‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 47 sur 189 · IV. — lies blessures des artères eS des merfis. j · texte numérisé non relu

IV. — lies blessures des artères eS des merfis. j

Nous avons dit, en parlant du suicide par section du cou, tout ce qui a rapport aux plaies du cou par instruments tranchants. Nooi voulons seulement faire remarquer ici que ces plaies peuvent acquérir une gravité particulière, en dehors de la blessure des vdias respiratoires et des gros vaisseaux du cou, par la section isolée des nerfs. Nous avons rapporté plus haut un cas de blessure do nerf récurrent et d'un affaiblissement consécutif de la parole. Uneblfii* sure du nerf pneumo-gastrique peut avoir les mômes conséquencei; mais ces blessures se rencontrent rarement isolément même tprèi une plaie par instrument piquant.

La blessure unilatérale du nerf grand hypoglosse est également possible et a été en effet observée. Dans une paralysie consécolive d'une moitié de la langue, il faudra considérer en partie la pan* lysie en elle-même, en partie son influence sur la parole. Nousdterons enOn la blessure de certains nerfs du plexus brachial qui peut entraîner la paralysie et consécutivement l'atrophie du meobn correspondant.

A II nuque, des instruments pointas peavent pénétrer dtns Tetpaee qal H trouve entre le bord postérieur du trou occipital et Tare postériear de U preadlif vertèbre cervicale. Ces blessures sont naturellement presque toujours mortaltai Nous avons cependant eu à faire un rapport à la Faculté de Prague sur on ai dans lequel un bouclier très vigoureux avait survécu à un coup de coateau à oM endroit, en ce sens qu'après s'être affaissé complètement paralysé, il a'ett noii* après être resté alité plusieurs mois et ne conserva que la paralysie de U moidi du corps du côté où le coup avait pénétré. Il était évident que celui-ci n'atrii pas atteint la moelle elle-même, mais seulement ses enveloppes, et que les syoi^ tdmes graves avaient été produits par l'épanchement de aang dans le cenal aé* dullaire, et à la pression que ce sang eitravasé avait exercée sur la moelle.

ATTIIlinS A Là SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 319

§ 8. — ' LBS BLESSURES DE LÀ POITRINB.

!• — ^ !«•■ UMWures de la paroi aMtérleure.

!• Contusions et fractures.

mitosions violentes de la paroi antérieure de la poitrine ;deTenir dangereuses par choc (arrêt du cœur). Celui-ci peut ffilêtre rapporté à la contusion du creux épigaslrique et à ion traumatique des terminaisons du nerf splanchnique nées de Goltz).

iel très fréquent de ces contusions soniles fractures des côtes^ ûège est en général sur la partie la plus convexe de l'arc Il n'est pas rare de voir toutes les côtes d'un et môme des lés fracturées à cet endroit et par conséquent sur une môme i la violence a été considérable et a porté sur tout le thorax, par exemple dans les éboulements, les chutes d'un lieu Ile. On sait avec quelle facilité se fracturent les côtes des M âgées, tandis que nous avons vu plusieurs fois des voilures rdes passer sur la poitrine d'enfants et produire des ruptures imons sans déterminer de fractures de côtes. Les fractures i ont en général par elles-mômes un pronostic favorable ;

ne provient que des déchirures que la plèvre môme et

ont pu subir par ces fractures.

2* Ruptures des organes thoraciques,

nchement de sang que Ton trouve, dans ces cas, dans la horacique, peut provenir en partie du poumon blessé, en lea vaisseaux intercostaux. Les ruptures des organes contenus poitrine ne sont nullement rares et intéressent parliculière- ^poumonset plus fréquemment les parties externes des lobes i^on du bile; nous avons cependant vu déjà des poumons iament détachés du bile et nous avons trouvé que les vaisolmonaires offrent une plus grande résistance à ces violences bronches. Les ruptures du cœur se rencontrent sous toutes ics possibles, mais leur production exige, de môme que celle du a, une force considérable telle que chute d'un lieu élevé, etc., I qu'il n'y ait déjà antérieurement certains processus patho- • dans le myocarde, comme par exemple de la myocarim ce cas la rupture peut survenir non seulement spontané-

320 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTÉ ET LA ViK.

