LA STRANGULATION PAR DNE CORDE
Dans ce genre de mort le cou est comprimé par un lien const^i^ tour qui n'est pas resserré ou ne Test pas exclusivement parle poids du corps. Ce resserrement peut avoir lieu, pour ne citer que quelques-unes des nombreuses possibilités^ par ce fait que lei extrémités croisées d'une corde passée autour du cou sont tirées oa nouées en sens inverse ou bien parce qu'un lien, placé autour da cou dans ce but ou s*y trouvant, est resserré par la main ou par un garrot, ou enûn parce qu'un individu auquel on a jeté une corde autour du cou a été soulevé à l'aide de cette corde. Ce dernier procédé, qui est une combinaison de la pendaison et de la strangulation, a été employé par les garrotteurs, qui exerçaient leur métier criminel, il y a peu de temps encore, en Angleterre.
En Espagne les exécutions avaient lieu par strangulation avec ce que l'on appelait le garrot et consistant en une bande d'acier passée autour du cou, qu'on rapprochait, au moyen d'une vis, d'un poteao se trouvant derrière le supplicié. Dans ce genre de mort, la mort ne survient pas toujours exclusivement par occlusion des voies respiratoires, mais la compression des vaisseaux du cou, et peut-être ausiri rexcitalion traumatique des nerfs du larynx, dont nous parlerons à propos de la strangulation par la main, doivent y jouer an certain rôle. Les récits des personnes qui ont échappé au supplice du (jarrot rohberies, concordent avec cette hypothèse, car elles racontent qu'elles ont perdu connaissance aussitôt que le lien était
ré autour du cou. Nous nous sommes convaincu par des ences sur le cadavre, que, si on resserre avec la main ou en- Dieux avec un garrot une corde passée autour du cou, on facilement à comprimer les carotides au point de les rendre méablcs.
lésion lii plus importante sur le cadavre, c'est le sillon stranjre du cou. Sa marche dépendra nécessairement de la façon a strangulation aura été accomplie. A-t-elie eu lieu de la dont on se représente la strangulation typique, c'est-à-dire resserrement d'une corde passée autour du cou, ou par Tem- 'un garrot, il restera une marque plus ou moins prononcée ; horizontalement ie tour du cou et se trouvant imprimée ulementsur la partie antérieure du cou, mais encore sur la . Un élargissement du sillon indiquera l'endroit où le nœud garrot a exercé sa pression. La découverte d'une telle mari laissera aucun doute sur le genre de strangulation. Car, [ue dans la pendaison, comme nous l'avons dit, le sillon de ulation puisse également faire le tour du cou et exister sur ue, si la corde est fortement serrée, il n'est cependant jamais ntal dans ce cas, mais plus ou moins obliquement ascendant ;é vers la nuque ou une partie latérale du cou. De plus, tant dans la pendaison le sillon par des causes physiques est lenient plus prononcé à la partie antérieure du cou et did'inlensité en allant d'avant en arrière dans la slrangulaest au contraire aussi fort à la nuque surtout à l'endroit où I a un cousMuet plus feyme el possède une épaisseur et une .éplus grandes, qu'à la partie antérieure du cou. EnQn nous remarquer que dans la strangulation la corde se trouve souir le larynx et môme la trachée, tandis que dans la penelle est presque toujours placée au-dessus du larynx entre i et l'os hvoTde.
rangulation a-t-elle eu lieu à l'aide d'une anse de corde ou- 1 arrière, on reconnaîtra ce genre de mort en ce que le silssant en avant sur le cou. ne monte pas en se dirigeant en mais est horizontal ou même descendant en arrière comme it arriver, si, par exemple, on a jeté une corde autour du cou di?idu assis ou -debout et qu'on l'a ainsi renversé ou qu'on par-dessus le dos d'une chaise ou d'un canapé. Mais si la été tirée en haut, c'est-à-dire si le corps a été soulevé en * la corde, le sillon strangulatoire peut prendre la môme dique celui que nous trouvons dans la pendaison.
Nous avons observé deux fois cette direction du sillon, une fois sur le (acM dont nous avons parlé (p. 247) que le meurtrier avait étendu à terre d'un de revolver dans la tète et avait cherché ensuite à étrangler, et tuqiNli fini par couper la gorge. La seconde fois c'était sur une vieille fenim taéi) son propre fild, qui lui avait jeté une double corde autour de U tète p«i qu*elle était assise sur une chaise, l'avait renversée et, tout en mettant les pi sur les extrémités tendues de la corde, avait en outre serré le cou aveciesaa jusqu'à ce qu'elle fût morte. Cependant on trouva dans ce dernier cisnarii qui fit immédiatement reconnaître que le sillon ne provenait pas d*Qne pendrii mais d'une strangulation. Tandis que le sillon supérieur se trouvait eibi larynx et l'os hyoïde comme chez les pendus, l'autre sillon formait sur la fs droite du cou une courbe convexe vers en bas dont la plus grande courtoff é distante de 6 centimètres du sillon supérieur et se réunissait à celui-ci ptf extrémités. Dans notre rapport nous déclarâmes que cette particularité pm provenir de ce qu'on avait jeté autour du cou de la femme une corde doeblii les anses étaient de longueur inégale ou de ce qu'on avait passé une corde ria à deux moments différents et chaque fois à une autre place et qu'on avait tf toujours dans la même direction. Ma première hypothèse fut confirmée pir I aveux du coupable (1}.
