DESCENTE DB LUT^ECS
étalés pendant que le chirurgien , armé d'au bon ttrtouri , tranche les tissus d'un côté , pais de l'autre , et enfin de haut en bas , à trois lignes en deçà de chaque point de suture. La même manœuvre s'applique à la ligne médiane antérieure» après quoi, rien n'est plus simple que de réunir la plaie en nouant chacun des fils sur l'un de ses côtés. Ayant coupé près du nœud l'une des moitiés de chaque lien , le chirurgien rassemble les autres, et les ramène dans le pli de l'aine, où il les fixe sous une plaque de diachylon. Ce n'est guère qu'au bout de six à dix jours que les ligatures tombent. Quelquefois même elles ne tranchent point les tissus, semblent se relâcher, et se comporteraient bientôt à la manière tf un séton si on ne prenait pas le parti de les couper.
Une malade que j'ai opérée de la sorte en 1835, et qui parut guérie pendant près de trois mois qu'elle passa dans les salles de l'hôpital, fut reprise de son infirmité au bout de quelques semaines , lorsqu'elle se remit à travailler. J'en ai opéré une autre en'fc1838, avec complication de rectorale, qui est morte trois mois après d'une entérite ulcéreuse , et chez laquelle la descente commençait aussi à reparaître. Hais il faut ajouter que, chez cette dernière , la saillie du vagin se continuait dans le bassin avec un cylindre plein, mollasse, d'aspect vasculaire et charnu, long de trois à quatre pouces, dit volume d'un poignet d'enfant , et qui se terminait, au niveau du fond de la matrice , par une sorte de massue globuleuse, d'une texture veineuse , comme fibro-musculaire, ayant quelque analogie avec celle de l'utérus. Ces faits suffisent-ils pour prouver que le procédé de l'excision n'est point encore le remède efficace des descentes de. la matrice et du vagin? En répondant par l'affirmative, je crains bien de ne pas être démenti par l'avenir.
§ III. Suture. Un chirurgien distingué d'IlgUe, M. BelGv(l), a imaginé de mortifier un ou deux lambeaux du vagin au moyen d'une suture qui doit représenter la forme d'un q renversé, et qu'il prolonge jusqu'au col de l'utérus ; mais il sauta aux yeux que ce procédé est à la fois plus long , plus difficile, moins sur que les précédents. Au total, je crois que • (1) De la colpodemographie, etc. 1835.
•66 OPÉJUf lONS SPECIALES;
ces diverses manières d'agir sur le vagra ne rempliront point le but qtioti s'était proposé, et qu'elles ne tarderont pas â tomber èti désuétude.
§ IV. Hétrécisàementke la vulve. V\dée derétrécirla Vulve pour lès descentes du vaigiti , et qui avait trouvé dà source dans la pratique de Dupujrtreh, pour les renversements di rectum, appliquée aux descentes de la matrice, semble offrir quelques avantages de pluà que la précédente. Toujours est-4 que , râfise à F épreuve î*ar différetits chirurgiens , elle a dèjS fourni , en prènaht 4 19 lettre ce qu'ils en disent, des résultats fort encourageants.
M. Fricke, qui l'effectue par ûh procédé houveaù, m'a écrit en 1835 qu'alors il l'avait déjà pratiquée douze fois, et tonjours avec succès. Ce chirurgien s'y prend à peu prés comme pour la suture du pérttfé'e ; c'est-à-dire cjtl'il avive les deux tiers poseérieurs de ls( Vtll Vb pîir excisioh des tissus, et qtfîl réunit ensuite les cfiléi de la pfeie par trois ou quatre points de suture simple. Lfe périnée se trouve ainsi prolongé d'Un pouce oti ifeu* ett avant , de marii&re à fermer toute issue au col de la matrice. Ayant soin dé laisser un pertuîs en arrière, et de conserver tih reste de vulve ett avant, MF. Fricke (1) se met en garde de la sorte contre l'accumulation des liquides dans le vagin , et en ihfesure de rétablir plus tard les fonctions sexuelles. M. Knorre (£) dît' avofr réussi une fois par cettfropératlort. lien est de même de Ml L<Tscher[3); mais si elle n'a point échoué entre les inâiris de M. Fricke â Hambourg, ja Suis forée d'avouer qu'urfe malade opérée parhii datts mia division , â la Chanté , en 1837; n'a point 4té guérie ; qu'en t'êsiayant sur uhe autre femme, M.Plath(4), n'a pas étfe plus heureux, et que l'une des deux malades que j'y ai soumises n'en a retiré aucurt frtiit non J)Ius.