ment, mais encore sous l'influence de causes extérieures légères, d( même que la rupture si fréquente des anévrismesde la portion im* tiale de l'aorte. Dans les cas du dernier genre, on comprend» aisément, quand une violence insigniQante a déterminé la rupton du cœur et à la suite la mort, que la blessure doive 6tre désigni comme mortelle non par sa nature môme mais par une ditpoiiim corporelle particulière. Les ruptures traumaliques du cœur se tm vent en général sur le cœur droit à cause de la faiblesse de ses paroii tandis que le siège principal des ruptures spontanées se trouve dao le cœur gauche dont les parois ont à supporter la plus forte pressioi dans la circulation active. Le détachement complet du cœar dese vaisseaux n'a d'importance que comme curiosité. Il a été d^ par Fischer (1) et Casper, qui a même fait Tautopsie d'un indiridi dont le thorax avait éclaté par la chute d'un tronc d'arbre surceUi partie du corps et dont le cœur violemment détaché avait été lanel à quelques pas plus loin. W. Stokes (2) a observé une dextrocanb sur un individu qui avait été entraîné sous la roue d'un moulin.

Les ruptures du cœur sont des blessures suivies toujours de mori instantanée. Il en est en général de même des ruptures des pot mons, bien que dans ces cas la mort ne soit pas nécessairement il» tantanée, si ces ruptures n'intéressent qu'un poumon et n'ontpa blessé de gros vaisseaux, ou si le poumon était fixé au thorax ptt des adhérences. Nous avons fait l'autopsie d'un vieillard chez leqnal s'étaient rencontrées ces circonstances et qui fut encore en éUt, après la rupture d'un des poumons, produite par l'écrasement d'une voilure, de se relever et de se rendre avec l'aide des assislanti dans la maison voisine où il mourut après trois heures.

IL — lies blessures de la paroi postérieure.

\ ^ Fractures de la colonne vertébrale.

Des blessures de la paroi postérieure du thorax nous citeroVi outre les fractures de la colonne vertébrale qui ne se présentai que dans les cas de violence considérable, les symptômes que Toi observe quelqucrois à la suite de coups violents ou répétés snr b dos. Ce sont des symptômes qui, comme par exemple les parésies(3)

(1) Fischor, Die Hevzverletzungen,

(2) W. Stokes, Edinbourgh Med, Joum, 1831.

(iV) A cet ordre a|)partiont aussi la paralytie de chemin de fer^ le rtfANf* parn/ViiY dos Anglais, dtWioinination sous laquelle on comprend certains éuu il parésio que l'on voit survenir chez les individus qui ont survécu à une reocootit de deux trains.

des membres inférieurs, peuvent être rapportés à un ébranlement de la moelle épiniëre ou des phénomènes de choc (arrêt du cœur) que Ton observe surtout après de nombreux et violents coups de bâton et qui soDt provoqués par voie réflexe par une forte irritation des nerfs de la peau.

On n*a pas encore observé avec certitude chez l'homme l'épilepsie après les blessures ou l'ébranlement de la moelle épinière, mais on Ta observée chez les animaux. Oppler (1) a cependant décrit un cas, obil a va survenir chez un jeune soldat jusqu'alors tout à fait bien porUnl, des attaques d'épilepsie, qui diminuèrent d'intensité et Bnalement disparurent complètement.

2» Plaies pénétrantes de la poitrine.

Lesplaies pénétrantes de la poitrine, par inslrumeutspiquants, sont fréquentes surtout celles de la région du cœur. Nous ferons remarquer qu'il n'est pas rare de voir un coup, dirigé contre la poitrine, ne pas devenir pénétrant, parce que l'instrument a rencontré des os (itemum, côtes) ou a glissé sur ceux-ci. On devra cependant dans ce €15 déclarer que la plaie a été faite « avec un instrument et d'une bçon tels qu'ils constijLuent ordinairement un danger pour la vie. » Nous avons déjà dit plus haut que dans les plaies pénétrantes du thorax, on observe plus souvent qu'ailleurs un déplacement des orifices da canal de la plaie dans les difl'érentes couches de la paroi Ihonciqae. Les plaies pénétrantes de la poitrine, en dehors de celles de la colonne vertébrale, atteignent les poumons, le cœur ou les gros vaisseaux du thorax.

