‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 60 sur 189 · ART. Y. — LA MORT PAR SUBMERSION · texte numérisé non relu

ART. Y. — LA MORT PAR SUBMERSION

dit qu'il y a mort par submersion lorsque l'accès de l'air aux M respiratoires est empêché par un liquide, et donne lieu à lyiie. Pour qu'il y ait mort par submersion, il n'est pas nécesfoe tout le corps soit plongé dans le liquide, mais il sufQt I tété seule, et même la figure seule y soit submergée. Le er genre de mort par submersion, c'est-à-dire celui où tout ps est dans l'eau, est naturellement le plus commun, mais ires ne sont pas absolument rares^ surtout chez les enfants et es adultes en état d'ivresse ou pendant une attaque d'épilepsie os d'autres cas où l'individu se trouvait sans secours et sans issance, et on a vu souvent des individus noyés dans des » peu profondes.

mort par submersion peut se produire, non seulement dans p mais dans des liquides de toute autre nature , parmi els figurent en première ligne les liquides des lieux d'aisances lesquels succombent rarement, il est vrai, des adultes, mais réquemment des enfants et surtout des nouveau-nés. i?ant les observations expérimentales de Falk (I) et Bert (2), hani nos propres observations, en peut distinguer dans la

Falk, Vtrchow's Arcfiiv, F. 17.

Ivt, Leçonf sur ta phymloyte comparée de la respiration. Paris, 1870.

mort par submersion trois périodes. Dans la première période, ranimai en expérience retient la respiration pendant quelques secondes, la deuxième est la période dispnéique, et la troisième est la période d*asphyxie.

La suspension de la respiration dans le premier stade a le pitf souvent lieu instinctivement; cependant F. Falk a trouvé queTirrilation de la peau due à Taction subite de Teau donaaii lieu, par voie réflexe, à un arrêt de la respiration, qui, chez un animal (Kji épuisé par des expérimentations antérieures, peut devenir déBoitif ; F. en conclut que le même phénomène peut se présenter chef riiomme si la chu le dans Teau a été précédée d'épuisement, d*eicitalion psychique, etc., ou chez les nouveau -nés.

Dans la seconde période survient la dyspnée, dans laquelle on observe d'abord des inspirations profondes, mais courtes et soiviei j immédiatement d'expirations, et plus tard des expirations tétim- | ques ; ces phénomènes sont analogues à ceux que nous avons observés dans la période dyspnéique des autres formes d'asphyxie. Ai début de la période dyspnéique la conscience et les mouvemenii réflexes sont conservés, et les expirations courtes et saccadées, qui suivent les premières inspirations, sont manifestement produites, par voie réflexe, par Tirritalion de Teau touchant les cordes vocales. Le stade expiraloire de la dyspnée peut plus facilement être obser?é dans la submersion que dans les autres formes d'asphyxie, car chaque contraclure expiraloire est marquée par l'expulsion d'une écume à Ones bulles. Il survient presque toujours des convulsions, mais elles sont d'inlensilé très diverse; nous avons obsen'é des convulsions aussi bien cloniques que toniques. • Dans le troisième stade ou stade asphyxique nous trouvons de la perle de connaissance cl la suppression des actes réflexes, et nous observons au début ces inspirations profondes, se répétant i de longs intervalles, et accompagnées de large ouverture de la bouche et de contractures du corps, que nous avons désignées sous le nom de mouvements respiratoires terminaux. Ces derniers peuvent être très facilement suivis dans la mort par asphyxie et se montrent dans la plupart des cas, mais ne durent pas toujours un temps égal et peuvent même quelquefois manquer complètement, sans qu'on puisse admettre d'autres difl'érences que des difl'érences internes (individuelles).

Comme signes extérieurs sur les cadavres des noyés nous citelerons les suivants :

1* La froideur remarquable du cadavre. — Ce phénomène, signalé

ourla première fois par Mertzdorf, s'explique par la forte imbiition de la peau, et la perte de calorique par l'évaporation rapide B Teau. Ge signe ne prouve pas par lui-même la mort par submerion, car il peut se montrer également dans le cas où le corps a été Btéi l'eau à l'état de cadavre.

