‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 40 sur 189 · IV. — Snicide par «rmefl à feu · texte numérisé non relu

IV. — Snicide par «rmefl à feu

Un autre genre de suicide très fréquent, c'est ce\m par armes à (fini. Dans le plus grand nombre des cas, ce sont des armes courtes, laites que le pistolet et surtout le revolver qui servent à ce but. Les armes longues, telles que fusils de chasse ou de guerre sont plus rarement employées, parce qu'elles sont moins répandues et plus difficiles à manier. Aussi quand on s'en sert et que le bras D*est pas assez long pour atteindre la détente, on fait des arrangements qui permettent d'y arriver. Par contre, il arrive assez souvent que l'arme dont on s'est servi exclut l'idée de meurtre. C'est ainsi que nous avons fait l'autopsie de deux individus qui l'étaient suicidés avec un pistolet primitif qu'ils avaient fabriqué avec une grosse clef creuse.

Dans un autre cas, un serrurier avait chargé un tube creux provenant d'une machine et au bas duquel il avait fait un petit trou, et Tavait fixé dans un étau et fait partir en le dirigeant contre sa poitrine.

Dans un quatrième cas, on s'était servi dans ce but d'un canon d'enfant. Souvent le projectile est tel qu'il fait penser immédiatement au suicide. Dans plusieurs cas d'autopsie de suicidés par armes à feu, nous avons trouvé dans le canal de la plaie des petites pierres, dans un autre, un petit morceau de plomb haché et du nble, dans un autre enfin, un drachme en cuivre.

Lesbleasares morteUes par armes à feu sans solation de continuité de la pean

ne peuvent se rencontrer que sur des suicidés qui, dans lear éUt dVxcitttioD, ont peut-être oublié de mettre un projectile dms l'irme. De ce genre est le m suivant arrivé à Vienne et publié dans le rapport médical annuel de 1871 (1! :Cn homme do 40 ans qui s'était tué par un coup de refoWer préaenlait dan» li région du mamelon gauche une place de la grandeur d*une soucoupe, brune d desséchée sans solution de continuité de la peau. Les tissus de la paroi de la poitrine situés derrière cette place offraient des suffusiona sanguines et étaient en eut d'attritionjps cartilages costaux étuient fracturés. Dans le péricarde on trouva ose livre et demie de sang, le rœur était contracté, et portait sur aa face antérieure, au milieu du sinus longitudinal deux déchirures A peu près de la grandeur d'un pois, entourées d'une suiïusion sanguine dans le péricarde et conduisant dans !« cavités di's doux vrnirlcules plus librement à droite où l'on pouvait eotrcvoir môme la couche trabéculairo du muscle cardiaque qu*à gauche.

On a parlé souvent, à propos de suicide, d'armes à feu chargées k eaa {Vasserscfiûsse''. Leur action est encore peu connue, on admet ordinairement (|Ue l'arme était chargée d'eau quand on constate de grands délabrements sanstrounr de projectile, mais ces désordres peuvent se rencontrer dans les coups de fei tirés à bout portant et le projectile peut ne pas être trouvé pour d'autres raisosii Un anonyme (2) pense que c'est à tort qu'on accorde à Teau la force nécessairi pour broyer les os, et se base sur des expériences qu'il a faitea sans ré>u.uK avec la soupape d'une machine à vapeur do la force do trente chevaux. Noa^ M summcs pas de cet avis, car en parlant des blessures par armes à ffo, nusi j avons vu ([uo l'explosion dos gaz do la poudre seule sans projectile peut déjà pro- | duire des désordres graves qui doivent être encore plus prononcés quand use certaine quantité d'eau est brusquement lancée en avant avec une force itiorme. Comme, dans les suicides les coups sont toujours tirés à bout portant, Teto atieiot le coi|is avant qu'elle ne soit pulvérisée. Il serait intéressant de contioaer les rcc'.K rches dans ce stMis.

('aspcr a observé un cas dans lequel un individu s'était rempli la bouche avec de la poudre et y avait mis le feu.

Les endroits que les suicidés visent ordinairement sont la léU et la région du cœur. A la lôte, ils choisissent de préférence U région frontale et temporale. Très souvent aussijis font partir Tai me dans la bouche ; exceplionnellement ils placent le canon d« Tarmc sur des endroits diriicilcs à atteindre. Mtischka et nousniôme nous avons observé un cas non douteux de suicide dans lequel rorifice d'enlrée de la balle se trouvait en arrière de la lête dans la région de la suture lambdoïJe.