■ est cependant certain que ce procédé, décrit sou» le titre d'ÈpisiùrapHte par M. Fricke, doit réussir plus sortvent que ceux dont fl a été tjiiestioh pins haut. Les rup-
(J) Ann. de ctor. de Hampaurg, «U3. — G**, m*f.» 10*5, p. *4*f*. {2} Gaz. méd.t 1839, p. 195.
' (3) Ibid.
(4) Ibid., 1837, p. 13.
RÉDUCTION f»S Là îf AffcîCfe *t DU VAGIN. &t
ture& de la fourchette et du péHnée , l'agrandissement de la vulve par tine circonstance quelconque , s6nl , on ne jœut le rtier,les causes prédisposantes les plus eommtifteâ de la des» Cente de l'utérus. Oh conçoit efa côhsé(juénce epTàrié opération qui remettes parties dans leur premietf éfatjquï Ta jusqu'à augmenter l'étfoïtesse primitive de la vulve; doft retenir assez rutéfus|)our faire disparaître les deux derniers degrfifr de Sa descënte.Qaàhf au procédé opératoire, il éstd'atoleuTsekactèrherit le même (pie celui dont il sëti Question sous le titre de Sature dupérinèe.La pesanteur que lai matrice fait éprouver versf le fondement après un semblable remède se retrouve d'ailleurs chez lest femhïes qui* portent un pesteïlre. On y remédierait au surplus dans ce cas , comme dans tout autre ; â l'aide de la ceinture Kypogàstriqise garnie de son sous-cuisse et de son coussin périnéal.
AKU6UË VI, -~- MmpctmwMH mkxm» wt sa v*«** .- •
§ I. Que ce soit îe iqyinob ïa matrice qiff "sér présente à la vulve; qde la nWftce y descende en ^'y montraht par fcbû col, où bien après s'être renversée sûr elle-même cofamé titt doigt de gant; çftfelle soit sortie au tiers, à moitié; dû eu totalité; qu'elle ne soit, au éonitraire, que renversée dans f intérieur du bassin, toujours est-il que la réduction Sfopéire^, que le replaèemént à faire, exige foppliôàfiôtf âk quelques règles ddnt le chirurgien ne doft jtoint otibliér l'Importance. Ces déplacements sont cjudqiiéfois accompagnés dé symptômes qui méritent (J'abord de fixer Un instant f attention du praticieo. 11 kA est qui exigent qu'où Tèfs ctfolbàttè avant de remonte* Tôrgariè, et <ï autre* «Jui ne ^eUvërit rêet*lement disparaître qu'après. L'inflammation, la fièvre, feb signes àè réaction générale, sont êtf demrhént dans ïe premier cas ; les écoulements blanchâtres, les eicorîatldns, les ulcérations appartiennent au second. L'Wigôrgement; l'était douloureux de la tumeur ne doivent même arrête* qu'autant qu'ils mettent un véritable obstaèle tnécâniquë S la Centrée des parties. Au total, le meilleur Temède, le meilleur «talmant, le plus âûr antiphlogïstique même , Se trouve dans là tèductibn, toutes les fois qu'on peut feffeetuer. Si c'est h
vagin, qptès avoir enveloppé d'un linge enduit de cérat toute la surface du bourrelet, a* le presse doucement avec les doigts de la circonférence au centre, avant de le repouisec de bas en haut. La matrice, renversée sur elle-même, exigerait l'application du même linge; mais il pourrait être mile de porter le sommet des doigts sur le poiot le plus saillant de la tumeur, afin de la faire rentrer plus sûrement, de la remonter absolument jusqu'au-dessus du détroit supérieur. Quand il y a simplement chute ou prolapsu3 de cet organe, on l'enveloppe également d'un linge, et, comme pour le vagin, on tâche d'en amoindrir un peu la base, en même temps qu'on le repousse par son sommet dans la direction des aies du bassin.