!• La pâleur remarquable du cadavre est un signe fréquemment igiialé par les anciens auteurs qui le rapportaient à une forte connctare des vaisseaux de la peau, mais que nous n'avons pas pu iienrer; par contre nous avons élé souvent surpris de la coloraiOB rouge clair des taches cadavériques, coloration que nous mu également remarquée sur les cadavres conservés dans des jpicières; ce phénomène provient de ce que Teau, pénétrant dans lipeao, apporte de l'oxygène au sang, qui foriDC les taches cadaifriqaes et qui prend ainsi une coloration rouge clair au lieu de licooleiir foncée (vefneuse) normale. Si le cadavre est resté longlimps dans Teau et a été porté par elle, de sorte que la partie l^èrieure et plus lourde du corps se trouvait dans une position phi basse que la partie inférieure du corps, il peut se développer pr hypostase, ainsi que l'a fuit remarquer Casper, une coloration Qfaiiotique de la face et de la partie supérieure du corps, que l'on iTobterTe pas sur les cadavres frais, et qui peut faire que dans la Mile la putréfaction, qui sur les cadavres ordinaires commence en (ioéral dans la partie inférieure du corps, se montre ici plus avancée Mr la léte, le cou, etc., que sur la première.

Oi obtenre cependant assez souvent une marche analogue de la putréfaction ■f étg indÎTidas, non noyés, sur ceux par exemple qui meurent subitement fr panljaie du cœur, et sur lesquels on observe immédiatement après la mort cyanotiqae et bouffi de la tôte et de la partie supérieure du corps. aTODS aussi observé une série de cadavres de noyés, sur lesquels la puétait si unifurmément répartie qu'il éuit impossible de dire par quelle felie elle avait commencé.

if Noos n'avons qu'exceptionnellement observé des ecchymoses m le$ conjonctives et la peau de la face, sur des noyés dans l'eau, ■snoas les avons plusieurs fois trouvées sur des individus, sur- ■I des enfants, qui s'étaient noyés dans les matières des fosses liiuiees ou de liquides épais analogues.

4* Vécume devant la bouche et le nez se trouve fréquemment sur ft noyés récents, surtout sur des cadavres déjà atteints par la ttréfaciion, chez lesquels le météorisme croissant a chassé l'écume s poumons et des voies respiratoires.

5* Ce qu'on appelle la chair de poule est un signe constant ( les noyés. Elle est évidemment due à la contracUon des f musculaires lisses de la peau, faisant saillir les follicules pileox les glandes de la peau). Celte contraction a très probablement pendant la vie, en partie par suite de la température froide Teau, en partie par suite de Témotion, car on sait que cesd causes peuvent avoir le môme effet pendant la Vie, et la pei tance de ce phénomène peut s'expliquer par la persistance d contraction des fibres musculaires lisses après la mort.

Malgré cela, la chair de poule n'est pas caractéristique de lin par submersion, car on peut la trouver dans d^autres genres mort, surtout subite, et elle n*est pas toujours également ] noncée sur les cadavres des noyés. La chair de poule peut enoi ne se développer qu'après la mort, comme Tout montré desob valions d'autres auteurs (Robin)* et de nous-mème.

La rétraction du pénis, du scrotum, du mamelon et de Taré du mamelon s'explique par les mêmes raisons que la chair poule. La richesse de la peau de ces organes en fibres musculi lisses (1), ainsi que la mobilité de I4 peau, font qu'en ces ttAt la contraction de la peau se montre avec plus d'intensité eue que sur le tronc et les membres. La rétraction de ces parties un signe toujours digne d'attention, mais qui ne peut avoir 1 grande valeur pour le diagnostic de la mort par submersion, nous avons pu nous convaincre par des expériences sur des ca< vres récents, que ce phénomène peut également se produire ap la mort.