Les suicidés mettent généralement leur arme en contact direct avec la peau après avoir ôlé ou écarté leurs vêlements. Les blessures dans ce cas présentent presque toujours les caractères des coups tirés à bout portant. Aussi, quand on s'est servi d'armes sa chargeant par la bouche, trouve-t-on généralement, outre le projectile, la bourre ou les resles de celle-ci dans le canal de la plaie

(1) Physikatsbericht von Jahre 1871, p. 123.

(2) Wiener Aiig. med, Ztg, 1875, n« 26.

OU djcns les parties broyées. Les caractères de la bourre peuvent donner des renseignements très utiles.

La découverte de l'arme déchargée, à côté du cadavre, ne prouve pas par elle-même qu'il y a eu suicide, car Tarme a pu avoir été placée là intentionnellement; d*un autre côté, il arrive souvent que l'arme ne se trouve pas à côté du cadavre parce qu'elle a été enlevée par les premières personnes qui sont arrivées.

L^arme trouvée dans la main du suicidé a la même signiGcation ^e le couteau dans les cas de suicide par section du cou. Cette particularité semble pourtant se rencontrer plus souvent dans le suicide par armes à feu que dans celui par section du cou. Le serrement convulsif de l'arme ne prouve absolument rien par luimême, car la même chose peut arriver quand un individu a été lue par un coup de feu tandis qu'il tenait lui-même une arme à feu dans la main.

II faut chaque fois rechercher sur les mains les taches noirâtres

produites par la déflagration de la poudre et que l'on trouve d'autant

plus facilement que l'arme était chargée avec plus de poudre. Ces

taches proviennent en partie de la fumée de la poudre, en partie des

grains de poudre qui ont resauté en arrière, comme nous nous en

sommes assurés par des expériences sur les cadavres. Ce tatouage

se montre surtout après les coups de pistolet et de revolvers courts

mais de gros calibre, tandis que les petits revolvers ne donnent lieu

qu'à des taches légères ou n'en produisent pas du touL On aura

naturellement égard aux taches noirâtres d'autre provenance que

Ton peut rencontrer sur les mains.

Outre les taches de poudre, on peut encore trouver des blessures sur la main avec laquelle le suicidé s'est tué. Nous ne parlons pas seulement ici des blessures grossières qui sont dues à l'éclatement de l'arme trop chargée, mais d'autres blessures moins graves telles qu'écorchures et déchirures de la peau, que l'on trouve souvent sur le pouce ou sur l'index de cette main et qui sont dues ordinairement au recul de l'arme trop chargée et au choc de la sous-garde ou d'autres parties saillantes de l'arme. Ces blessures peuvent encore être produites par des éclats d'os lancés sur la main qui se trouve dans le voisinage et non seulement nous avons eu Foccasion d'observer ces blessures à la suite de coups de feu tirés dans la tête et accompagnés de désordres considérables, mais nous avons encore trouvé dans un cas des éclats d'os de la grosseur d'un grain de chènevis implantés dans là peau du pouce. En faisant des expériences de tir sur des cadavres, si on applique l'arme

directement sur la peau ou si on la décharge de très près, on peut senlit* et yoir des petits corps consistant le plus souvent en grains de poudre, mais aussi en parcelles de tissus rebondir sur la main, tandis qu'on sait que dans le tir à ta cible avec des pistolets, reyolycrsou autres armes semblables, ces blessures n'ont pas lieu oa ne se produisent qu'exceptionnellement (dans les cas de surcharge) et qu'on ne peut pas voir des grains de poudre resauter en arrière.

Si l'on trouve sur le cadavre plusieurs blessures par armes à feo, il peut se poser la question de savoir si le suicidé, après le premier coup (on peut difficilement admettre qu'il y ait décharge de plasieuis coups simultanément) (1), a encore été en état de s'en tirer un second ou un troisième et, dans certains cas, s'il était encore en état de recharger et de décharger son arme.

