‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 59 sur 189 · LA STRANGULATION PAR LES MAINS · texte numérisé non relu

LA STRANGULATION PAR LES MAINS

iDgulation {dan Erwnrgen) par les mains a lieu par comde la partie antérieure du cou et surtout du larynx par la telle sorte que les doigts étreignent le larynx qui se trouve nprimé latéralement ou pressé contre la colonne vertéis deux choses ont lieu généralement en môme temps, et *4is la lôte et la nuque sont pressées contre un objet résis- »ien l'autre main exerce une compression en sens inverse. deux cas le larynx, par conséquent les voies respiratoires, lées par compression ; en outre, si la compression s'exerce I temps, comme cela arrive souvent, de bas en haut, Tacir est empoché parce que, comme dans la pendaison, la la langue est pressée contre la paroi postérieure du

occlusion serait naturellement suffisante pour déterminer ) en quelques instants. Malgré cela une autre cause peut rôle dans la strangulation par les mains, et cette cause est compression des vaisseaux du cou, qui le plus souvent n*a »an'a lieu que d'un côté, que Texcitation traumatiquc des périphériques du pneumogastrique, surtout du nerf laérieur. J. Rosenthal (1) a appelé ce dernier nerf nerfmodérarespi'ration, et Claude Bernard (2) a trouvé que Texcilation |ue du nerf laryngé supérieur pouvait déterminer un arrêt la respiration. F. Falk a répété ces expériences avec le tultat. Nous-môme, nous avons obtenu le môme effet en int avec le doigt le larynx de chiens trachéolomisés, et is trouvé, ainsi que Falk, que Tarrôt de la respiration ne e quelques instants quand la pression n'avait pas été conigtemps, mais que, si la pression continuait, il survenait,

/. ejper. Palhol., VII, 183.

mmrd, Leçons sur lu yhy^ioîoyit cl la pathologie du système net''

après un court arrêt de la respiration, une dyspnée qui était bein coup plus courte que dans l'occlusion simple de la trachée. FSdk observé les mômes phénomènes après Texcitation desextrémiibd nerf récurrent, et P. Bert (1) a déterminé la mort immédiate € resserrant, les canaux respiratoires d*un animal (canard) bnuqtt ment et il attribue cet effet à Texcitation des extrémités ner?eoi se propageant par voie centripète. Nous avons déjà dit en pariii des lésions du larynx que Fischer avait déterminé la mort subi (shock) par contusion du larynx.

II faut en tout cas tenir compte de ces observations pour sepn noncer sur la mort par strangulation par les mains, d'autaotph qu'on a déjà souvent agiter la question de savoir si, comme le ^ tendent certains accusés, une constriction brusque et passagh du larynx pouvait déterminer la mort. Casper a répondu que! chose était possible, mais peu vraisemblable.

Si nous devons admettre avec réserve la réponse de Casper, faut cependant convenir que la perte de connaissance peut sarn nir immédiatement après une telle violence.

Le fait suivant plaide en faveur de cette possibilité. En janvier 1877, anefcM fut surprise dans son magasin par un individu qui la saisit brusquement an M la renversa immédiatement à terre, prit l'argent dans la caisse et s'enfoit (^ ques instants après la femme fut U'ouvée sans connaissance et fut ranimée aM tôt ; elle se rappela tous les détails de son aventure, jusqu'au moment où elle nt été saisie au cou et déclara qu^à partir de ce moment, elle avait perdu cooM sancc, sans avoir ressenti ni anxiété ni douleur.

On ne trouva aucune trace de compression prolongée, de sorte que daai cas c'est évidemment le resserrement brusque du larynx et non l'asphyxie,! avait déterminé la perte de connaissance et la chute.

Le suicide par strangulation par les mains est pour ainsi direi vraisemblable ; car, s'il faut accorder qu'un individu est capil de se comprimer le cou jusqu'au moment où il perd connaissanc il faut admettre aussi que, cette perte de connaissance venants lerromprc l'asphyxie, la respiration doit se rétablir aussitôt. Oni connaît pas de cas où une telle tentative, qui est cependant ft< quente chez les aliénés, ait été suivie du résultat cherché.

Par contre le meurtre par strangulation par les mains estreh tivement fréquent. Les lésions locales qui se rencontrent dinsC cas sur le cou consistent surtout en écorchures de la peau à la piri* antérieure du cou, écorchures qui par leur siège sur les deux

(1) Bert, Leçons sur la physiologie comparée de la respiration, Paris, \Vl^

da larynx et souvent par leur disposition et leur forme correspondant aux bulbes ou aux ongles des doigts, permettent de reconnaître facilement l'action d'une main étrangère. Gomme la strangulation se fait le plus souvent avec la main droite, on trouve généralement de plus nombreuses écorchures à gauche qu'à droite, où l'on n'aperçoit que la trace du pouce. La disposition inverse pourrait amener à conclure que la strangulation a eu lieu par la main gauche, ce qui pourrait être d'un secours précieux dans la recherche du coupable, comme cela s'est présenté dans un cas rapporté par Taylor.