6** Le cadavre reste-t-il dans l'eau, au moins quelques heof après la mort, on remarque que l'épiderme, aux endroits oi forme des couches épaisses, comme, par exemple, à la paume < mains et la plante des pieds, à la face interne des doigts cl « orteils, et, chez quelques individus, aux genoux et aux coud prend une blancheur particulière et est épaissie et ridée. Ce altération est un phénomène de gonflement (imbibitlon) qui ne montre que sur le cadavre, mais peut aussi se produire, quand,! exemple, on a jeté des membres détachés dans l'eau, ou si oni

(ly D'après Iî,idor Nciimann (Akad. Sitzungsb., 4, LXII, î Abtli. 1868, p. ^ et suiv.) réchelle décroissante de la fréquence des fibres musculaires lisses di les différentes parties do la peau serait la suivante : scrotum, pénis, partiel térieure du périnée, peau de la lôie, avant-braS, partie externe de la cuisse, bn épaule. fri»nl, paroi abdominale, croux axillaire, jambe, face, faces dorsale palmaire des mains et des pied^.

a enveloppés de draps mouillés. Elle ne prouve qu'une chose, c'est que le corps a séjourné dans Feau, et son degré de développement permet cerlaînes conclusions approximatives sur le temps qae le cadavre est resté dans Teau. Plus les couches d'épiderme sont épaisses, et plus ce symptôme se montre rapidement et d'une manière intense, par conséquent plus chez les individus des classes liborieuses que chez ceux qui ont aux mains une peau fine et tendre.

Nous voyons donc que tous les signes extérieurs que nous venons de nommer prouvent, il est vrai, qu'un cadavre a séjourné dans l'eau et que leur degré de développement permet de conclure an temps pendant lequel il a été exposé à l'action de Teau, mais qu'il n'y en a pas un seul qui puisse être regardé comme absolument caractéristique de la mort par submersion.

Les lésions intetmes sont en général les mômes que celles que nous trouvons dans toute mort par asphyxie : couleur foncée du lang, hypérémies veineuses dans certain^ organes, qui ne sont pourtant pas constantes ; ce (\u\ fait que les anciens auteurs disaient que dans la submersion la mort arrivait, tantôt par apoplexie cérébrale, tantôt par apoplexie suffocante, tantôt par apoplexie nerveuse.

Des signes spéciaux, qui ont quelque valeur, le plus important c'et/ texistence du liquide submergeant dans les poumons et Festamar^ parce que, observé avec précaution, il permet le plus facilement de répondre à cette question : un individu a-t-il été noyé dans le liquide ou y a-t-il été jeté à l'état de cadavre.

La pénétration du liquide submergeant dans les voies respiratoires a lieu avec les mouvements respiratoires terminaux, après que la perte de connaissance est survenue et après que l'excitabilité réflexe a, non pas complètement disparu, mais beaucoup diminué. L'aspiration du liquide n'a pas lieu ou tout à fait exceptionnellement pendant la période de dyspnée, parce que l'irritation que détermine le liquide, en pénétrant dans les voies respiratoires, provoque immédiatement des expirations rapides, et que dans le stade convulsif de la dyspnée le liquide qui a pu pénétrer, est expulsé en même temps que Técume par la contracture expiratoire qui survient à ce moment. On peut facilement se convaincre de cette chose par des expériences. Si on met par exemple une inse de corde autour du cou d'un animal, avant de le jeter dans on liquide facile à retrouver chimiquement (nous nous servons dans ce but d'une solution étendue de ferrocyanure de potassium,

Hornumc. '^^>

qui, comme on sait, donne un beau bleu avec la perchlorure de fer. bleu de Berlin), et si on serre la corde avant que ne se montronl les mouvements respiratoires ultimes, on ne trouve pas deUquidodans les poumons et les voies respiratoires, mais on enlrouTe di^j^dansTestomacSi on laisse au contraire les mouvements respiratoires terminaux se dévelop]^er, on peut retrouver le liquijedans lo$ plus Unes bronches et môme assez souvent dans les alvéoles, et cola A une profondeur et en quantité d^autant plus considérables, quo los inspirations ultimes auront duré plus longtemps et auront élo plus intenses. Il s'en^^uit que les liquides sont aspirés par tout individu qui se noio et peuvent être retrouvés dans les voies respiratoires, mais qu*ils ne sont pas toujours aspirés en quantité é|;ale, parce que les mouvements respiratoires ultimes peuvent, comme nous Pavons dit. présenter des différences individuelles, c'est-à-dire duivr plus ou mois longtemps ou môme mauqucr complètement.

