‹ Nouveaux éléments de médecine légaleChapitre 65 sur 189 · U MOBT PAR UNE TEMPÉRATURE TROP ËLEVËB OU TROP BASSE · texte numérisé non relu

U MOBT PAR UNE TEMPÉRATURE TROP ËLEVËB OU TROP BASSE

jtooe et de bron jusqu'au brun rouge ; il présente en outre les «lUralions que nous avons pu observer sur les excoriations de la peao, ou sur les endroits de la peau dépouillés d'une autre façon de leor épiderme.

Les brûlures du troisièniie degré se reconnaissent, lorsqu'elles sont

lécenleSf à la croûte d'un gris blanc formée par les couches supérieu-

. m du derme; mais si elles sont exposées quelque temps à l'air, elles

• dessèchent et prennent l'apparence lardacée des ebrûlures du

mcoùd degré.

Les autres lésions extérieures dépendent du genre de la brûlure.

Ir Celle-ci a-t-elle été faite par la flamme, on trouve en même temps

^•Décoloration noire de la peau et une brûlure des cheveux aux

codroits correspondants. Ces deux signes manquent si la brûlure

lea lieu par des vapeurs ou des liquides chauds, ce qui peut servir

I i différencier ces deux sortes de brûlures. La destruction des poils

r i^eui lussi se montrer dans les brûlures par des corps portés au

vooge ou par des liquides caustiques. Dans certains cas, on trouve

f h substance, qui a occasionné la brûlure, encore adhérente à la

V feao. C'est ainsi que nous avons vu la plus grande partie de la

i feau du corps d'un homme recouverte d'une masse noire brillante,

^provenant d'une résine noire qui avait été lancée pendant la fusion

|[ SOT cet homme et l'avait brûlé ; sur un autre individu, qui était

tombé dans une fosse contenant de la chaux à peine éteinte, nous

L tiouTimes des couches épaisses de celle-ci sur la peau. Les brûlures

t fat la poudre se reconnaissent par la coloration noirâtre des en-

dfoiu atteints, coloration qui est due non seulement à la fumée

i ie la poudre, mais encore à l'incrustation de grains de poudre

•. dans la peau.

La répartition des brûlures peut aussi dans certains cas faire

lecoonaitre leur provenance. La brûlure a-t-elle eu lieu par la

f laiamme, on verra facilement qu^elle est allée de bas en haut, ce

^ fie l'on comprend aisément pour les enfants ou les femmes dont

L ks vêlements prennent feu. Dans les brûlures par des liquides

^ boaiUants, si la personne est habillée, les parties recouvertes par

. ieshabits sont préservées ou présentent un degré de brûlure moins

avaneé, et la brûlure a lieu de haut en bas, à moins que l'individu

le soit tombé dans le liquide. Des vêtements serrant fortement le

corps offrent une certaine protection contre les flammes, c'est ce

<|m fiit que le feu se met beaucoup moins souvent aux vêtements

d'hommes qu'à ceux des femmes, car ceux-ci s'écartant beaucoup

do corps surtout dans la moitié inférieure, sont facilement atteints

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par les flammes. Ce qui prouve encore mieux la protection qa*otfrent les effets d'habillements fortement serrés sur le corps, c'esl ce fait que Ton trouve souvent des lanières de peâu correspondant à la ceinture de la taille ou à des jarretières parfaitement coDse^ vées, tandis que les parties environnantes présentent les degrés de brûlures les plus avancés. Les brûlures par chaleur rayonninla^ par un air chaud, ou par des gaz d'explosion se limitent en gè> néral aux parties non recouvertes du corps, cependant TactioD de la chaleur peut les traverser, comme cela arrive par exemple pour les coups de foudre, qui peuvent mettre quelquefois, assez rarement cependant, le feu aux habits (1).