Dans les six cas de meurtre par strangulation par les mains que BOUS avons eu l'occasion d'observer (4 adultes, 2 nouveau-nés) les traces de l'étranglement correspondaient à la main droite et on pouvait chaque fois reconnaître, outre les différentes excoriations irrégulières de la peau, d'autres nettement limitées en haut et à convexité dirigée en haut et à extrémité fuyant en bas et en dedanSy de même que des écorcbures semi-linéaires caractéristiques à convexité dirigée en haut, reproduisant ejjactement la forme des ongles des doigts. Le plus souvent toutes ces traces se trouvaient au bord postérieur du cartilage thyroïde, entre celui-ci et les muscles slerno-mastoïdiens et, dans la plupart des cas, au niveau de l'ouverture supérieure du larynx et même au bord inférieur du maxillaire inférieur près des angles de cet os. Comme le meurtrier se contente rarement d'une compression unique et continue et que la victime cherche à se soustraire aux étreintes de l'assassin, on comprend que l'on trouvera rarement une reproduction simple de la mam sur le cou, mais plutôt de nombreuses écorchures de différente nature sur des places plus ou moins éloignées du larynx.

La compression irrégulière et violente du cou détermine presque toujours des lésions profondes. C'est ainsi que nous avons trouvé, dans tous nos cas, des suffusions dans le tissu cutané, sous certaines écorchures de la peau, de même que dans les parties molles plus profondes, par exemple sur le bord du maxillaire inférieur, au-dessus du ligament thyro-hyoïdien et dans la gaîne des muscles du larynx. Deux fois nous avons trouvé une fracture du larynx et une fois celle de l'os hyoïde.

La lunngalation par les mains est certainement la cause la plus fréquente des fnctares du larynx ; celles-ci intéressent ou bien le cartilage tliyroide ou le cartilage cricolde que nous avons trouvé une fois fracturé en deux endroits, ou seuiement le carUlage arythénoide, comme Schnitzler en décrit un cas.

Nous avons dit plus haut que la fracture du larynx pouvait prorenir, qooiqiM très rarement, d'un coup ou d'une chute. Ce fait est d*une grande importaoee ea médecine légale. Keiller (1) a décrit un cas dans lequel le cadavre d'une feaoM présentait, outre deux écorchures de la peau et de nombreuses suffu;iions an coa, au visage et à la poitrme, une fracture de l'aile gauche du cartilage thyroïde qM les experts déclaraient avoir été déterminée par une strangulation par les maim, tandis que l'accusé prétendait que la femme s'était fait cette fracture par bm chute sur le bord aigu d'une chaise h la suite d*un coup, qu'il lui aurait porté.

Cette assertion était certainement mensongère et était en contradiction arec Ici nombreuses autres lésions trouvées ; malgré cela le jury admit l'origiue acci<iah telle de cette fracture du larynx.

A cause de i'extrôme rareté d'une fracture traumatique Uolée du larynx et de sa fréquence dans la strangulation par les mains, on opposera la plus {riMie circonspection à des assertions semblables, qui seront réduites k néant, si l'on peut trouver sur le cou des traces évidentes de compression par les mains (3).

On observe fréquemment des ecchymoses dans les conjonctires et sur la peau de la face, surtout sur celle des paupières^ car nota trouvons dans la strangulation par les mains les conditions les plus favorables pour leur production, puisqu'il s'agit d'une asphyxia qui n*est pas compliquée d'un autre processus, à moins de traumalisnie, et qui présente ainsi le tableau typique de la mort par asphyxie. Outre les lésions déterminées par la strangulation même, nous trouvons encore d'autres lésions provenant en partie, de la chute du corps, ou de sa compression contre un corps solide, oa de la pression des genoux sur la poitrine.

Dans im de nos cas nous avons trouvé sur une vieille femme âgée de 83 ans, oulrc les signes ordinaires de strangulation, des sugillalions de Fœil gauche, des égratignures sur les deux mains et une fracture des deuxième, quatrième et cinquième côtes da côté droit.

Dans un autre cas, concernant également une vieille femme, on trouva de nombreuses ecchymoses sous la peau du crâne, une déchirure du lobule de l'oreille droite, une écorchure de la peau de répaule droite, un épanchement sanguin sur le dos de la main gauche, enfin l'absence de deux incisives, que l'on trouva dans la gorge avec un morceau de bois carré. Le meurtrier avoua qu'il avait enfoncé un morceau de bois dans la bouche de cette femme,

(1) CaspiT-Liman, II.

(2) Keiller ainsi que Ca«*pcrLiman, ont cliorché, de différentes manier»,* produire des fractures du larynx sur le cadavre. Caspcr-Liman n*y sont januit parvenus. Mais Keiller sur dix essais a déterminé cinq fuis cette fracture pir a» coup ou par compression latérale. Nous-mônie nous y avons également plusieafs toii réussi non seulement par compression du larynx, mais encore par descoap**

nt qu*elle était couchée par terre et qu'il lui serrait le cou. peut souvent prendre pour des traces de strangulation des hures ou des empreintes au cou, ainsi que semble le prouver s sur lequel Liman et nous-môme nous avons fait un rap- Dn individu, qui avait été pendu par son père au moyen corde passée par-dessus un foulard, ne présenta pas de sillon [Olatoire; mais sur le larynx se trouvaient trois empreintes i reliées entre elles par une raie étroite passant par-dessus le E et qui avaient été prises pour des traces de strangulation • mains, tandis qu'elles provenaient,. ainsi que Ta démontré Kn de la chemise, de trois boulons du col qui s'étaient plarécisément sur le laiynx. La disposition symétrique, la I régulière des empreintes et surtout leur siège expliquaient e plus clairement leur provenance, et nous sommes parvenu, a» expériences de pendaison sur des cadavres auxquels on mis une semblable chemise, à reproduire des marques préut la même forme et la môme disposition.

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