§ IL S'il s'agit d'une rétroversion , il est quelquefois nécessaire de varier la position de la malade, qui, pourles cas précédents, peut rester couchée horizontalement, en même temps que ses membres et tous ses muscles sont dans le relâchement. La première chose à faire pour redresser l'utérus renversé dans le bassin , est d'aqprocher, avec l'indicateur et le médius de l'une des mains, le museau de tanche, ordinairement arrêté en arrière ou au-dessus des pubis. Si cela ne suffit pas, on porte quelques doigts de Vautre main dans le rectum, afin de repousser en haut et ai axant le fond de l'organe , pendant qu'on cherche, d'autre part, à, en (aire descendre le col. Mais quand ces tentatives ne réussissent pas, on conseille de faire mettre la femme sur les genoux et les coudes , afin que , par leur poids , les viscères abdominaux tendent à entratner la matrice vers l'ombilic, en même temps que le chirurgien s'efforce de la désenclaver.
Si toutes ces ressources restent sans succès, et que la chose soit possible, on imite Dusaussoy , qui, introduisant la main entière dans l'intestin, triompha d'obstacles que rien n'avait pu vaincre jusque là. Enfin, si le doigt n'avait pas assez de prise sur le col, on devrait, à l'instar de M. Bellanger, conduire par l'urètre dans la vessie l'algalie plate de Ségrot, ou un cathéter de même forme, ou, comme je ^ fait deux fois avec avantage, une sonde ordinale tfbomfl6
PESSAIRES. 369
dont on se servirait ensuite comme d'un crochet en en tournant la concavité en arrière. Je n'ai pas besoin de dire que pour les simples déplacements de l'utérus dans le bassin et toutes les fois que la chose est possible dans les autres cas , on doit commencer par vider la vessie au moyen du cathétérisme, ni que, dans certaines circonstances, on peut fort bien embrasser immédiatement les organes à réduire avec les doigts, sans les couvrir de linge. Le repos, la position horizontale, des injections appropriées, une saignée, le régime antiphlogistique en général , conviennent à la suite de cette opération, comme après la plupart des autres, pour calmer l'irritation qu'on a dû produire , et permettre aux tissus de reprendre leurs fonctions habituelles.
ARTICLE VH. — Pessaihks.
Le nom de pessaire, qui s'entendait autrefois de toute matière introduite dans le vagin pour soutenir l'utérus et l'empêcher de se déplacer, ne s'applique plus aujourd'hui qu'à de certains instruments d'une forme déterminée. Ainsi,, h vessie que Columelle portait dans les parties génitales des vaches, où il la remplissait d'air, vessie que quelques chirurgiens ont, par la suite, employée de la même manière chez k femme; les masses de linge, d'étoupe, dont parlent Moschion et Absyrte(l), sont actuellement désignées par d'autres épithètes.
§ I. Pessaire du vagin. Parmi les pessaires encore usités de nos jours, il en est qui ont pour but de maintenir réduites les hernies formées à travers les parois du vagin, ou d'empêcher la chute, le renversement de cet organe luimême ; tandis que les autres sont uniquement destinés à pré* venir la descente , les déviations de l'utérus. On peut rapporter les premiers à deux espèces. Les uns représentent un cylindre creux, long d'environ quatre pouces, d'un diamètre assez considérable pour remplir tout l'organe : on les appelle pessaires en bondon. Les autres, imaginés par M. J. Cloquet, diffèrent des précédents, en ce qu'ils sont un peu aplatis, concaves en avant, légèrement renflés aux
(1) Pcyrilhe, Hist. de la méd., p. 38.
iv. 21
370 OPÉRATIONS SWÈCIÀLES.
extrémités, et qu'ils n'offrent au centre qu'un assez petit canal* Le nom de pessaire élytroide, que ce professeur leur a donné, conviendrait mieux, comme on voit, aux pessaires en bondon, puisqu'il signifie simplement pessaire ea forma de gatne ; mais le nom importe peu , pourvu qu'on ea comprenne le mécanisme.
