Hypérémiee
Pour ce qui est des hypérémies veineuses dans les diffé organes, surtout dans les poumons, elles se rencontrent très quemment, il est vrai ; cependant les observateurs anciens s déjà qu'elles ne sont pas toujours bien prononcées, et ils se tii d^affaire en admettant, dans les cas où il y avait en même hypérémie du poumon et du cerveau, qu'il y avait eu mort apoplexie, mort par apoplexie suffocante ou apoplexie cérébnb^ dans les cas où il n'y avait que hypérémie du poumon ou do cir» veau, et mort par apoplexie nerveuse quand il n'y avait d'hypéréoii nulle part.
L'hypérémie veineuse la plus constante est celle dee poumomb qui parait être influencée par la dyspnée et par les violents mo«* vements d'inspiration du thorax qui l'accompagnent. Dondflfi avait admis cette hypothèse, et prouvé que pendant l'asphyxiB
clnsion des voies respiratoires la circulation du sang dans les vos était modifiée par un changement dans les conditions de n de Tair à laquelle sont soumis les vaisseaux du poumon à lormal. Dans les conditions normales, chaque dilatation du •opprime la pression atmosphérique pesant sur les parois de riDe et les vaisseaux des poumons réagiraient immédialeà la suite de cette diminution de pression, par la perte de Niicité, si la pression atmosphérique, agissant par les voies loires sur la surface interne des alvéoles, ne faisait compen- , Si pendant un tel soulèvement du thorax, l'aspiration de ait empêchée par Tocclusion des orifices ou des voies resres, il s'ensuivrait nécessairement qu*à la suite de la dimide la pression atmosphérique aussi bien externe qu'interne, •eaux ofifriraient une résistance moindre, d'où afflux consi- I de sang vers les poumons. Mais la môme cause qui déterm afflux considérable du sang gêne également son écouleear le sang a moins de force de progression dans les HZ relâchés et ne peut arriver avec la rapidité nécessaire i cœur gauche. Dans ces conditions, il se fera nécessairement rpérémie dans les poumons, et à un degré d'autant plus ic6 que la dyspnée aura duré plus longtemps et que les ■MBlB du thorax auront été plus violents. Mais les différences le dorée et Tinlensité de la dyspnée peuvent expliquer les eees dans l'intensité de Thypérémie du poumon dans la torme d'asphyxie.
■i a une certaine importancci c'est le moment où a eu lieu too des voies respiratoires, c'est-à-dire immédiatement inspiration ou une expiration. Car il est clair que, si de Donders est juste, le relâchement des vaisseaux du B el par conséquent l'bypérémie seront plus considérables dernier cas que dans le cas où l'occlusion aurait eu lieu ielement après une inspiration. 11 est évident encore que I le thorax est comprimé par une pression quelconque, un eeni par exemple, et se trouve ainsi dans l'impossibilité de m ou lorsque la cause de la mort détermine primitivement eetion réflexe l'arrêt de la respiration, les conditions, qui Donders amèneraient une hypérémie du poumon dans Tasper occlusion des orifices ou voies respiratoires, manqueront eenl, de même que si l'asphyxie avait lieu au milieu d'un ••pirable (indifférent). L'occlusion des voies respiratoires liea par on milieu liquide, la quantité de sang contenue
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dans les poumons serait, comme Tayail déjà ayancé Krahmer, en raison inverse de la facilité avec laquelle le milieu respiré «k capable de remplir les poumons distendus, c'est-à-dire rhypérémk serait d'autant plus intense que le milieu aura été moins mobili, par conséquent plus considérable après Taspbyxie dans de la nu on des matières fécales, etc., qu'après l'asphyxie dans Teau.
Quelque plausible que paraisse la théorie de Dondert lar i'origina te bjpi* rémies pulmonaires, elle n'est pourtant pas tout à fait d'accord aTec les obieifr tiens faites à la table d'autopsie. Car nous Toyous que mAme dans les dit» stances les plus favorables à la production des hypérémies du poumon d'aprii 11 théorie de Donders, comme par exemple chez les pendus, lot pouooia, kit d'être congestionnés, sont au contraire manifestement anémiqnea, coDmeaNi avons pu nous en convaincre par l'autopsie de plusieurs pendus suiddés, d à deux pendus par autorité de justice que nous avons eu l'occasion d'examiner mil à quatre heures après la mort. Nous avions remarqué, dans l'un des deraisiai que pendant la période de dyspnée, à chaque mouvement respiratoire, le'^ et surtout le creux épigastrique était fortement rétracté; U est donc que l'abolition de la pression atmosphérique extérieure sur lea poumons ne El pas aussi complète que le pense Donders, et que la pression du côté da fertn fasse compensation parce que ce dernier s'enfonce assez pour soulever lesptnb latérales de la poitrine et surmonter la pression atmosphérique extérieue.
L'hypérémie des poumons est-elle fortement prononcée, ceai-ô paraissent non seulement plus foncés, mais encore renferment plv de liquide que des poumons ordinaires. Ce dernier signe est Mvent regardé comme un œdème du poumon, à tort cependant, cir tout poumon riche en sang doit nécessairement paraître imbibé à, beaucoup de liquide. Dans l'asphyxie rapide, il ne peut pas y il d'œdème, qui «xige un certain temps pour se produire, car la scène se passe ici en quelques minutes. Il peut bien y afoir œdème véritable, c'est-à-dire une transsudation de sérum à les parois vasculaires dans le tissu cellulaire et la surface inl du poumon, quand l'asphyxie n*a pas été aiguG et que Tagoiûi duré quelque temps. Dans ces cas il se forme dans les bi une écume abondante que nous trouvons non seulement dam trachée, mais encore, dans certains cas, dans la gorge et dans \^\Z bouche. Quelques observateurs ont prétendu qu'on obsemit soi-|m vent la formation de cette écume sur le cadavre des asphyxiétij^ mais notre expérience nous a montré qu'à part les cas de suboMr sion, cette écume n'est abondante que si l'individu s'est débatt longtemps avant la mort.