Dans ces circonstances, on aura égard aux caractères de chaque blessure en particulier. Trouvons-nous, entre autres, une blessure qui a dû mettre l'individu hors d'état de faire quoi que ce soit comme par exemple, le broiement de la tête ou du cœur, il est clair que c'est celle blessure qui a été fuite en dernier lieu parla main du suicidé. Existe-l-il une seconde plaie analogue ou y a-t-il des raisons pouradniellre que l'autre plaie même non mortelle a été faite plus tard, on ne pourra pins guère penser au suicide. Coinme les coups de pistolet déterminent des désordres beaucoup pins considérables que les coups de revolver, on comprend pourquoi, dans les suicides par les pn*miers, il y a rarement pluMeurs plaies sur un suicidé. Les plaies peuvent ôlrc d'autant plus nombreuses (jne le calibre du revolver était plus petit et que c'c^t moins la force d'explosion de la poudre que le petit projectile qui a produit son effet. Cela s'appti(|ue surtout aux revolvers de poche avec très petites carlouches et il est certain que nous trouvons aujourd'hui beaucoup plus de tentatives inutiles de suicide par armes à feu et de guérisoiis de tels suicidés qu'autrefois, et on remarque que le plus grand nombre de ces cas se rapporte à des blessures faites avec des revolvers.

Lorinser (2) a publié un et» dans lequel un suicidé s'était tiré los quatre coapt d'un revolver contre la poitrine sans ôtre parvenu à se tuer. On trouva une première plaie & gauche du sternum entre la V et la 3* côte, une seconde entre II 8* et la 4% une troisième entre la 4* et la S* et une quatrième entre la 5* et b e* côte; le voisinage de toutes les plaies éuit noirci. Au-dessous de l'ooio*

(1) Trélat rapporte le cas d'un suicidé qui s'était appliqué et déchargé en méat temps deux pistolets aux deux tempes, (î) Lorinser, HV. mcff. Wo^h-mchiff, 1871, XXI, 12.

LBS ATTnifTBS À U SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 269

plate gmucbe on trouva ane suffasion sanguine sous laquelle on pouvait sentir une telle ; il y eut un pneumo-tborax et guérison sans extraction des balles.

Kiiiiiar(l) a rapporté un cas' semblable dans lequel un individu s'était tiré trois coops de revolf er dans le côté gauclie du thorax.

Redephil (3) a publié sept cas de guérison de blessures du thorax par armes à feu. Stnf dans un seul cas où l'arme était un petit pistolet, on s*était servi de petits Nfi^Ters de poche. Le cas suivant montre combien est souvent insigniflaiite l'actko dea petits revolvers de poche. Un homme de 36 ans avait déchargé sur ba ■attreaae deux coups d*un tout petit revolver et^ après que celle-ci s'était enfuie, n M tirm lui-même plusieurs coups contre la tète. On le vit, par la fenêtre, rechar- §v ton sraie et on entendit plusieurs autres détonations. Après avoir enfoncé la porte on trouva cet homme privé de connaissance ; il revint à lui au bout d'une demi-heure. A l'hôpital on constata cinq trous de balle sur le côté droit de la tète, «n ûxième à la région temporale gauche et un septième sur la médiane de la région occipitale. On fit l'extraction de quatre balles qui étaient placées toutes ••per#ciellement;on n'observa pas de troubles cérébraux, on ne remarqua qu'un lifer ictère qui disparut le lendemain, huit jours après la blessure.

Dans on cas communiqué par Casper-Limann, et dans le juel on trouva un •uddé avec deux plaies par armes à feu dans la poitrine, et une troisième au du front, il s'agissait évidemment de coups de revolver, car on fit Textracde deux balles coniquessous l'omoplate gauche. (L'autopsie ne fut pas faite.) un antre cas^ cité par le même auteur, un homme, qui s'était tiré Mceap de pistolet dans la poitrine et s'était transpercé le diaphragme et la rate, M encore en état de boutonner sa redingote et son pardessus Jusqu'au cou et et ae Jeter dans un étang éloigné de quel }ues pas.

Y. -— Suicide par chute d*nn Heu éloTé.

Le suicide par chute d'un lieu élevé n'est pas rare. A Vienne de 1871 à 1875 ce genre de suicide était en moyenne dans la porporlion de 6,6 pour 100 par rapport au nombre lotal des suicides. Ce sont en général des chutes d'une fenêtre; il arrive plus rarement que les suicidés montent d.tns ce but, sur des hauteurs (tours, monuments), ou se jettent dans des précipices. L'autopsie ne fait découvrir dans le plus grand nombre de ces cas aucune blessure frappante des téguments et souvent aucune lésion extérieure, une preuve de la grande force de résistance de la peau.

On ne trouve le plus souvent que des excoriations, quelques sufiliations ou des plaies insignifiantes de la peau. Ces lésions exlélieores si peu prononcées se rencontrent d'ordinaire sur les corps tombés sur des surfaces planes. On observe ces blessures exté-

(I) Komar, Beriehi dei Rudoiphtpitals (Rapport êur V hôpital de Hudolph) pour ItTS.

it) IMophU, Witn€t. m^. Wochenschrift, 1877, N. 18-20.