Les autres caractères du sillon dans la strangulaiioD so&t mêmes que ceux que Ton rencontre dans la pendaison. Les soi sions y sont également rares ci ont manqué aussi bien dans nosi que dans les nombreux cas observés par Gusper-Liman. Ce b' qu'exceptionnellement que l'on trouve des lésions des organes p fonds du cou dans la strangulation, bien qu'on comprenne qu'd puissent plus facilement se produire dans la strangulation qued la pendaison, parce que la corde se trouve plus souvent sar larynx et la trachée que dans ce dernier genre de mort et parce ( la constriction des parties est généralement plus forte, plus irré} Hère et plus brusque que dans la pendaison.
Le meurtre par strangulation n'est pas rare et est facile àaooi plir; car les symptômes que Ton observe dans le garrot robbtrk l'analogie de la strangulation avec la pendaison, nous permettenl supposer que la perle de connaissance arrive en quelques insUu si la corde Qr^i rapidement et fortement serrée. Aussi ce meui peut-il ôlre accompli sans laisser de traces d'autres violences, d'une résistance de la victime, surtout si celle-ci a été surp pendant le sommeil, ou dans l'état d'ivresse, ou bien si on II jeté autour du cou à Timproviste et par derrière une corde quel a serrée immédiatement. Dans la plupart des cas observés jusq
(I) Depuis ce temps nous avons vu une direction semblable d'un doublt ■ stranguiatuire dans un cas certain de suicide ; mais la distance entra tes é sillons n'était que de 3 centimètres
présent, le meurtrier ne s'est pas contenté de la simple strangulation, mais y a ajouté la strangulation par les mains et a laissé ainsi des traces qui ont permis de reconnaître l'action d'une main étranger.
Le ■aicide par strangulation est tout à fait exceptionnel. Casper-Llman en ont décrit quatre cas, et Maschka vient d*en publier un autre. Nous n'avons Jamais eu foecasion de faire une observation de ce genre. La rareté de ces cas n'est peutêtre qu'accidentelle; en tout cas nous ne voyons pas pourquoi le suicide par atrmngnlation serait plus difficile que ceruins modes de suicide par pendaison, dent lesquels les individus touchent la terre par les pieds, les genoux ou le siège, el 06 les pendus pourraient se relever à chaque instant, c'est-à-dire renoncer au iÉtdde, s*ils ne perdaient pas immédiatement connaissance. Il nous semble qu'il . Mi relativement facile d'amener une rapide perte de connaissance en serrant avec Êm propres mains une corde autour du cou, et que la mort doit survenir néces- MiremeDi si, à partir de ce moment, le lien par suite d'une disposition particocnlière ne peut plus se défaire. C'est aussi l'opinion de Jacquier (1), qui a décrit n cas de suicide par strangulation, et fuit remarquer que la rareté de ce genre 4e suicide tient à une difficulté non pas réelle, mais imaginaire, car dans le paji 06 Texécution des condamnés a lieu par le garrot, et donne ainsi l'idée et rexemple de cette mort, le suicide par strangulation est plus fréquent.
Un cas très-intéressant de suicide par strangulation et analogue au cas bien coonn de Pichegru est le suivant (2) :
Le cadavre d'un caporal qui craignait d'être puni pour un manque de disciplinet fut trouvé dans un bois, sous un arbre et la face contre terre. Aux deux e6téadu cou se voyaient les extrémités d*un sabre de soldat. A cinq pieds de la tète do cadavre se trouvait un arbre avec une grosse branche horizontale à la kaatev de dix pieds, à laquelle était attachée une Jambe d'un pantalon de toile, Mantie pendant jusqu'à terre. La couture du pantalon était déchirée dans Teutrejmbe sur une longueur d'un pied et demi. Les habits n'étaient pas en désordre, le retoamant le cadavre, on trouva autour du cou un drap de laine, fortement terré et formant en avant un nœud dans lequel se trouvait un sabre de soldat avec ta gaine. On voyait que le sabre avait été introduit sous le drap et tourné ptuiieara fois sur lui-même, et il tenait si bien qu'on ne put retirer la gaine ^après en avoir sorti la lame. Après avoir défait avec peine le nœud du drap, M trouva au cou une empreinte profonde large de trois quarts de pouce, horiisotale autour du cou, passant par-dessus le larynx, avec une place plus large, carreapondant au nœud. Le cadavre était déjà fortement putréfié et on ne fit pas MD aatopaiey de aorte que l'on n'a pas de renseignements sur l'état des organes ea cou.