Les plaies des poumons déterminent presque toujours un pneumo-tborax instantané et selon le calibre et le nombre des vaisseaux pulmonaires blessés, un épanchement plus ou moins considérable de sang dans la plèvre correspondante; il y a en même temps hémoptysie. Le danger momentané pour la vie se trouve surtout dans l'hémorrhngie interne, tandis que si celle-ci B'est pas très considérable, le pneumo-thorax n'amène pas par bn-même la mort immédiate. Ce qui influe surtout sur la gravité d'une plaie des poumons, c'est l'existence d'adhérences du poumon atteint à la paroi thoracique ; dans ce cas le pneumo-thorax n*a pas lieu ou du moins pas facilement, et les poumons^ à moins d'one blessure des gros vaisseaux, peuvent continuer à fonctionner.

(1) Oppler, Med. Centraibl., 1875, p. 16.

HorFMARif. ^f

322 LES ATTENTATS CONTRE LA SANTft ET LA VIS.

Cette circonstance â également une importance au point de vue

des effets momentanés d'une plaie des poumons el on comprend

que de fausses membranes pleurétiques mettront d'autant plu

d^obstacles à la pénétration de Tinstrument piquant dans les pon-

monsqu^ellessont plus épaisses et plus solides. Le diagnostic d'oae

plaie pénétrante de la poitrine doit se faire sur le rivant par Teu-

men des symptômes qu'elle a déterminés, ainsi que par la perc»

sion et Tauscultation, mais jamais par un sondage. Dans un cas di

plaie pénétrante de la poitrine qui fut soumis à Tarbitrage de h

Faculté, le rapporteur émit avec raison l'idée que la marche lente

et dangereuse de la blessure était due, selon toute probabilité à un

examen de la plaie que le médecin-légiste (I) fit avec la sonde ; car

cet individu s'était relativement bien porté pendant plusieurs joun

avant cet examen et son état avait empiré (pyothorax) immédiite-

ment après ce sondage.

Les plates pénétrantes du cœur appartiennent aux blessures lai plus dangereuses pour la vie et entraînent généralement la mort au bout de quelques instants. La cause de la mort n*est pas toujoon rhémorrhagie, niais plus souvent l'obstacle que met aux mooiements du cœur le sang épanché dans le péricarde par sa prompli coagulation. La rapidité avec laquelle survient la mort dans les tdnsures du cœur, dépendra de la rapidité avec laquelle le sang s'icoa* lera de l'orifice de la plaie et est proportionnelle à la grandeur decetls dernière, de la direction du trajet de la plaie dans la paroi da cœar (perpendiculaire ou oblique à celle-ci), enfin de cette circonstinoe que la plaie se termine dans le cœur, ou traverse encore lapiroi opposée, ou qu'elle a ouvert un ou les deux ventricules ou oreillettes.

Nous avons eu l'occasion d'obsonrer, il n'y a pas longtemps, deax cas do 4i^ nier genre. Dans le premier, la plaie se trouvait dans la ligne axUlaire ganckl^ avait c6toyé la partie inrérieure du poumon, la partie gauche da dUphragae, Il avait pénétré borizontalement dans le cœur par son bord gauche et non loiodi ]a pointe, de telle sorte que les deux ventricules et la cloison inteirentricoldA avaient été ouverts ei> arrière ; dans le second, la plaie avait atteint ii ment le milieu du sinus longitudinal antérieur, et comme elle était dirigée versaicmcnt et était un peu oblique de droite à gauche^ elle avait ouTert les ventricules. La direction dans laquelle la plaie atteint la surface da ccBor indifférente pour la marche de la blessure, car la disposition des fibres da est si enchevêtrée qu'il ne peut ôtre question ici de l'influence prédominaiitt 'i certaines fibres musculaires sur la béanco d'une plaie da cœar. Par contre K ne peut nier que les blessures du cœur gauche n'amènent, les autres conditM étant égales d'ailleurs, plus rapidement la mort ou la perte de connaissance q* celles du cœur droit, car dans ce dernier cas il y a perte de sang feioen il dans le premier perte de sang artériel.

us ATTBIIfTBS A LA SANTÉ ET A LA VIE PAR BLESSURES. 323

Il résulte de ce que nous avons dit, que les plaies du cœur ne produisent pas toutes immédiatement Taffaissement de Tindividu blessé et on comprend que dans certains cas un individu soit encore «n eut de faire un certain nombre de pas et d'accomplir certaines aetioDs. C'est ainsi que dans un cas rapporté par Fischer^ le blessé pat encore se défendre un certain temps et poursuivre son ennemi i une certaine distance. Cette possibilité est d'autant plus admis* ftble qae la plaie du cœur n'a pas été pénétrante et a atteint seulement le muscle cardiaque. Les plaies pénétrantes du cœur ne se terminent cependant pas toutes par la mort.

