‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 26 sur 108 · ARTICLE II. — IMPERFORATION DE LA VULVE · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — IMPERFORATION DE LA VULVE

L'absence d'ouverture à la vulve est souvent congénitale; d'autres fois, elle résulte de maladies acquises ; tantôt elle tient à la présence de l'hymen, qui, au lieu d'une simple valvule, forme un disque complet, tantôt à des adhérences établies entre quelques unes des parties du pudendum. Il f*11' arriver aussi que l'occlusion du vagin se prolonge plus oo moins haut dans le bassin, aille même jusqu'au col de la matrice. Tant que la jeune fille n'est pas réglée, l'infirmité dont il s'agit ne peut en aucune manière troubler sa santé, et, chez la femme adulte , elle n'aurait, sans la nécessité des menstrues, d'autre inconvénient que de rendre lacopol*"00 impossible» Toutefois, si le chirurgien est consulté de bonne

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heure, et qu'il juge l'opération nécessaire, il y a de l'avantage à ae pas attendre le temps des régies pour la pratiquer. En effet, lorsqu'on opère dans le but de remédier aux accidents que la rétention du fluide menstruel a pu causer, les suites en sont généralement plus graves que dans l'enfance. § il. Si, comme dans les cas observés par M. Fristo (1), par IL Coley (2), par M.Kulman(3), et ceux que j'ai relatés ailleurs (4), le vagin n'est fermé que par une membrane, il suffit d'y plonger la pointe d'un bistouri droit, de l'inciser largement d'avant en arrière, puis en travers, et d'en exciser les quatre angles pour la détruire. Ensuite, on maintient l'ouverture suffisamment distendre à l'aide de charpie ou de morceaux d'épongé en forme de tente. Trois jeunes filles que j'ai traitées de la sorte ont très bien guéri. Avant le ma* riage, si on ne continuait pas l'emploi des moyens dilatateurs jusqu'à la cicatrisation entière de la solution de continuité, on courrait risque de la voir tt refermer, ou du moins se rétrécir considérablement, ainsi qu'une jeune fille, âgée de six ans, à laquelle un de nos confrères s'est borné à diviser Iongitudinatement l'hymen, m'en a offert un exemple, et que'Ja chose m'est arrivée une fois. Il est tout-à-fait inutile de faire

J 'abord une ponction dans la membrane avec le trois-quarts, è recourir à la sonde cannelée pour diriger le bistouri, ni à aucun autre instrument particulier. Sa perforation étant effectuée, des pinces>t des ciseaux courbes sur le plat, ou même le bistouri ordinaire, suffiront toujours pour en exciser les lambeaux.

§ II. Dans Y âge adulte , on n'est ordinairement appelé à pratiquer cette opération que près de femmes qui souffrent de symptômes jusqu'à un certain point semblables à ceux de la grossesse, qui ont le ventre volumineux, etc., et cela parce que les règles n'ont pas d'issue à l'extérieur.

Si Y hymen seul ferme le passage, on le trouve bombé, tendu, quelquefois même teint en bleu ou en noir par le sang

(1) Communiqué par l'auteur, 183S.

(2) Arehxv. g en. de m éd., *» série, t. Il/p. 585. (S) /Wrf., t.V,p. 143.

(4) Traiti faccouch., 1. 1, p. 108, *• Mit.

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qtf ^efforcé dtf le refoule* a* dehors. ÂîowPottVeftween est encore moins compliquée quèprétédetaWfefct. Tewthotttoé de Tàrt petit la pratiquer sans crainte. Seulement, l'évacuation subite d'une àtïssi graïide quantité de liquide , l'impossibilité ou se trouvé là matrice ainsi que \ëë autres èrgâne* préalablement distendus, de revenir immédiatement sur eoxmômes, la rètideftt quelquefois assez dangereuse £ar les inflammations' viscérales et là fièvre àe mauvais caractère qni pourraient è'A être la suite. Peut-être sera«-fl mietfx, en pareil cas, de ri'éirfployer auctffr effoft, aucune pression pour âidèfà là sortie du liquide, tTëri abandonner l'excision i là rétractilité naturelle dés CaVités <fuJ l'ont si loftg-temps contenu. De cette manière, orfne détermine potofflevidè dans les foyers qd'on Vfent de' percé*. L'air fie petrt s'y introduire et f stagner, réagir, s6tt sur te liquide morbi6qne, soit sur les parois dd kyste, èh faisant naître lës accidenta qu'on lui Reproche généralefiqpnt. Du reste, les injection* émôlilentes, détersives, légèrement résolutives, antiseptiques même; si l'indication s'en présente, àe doiveik pas être négligées. Pour peu qu'il survint de fièvre, de' chaleur, ou de douleur du bas-ventre, la malade serait mise saf-l* champ art régime le plus sévère, à un traitement antiphlf grstique dont la violëhce des symptôrties devrait Indiquer • degré d'énergie.