Une autre conséquence de la stase veineuse qui se montre i^
les poumons au moment de la mort par asphyxie, c'est raccumuaiion du sang dans k cœur droit et dans les gros vaisseaux qui y uriTeni ou en partent. Il ne faut pas oublier, pour apprécier à sa jOilA valeur ce phénomène, que dans les conditions normales, peubnt et même quelque temps après l'agonie (i), les artères se rident de leur sang dans les veines et que dans ces formes d'aspliyxie où le cœur est paralysé en premier lieu, c*est justement le BOUT gauche qui contient la plus grande quantité de sang (2).
l/mjeeiian de la muqueuse de la trachée doit être regardée comme ■M autre manifestation de la stase du sang dans les poumons, pi Gasper a appelé Taltention sur ce symptôme qui varie en inteniÊé de même que l'hypérémie du poumon.
Four ce qui est des hypérémies veineuses des organes éloignés, Mutent dans le cerveau et les organes abdominaux, on peut les consipfier commedes manisfestationsou plutôtdes suites de la stase dans |ii|Nmmonset le cœur droit. Mais il est certain que la congestion bées organes reconnaît encore d*autres causes que Ton peut rapporter surtout à une contracture vaso-motrice apparaissant presque ignlièrement pendant l'asphyxie, et se manifestant par un rétréteement considérable des petites artères du réseau périphérique.
(Z) et Ackermann (4) ont fait toas les deux une série d*expériences nr la drcoltUon du certeau et de ses enveloppes pendant Tasphyxie ; leurs ont été faites sur des lapins sur lesquels ils avaient remplacé par un ane portion du crâne enlevée avec le trépan (5). Malheureusement les de cet deux séries d'observations ne sont pas concordants. Tandis que a obaerré déjà dix secondes après la suppression de la respiration une ir de la pie-mère durant plus de dix minutes, Ackermann a vu après ém U respiration une cyanose de courte durée, puis constamment, dix à •aeoodea avant la mort, une pâleur extraordinaire de la pie-mère, de sorte ftU précaodâit que dans Tasphyxie, au moment de l'agonie, il y avait une anémie du cerveau.
m pratique des cadavres d'asphyxiés paraît donner raison plutôt à de Donders, car on trouve assez souvent une hypérémie du cerveau et
^) Tey- le iraTail de BeUold et Gscbeidlen : « La locomotion du sang par les IJMi iBQtCQlaires lisses des vaisseaux. » Untersuch, aus dem Wùrsb, phys. La* }fmii. II Hefk, 1S67, 347.
•m Virdkow^i Seelionslechnik, 1876, p. 38.
m Doadert, Schmifits Jahrb.^ 1851, 69. Bd 16.
m Ackarmann, Virchou)*s sirchiv, XV.
P) noUmagel {Virchow's Archiv, XL), Ricgel et Jolly {ibid., LH) et Krauspe |Wt UX) ont observé également l'état des vaisseaux de la pie-mère, on partie ■■1 tor dea lapins « trépanés » non pendant l'asphyxie, mais sous l'influence di raicHatimi de nerfs sensitifs; mais ici encore les résultats des observations pas concordants.
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de ses enveloppes, non constamment, il est vrai, et moins soavent qu'on na l'avait admi«, tandis qu'une anémie considérable est une chose relatÎTemem n'V. Toutefois on ne peut mettre en doute la Justesse de Topinion d'Ackerniuui, car Toplitalmoscopie nous apprend que, pendant la période de dyspnée, le ftoalement dos vaisseaux rétiniens diminue en effet, ce que Ton peut rapporter, i» même que le rétrécissement des vaisseaux de la dure-mère, à uoe cootractuit vaso-motrice.
On peut observer les mômes phénomènes et même beaucoup plus facilement NT les organes abdominaux. Si l'on ouvre le ventre d'un anima! préalablemal curarisé, et qu'on entretienne la respiration artificielle, on voit les TaisMaax éa parois de l'intestin se gonfler pendant quelques instants, puis au maximum de II dyspnée, devenir et rester anémiques jusqu'à ce que les mouvemenu péristal* tiques, momentanément augmentés, se calment de nouveau. Au commenceaimt de l'asphyxio les vaisseaux recommencent à se remplir, sans toutefois qoe^ul}e^ tion arrive à un degré tel qu'on puisse l'appeler hypérémie. Si malgré cela Hé* testin parait cyanose, cette coloration est due non à une forte congestion, miii à la constitution hyperveineuse du sang. De même que l'intestin, la raie H maximum de l'asphyxie est constamment anémique, se rapetisse et devient ligueuse à sa surface; on peut observer, après que la contraction des taisseaiia fait place à leur relâchement, que la rate reste pourtant pâle et ne recouvre pÊ complètement la surface polie qu'elle avait auparavant. Il s'ensuit que déjàdim l'asphyxie par empêchement à la dilatation du thorax^ il y a plutôt anémie qM congestion de l'intestin. La quantité de sang contenu dans ces organes doit ètit encore moindre quand pendant l'aspliyxie la dilatation du thorax n'a pas éié eo* travée, car il est naturel que, si dans ces circonstances il y a un afOiix eomidé* rable de sang dans le poumon par les mouvements respiratoires dyspoéiques les organes situés en dehors du thorax, tels que ceux de l'abdomen, doiveat éprouver une diminution do leur contenu sanguin.