II est difficile, avec un peu d'attention et en se rappelant à ce qae noai afou dit, do confondre les altérations de la peau à la suite de brûlures a?ec d*aotrei processus. Prendre pour une brûlure le détachement et le soulèfement aapullaire de Tépiderme qui s'observent dans la putréfaction très «faccée serait oat erreur impardonnable, qni a cependant été commise dans un cas, connu de nooi, et concernant un nouveau-né relire en été d'un tas de fumier. La confusion sérail plus facile avec des maladies de peau accompagnée^ de rougeur de la peau et de formation de phlyctènes. Casper-Liman et Friedberg (2) ont décrit des cas oè des brûlures faites par des sages-femmes ont été prises pour une Taricelle et io- ▼ersement dos cas où une éruption de la peau a été regardée comme im brûlure.

Les lésions internes sont le plus souvent négatives dans les cas très aigus. Franz a trouvé chez sept montagnards frappés de la foudre des ecchymoses au cœur ; mais la mort semble être due, dans ces cas, ainsi que le fait remarquer Franz lui-même, non à la brlllure même, mais à Tasphyxie par des gaz irrespirables. Par contre on trouve des ecchymoses sous les séreuses et souvent sous les ma« queuses, chez des individus, qui ont encore vécu quelques jours, et leur formation coïncide avec la dégénérescence granuleuse qui s'empare rapidement des parois des vaisseaux, des muscles et des organes parenchymateux. De ces derniers c'est le rein qui est le premier altéré, et offre les signes du « gonflement trouble {iràk Schwellung). » Chez cet individu brûlé par la résine, dont nous avons parlé, nous avons trouvé cette lésion et en même temps une urine sanglante, bien que l'individu fût mort six heures après U brûlure. Les hyperémies des organes internes ne sont pas conslin-

(1) K. Franz (Zeitsihrift der czechischen Aerlzk. 1875, p. 242 et auir.) rspporte des obser>'ations do brûlures par la foudre, concernant une fois fingt-deiu, une autre fois quatorze mineurs.

(2) Friedberg, Gerichtûvzt, Guiachten, 1875, p. 296.

À MORT PAR UNS TEMPÉRATURE TROP ÉLEVÉE OU TROP BVSSE. 4i9

m ; nous aTons souvent observé une hyperémie des méninges et kl signes d'œdème du cerveau. Le sang est presque toujours Mgolé.

. 8i las individus ont vécu plus longtemps, nous trouvons, outre

la dégénérescence granuleuse (graisseuse) des organes, des processus

fMamoniques d'origine en partie hypostatique, et en partie

mboUque. Nous avons plusieurs fois observé Tulcération du duodé-

Ha indiquée pour la première fois par Curling. Nous la regar-

iûBS, ainsi que Klebs (i), comme un phénomène de corrosion pro-

miant d'ecchymoses, qui se montrent sur la muqueuse du duo-

iéoom de même que sur celle de Festomac et s'observent non seule-

■6Dt à la suite de brûlures étendues, mais après d'autres genres de

Mort (asphyxie) s'accompagnant de formation d'ecchymoses.

, La mort par combustion est dans la plupart des cas le résultat

['•n accident, ou causée par imprudence. Un tel suicide est un

bit exceptionnel et observé seulement chez les aliénés.

le meurtre par brûlure est tout aussi rare. Une femme passa Cl 1876 aux assises à Inaîm, et fut condamnée pour avoir tué son i en l'arrosant de pétrole et y mettant le feu. Taylor rapporte série de cas analogues, entre autres une tentative de meurtre llr un liquide bouillant. On a également observé souvent la comtelion de nouveau-nés comme une forme d'infanticide.

n arrive plus souvent de voir des individus, tués d'une autre façon, «posés au feu soit pour rendre le cadavre méconnaissable, soit pour fin croire à un accident. Dans ce cas le médecin aura à voir, twnièrement si la combustion a eu lieu pendant la vie ou après la , deuxièmement s'il n'y a pas de signes d'un autre genre de