270 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTfi ET Ik VIB

rienres principalement sur la tête, d'une part parce que celle-ci touche la terre la première et avec une grande force, d'autre part à cause de la facilité avec laquelle se produisent sur la peau de h tôle les solutions de continuité. Nous avons plusieurs fois obsené des plaies très étendues sur la tête dans les chutes sur une surface plane; dans un cas, chez une aliénée qui s'était jetée d'une feDêtr» et était tombée sur la tète, nous avons constaté un éclatement complet de la tête, qui s'était divisée en deux moitiés presque symétriques. Les solutions de continuité de la peau peuvent se pro« duiie plus facilement si le corps dans sa chute est tombé sur des objets durs et saillants, sur des pierres ou d'autres corps semblables.

Les lésions principales se trouvent à l'examen interne et consistent en fractures ou fissures plus ou moins étendues du crâne, es fractures des côtes, de la colonne vertébrale et du bassin et surtout en ruptures de parties molles internes.

On comprend que les lésions externes ou internes puissent se proiluirc aussi bien dans le crime que dans le suicide, que Tautopsic ne puisse pas par elle seule fournir d'indication sur la cause de la chute et que celle-ci doive être déduite plutôt des autres circoostances du cas.

On ubscrvo fréquemment dans les grandes villes, la mort par chuto involontaire. A Vi««nnc on a constaté en 187^-, quatre- vingtrtrois cas, en 1874, ci n quant e-deox, et Cl 1K76, soixante-dix cas analugiK's. II? concernaient presque tous des ouvrien tombés dau> lour travail d'un toit ou d'un écliafaudagc, des domesti>|ues laviot les carreaux des fenêtres, ou bien d"s onfanis tombés par une fenûtre ou d'oi escalier, plus rarement d(;s individus tombés dans la trappe ouverte d*une ctTt>

Le meurtre par chute d'un lieu élevé se présente surtout pour les nouvetu-néf, et nous en parlerons on traitant des accourhenients précipités.

Dans un de nos cas, un père pendant le délire de la variole, tua son enfant dequi* tre ans en le jetant d'un troisi me étage dans li ru->. Ëxtéiicurement on ne troufi que (|uel(|ues excoriations de la peau sur la joui; giurlit*, le siège et le d >s. lotéricuremeiit on constata une sutTu^ion sanguine très éten lue de la peau du «ïrloe, et une fêlure horizontale de l'occiput, des suflTusions de la dure-mère et d« déchirures des deux poumons.

Nous avons eu à faire un rapport sur un cas où une femme était accusée d'avoir tué son mari en le précipitant, par une soirée brumeuso d'automne, d un gentiir large de quol(|ues pi''ds seulement (>t surplombant un précipice do 40 pieds dt profondeur. L'homme était tombé dans une rivière, avait le crâne fracassé <t offrait en môme temps les signes de la mort par asphyxie. Certaines circonstancié (infidélité prouvée de la femme, menaces contre le mari) rendirent cette mort iMspecte; nous dûmes cependant déclarer qu'au point de vue médical et parle résultat de l'autopsie, il éuit impossible de décider si cet individu était léellamcnt tombé accidentellement, comme l'indiquait la femme,, dans le précipice p*r

LES ATTEINTES A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 27i

soiie de Tobscarité et de la pluie qui avait rendu le chemin glissant ou s'il y avait été jeté par sa femme.

Oq connaît le fait qui s'est passé récemment à Bozen ; un touriste était accusé d'ivoir jeté sa femme dans un précipice du liaut de la route du Siilfserjocli, après l'tToir préalablement étourdie, tandis que lui prétendait que sa femme s'était suicidée en cet endroit. Dans ce cas c'est encore moins les lésions anatomiques tiWTéef sur le cadavre que les circonstances qui ont accompagné cet événement ^firent admettre l'idée d*un crime. La route à cet endroit n'était pas taillée à fie, mais se continuait par une pente, roide il c&t vrai^ mais encombrée de fiisrreii. de troncs d'arbre et d'autres obstacles, et ne se terminant qu'à une cer- Uiae distince de la route dans un précipice, de sorte que l'endroit n'était pas Iris propice pour l'accomplissement d'un suicide, et qu'il était très difficile d'ad- ■tttre, ainsi que le prétendait l'accusé, que la femme, après avoir sauté de la roaie, d'un mètre seulement plus élevée que la pente, ait roulé à une grande distauce. En outre, on trouva tout près de la route, qui n'était pourtant pas bien liati(e,des traces de sang que l'on pouvait suivre sans interruption jusqu'au préciyieet et entre celui-ci et la pente un sillon qui, par sa largeur et sa symétrie, Saraissaii avoir été produit par une personne qu'on avait traltiéo par dessus cet cadfoit gaionneux.

