plus de dix ans. Ce ne sont pas toujours les blessures de la tète qui entraînent une affection mentale, mais les blessures des os du crâne rendent pourtant la vraisemblance des troubles intellectuels consécutifs beaucoup plus grande que celles des simples parties molles (1).
Mais ce qui est intéressant au point de vue médico-légal, c'est que des affections mentales peuvent se développer mémo après une blessure des parties périphériques. Elles surviennent quelquefois après des blessures insignifiantes, quand celles-ci, ou les cicatrices qui en résultent, donnent lieu à une excitation des terminaisons périphériques des nerfs. Ces psychoses appartiennent à la catégorie des troubles réflexes, de même que Tépilepsie périphérique, si souvent obsenrée. Griesinger a réuni une série de cas de ce genre, survenus aprte des blessures légères, et croit que beaucoup de blessures de la tèle ne donnent lieu à des psychoses que de celte façon. Kœppe et Wendt {Vj ont décrit des observations analogues plus récentes. On a observé aussi bien de s états mélancoliques que des états d'exaltation, et dans certains cas, comme particulièrement dans celui de Wendt (blessure des parties molles du crâne), les troubles psychiques revenaient périodiquement et par accès, avaient donc an caractère épileptiforme, une observation qui peut être très-bien utilisée dans la recherche et l'expertise de ces cas.
Dans une autre série de cas c'est moins la blessure, que la violence psychique qui l'accompagne, qui donne lieu à une maladie Qientale. Que la peur et la frayeur puissent être une cause de I>sycboseSy c'est un fait universellement reconnu, et qui devient plus rraisemblable encore si ces excitations sont accompagnées de violences corporelles. Les troubles psychiques ainsi produits atteignent noins Tintelligence que le caractère de l'individu et se compliquent souvent d'attaques hystériques ou épileptiformes. 11 est à remarquer que, dans ces cas, ces troubles se montrent immédiatement
(1) Grietingtr, PiycAttcAe Krûnkheiten, 3* édiUon, 1871, p. 18?. 0) Waodc, Fîrt*0ip'# 4ûhrh., 1874, H, 104.
après la cause, tandis que dans les cas, où une lésion grave du cer^ veau donne lieu à une affection mentale, on n*obsenre de troubles sensibles de Tintelligence qu'après un certain temps (Kraffl-Ebing).
Dans tous les cas, où il y a eu troubles de rintelligence après une blessure, il y aura lieu de voir s*il n*y a pas d*autres causes qui auraient pu provoquer cette affection mentale, ou si la blessure et les violences corporelles n'ont déterminé l'explosion de la maladie que parce qu'il y avait déjà une prédisposition à la folie. Il faudra sous ce rapport recueillir avec soin tous les commémoratifs, et prendre en considération tous les faits qui peuvent directement donner lieu aux affections mentales primitives ou constituer des causes prédisposantes.
Comme la loi fait une distinction entre une affection mentale passagère et une affection incurable, on devra dans chaque cas indiquer le pronostic de la maladie. L'idiotie primitive, après une blessure de la tète, est, comme nous l'avons dit, presque toujours incurable. Mais les psychoses qui se développent un certain temps après des blessures de la tête comportent également un pronostic grave. Presque tous les cas observés par Schlager se sont montrés incurables et sept fois ils se sont terminés par l'idiotie avec paralysie. Le pronostic est plus favorable dans les psychoses par action réflexe à la suite de blessures périphériques, et on sait, ainsi que l'a fait remarquer Kœppe, que l'excision de la cicatrice, qui exerce une excitation sur la terminaison périphérique du nerf, peut être suivie d'une amélioration et même d'une guérison de ces états psychopatbiques. Dans les cas où la psychose est due à la violence psychique qui a accompagné la blessure, le pronostic est grave, parce que ces cas concernent presque toujours des individus, ayant par hérédité une prédisposition aux affections mentales qui, une fois développées, prennent ordinairement une marche progressive et même rapide. Kraffl-Ebing a fait la même observation dans les cas qu'il a décrits.
3® Blessures graves.