r.Vsl ainsi quo s^expliquent aussi différents signes qu'on observe sur les noyos. Dans la plupart des cas nous trouvons une quantité plus ou moins oonsidôrable du liquide submergeant dans les voies rt'>piratvùros. et oola, si la submersion a eu lieu dans l'eau, tantftl on nature, tantiM sous la forme d'écume, qui se montre immédialonuMil à rouvorture du larynx et de la trachée, ou s'échappe de couvci en taraude quantité quand on presse sur le thorax ou sar lo> poiisuvMis.Co si^ue mérite une grande attention, mais sa valeur o^: v\'po;uiant liuiitoo parce fait que Ton peut trouver de Técume et xîo^ i\quido< .u]uou\ non seulement dans d'autres genres de mort n.iti::vîlo ot avooîupa^iios d'œdème des poumons, mais encore djiu> d'autivs l\»:mo> ào mort violente pir asphyxie, si ragoniea du»v '.oujîtonips.

Paî'x îo> .i>pîi\\;iS N'v^îer.tos et aiguÇ- la formation d'écume e» do M\ un\ d4n> !.-> pvn;mvM;s n\ii:eini jamais un degré aussi éleu quo oovu qiii* '. v n v^b-^rve d'ordinaire chez les noyés. La putré« luonou a l-^*I'.o .0 :::v.; '.*;* , une g anie quantité d'écume est d .U^'.xl oV..ivxoo ô*> V' "*"^iv'"> dans les voies respiratoires, comme » .'î.^ .t iwc.îu" /^ .i-.::.v> v\4.*.avros en voie de putréfaclion: plus » . V. .* .' o;>no ^,' :*.:,' c ^i\ \\: ir.^uve pli:s qu'un sérum teinté de

** "S ^ »■• ^'î'-* ■• •*?'* «' •-■"• «*^^^* îes prog ^> de la putréfairtion V* t,\':v:;*: ,• ', 0. .- ;::vN •.:a.:.::. Par suite de l'eau qui y a pénétré, l»^ j*,», il». 'X X,- • .;^i-- .!:: ,\- .:::::■» des poum.^ns atteints d'œdème ,*^u p: iixxoî.. V. N ,-.: .v,' :> \-ur50ufl:s. ne s'affaissent qu'in- ^oi^t|»^^,Mî»'îî; .\ o.;\,':,;:r;' ^u: ;î:orAx J\ ont une consistance

.'' \4«4SM A â.,».v , .A .,• Lv.-.' #^r :^ r,'':a&f considérable des poumons det

pour ainsi dire pâteuse, surtout dans les parties déclives, et laissent échapper à la coupe un sérum spumeux en quantité souvent conddérable.

Les cas avec des caractères aussi tranchés sont assez rares. II

arrive souvent que les poumons ont leur aspect normal et que Ton

se trouve qu'une petite quantité de liquide sous la forme de

mousse dans les parties supérieures des voies respiratoires et encore

Qioins dans les poumons mômes ; nous ferons remarquer encore

^e celte petite quantité de liquide submergeant, surtout si celui-

à a été de Teau, ne peut être distinguée du sérum ordinaire,

Undis que, s'il s*agit d*un liquide ayant des caractères spéciaux

. (par exemple matières des fosses d'aisances, liquide amniotique),

: €Q peut le retrouver et le reconnaître, le plus souvent très facile-

; nenty même quand il n'y a qu'une petite quantité de liquide

;i Miuré. Celui-ci aura d'autant moins profondément pénétré dans

t les poumons qu'il aura été plus épais et plus visqueux.

Ob peut également trouver le liquide submergeant dans Vestomac. 0 y arrive maniTeslement dans le premier siade de la dyspnée, firce que l'eau qui pénètre dans la bouche, provoque des mouvements de déglutition en partie par voie réflexe, en parUe insfiaclivement. La quantité avalée est très variable. Nous- avons rarement trouvé une grande quantité d'eau dans l'estomac, et, quand il n'y a qu'une petite quantité d'eau, il est difHcile et même impossible de la distinguer des autres liquides de l'estomac; la diose est facile, quand la submersion a eu lieu dans des liquides ipiciaux.

