‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 63 sur 189 · LA MORT PAR INANITION · texte numérisé non relu

LA MORT PAR INANITION

Caiper an aatre pendant dix jours ; tous les deux avaient bu de l'eau. Gaussé (1) rapporte le cas d'une Jeune fille qui fut retrouvée vivante onze Jours après avoir ilé ensevelie sous les décombres d'une maison. Un enfant de quatre mois qu'elle trait snr ses genoux était mort le quatrième Jour. Faire! (2) et d'autres médecins aUéoistea auraient vu des malades refuser la nourriture pendant quarante jours et plus (? I ) sans mourir (3). Pellevoisin (4) a vu la mort survenir au bout de soixante )oon dans les cas de nourriture insuffisante et au bout de huit Jours dans les cas d'abstinence complète.

Des symptômes qui se montrent pendant la vie, c*esl la sensation de faim qui disparaît le plus rapidement : c'est ce q.u'on a constaté diosla plupart des cas cités, et Ranke (5) a observé dans une expérience faite sur lui-même que la sensation de faim avait déjà disparu le deuxième jour. On observe ensuite une diminution des forces, de k constipation et avec Tabstinence de l'eau une augmentation du |K>ids spéciQque de l'urine, une diminution de la quantité d'urine, dans laquelle l'urée ne diminue pas ou du moins pas constamment, laodb que les chlorures diminuent et peuvent même disparaître complètement. On a observé également une sensation de pesanteur à l'estomac, des envies de vomir et une odeur fétide de la bouche, de même que ta formation d'ecchymoses dans les conjonclifes et sur la peau (Schleifer). Si les individus reçoivent à manger en ce moment, leur rétablissement a lieu rapidement et complètemenU Dans les périodes ultérieures, avec l'augmentation de la faiblesse, surviennent la somnolence, le délire et la mort (0. Schulze).

Les cadavres decesindividusse pu tréOent rapidement (Rechlingshiusen), sont excessivement amaigris et anémiques, la graisse a disparu dans les organes internes. L'estomac et l'intestin sont fortement rétrécis et vides, le foie, la rate et les reins sont diminués de volume et exsangues, le sang a souvent une consistance poisseuse.

La mort par inanition se rencontre rarement dans la pratique de la médecine léfsle. On peut l'observer dans l'eiposiiion d'enfants, dans la diminution ou supfression complète de nourriture comme moyen absurde et barbare de correction, elle peut 6tre également un genre de meurtre cruel et consommé presque

(1] Gaussé. Cadavre trouvé dans tanfracUtosité d'un rocher et réduite quelques ^nementif iuicide probable par inanition (Ann. d'hyg. publ.^ 1876, XLV, p. 328, i»»9;:).

(t) J P. Falret, Des maladies mentales et des asiles d'aliénés, Paris, 1864, p. 303.

(l; Prager Vierteljahrschr., 1864, Bd 82. p. 111.

(4) ///tV/., Bd 83, p. 96.

m Rothuod Lex, Mditargesundheitspflegef 1875, II, SS?.

toujours sur des enfants sans défense ou des aliénés, sortoat des idiots. de CCS cas examinés plus attentivement se trouvent ôtre eimgéréa, eomiM niv avons déjà en l'occasion de nous en convaincre deax fois, en faisant Ti d'enfants que Ton disait être morts par suite de suppression de noorrttare, que Tautopsie fit découvrir dans un cas une pneumonie caséeose, dans Tnfn une syphilis comme cause de la mort ; dans les deux cm nous avons troaré m grande quantité de matière féculente dans l'intestin. La mort par inanltioBih suite de rétrécissements ou de soudure de l'œsophage dû à an empobonneal par substances caustiques, peut donnejr lieu à une poursuite Judiciaire. Ciapv rapporte un cas dans lequel le traitement par frictions mercnrielles fat Cut svK une si grande légèreté qu'il s'ensuivit une soudure des mâchoires et qaeil malade mourut finalement d'inanition. Le chirurgien [Wundarzi) am^àUe M condamné à la détention dans une forteresse.

Le suicide par inanition est tenté souvent par les prisonniers, surtout par ta aliénés, mais est rarement poussé jusqu'au bout. La privation de ooomMt longtemps continuée, surtout si elle est accompagnée d'autres phénomènes Mil que extase et stigmatisation, peut avoir une importance médico>légaie dans kl cas où l'on veut faire passer la personne pour une miraculée. On sait quecescM se représentent toujours de temps en temps et notre époque en a foorai M ; certain nombre. La plupart de ces cas reposent sur une fraude, qu'on pom découvrir par un contrôle sévère; on s'assurera que la personne ne mangs pu en secret, et on tiendra compte des conditions physiques du corps, de sod poié% de sa masse graisseuse, et on surveillera particulièrement les excrétions, dékb' cation et miction. Dans une série d'autres cas il s'agit d'un état névro- on pt^ cliopathique où le besoin de nourriture se fait beaucoup moins sentir qu'à Vkâ normal, et dans une dernière série de cas cet état est accompagné de sopffchérie et est analogue au\ exagérations si connues et au désir de se faire reflu^ quer, que nous trouvons fréquemment chez les hystériques.

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