On s'y prend de la même manière pour introduire les us et les autres. La femme se place sur le dos en fléchissant modérément les cuisses et les jambes, qu'elle tient écartées» Le pessaire, enduit de cérat, est porté par son extrémité la moins large, comme un spéculum, à l'entrée du vagin, puis introduit de bas en haut et d'avant en arrière, dans la cavité de cet organe. Le pessaire élytroide, offrant plus de largeur dins un sens que dans l'autre, doit être présenté à plat au grand diamètre de la vulve , de manière que son angle postérieur, togagé le premier dans l'ouverture vaginale, puisse servira Aéprtmer le rectum ainsi que toute l'épaisseur du périnée, avec me certaine force; l'autre angle de la même extrémité s'abaisse alors peu à peu, en gKssant sous l'arcade pubienne, et l'instrument n'éprouve plus ensuite de difficulté à pénétrer dam le canal vulvb-utérin. Une fois qu'il y est entré, on lui tut éprouver un mouvement de rotation qui en place la convexité vers l'intestin, la concavité en avant, l'extrémité supérieure sous le col de la matrice, et l'extrémité inférieure, q« est la plus large, en travers au-dessus des ischions. Le pessaire en bondon, ne formant qu'une sorte de tube dont les parois sont fort minces , s'introduit, en général , avec pi*8 de facilité; mais, comme il est droit, peu résistant, les organes le déforment bientôt, et sa présence ne tarde pas à devenir inutile.
$ II. Pessaires de la matrice. Les pessaires du second genre ont beaucoup plus varié pour la forme, pour la composition, que ceux dont je viens de parler. Les anciens les fabriquaient avec une plaque ovalaire, elliptique, de bois ou de liège, qu'ils chargeaient ensuite d'une couche de cire; ils ea avaient aussi en or, en argent, en cuivre, en plomb, en itam même, de toutes les formes.
A. Ceux qu'on appelle en gimblettes sont ou compléta-
PEMADUBS. 371
ment circulaires, ou légèrement échancréa en avant et en arrière comme un 8 de chiffre , ou déprimés à la fois sur les quatre extrémités de leurs diamètres principaux , ou tout simplement ellipsoïdes, aplatis et percés dans le centre. Eu Angleterre, on emploie fréquemment des pessaires en forme de globe , tantôt creux , tantôt pleins , percés ou non dans la inilieu, et cette habitude est également adoptée en Amérique. La cire, le liège, sont depuis long -temps rejetés, parc* qu'ils s'altèrent facilement dans les organes, et n'offrent pas assex 4e Souplesse. Il en est de même de l'ébène, de l'ivoire, de Pargeut, employés seuls, à cause de leur dureté ou de leur poids. Fomarest (1) dfr cependant avoir retenu une descente de matrice pendant dix ans avec une boule de cire. Aujourd'hui on les fait presque uniquement en gtmm* êUutiqw; seulement cette substance est tantôt suppor~ tée par de la toile, du crin , du feutre, tantôt par delà laine, un tissu de soie, etc. Pour les avoir aussi solides et aussi légers que possible, madame Rondet, qui se sert d'un anneau d'acier bien trempé enveloppé de crin et de véritable caoutchouc, en a imaginé d'autres dont tout le cercle est creux et rempli d'air. Un artiste, M. Houin, en a préparé qtti ont la forme d'un bondon presque plein, et qu'il fabrique en caoutchouc pur. Ceux de M. Tancfou sont flexibles, et représentent un disque d'entonnoir très évasé pour recevoir le col, ayant un bec conique très court pour les empêcher de chavirer. M. Rognetta en a proposé d'une autre forme encore. B. Ayant remarqué qu'en s' abaissant, l'utérus s'incline presque toujours en dehors des axes du bassin , M. Hervez de Cbégoiû (2) a fait sentir que \a forme des pessaires déviait, en quelque sorte, être différente pour chaque femme. D'après cette idée , on a besoin tantôt d'une boule reniée en avant, en arrière ou de côté, tantôt d'un bilboquet, d'un boadon, d'une gbnUette, d'une cupule dont le bord, abaissé dans un sens , relevé dans un autre, puisse se placer entre le col de l'utérus et la paroi du vagin contre laquelle il se reri verse On obvie de cette façon à Fartévorsion ou à la rétroversion,
(1) Bond, Corps de méâ.y t. III, t. IV, p. 103. (1) Mém. de CJlcad.r4V**d*m4d.,%. Il, p. 119.