On s'est demandé, à ce propos, si ces substances pouvaient pé- •élrer dans les poumons et l'estomac après la mort. Cette possibiiilé a été niée par beaucoup d'auteurs, mais a été prouvée par les tipénences de Liman, auxquelles nous pouvons ajouter un grand iombre des nôtres. Les liquides aqueux pénètrent le plus facilement, et un peu plus difûcilement que ceux-ci les liquides épais €l visqueux, de sorte que, si on trouve ces derniers prorondément tais les bronches, on ne peut pas admettre qu'ils n'y aient pénétré fi'iprès la mort. Nous avons également pu nous convaincre par 4es expériences qu'une couche assez mince de mucus sur les parois des voies respiratoires et de l'œsophage suffit pour empêcher

loyét H était disposé à le regarder comme un emphysème aigu ; mais ce phé- Mt simplement dû à ce que TobstrucUon des bronches par le liquide ne pat aux poumons de s'affaisser à Touverture du thorax autant qu'à For-

la pénélralion profonde des liquides, et qu'il n'y a jamais de gran» desquanlilés de liquides dans les poumons ou Testomac, sieliaj onl pénélré-apiès la mort. Engel a fait remarquer que le liquide, dans lequel est couché un cadavre, peut être aspiré artificiellement par celui-ci, quand on comprime le thorax et qu'on le UiM revenir ensuite sur lui-même, chose qui peut arriver, sans êlre voulue, quand on retire des cadavres d'un liquide.

Après que Wreden et Wendt eurent montré, ainsi que nous 11 verrons dans l'étude de l'infanticide, que dans ce que Ton appelli l'asphyxie fœtale, le liquide amniotique et le méconium pooTiiert par suite de mouvements respiratoires prématurés, arriver nn seulement dans les poumons et Teslomac, mais encore danslicûnt du tympan, nous eûmes l'idée d'appliquer au diagnostic de la mort par submersion ces fails constatés par nous et par d'autres autean. Après que nous eûmes appelé l'attention sur ce point, Blomei* stock (1) a pu trouver dans la caisse du tympan d'un enfant nojé par sa mère dans de l'eau sale, des substances étrangères en soipension dans cette eau ; nous avons été également à même é trouver dans la cavité du tympan d'enfants noyés dans le liqaiA des fosses d'aisances des parties constituantes de celui-ci, c'est-ldire -différentes cellules et fibres végétales, des restes de fibm musculaires striées, de la matière colorante de la bile, des grûl d'amidon, des phosphates triples, etc.

Ce signe, quand la membrane du tympan est intacte, a xaâ grande valeur, parce qu'on ne peut pas admettre, vu l'étroilestt de la trompe d Euslache, que les liquides, et surtout lessubstil* ces qui y sont suspendues, aient pu arriver dans l'oreille moyeiflt après la mort.

Si on retire un cadavre de l'eau ou d'un autre liquide etqa'œ ne trouve pas d'autres signes que ceux que l'on observe ordiiui* rement sur les noyés, il est évidemment impossible, par le résoltii de l'autopsie seule, de décider si cet individu est tombé dans TeH accidentellement ou s'il s'est suicidé, ou s'il y a eu la faute d'sl tiers ; les circonstances particulières du cas sont seules capibki' de donner des éclaircissements à ce sujet.

Le meurtre par submersion est rare pour les adultes, très fréquent pour les enfants, surtout les nouveau-nés. Le suicide pir submersion est très ordinaire et se rencontre aussi souvent qoB celui par pendaison. On sait également que la mort accidefl-

(I) DIumcnstock, De la vnleur de Cépreuve des oreilles pour h diagwftk^^ la mort par submersion {Friedreirh's Bldller^ 1876, p. 280;.

telle par submersion est très fréquente, surtout dans l'état d'ivresse ilea été pendant un bain ; dans ce dernier cas, la nudité du cadavre fournira des renseignements précieux.

LHndividu a-t-il été tué d'uqe autre façon et jeté ensuite dans l*efta, on pourra trouver sur le cadavre des blessures ou des traces d'an autre acte de violence, qui peuvent mettre sur la voie de la mérité.

Dans Tappréciation de ces cas il faut prendre les mêmes pré-

cntions que celles que nous avons recommandées pour les pendus.