Il est très-difficile de définir une blessure grave^ en effet il arrive tous les jours que des médecins déclarent une blessure grave, tandis que d'autres la qualifient de blessure légère. Herbst définit ainsi une blessure grave « une blessure qui a atteint et troublé dans ses fonctions un organe ou système d'organes importants pour la vie, ou a eu pour conséquence la perte ou l'infirmité d'une partie da corps nécessaire à l'intégrité de tout le corps. » Cette définition
s'accorde avec la nôtre pour sa seconde partie; quant à la première partie nous ferons remarquer que ce n'est pas l'importance de l'organe lésé, mais le degré de celle lésion ou des troubles de ses fonctions, qui constitue la gravilé d'une blessure. Nous re- ^ gardons comme une blessure grave celle qui peut être déclarée 1' comme lelle en dehors de la durée de l'altération de la santé et de ~ l'incapacité de travail personnel qu'elle a pu entraîner.
B. Circonstances aggravantes des blessures (1).
II s*a^t dans ces cas de répondre à deux questions :
!• L'instrument employé est-il tel qu'il constitue ordinairement un danger pour la vie ;
2* S'en est-on servi d'une façon qui constitue ordinairement un danger pour la vie.
Poar ce qui est de la première question, il ne s'agit pas de savoir s'il est possible de déterminer avec l'instrument une blessure dangereuse pour la vie, mais si cet instrument est un de ceux dont remploi constitue ordinairement un danger pour la vie, ou, en d'auires termes, si l'instrument présente des caractères tels, que celui qui s'en servait pouvait et devait savoir que l'usage de cet instrument contre un homme entraînait un danger pour la vie de ce dernier. A cette catégorie appartiennent tous les instruments qui sont fabriqués dans le but de donner la mort, par conséquent toutes les armes dans le sens restreint du mot, fusils, poignards, casse-tôte, de même que ceux, qui étant faits dans un autre but, sont cependant capables de devenir des armes redoutables^ tels que couteaux, bacbes, etc.
Il est évident qu'il faut ranger dans la même catégorie, des instruments de tout autre nature, quand ils sont tels, qu'il ne puisse y avoir de doute, pour une personne possédant sa raison, qu'employés d'une certaine façon, ils peuvent devenir un danger pour la vie.
Cesl ainsi' que noos n'avons pas hésité à déclarer, une barre de fer carrée ^ loofae de !*,S0 et épaisse de 3 centimètres, avec laquelle on avait déterminé lae blenaiire grave de la tôte, un instrument pouvant menacer ordinairement la fie. Far contre dans an autre cas, dans lequel on arait Jeté un payé pesant deux kSbframmes contre on prêtre qui avait été légèrement blessé, nous avons déclaré qoe eetta pierre n'était pas an instrument dont l'usage constituait ordinairement iB danger pour la vie*
(1) Code pénal autriehUn^ § 155 (voir en tète du chapitre).
Même les couteaux et les autres instruments pointus ne préeeateat pas toajoon des conditions qui puissent constituer un danger pour la rie. G*eat ainsi qa'oa ivrogne avait dans une maison de correction, blessé une sceur de charité afeeua couteau de poche et lui avait fait une égratignure insignifiante au front. Le cMr teau dont il s'était servi éuit très-vieux et en mauvais état. La lame ainsi que la manche n'avaient que 5 centimètres de long ; la première était branlante, complètement émoussée, usée et arrondie à la pointe par un long usage. En considéntion de ces caractères nous déclarâmes que ce couteau n'était pas an InitmmeDt pouvant ordinairement porter atteinte à la vie. Nous fîmes la même réponse à propos d'une vieille alène de cordonnier avec laquelle on avait fSait une bleasore légère dans la peau du ventre d'un individu.