de même qu'à l'antéflexion et à la rétroflexion, en même temps qu'à la descente de la matrice.
C.U ivoire, rendu flexiMepar les procédés de M. d'Àroet et de M. Charrière, c'est-à-dire au moyen de l'acide hydrochlorique et du tannin, étant plus facile à travailler, se prête infiniment mieux que toute autre substance à ces indications. Avec cette préparation, les pessaires restent élastiques et flexibles; ils irritent peu les organes, s'altèrent avec moins de facilité que la plupart des autres, et peuvent être construits sur le modèle qu'on désire presque sur-le-champ.
D. Physick continuait encore l'usage des pessaires en or ou en argent. Les siens sont globuleux, comme du temps de Denman ou de Glarke, et se composent de deux capsules réunies par leurs bases. Du reste, ceux qui offrent un peu plus de largeur transversalement que d'avant en arrière, ont l'avantage d'être plus faciles à introduire, de gêner moiqs les fonctions du rectum et de la vessie. Ou les place avec plus de facilité encore que les pessaires du vagin. Le tout est de les faire arriver jusque dans ce canal, à l'aide des précautions indiquées plus haut. Le doigt, porté dans leur anneau ou sur quelque point de leur circonférence, permet toujours de leur donner alors la situation convenable, c'est-à-dire de leur imprimer un mouvement de bascule, qw les ramène horizontalement dans le bassin, un des bords en arrière , l'autre en avant, et les extrémités du côté des ischions; de telle sorte, enfin, que le museau de tanche puisse porter sur l'excavation supérieure de l'ouverture qui en traverse toute l'épaisseur.
E.Les femmes qui onteule périnée déchiré, ou dont l'orifice vulvaire du vagin est très large, ne retirent presque aucun avantage des pessaires en giinblettes ou en boule, que, le plus souvent, elles ne peuvent garder; aussi s'est-on efforcé de bonne heure d'en trouver de plus parfaits qui pussent les remplacer.
F. Ceux que décrit Bauhin, et qui ont reçu le nom de pessaires en bilboquet, sont formés d'un anneau en ivoire ou en bois , que supportent trois branches , terminées par une racine longue de quelques pouces et percée de trois ou
PBSSAimKS. 373
quatre trous à son extrémité libre. La cupule de cet instrument, destinée à recevoir le col de la matrice, est assez profonde pour que les règles ou autres matières venant de la cavité utérine, puissent aisément s'échapper entre les trois racines de sa tige. Les rubans qu'on passe par les ouvertures inférieures de ce pivot servent à le fixer en avant et en arrière, sur une ceinture que la femme ne doit point quitter.