Si ïe vagin est fermé aune certaihk distance de son orifice externe, l'opération devient naturellement pins difflcite, d'abord, parce qu'on ne peut guère savoir d'avance quelle est la longueur de là portion oblitérée, à moins qu'une sorte de diaphragme, une cloison rie fortrie l'obstacle â détruire î ensuite, et surtout, pdrce qu'il faut porter les iristramedt* entre deux organes irtiportantà, le rectum et Ta yeSsie. Avant donc de commencer, on doit s'assurer alors en conduisant une sonde par l'urètre et un ou deux doigts dans le rectnm, qu'il reste une certaine épaisseur de tissu entre ces organes, que la matrice existe, occupe sa place naturelle, (jue leva* gin n'est pas entièrement oblitéré partout; dans ce dernier cas, il pourrait être téméraire d'en essayer lo rétahliBnnnwn1, Si, opérant une femme probablement dépourvue <f ui*'v'

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M. Langeàbeck|l) réussit à reridre le vagin perméable, M. OTfottan (2) eut la Couleur d'échouer complètement. Ce~ pendant si le& jouirs de la femme étaient menacés par l'aïeomtiîatfon des mëtfetrué*, et qu'il y eût la moindre chance d'arriver à Totems en se frayant une voie entre l'intestin et la vessie, on devrait, Je crois, surmonter toutes les craintes, ne pas reculer devant les difficultés. Le chirurgien juge-t-tl enfin convenable d'agir, il fait placer la malade comme pour l'opération de la taille.

S'agit-il d'une cloiiofi, d'un diaphragme, oh te perce d'An coup de bistouri ou de trois-quarts. Il est facile ensuite d'en agrandir l'ouverture par l'incision multiple , par uhe sorte dé décidément au inoyeji du bistouri conduit sur le doigt ou sur une sonde cannelée , si ce n'est sur un gorgeret. M. G. Bseftm(3) a réussi chez une fille âgée de vingt -six ahs, en se servant d'un cylindre dilatant après la ponction. Une mulâtresse du Brésil (4) guérit très bien par la siihple ischion. Après divers accidents la malade de M. William (5), qui emprunte des faits analogues à Haugton, Simson, Richardson, guérit aussi. M. Fristo (6), obligé d'inciser ainsi quatre rétrécissements successifs chez une femme qui avait eu l'hymen imperforé , ne fut pas moins heureux. Le débridement multiple réussit chez celle dont M. Bouchaeourt (7) raconte l'histoire.

Pendant que son doigt indicateur gauche reste dans le rectum, et qu'un aide maintient une algalie dans 1» poche wrinaire , en ayant soin d'en repousser le bec du côté de Hiypogdstre, le chirurgien voulant remédier à utie oblitération proprement dlteVénfonce dans la direction dii tagitt, soit on bistouri long et à tarae étroite, soit un trois-quarts armé de sa canule. Le défaut de résistance, la liberté d'incliner dans- diverses directions la pointe de l'instrument, lui

(1) Bulletin de Férussac, t. XIIL p, 364.

(î) Archiv. gin. de méd., î« série/ 1. Il, p. iôâ.

(3) Arch. gén. de méd., * tfr,/t. Xtî, p. 442.

(4) Rev. méd., 1832, t. Il, p. 473*.

(5) lbid.{ 1833, t. IV, p. 451. :

\$) Communiqué par hauteur, 183?.

(7) Bulletin d€ thérapeut., t. XIV, p. *85.

indiquent bientôt qu'il est arrivé au-delà du mal. Dèe Ion, il agrandit u*peu la plaie dans tout* sa longueur en retirant le bistouri, dont le tranchant devrait même étm reporté sur le côté opposé, puis en avant et en arrière» s'il se croyait assez sûr de ne pas blesser les organes environnants.

Quand on s'est servi du trois-quarts, et que la canule laisse écouler un liquide noirâtre, visqueux , une sonde cannelée peut être indispensable pour permettre d'agrandir suffisamment le canal qu'on vient de faire. L'introduction da doigt mettrait à même de voir si la division est assez grande, et, dans le cas contraire , d'en augmenter l'étendus du côté le plus convenable.

Bien que, après une opération pareille, le vagin conserve, en général, sa perméabilité, la prudence veut pourtant qu'on prenne des précautions pour l'empêcher de se refermer. Un tube, soit en métal, soit en gomme élastique, renflé en fuseau, épanoui en entonnoir à l'extérieur de manière à se tenir seul en place, porté graduellement jusqu'à un certain volume, serait, je crois, le meilleur moyen à mettre en usage pour atteindre ce but, quoique les mèches de charpie ou de linge renouvelées chaque jour au moment des injections pussent également suffire.

Les recueils scientifiques renferment un si grand nombre d'opérations de ce genre, qu'il est aujourd'hui superflu d'ea rapporter aucune avec détail. Chaque jour d'ailleurs, oaen publia encore de nouvelles ; à celles qui ont été rapportée! par MM. Ventura, Cabaret, Delpech, Desgranges, W^liamne, Flamant, Renauldin, et beaucoup d'aqtres que j'ai citées (1), on peut ajouter encore celles de MM. Keates(2), JerTerson(3), Coste(4), Amussat(5), Fristo(6), qui sont les plus remarquables de toutes. Si presque toutes ces opérations, comme

(I) Trahi d'aceoueh., etc., t. I, p. 109, 110, 111, 189; t. II, p. M SU, SIS.

(S) Journal des progrès, t. XIII, pi S73. fc (3) Med. ehir. review, vol. II, p. 193.

(4) Journal des conn. mjd., t.IIT, p. 105, — Journal des conn. méd.ehir., t. III, p. S76.

(5) Journal hebdomadaire, 1834, 1. 1, p. 70. *-Gaz. méd., 1835, p. 7S5.

(6) Commnniq. par l'auteur, 1837.

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