Bpeot arriver par exemple qu'un individu ait reçu antérieure-

■eoi une blessure d'une main étrangère et se soit noyé ensuite ac-

ddentellement dans un état plus ou moins avancé d'ivresse. Il peut

■river encore que quelqu'un ait cherché à se suicider d'une autre

liçon et ail sauté ensuite dans l'eau, ou qu'il se soit tiré un coup

fanne à feu, ou sectionné le cou en se tenant au bord de Teau ou

luif Teau même, et ait ainsi exécuté un suicide combiné, ce qui n'est

|M très rare. Il est encore possible qu'un individu, en tombant dans

feau, se soit fait des blessures dans sa chute ou par le choc contre

êm corps durs se trouvant sur ou sous l'eau, comme nous avons eu

^occasion de l'observer une fois sur un individu dont nous avons

hil l'autopsie : en sautant d'un pont dans la rivière, il tomba

l'abord, au vu de témoins, sur un pan de mur, puis dans l'eau

d'où il fut retiré mort au bout de quelques instants ; à l'autopsie

M troava une fissure du pariétal, se continuant jusqu'à la base du

trftne avec une sufTusion sanguine sous la peau du crâne, un épan-

tl^ment sanguin dans la cavité crânienne et une fracture de deux

rtles. Si une telle chute a lieu d'un lieu élevé, il peut y avoir des

lettons considérables du crâne ou autres. Que la simple chute du

eorps dans l'eau soit en état de déterminer des blessures, c'est une

l^oasibiiilé qu'on ne peut admettre que dans la chute d'un lieu

Ms élevé et on comprend qu'il puisse y avoir rupture d'organes

Internes quand le corps tombe à plat. Taylor a observé une luxa-

Kon des deux bras chez une femme qui s'était jetée dans la Tamise

éa haut d'un pont. Il est impossible qu'il se produise une fracture

éa crâne ou des lésions analogues par la simple chute dans l'eau,

Bême si elle a lieu d'un endroit élevé.

Nous ferons encore observer que les blessures trouvées sur des cadarres de noyés peuvent avoir été déterminées après la mort, par exemple par ce fait que le cadavre a été traîné par le courant de Teau sur un terrain caillouteux. Nous avons trouvé des blessures analogues sur un jeune homme de vingt ans qui s'était jeté à

Vienne dans le canal du Danube et fut encore trouvé le même jour, sur le bord de Teau, en un endroit éloigné d*un quart de lieue. Nous constatâmes sur le front, le nez et les joues des excoriations et des écorchures linéaires au dos de^ deux mains et tux deux genoux, le tout sans phénomènes de réaction. Ces blessures peufent encore se produire quand le cadavre est lancé contre des objets résistants, pilier de pont, glaçons, etc. Nous admîmes un mode de production analogue pour une fissure du frontal, allant do trou sus-orbi taire jusqu'à la suture coronale, et trouvée par nom sur un cadavre de noyé arrivé à un degré de putréfaction très avancé, dont les os, surtout ceux de la tête, étaient complètement dépouillés des parties molles et qui avait passé le dégel.

Ces blessures peuvent encore avoir été faites par des animaux aquatiques ou par des rais dans les fosses d'aisances ; d'autres sa produisent au moment ou l'on retire le cadavre de l'eau ou parce fait qu'un cadavre déposé sur le bord d'une rivière a été entraîné par Teau. Une ordonnance rendue en 1869 et défendant aux habitants de la partie inférieure du Danube de déposer les cadami au bord de Tcau montre que ce fait est assez fréquent et a lieu surtout pour s'épargner la peine et les frais d'un enterrement.

Nous avons déjà donné plus haut les signes qui permettent dereconnaître qu'une blessure a été faite après la mort. Trouve-t-oa sur le cadavre des traces de strangulation, on n'oubliera pas que des lésions analogues peuvent se produire d'une autre façon. Nous avons déjà appelé Tattenlion sur des stries du cou provenant de cols de chemise, etc., qui peuvent s'accentuer davantage quand la putréfaction fait gonfler le cou. Mais on peut observer un sillon vrai de strangulation, si le suicidé s'est attaché intentionnellement un objet pesant autour du cou.