Pour ce qui est de la seconde question, à savoir si cet instrument a été employé d'une façon constituant ordinairement un danger pour la vie, on y répondra en prenant en considération d'une part la direction, d'autre part la force avec laquelle cet instrument a été manié. Nous répondrons affirmativement à cette questicOy si les instruments tranchants, piquants ou contondants ont été dirigés contre des organes dont chacun connaît l'importance pour la vie, par exemple : la tèle, le cou, la poitrine ou le ventre. Pour la constatation de la direction on aura égard, non seulement au siège de là blessure, mais encore à la direction du trajet et aux autres cajaclères de la plaie. Nous ferons remarquer cependant à ce sujetla que l'instrument peut être dévié de sa direction primitive de façon à ce que la blessure n'offre plus de danger pour la vie, de même qu'il peut arriver qu'une blessure non dirigée contre des organes importants, devienne, par sa déviation, dangereuse pour la vie. Le premier cas est de beaucoup le plus fréquent, et la déviation peut avoir lieu parce que le coup a été paré ou parce qoe l'instrument a glissé sur des vêtements ou bien des corps durs qui se trouvaient accidentellement sur l'endroit touché (boutons, boucles, objets portés dans la poche, etc.), ou encore sur des os (côtes, os du crâne).
On peut voir la force avec laquelle l'instrument a été manié par les caractères de la blessure même, quand par exemple l'instrument a traversé des os ou par la nature des objets que l'instrument a dû traverser avant d'arriver à la surface du corps ou qui ont empêché l'arme de pénétrer plus profondément.
Dans un cas que nous connaissons, un couteau dirigé contre la région du cour avait rencontré une liasse de papiers que l'individu attaqué portait par hasard dans la poche du c6té gauche de sa redingote, l'avait traversée malgré son épiiiseur ainsi que les habits et s'était enfoncé encore d'un centimètre dans la poitrine^ Il ne pouvait y avoir de doute dans ces circonstances que Tinstrument ainsi qoe
us ATniIfTIS A U SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 215
mode d'emploi n*aient constitué an danger pour la vie. Dans an antre caa, c'était aoe chaîne de montre en ader ; dans un troisième, c^était la bandoulière d'un fuail qai avait arrêté le coup et l'on connaît un grand nombre de cas où lea ooiffaret ont préaenré la tète d'une blessure grave.
Lit. 6. « Si la blessure a eu pour c onséqnence une altération de la santé ou UN iacapadté de travail personnel d'au moins trente Jours. »
On n'a qu'à se reporter à ce que nous avons dit précédemment à propos de l'incapacité de travail en général.
Lit. e. « Si la blessure a été accompagnée de douleurs particulièrement violentée, a
Comme dans un autre article, la loi parle de douleurs particu- Ittres, on n'entend pas par là les douleurs qui suivent toutes les blessures en général, mais celles qui ont eu lieu au moment même où la blessure a été faite.
Ceci se présente surtout dans ce qu'on appelle le lyncher (lynchen) ou dans les mauvais traitements exercés contre des enfants (1). Nous avons eu à faire un rapport sur un cas de ce genre : un maître boulanger dans une dispute avec un de ses ouvriers, un homme très fort, fut mordu au pouce par ce dernier qui, malgré ses cris et l'intervention de plusieurs personnes, continua pendant plusieurs nûnates à le mordre et à lui broyer son pouce, à tel point que celui-ci*fùt atteint de gangrène et perdu. Comme dans ce cas la prolongation intentionnelle de la blessure était accompagnée de douleurs violentes, nous n'avons pas hésité à déclarer que la production de cette blessure avait été accompagnée de douleurs particulièrement violentes.
Ut. e. « Si la blessore grave est devenue un danger pour la vie. n
Nous pensons qu'il faut s'en tenir ici au texte même de la loi, et qu'une blessure ne peut être déclarée dangereuse pour la vie que si les suites, c'est-à-dire les symptômes auxquels elle a donné lieu, ont permis de craindre pour la vie du blessé. Si ces symptômes ne se sont pas montrés, on n'a aucune raison d'admettre que la blessure ait constitué un danger pour la vie, même si elle a atteint des organes essentiellement nécessaires à la vie, car une blessure
(I) Yoy. Tardien, Étude médico-légale sur les iériee de rnawaU traitements exercée sur les enfants (Ann. dhyg., 1860, t. XIII, p. 961), et ttud médico^ li$el€ sur les blessures. Paris, 1879, p. 69.
compromettant la vie sans symptômes graves impliquerait contradiction.