n eat évident que cet homme avait cherché à se pendre à son pantalon, mais
celui-ci n'était pas assez résisUnt et s'était déchiré, il s'était étranglé en se
mt/uitourdo cou un drap qu'il avait resserré avec son sabre tenant lieu de
inrot; la aailUe du maxillaire inférieur avait empoché le sabre de revenir sur
lii-iDèiiie.
iaiietsch (I) rapporte un cas semblable non moins intéressant :
(t) Jacquier, Du suicide par strangulation sans pendaison, Troyes, 1851.
[1] Heoàe'a, Zeilschrift, 1843. p. 135.
[h Benetscb, Vierteljahrschrift f. ge-ich. Med. iSbl, XXI, p. 3S1.
Un matelot arriva dans une auberge, demanda la clef des cabinets od il fst trouvé assis et mort au bout d'une demi-hourc. Il avait d'abord essayé dei'iavrir les veines avec un canif, et sVtait fait sept incisions au poignet gauche, àntour du cou se trouvait un cbàle de matelot fortement serré avec un nœaiLCB des bouts du châle était enfoncé dans la bouche sur une longueur de deux pieà, et si fortement retenu par les dents, qu'on eut de la peine à le retirer. Trente* six heures après la mort on voyait autour du cou un sillon horiiontal, pasnst en dessous du larynx, oCi il était large de deux pouces et demi, desséché et pucheminé, et allant en s'amincissant jusqu'à la nuque où il ne mesurait qa'za demi-pouce.
Nous ajouterons, à propos delà strangulation, que la pendaison et la strangulation peuvent être le résultat d'un accident. Tiylor raconte qu'un enfants'élait pendu en voulant reproduire une exécution capitale qu'il venait de voir, qu'un autre était resté penda k une anse de corde dans laquelle il était tombé accidentellement en jouant, enfin qu'un homme, qui faisait de la gymnastique ànne corde dans sa chambre, fut trouvé pendu à cette corde qui, non seulement faisait le tour de son cou, mais s'était enroulée plusieurs fois autour de son corps. Taylor rapporte en outre le cas d'un garçon qui s'amusait à faire le tour de la chambre, en portant un poids considérable à l'aide d'une corde passée autour du cou. On le trouva mort, assis sur une chaise ; le poids avait glissé derrière le dos de la chaise et avait resserré le cou. Une Qlle, portant un panier de poissons à l'aide d'une courroie passée autour du cou, fut trouvée morte, assise contre un mur très bas. La courroie faisant le tour du cou avait été resserrée par le poids du panier, qui avait glissé derrière le mur. Casper-Liman rapportent le cas d'une strangulation accidentelle d'un enfant dans son berceau.
Nous ferons remarquer encore que dos objets un peu durs, tels que cols, cravates, cordons, peuvent laisser des empreintes linéaires faisant le tour da coa. Ce sont dans ce cas des empreintes pàlos, molles, le plus souvent sdperflcielteii mais pouvant devenir plus profondes, si le cou vient à gonfler par puirt'fictidO et que le lien no cède pas. Il n'est pas rare de trouver de ces empreintes sur lei cadavres de noyt's putréllés; leur provenance se découvrira facilement avec a» peu d'attention. Ces sillons n'arrivent Jamais à être momifiés.
On reconnaîtra facilement comme telles les lignes anémiques du cou, corres* pondant au fond de certains plis de la peau, ((ue Ton trouve chez les persoaotf bien nourries et surtout les enfants, car on verra, en fléchissant et en éteudaitt la tôle, qu'elles sont dues à des plis de la poau. Ces lignes sont en général molltf^ pàl<>s et anémiques; mais si ces plaies étaient suintantes, comme chez les enfants 'int<?rtri|;o), elles pourraient sécher après la mort et paraître momifiéft» aussi faiit-il apporlcr une grande circonspection dans ces cas : il nous est arr.re récemment un cas où la consistance parcheminée d'un sillon naturel le fliprendr* pour un sillon strangulatoire.
ornent du cordon ombilical autour du cou d'un enfant peut donner lillon strangulatoire. Mais dans ce cas sa largeur correspond à celle du ibiljcal, il est mou et peut facilement être effacé. Nous avons pu obserlo cas un sillon pâle allant du cou par-dessus la poitrine vers Tumni aurait pu expliquer la provenance du sillon au cou, môme si l'on m trouvé de cordon enroulé autour du cou.
rlerons à propos de la submersion d'une autre origine possible d'un Irangulation sans qu'il y ait eu strangulation pendant la vie.