EMPOISONNEMENT PAR LA NITRO-BENZINK
L'empoisonnement par la nitro'benztne est analogue, en ce 40! concerne l'odeur, à l'empoisonnement par l'acide prussique. b corps connu sous le nom de fausse huile d'amandes amèreSf se trouve aujourd'hui fréquemment à la place de l'huile d'amandei nmères vraie, dans la parfumerie, la confiserie, la fabrication des liqueurs, elc. C'est un liquide huileux, jaun&tre, d'une odeur pésitrante d'amandes amères ; on n'en connaît pas la dose mortelle. Cependant dans un cas communiqué par Bahrdt (i), 20 gouttas de ce liquide ont déjà amené la mort d'un jeune homme de dix-neaf ans.
Des cas d'empoisonnement par la nitro-benzine connus jusqul présent (2), il résulte que les symptômes d'intoxication ne surviennent qu'au bout de une à deux heures et que déjà à cette période ^ on observe une coloration gris-bleu particulière de la peau qaieit | attribuée par quelques auteurs (Letheby) à une transformation de 1 la nilro-benzine en aniline. Puis surviennent, en général, des cotiques, des vomissements, un affaissement subit, une perte de con-
(1) Bahrdt, Archiv f. Heilkunde, 1871, p. 8Î0.
(2) LahmiiTiïï.ViertelJQhrschr, f. ger. M., 1810, xm, p. 41. — Treulicli, ITr. W. Presse, 1870, XI, 13. — Kreuser, Wûrtemb. Med. Correipondenxbf.tZl^p.îO'-
naissance, des convulsions, une dilatation des pupilles, du coma, •I la mort. Dans certains cas on a observé une amélioration pasngère, surtout le retour de la conscience.
A Vauiopsie on a trouvé un sang liquide rouge foncé (dans le cas de Bahrdt le sang avait déjà cette couleur à la saignée), me coloration brune des muscles, une injeclion eccbymotique de la muqueuse de l'estomac et une forte odeur d'amandes améres dans Tedtomac et les autres organes. Cette odeur est plus intense Il se conserve beaucoup plus longtemps dans le corps que dans Fcmpoisonncment par l'acide pru.ssique.
§ sa. — SKPOlflORNBllEirr PAR LA NITRO-OLTCÉRINE, LA DYNAMITE ET LA DCAUIXE.
Un assez grand nombre d'empoisonnements dus à lanitro-glycérine aoos engagent à en parler. Ils ont lieu tantôt par Tusage de la nitrogljcérine liquide qui constitue une substance claire, oléagineuse, d'an jaune clair, d'un goût sucré et d'une odeur aromatique, ou fêT la dynamite et la dualine si eniployées aujourd'hui comme substances explosives. La dynamite est constituée par de la nitroglycérine mêlée à i de son poids de terre et de grès et la dualine par de la sciure de bois ayant macéré dans de la nitro-glycérine. La plupart des empoisonnements sont accidentels (i) ; on en connaît cependant un certain nombre de criminels. Husemann (2; a communiqué un de ces cas et Maschka (3) en cite un autre. La dose mortelle n'est pas encore déterminée ; on sait cependant que ^ à } de grain de nitro-glycérine pure peut donner lieu à des symptô- ■ISS d'empoisonnement. On a observé une terminaison mortelle après l'usage d'une once et une autre api es celui de deux gorgées de nitro-glycérine. Il est certain cependant que des doses beaucoup moindres peuvent déterminer la mort puisque 2 à 3 gouttes loot capables de tuer un chien.
Les gymplômes qu'on a observés pendant la vie sont de la céphalalgie, des coliques, des vomissements et de la diarrhée, une Odeur de nitro-glycérine dans les vomissements, une forte accélération de la respiration, des frissons, du vertige, de la stupeur si de la paralysie. Dans un cas de Holst, l'individu mourut six heures et demie après le début des premiers symptômes d'intoxication.
(î) HiMemann in Virchow't Jahreth,, 1S70, 1, p. 35? et 436. (3) Ha&semaiiD, Deutsche Ktinik, 1867, n» 18. (I) MMCbki'», Gutachten, 187.1, IV» 357.
A Vautopsie on ne trouva dans ce cas qu'une injection eccbymotique de la muqueuse de l'estomac.
Dans des empoisonnements par la dynamite ou la dauline il faudra rechercher la terre ou la sciure de bois caractéristiques. Haschka, dans un cas, a pu retrouver le premier dans les aliments empoU sonnés.
§ 21. — B1IP0I80RNBIIEIIIT PAU LA STUTCHNIIIB.
Des plantes qui contiennent de la strychnine ce sont les fèves de Sainl-Ignace et surtout la noix vomique (employées par les chas* seurs pour la deslruclion des animaux malfaisants) qui donoent lieu à des empoisonnements accidentels. Fiihrer (i) a rapporté ua cas d'empoisonnement criminel d'un enfant âgé de deux jours par la poudre de noix vomique. La dose mortelle de la poudre de noix vomique parait être pour un adulte de 4 à 12 grammes (Husemaan). La dose maxima de la pharmacopée allemande est de 0^,20 pour une dose unique et de 0«f',60 par jour.
On connaît un grand nombre de suicides par la strychnine oalei sels de strychnine ; le goût excessivement amer de la strychnine, même en solution très étendue, fait que les empoisonnements acei* dentels sont très rares. Par la même raison il paratt difficile d'administrer secrètement de la strychnine à un individu, sauf par dei médicaments. Malgré cela Tempoisonnement criminel par la strychnine a été plusieurs fois observé. On connaît sous ce rapport les procès Palmer (2) et Demme-Triimpy (3). Il y a quelques années, un pharmacien de Prague a empoisonné sa femme par du vin de Malaga contenant de la strychnine et qu'il lui avait donné comme un remède contre Tépiiepsie. La dose mortelle paraît être pourim adulte de 4-8 centigrammes, pour un enfant de 7-8 milligrammes. La pharmacopée autrichienne donne comme dose maxima 7 milligrammes par dose unique et 2 centigrammes par jour, la pharmacopée allemande 1 milligramme par dose unique et 3 centigram* mes par jour et d'après Falk, en injection sous-cutanée de Qu'yods à O^'^OOe. Cependant on a observé des cas où la guérison est survenue après ringestion de 24 à 50 centigrammes.
(1) Fùhrer, Vierteljahrsch, f. ger. Med., 1876, XXV, 290.
(2) Tardieu, Mémoire sur Vempois. par la strychnine contenant la relation àe r a/faire Palmer {A'm.d'Hyg.tlSbetV série, iomQ\U p. 371 et, Étude médic9' légale et chimique sur V empoisonnement, î* édition, Paris 1875).
(3) Maschka, Vergiftungs-Process Demm. Trumpy {Prag, Vierteljahrschrift pir praktische Heilkunde) tome LXXXVI, 1865.