Nous avons fait 4*autopsiG d*un homme qui fut retiré du Dmnube trois jouit après qu'il s'y fut jeté. A son cou se trouvait une double corde supportant oM brique, pesant plusieurs kilos, et qui avait laissé à sa suite un double siUon de strangulation nettement marqué et ayant la môme direction que dans la peadai* son. Si la corde s'était défaite dans Teau, Texistence du sillon au cou aurait fê faire penser que cet individu avait été d'abord étranglé par une tierce pertooM, puis jeté dans Toau. Heckeis (1) rapporte un cas dans lequel an noyé fut retiré d'un puits au moyen de la chaîne du puits passée autour du coo et fut remonté avec le treuil ; il se forma ainsi autour du cou du cadavre un siUoa de straoge* latiun très prononcé.

1) Heckeis, Wiener Med. Wochenseh. 186?, n*« 33 et 14.

Pour répondre à la question : Combien de temps le cadavre è4A\ séjourné dans l'eau ? nous prendrons en considération, s'il l'tgii d'un cadavre encore récent, surtout Tétat de Tépiderme des mains et des pieds. En premier lieu se montre la décoloration, le gonflement et le plissement de Tépiderme de l'extrémité des doigts, et cela déjà au bout de deux à trois heures. Ces altérations s'étendent progressivement au creux de la main de sorte qu'au bout de deux à trois jours tout l'épiderme de la face interne de la main irfe^ente les modifications que nous venons d'indiquer. Plus tard

r^iderroe continue à se gonfler de plus en plus, prend finalement (Sii» 8 jours) la blancheur de la craie et commence à se détacher du derme. Aux pieds ces altérations sont plus lentes, quand ceux-ci loot couverts d'effets d'habillement, mais plus rapides dans le cas eonlraire qu'aux mains à cause de l'épaisseur plus grande de la eoucbe épidermique à cet endroit. Dans les périodes ultérieures e*estle degré de putréfaction seul qui peut nous donner des renidgnements, mais toujours approximatifs, sur le temps qui s'est boulé depuis la mort. On se rappellera sous ce rapport que la Mrche de la putréfaction dépend de deux causes principales : de a température du liquide et de ce fait que le cadavre est resté sous *eau ou a remonté à la surface. Plus Teau est froide, plus le ca- Uvre se conserve longtemps, par conséquent : putréfaction rapide en ilé, lente eu hiver. La rapidité du courant a aussi une certaine im- »oitance. C'est dans les fosses d'aisances (|ue la putréfaction est le ibisrapidey d'une part à cause de la température élevée qui y existe, Tautre part parce que le liquide de ces fosses se trouve lui-même H fermentation putride.

Tant que le cadavre reste sous Teau^ la putréfaction marche eotement et ce sont alors surtout les phénomènes de macération |ni prédominent ; mais aussitôt qu'il vient à la surface, la putréiction prend une marche d'autant plus rapide que la macération «I plus avancée, que la température de l'eau et surtout celle de 'air est plus élevée. La coloration d'un vert sale due à la pu* ffétaction se développe alors avec une très grande rapidité de fttaie que l'emphysème de putréfaction, qui en été fait enfler en laelques heures et d'une manière énorme le cadavre qui s'était MMMenré si longtemps sous Teau et le rend méconnaissable. Le {ooflement occupe surtout la face, le cou, la partie supérieure du ihoraxy l'abdomen, les parties génitales externes et surtout le scrotom. Souvent, mais non toujours, les phénomènes de putréfaction loot beaucoup plus avancés à la tête et à la partie supérieure du

corps qu*à la partie inférieure ; ce qui dépend probablement, aiDsi que nous l'avons déjà fait observer plus haut^ de ce que saroo cadavre porté par Teau les bypostases se développent sarlout dus les parties plus déclives de la moitié supérieure du corps.

Le cadavre des noy^ss surnage d'autant plus vite que les conditions sont plus favorables à la putréfaction. En été cela peut arriver déjà mu bout de deux i troii Jours tandis qu'en hiver des cadavres peuvent rester des semaines et même des mois sous l^au. La quantité d'air contenue dans leur corps (air des poumons el de l'intestin) au moment de la mort a également une certaine influence soos es rapport. Si le corps ne contient pas d'air, comme par exemple» enes Its aoiveau-nés, il reste relativement plus longtemps sous Teau que si le poamoa se surtout l'intestin contiennent de l'air. Dans certains cas les cadavres des sojèi peuvent ôtre retenus sous l'eau par des radeaux ou d'autres objets de ce genre» éventualité dont il faut tenir compte à l'occasion.

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