ffidier a troQTé sur quatre cent cinqutnte-deux cas de blessures da coBor quMl a p« réanir soixante-douze cas de gaérison, dont trente-six furent confirmés par fMtopaie et trente-six diagnostiqués par les symptômes. Dans douze cas de guérina oo trouT» des corps étrangers fixés dans le cœur, six fois des aiguilles, cinq UadeabaUes et une fois une épine. Nous ferons remarquer cependant à propos Il ces gnérisons, qu'elles peuvent être incomplètes et que l'endroit de la cica- Iriea peat donner lieu à un anévrisme, comme étant pars minoris resisientiœ et consécatirement la mort. Dn cas très intéressant sous ce rapport, c'est d'un cordonnier de Bologne (Fischer) qui guérit d'un coup de poignard dans kesoTt mais offrit à partir de ce moment des signes d'insuffisance des valvules Uetapides et mourut à la suite de cette afi'ection après quelques mois, avec des jyytSmea d'bydropisie. L'autopsie montra que le poignard avait pénétré dans le lentokato fanciie, aTait fendu la pointe de la valvule bicuspide et déterminé ainsi oas liwflhMO traamatique.

0 est certain, selon notre législation, que si un tel cas faisait l'objet d'an iipp«t médico-légal pendant la vie, qu'il faudrait désigner cette suite de blesane infirmité.

Noos ferons encore remarquer qu'un coup de couteau, qui a atlunt le cœur, ne détermine pas toujours dans la paroi un simple OriSce d'entrée en forme de fente. Dans le cas cité plus haut où Il plaie arait atteint transversalement la moitié du sillon longitudi« Id de la face antérieure du cœur, Torifice d'entrée formait un anffê i sommet dirigé en bas, ce que nous expliquâmes en admet* ittt que la plaie avait atteint le cœur au moment de sa plus grande menaion (diastole] et que cette fente avait été déviée de la façon nous avons indiquée, par la contraction consécutive du

Tout ce que nous avons dit des plaies du cœur par instruments liqoants peut se rapporter en grande partie aux plaies du cœur fer armes k feu. Gomme ces blessures sont le plus souvent accompagnées d'une perte de substance et traversent en général la paroi opposée du cœur, elles sont presque toujours suivies d'uile

mort immédiate. Un certain nombre d'obseryations, faites m des animaux, nous permet d^admettre cependant que les ioA yidus qui ont une blessure du cœur peuvent encore faire quèlfM pas. C'est ainsi que Bartholin raconte qu'un cerf fit encore ■ pas, bien que la balle eût traversé les deux ventricules et h cloison interventriculaire. HyrtI rapporte égaleaient qu'un cm quoique blessé au cœur, put encore traverser une rivière à k nage.

Les blessures du diaphragme peuvent être faites aussi bien di côté de la poitrine que du côté de la cavité abdominale. Ou lai observe rarement comme blessures isolées, surtout les ruptures, qoi exigent pour se produire une force tellement considérable qa'aHs peut à peine laisser un autre organe intact.

Nous avons cité tout à l'heure une blessure du diaphragme pu instruments piquants et on comprend qu'une telle blessure poiM se rencontrer isolément ou du moins sans lésion grave d*aiiMl organes. Le danger de ces blessures se trouve surtout dans la p^ nétration des organes abdominaux dans la cavité thoraciqueetll leur étranglement, qui survient facilement dans ces cas. Nos trouvons un cas dans lequel la ûlle d'un officier russe» âgée de 14 ans, mourut d'un étranglement d'une hernie diaphragmatique provenant de plaies par instruments piquants et tranchants, que lui avaient faites les Tcherkesses à l'âge de 2 ans. Nous avons obserti doux fois des hernies diaphragmaliques congénitales. Nous tfom en oulre fait Tautopsie d'un individu, qui était mort subitemoBk d'une dégénérescence graisseuse du cœur et sur lequel nous trouvâmes dans la plèvre gauche une anse intestinale de la grosse* d'une lête d*enfant, soudée aux bords d'une grande solution in continuité du diaphragme et n'ayant donné lieu à aucun symptM d'étranglement. On ne sait pas si la hernie était congénitale oa s elle a été produite plus tard par une rupture traumatique.

Page 1