Désormeaux ayant remarqué que, malgré les échancrures qui se trouvent entre le cercle du bilboquet et sa queue, des fluides s'accumulaient parfois au-dessous du col, et y acquéraient des propriétés irritantes , imagina de transformer la tige de l'instrument en un véritable canal , de donner à la cupule elle-même la forme d'un entonnoir peu profond; mais, malgré ces précautions , les matières s'arrêtent encore quelquefois entre l'orifice utérin et l'instrument , de sorte qu'il n'y a pas , en définitive, une grande importance à préférer ce nouveau pessaire à l'ancien. Si, comme le veulent quelques praticiens , Désormeaux entre autres, on se bornait à fixer l'olive du bilboquet au-dessus du coccyx, dans l'intérieur du vagin, plutôt que de l'attacher avec des cordons sur un bandage de corps , la perforation du rectum serait trop à craindre pour que je puisse le recommander, quand même il renfermerait un ressort en boudin dans son pivot comme le veut M. Récamier.
G. Quelques personnes, voulant remédier aux vacillations, aux ébranlements continuels qu'éprouve l'instrument pendant la marche de la femme , en ont fait fabriquer qui portent à leur extrémité inférieure une plaque longue d'environ quatre pouces, concave par en haut, percée d'une large ouverture en arrière , vis-à-vis de l'anus , et de deux fentes en avant, de manière que les cordons, fixés aux quatre angles de cette plaque, lui permettent d'embrasser assez exactement toute retendue du périnée d'avant en arrière, de tenir le bilboquet presque immobile dans la situation qu'on a cru devoir lui donner.
H. Mécontent des pessaires dont on se servait alors, Saviard prit le parti de maintenir l'utérus à l'aide d'un petit appareil qui se composait d'un rassort courbe , fixé sur
l'hypogastre par Tune de ses extrémités, tandis que l'autre entrait dans le vagin pour y comprimer an tampon convenablement disposé. Celui qu'a proposé M. Villermè est fondé sur le même principe. Sa tige représente une grande arcade, dont la concavité doit embrasser la moitié antérieure du bassin, quand il est placé. C'est une sorte de crochet, dont la queue , fixée sur l'hypogastre, permet à la tête engagée dans le vagin de soutenir ou de suspendre tout l'organe gestateur. H. Deleau en propose un autre qui tient, pour ainsi dire, le milieu entre les bilboquets et les gimblettes. II se compose d'un ressort élastique, entouré de caoutchouc, contourné en spirales, dont le sommet ou le premier anneau est fixe, tandis que le dernier ou la base reste libre, pour qu'il puisse être resserré ou agrandi suivant le besoin. Quand on veut le placer, on le monte sur la tête d'une espèce de goupillon ou de piston , après en avoir suffisamment réduit le cercle. Abandonné ensuite, la pointe en haut, dans le vagin , il s'accommode , par son élasticité , aux dimensions de r organe , et ne court aucun risque de se déplacer. Preuner (1) en décrit un presque en tout semblable par la forme, et je crains bien qu'en définitive ses avantages soient plutôt apparents que réels.
I. Quel que soit le pessaire qu'on emploie , il font avoir la précaution de le retirer de tempe en temps afin de le nettoyer. Sans cela, il pourrait s'incruster de matières calcaires, ulcérer le vagin , causer par la suite des accidents graves, ainsi qu'on en possède de trop nombreux exemples. Du reste, les femmes apprennent bientôt à pratiquer efles-mêmes'cette petite opération , à n'avoir plus besoin de personne pour la renouveler en temps opportun. La première fois , 3 est Utile que la malade se tienne couchée pendant quelques jours ; autrement elle s'exposerait & une pesanteur sur le fondement, à des phénomènes d'irritation beaucoup moins i craindre quand on a donné au organes le temps de s'accoutumer à la présence du corps étranger , de se mouler en quelque sorte sur lui.
