MALADIES DE LA VERGE
un prolongement osseux, long de quinze lignes, dans le côté gauche de la verge.
I. Ligature. La crainte de l'hémorrhagie porta quelques anciens à ne point se servir d'instrument tranchant pour amputer la verge, qu'ils aimaient mieux étrangler avec une ligature. Ruysch cite un exemple de succès obtenu par lui de cette manière. Heister, Bertrandi, M. Graefe (1), M. Bine! (2), n'ont pas dédaigné non plus l'emploi dune pareille méthode. Pour la mettre en pratique , il faudrait au moins porter préalablement dans la vessie une sonde qui pût empêcher la ligature de fermer l'urètre. Si on craignait de causer trop de douleurs en appliquant le lien immédiatement sur la peau > rien n'empêcherait de suivre l'avis que donne encore Sabatier, d'inciser circulairement la couche tégumentaire, avant d'appliquer le fil ; mais cette incision, aussi douloureuse que l'amputation proprement Site, est justement ce qui éloigne certains malades pusillanimes de l'excision , et les porte à préférer l'étranglement.
II. Ablation. Le malade doit être couché horizontalement. Un aide embrasse la racine de l'organe, et retire plus ou igoins la peau du côté des pubis, selon que la maladie semble en avoir plus ou moins entraîné en devant. Le chirurgien s'empare aussitôt de la tumeur enveloppée d'un linge, et la tient solidement de la main gauche ; de la main droite, armée d'un bistouri ou d'un petit couteau, il coupe ensuite, d'un seul trait, soit de haut en bas, soit de bas en haut et perpendiculairement, le corps de la verge un peu au-delà des limites du mal. Une division préalable de la peau, un peu en avant du lieu où les corps caverneux doivent être tranchés, allongerait à peine l'opération , et permettrait toujours de placer la section du pénis juste au niveau de téguments rétractés. Ce procédé, que Boyer recommande quand l'affection s'étend jusqu'auprès des bourses, me semble donc mériter la préférence dans tous les cas. Les artères à fermer sont parfois au nombre de six , même de sept , deux dorsales , les deux caverneuses, la terminaison des deux superficielles du périnée
(1) Michaelis, Bulletin de Firussac, t. XX, p. 210.
(2) Revue mid., 1828, t. III, p. 70.
iv. 2Î
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par en bas, puis, sûr la ligne médiane inférieure, céHfef de la cloison. Les quatre principales, toutefois , son t les artères dorsales et les* artères caverneuses. Le tissu, très lâche, qui enveloppe lès premières, en rendrait Fisolcment et la torsion faciles, si leur ligature pouvait avoir le moindre inconvénient, lien serait à ped près de même des secondes; mais, comme on n'a point à tenter de réunion immédiate sur une pareille plaie, il importe peu que le* vaisseaux soient tordus plutôt que liés.
III. Procédé Barthélémy. Avant de procéder au pansement, 71 faut introduire tine âonde dans l'urètre. Quelques personnes ayant prétendu cjcfit est parfois difficile de retrouver l'orifice de ce canal au fond delà plaie, un chirurgien militaire, M. Barthélémy (f), imagina de placer la sonde avant de commencer f opératif n , et de la trancher en même temps que le pénis, afin qu'elle pût se trouver ainsi naturellement située du même trait. C'est une modification qu'on pourrait adopter ou rejeter à peu près indifféremment, éi elle n'exposait pas fa portion postérieure du tube à s'échapper dans la vessie, si la section de cet instrument Ée rendait pas un peu plus difficile celle du reste der la verp. Po*r un homme doué de quelques connaissances ànatoflrîques, ta recherche du conduit de F urine ne sera jamais, quoi qu'en dise ]Jf . Barthélémy, tine affaire bien embarrassante, ïécïard de Strasbourg, MM. Poirson, Bedor , ont dn reste essayé ce procédé avec succès.
IV. La méthode de M. Schrœger (2), qui consiste à trtffcher la verge couche par couche, de haut en bas, afin de fier les vaisseaux, à mesure ne vaut rien. L'anse de fil, passée au travers des corps caverneux pour en prévenir la rétraction et lier sans crainte les vaisseaux, comme le veut M. Langenbeck (3), ne serait utile que si, à l'instar de M. Hall (i), on était obligé de porter le bistouri jusque sous les puftts.
V. Si la peau avait été trop refotilée en arrière , die vieiH
f(l) Journal hêbdomaâ., t. XIII, p. 4U (î) Rusts handb. der chir.t wl. I, p. 667.
(3) Ibid.
(4) Gui. méd., 133(5, p. 743.
MALADIES b£ LÀ VÈftGE. $$
flWU àporitanénient Recouvrir la plaie , et pourrait apporter ainsi quelque gène. Lorsqu'elle ne l'a jtâs été assez, au con- • traire, on là voit se reporter du côté des pubis et laisser r enveloppe fibreuse des cbrps caveriiëuf à découvert. Gontthe il n'y à pas dé remède à ce dernier inconvénient, et qtië, dans l'autre méthode, où a toujours la ressource d'exciser là portion de téguments superflue, il vaut mieux , en définitive, retirer les tissus vers le pénil, pendant qu'on empote la vergé. Si là maladie forçait d'opérer prés dd basfciri, il tfy aurait aucune raison encore de préférer la ligature à l'excision. Les vaisseaux,' dans ce lieu, ne peuvent pa4 présenter dé grandes difficultés; d'ailleurs, là fcaiitSHsation avec un fer rouge ou les caustiques, conseillée comme moyen général £ar tant d'auteurs , serait une dernière ressource suffisante pour mettre un terme 4 l'néfcibrrhagle. Forcé pat lé récidive à répéter trois fois l'opératioti, M. Hall, qui alla jusqu'au bassin, n'en guérit pas moini son Malade. Mais que répondre à M. Ogier (i), qui, tout eti amputant le milieu du éorps du pétiié , dit avoir recollé et ëônservéle glaftd!
Yï. Pansement, t. La sonde une fois fixée dans l'urétré, il suffit d'appliquer une croit de Malte traversée par cette àonde èur la plaie. Des plumasseaitx, deux compresses longuettes, une bande étroite qui les arrêté sur le reste de là verge et passe ensuite une ou deux fois autour du bassin, forment toutes les pièces du pansement , à moins qu'on ne préféré, comme aptes l'opération du phimosis, l'emploi d'un saspensoir ou d'un bâridage en T , sur lequel on attache la petite bande où l'extrémité des deux longuettes croisées sur là surface saignante. Là sonde n'ayant ici d'autre but que dé permettre aux urinés de sortir sans toucher à la plaie, et dé f>tétënir la fermeture de l'urètre, on peut objecter à son emploi que, loin d être nuisible, le passage de l'urine sur la division est parfois avantageux. La preuve, c'est que, anciennement, l'urine était fréquemment usitée pour favorisée là guéfisori des plaies.