Vf. — Suicide par éeraflemeiit.

Sur les individus écrasés par une voiture, nous trouvons des blessures analogues à celles que Ton conslatc sur des personnes qui se soQl précipitées d'un lieu élevé. Ce genre de mort n'est pas toujours accidentel, mais a élé assez et souvent choisi dans ces der* oiers temps pour le suicide. Presque toujours c'est par un train de cheaiin de fer que se font écraser ceux qui veulent se suicider. Les blessures dans ce ras sont en général énormes et indiquent par cela raérne leur mode de production. Très souvent des parties entières ou la tête sont séparées du tronc ; dans ce cas le rail et le bord tranchant de la roue agissent comme des ciseaux.

n faut remarquer que toutes les blessures que l'on trouve sur le corps de ces ia^ividus, ne proviennent pas des roues du train, mais encore du chasse-pierres, ■Ottqoe celui-ci blesse directement le corps, soit r,u'il le lance liurs de la voie. On nous a communiqué un cas dans lequel on trouva sur un individu qui avait te écrué par un train, outre le broiement du corps et des déchirures, une fliiti du cou ressemblant tout à fait à une plaie par instrument tranchant et iftatane grande profondeur, toutefois sans blesser d'organes importants; il fut tetUqua cette plaie avait été faite, selon toute probabilité, par un chasse-pierres ^Msistant en un balai dur et roide, ou plutôt par une baguette de ce balais.

^Qs aTons déjà dit plus haut que des individus tués d'une autre fiiçon étaient WQveat placés sur les rails, pour faire croire à un suicide ou à un accident.

272 LES ATTEiNTATS CONTRE LA SANTfi ET hk VIB.

Y II. — fi^nicide par Instri&meBt k«eh«At.

Des autres genres de suicide, nous ne citerons que le suicide par instrument hachant. Ce genre de suicide, qui est tout à fait exceptionnely a cependant été observé plusieurs fois.

Nous trouvons plusieurs cas de ce genre, entre autres celui d'un indifida (il qui s'est tué on s'enfonçant un ciseau dans la tète, et un autre cas de suicide k Taido d*une bacho lancée contre la tôte (2).

Casper-Liman cite trois cas do ce genre, et Scliauenstein raconte qa'an doMh tique s'était donné sur le front et le sommet de la tète dix-sept coups de hacfel dont quelques-uns avaient traversé les os et occasionné la mort par méoingiH.

Nous trouvons un cas analogue dans le rapport annuel de rhôpitsl géaéni k Vienne pour l'année 1871. Un menuisier s'était donné un coup de marina nrll région temporale droite dans Tintention de se suicider. On constata une phii contuse de la grandeur d'une pièce de cinq francs en argent et n'ayant pas dl* nudé l'os. Cet homme était privé de connaissance ; les deux membres inftiîwB étaient insensibles et paralysés. Il revint à lui le lendemain et guérit compUl^ ment en deux mois.

Nous avons nous-mème fait l'autopsie d'une femme qui s*étant d'abord doaaé un coup de couteau dans le foie, et comme la mort n'arrivait pas, avait pris m hachette et s'était frappée le front et le sommet de la tète (I) Jusqu'à ee <|Q*db tombât sans connaissance. Lorsqu'on la porta à l'hôpital, elle avait repris ses MM et on constata des plaies linéaires et contuses de la peau de la tète ; Uy eatls jours suivants gangrène et élimination de parties étenduea de la peau et la Mil survint au bout de queiqu6S jours par pyémie. A l'autopsie on reouutpu fM quelques coups, faits avec le tranchant de la hache^ avaient fracturé la tùàt externe de la voûte du crâne.

Los cas de ce genre, s'ils ne sont pas éclaircis par d*autres d^ constances, peuvent donner lieu aux erreurs les plus graves et il rapportent en général à des aliénés ou à des individus quiy comme les aliénés et les prisonniers, n'ont pas de moyen pluscoomode de se suicider. Cependant, on a vu des individus qui ne tt trouvaient pas dans ce cas, se servir de ce moyen pour se suicider.

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