J. Appréciation. Une question se présente d'abord. Les (I) ThUet de Haller, trad. franc., t. If, p. W.
PESSAIRES. 875
pessaires sont-ils vratment d'un usage avantageux? Nul doute qu'ils n'occasionnent beaucoup de gène , d assez nombreux accidents, que beaucoup de femmes ne, soient même dans l' impossibilité absolue de les supporter. La pression qu'ils exercent sur le rectum * sur la vessie , est déjà un obstacle aux fonctions de ces deux viscères. Le col utérin lui-même, irrité par le contact d'un pareil corps , s'engage, s'étrangle dans l'ouverture du pessaire, qui, à son tour, finit par excorier, perforer les parois du vagin , si ce n'est de l'intestin ou de la poche urinaire. Plusieurs exemples de cette espèce d'étranglement ontfété publiés (1). Si on en*plole le bilboquet, de quelque manière qu'on s'y prenne il s'incliue plus dans uq sens que dans l'autre, et va, au bout d'an certain temps , déprimer le vagin plutôt on en même temps que le museau de tanche. La gimblette elle-même se renverse à peu près toujours, soit en avant, toit en arrière , et soutient également fort mal le col de la matrice. Quant au pessaire en bondon , l'ouverture de ses deux extrémités, mince, presque tranchante , blesse aussi très facilement les parties. Le pessaire élytroïde moulé sur le vagin, remplissant avec une certaine exactitude ce canal, est moins sujet à se déplacer, maintient plus sûrement Iqs parties , exige moins de précautions pour être convenablement contenu , offre par cela même beaucoup moins d'inconvénients que tous les autres. Mais , comme il forme une masse plus considérable et qu'il occupe la totalité de l'organe , beaucoup de femmes s'en trouvent , sous ce rapport, assez fortement incommodées, et il est difficile de le maintenir en place.
Puisque ces instruments sont si loin d'être inoffensifs, pourquoi donc en continuer l'usage? Il est du moins certain qu'ils devraient être proscrits dans une foule de circonstances où on y, a recours. Après un simple renversement, p$r exemple , la réduction d'une descente ou d'une rétroversioti, des bourdonnets, des eachets astringents imbibés de vtn rouge où on a fait bouillir des roses, d'oxycrat, de décoc-
(1) Bibl. méd.t t. XVII, p. 259. — Journ.gén. de méd., 1826. — Gaz. nid.9 1834, p. 536.
tions de kina, de solution étendu* de sulfate d'alumine, introduits, renouvelés chaque jour, dans l'intérieur] du vagin, pendant un certain temps, conviendraient mieux que l'emploi du pessaire. Des éponges fines , des linges arrangés, soutenus comme le font les femmes pendant leurs règles , le remplaceraient aussi très avantageusement s*fl fallait absolument un moyen mécanique pour retenir la matrice. En troisième lieu, si la chute de l'organe était évidemment favorisée par les dimensions trop grandes de la volve, l'excision des replis cutanés ou muqueux environnants , l'épisioraphie, quoique plus douloureuse, mériterait, je crois, encore la préférence ; d'autant mieux qu'elle produirait probablement une guérison radicale , et permettrait la continuation des devoirs conjugaux.
K. Une bonne ceinture hypogastrique , simple quand il n'y a qu'antéversion ou antéflexion, associée au coussin périaéal, dans les cas de prolapsus de l'utérus , remédie d ailleurs mieux que la plupart des pessaires à ces divers genres de déplacements.
ARTICLE VIII. — Corps étrahgers dis orgahis génitaux.
§ I. Dans le vagin. Les corps étrangers qu'on est appelé à extraire du vagin sont quelquefois des pessaires ou des portions de pessaires dénaturés. Quelques autres substances y ont cependant été observées. Dupuytren y a trouvé un pot à pommade, dont l'ouverture était en bas. C'était un étui rempli d'aiguilles, introduit fermé, et qui s'était ouvert dans le vagin, chez deux femmes dont parle M. Grenier (i)- Des éponges oubliées là y étaient devenues le noyau de corps durs dans les cas cités par MM. A. Cooper et Capuron. Chacun comprend d'ailleurs les nuances de forme ou de nature que peuvent présenter les corps arrivés par accident ou par la volonté de la femme, dans ce canal, et le genre d'accidents . auxquels ils sont capables de donner lieu. On y a vu des pessaires comme perdus depuis dix, quinze, vingt, quarante ans, qui, après s'être encroûtés de substances calcaires , s'é-
(1) Thèse n<> 7. Paris, 1834.