Soos le premier rapport nous ferons la remarque suivante : c'est fm Téry thème qui constitue le premier degré de la brûlure ne peut • former sur le cadavre, car elle repose sur une hyperémie active. honvons-nous donc cette hyperémie, surtout au voisinage immé- KftI de brûlures très avancées, nous pouvons affirmer que l'action Il la chaleur a eu lieu pendant la vie. Malheureusement cette RMgenr d'injection du premier degré de la brûlure disparaît comiKlement sur le cadavre ou devient pâle, comme cela arrive pour ki autres exanthèmes dus à une hyperémie. En général l'éry thème «si d'autant plus prononcé que Tindividu a vécu plus longtemps

^rh la brûlure. On a voulu trouver dans l'existence des phlyctènes

llKlebf, PtVùl.Anûi., ^8.

420 LES ATTisNTATS CONTRE LA SANTÉ ET LA fIC.

une preuve que la brûlure a eu lieu pendant la vie, prélendant qoe sur le cadavre il pouvait bien se former sous TactioD d'une flamme oo d'un autre agent un soulèvement ampullaire de Tépiderme, maisqw cette vésicule ainsi formée se crevait aussitôt ou, si elle persistât, m contenait que des gaz, mais jamais de sérum. Cette assertion fat ébranlée par les expériences de Ghristison (i), Leurel(3), Champodllon,Maschka, Chambert et Wright, qui parvinrent» exceptionnelle* ment il est vrai, à déterminer sur le cadavre, la formation d*ampoaIei remplies de sérum et Duvernoy (3) a trouvé de grosses phlyctèoei sur le cou d'un homme qui s'était tiré un coup de fusil dans la poitrine, et dont les habits avaient pris feu, bien que le cœur et riorle fussent complètement déchirés, que la douzième vertèbre-domle fut broyée, et que la mort, par conséquent l'arrêt de la circulation, fut survenue ainsi instantanément. Mais Casper-Liman, malgré leurs nombreuses exp.ériences,n'ont jamais vu des ampoules remplies de sérum se montrer après la mort, et nous sommes arrivé an môme résultat ; aussi ce caractère permettra-t-il d'affirmer avec U plus grande probabilité que la brûlure a eu lieu pendant la vie(peotêtre pendant l'agonie). La rougeur de la base de la phlyctèi» n'a pas une grande valeur pour le diagnostic, d'une part parce que la rougeur qui a existé pendant la vie disparait sur le cadavre, d'autre part parce qu'une partie de la peau d'un cadavre dénudéeel exposée à l'air peut aussi devenir rouge. Nous ferons encore rema^ quer que cette couleur de jambon plus ou moins foncée que préseolent les parties brûlées pendant la vie, est due à une dessication sur le cadavre et peut aussi se produire par une brûlure sur le cadavre. Y a-t-il des brûlures du troisième degré, l'examen des croules fraîches ou desséchées peut fournir des renseignements très utiles pour la résolution de cette question. Quand une chaleur très élevée atteint la peau, pendant que la circulation est active, le sangcoatenn dans les vaisseaux de la peau se coagule immédiatement pif la chaleur, et nous voyons les parties brûlées de la peau coomie injectées. Celte injection se fait voir par transparence, quand Teadroit brûlé est desséché et converti en une espèce de couenne, soQS la forme d'un réseau très serré de vaisseaux, que l'on peut facilement distinguer à Tœil nu, mais que l'on voit encore mieux si Fob

(1) Ghristison, Brûlure^ recherches expérimentales sur les différences que présentent dex brûlures faites avant et après la mort, [Ann. tthyg.y 1833,VU, p. 141.'

(2) Leuret, Cadavre d'une femme dont la tête a été brûlée {Ann, d'hyg., \V^ XIV, p. 370).

(3) Duvernoy, Prager Viertelfahrsch., I8GI, Bd 82, lU.

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