‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 30 sur 108 · CORPS ÉTRANGERS DANS LE VAGIN · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DANS LE VAGIN

tre laissés corroder, pénétrer même par des régétations fongueuses , ont amené des douleurs, des inflammations, ï appareil le plus redoutable de symptômes. Chez une femme guérie par M. J. Cloquet , l'altération du vagin était telle qu'on l'avait prise pour un cancer.

Ordinairement ils ulcèrent , percent ou la vessie ou le rectum , quelquefois même ces deux organes à la fois. Une femme brise la tige de son bilboquet en voulant le retirer , et finie par en oublier l'anneau dans le vagin. Au bout d'un grand nombre d'années , elle fut prise d'accidents qui l'obligèrent à solliciter l'extraction de ce corps étranger. C'est alors que Dupuytren (1) put s'assurer qu'il faisait saillie en même temps dans le rectum et la vessie. M. Bérard a publié un bit encore plus remarquable , et dont j'ai moi-même été témoin. La femme, fort âgée, ne songeait plus à son pessaire depuis vingt-cinq ans qu'elle en avait rompu la tige. On le sentait à nu dans la vessie , au moyen de la sonde, et très distinctement dans le rectum avec le doigt. Le vagin , à peu prés complètement oblitéré au-dessous , ne formait plus qu'une espèce de cul-de-sac , offrant un léger pertuis dans sa partie supérieure. Dans l'exemple communiqué par M. Larrocbe à M. J. Cloquet (2), le pessaire à tige avait traversé le rectum , où sa cuvette était devenue le centre d'un calcul stercoral , pendant que son pivot occupait le centre d'un calcul urinaire à l'intérieur de la vessie.

L'opération à pratiquer en pareilles circonstances , devant varier comme les cas qui la réclament , ne peut guère être soumise aux règles d'une description spéciale. Si le pessaire est encore libre, et qu'il ne s'agisse que de mettre un terme à l'irritation qu'il cause, l'indicateur , porté dans son anneau ou sur l'un de ses bords, suffit assez souvent pour l'extraire. S'il en était autrement, une longue pince à polype remplacerait avantageusement les doigts , ou bien on tâcherait de mieux réussir avec un crochet mousse , conduit , protégé par l'indicateur de la main gauche. Lorsqu'il proémine dans le rectum , et qu'on ne peut pas le retirer par le vagin , on

(1) Bulletin de la Fac. de mid.9 1. VII, p. 136.

(2) Thèse de concours, 1831, p. 100.

cherche à le saisir , à l'entraîner de la même manière par l'anus.

Dans les cas où son volume met obstacle au succès de l'opération , il peut devenir utile d'en essayer le morcellement. S'il est en ivoire , en bois , d'une matière fragile quelconque, on y parvient assez facilement , au moyen d'une forte tenette ou de pinces solides. Il n'est pas permis d'en dire autant des pessaires métalliques. Alors il n'y aurait plus qu'à se sertir de la lime, qui ne serait elle-même que d'un assez faible secours , ou d'une petite scie portée dans le rectum et que protégerait une canule appropriée, pendant qu'avec des pisces on maintiendrait le corps étranger dans une immobilité aussi complète que possible. C'est avec la scie que Dupuytrea atteignit son but dans le cas dont il a été question tout i l'heure. Chez une malade que j'ai observée à la Pitié, M. Lu- ' franc commença par inciser le devant de l'anus et une partie du périnée afin de se frayer une voie plus large. Il saisit ensuite le pessaire sans trop de difficultés et en fit l'extraction , à l'aide de pinces conduites de la main droite, et des doigts indicateur et médius gauches , chargés d'en diriger les ne*» vements au fond des parties. Opérant depuis dans deux oit semblables , une fois à rh6pital delà Charité, une autrefois chez une malade de M. R. Gérardin, je n'ai point eu besoin d'inciser le périnée.

La position de la femme, les précautions nécessaires, avant, après l'opération, sont les mêmes que pour toites les autres tentatives dont nous nous sommes entretenu daas les articles précédents.

Si un verre, un vase, soit en terre, soit en bois, causaient des accidents dans le vagin, il faudrait, après s'être vainement efforcé de les placer dans le sens le plus convenable et de les extraire en entier, L~ briser sur place , afin de les enlever par morceaux. D'ailleurs , l'intelligence du chirurgien devra suppléer au silence auquel les livres sont nécessairement réduits sur ce point. Les suites de l'opération sont ordinairement simples, à moins que l'intestin ou le réservoir de l'urine n'ait été percé. Il est de remarque qu'alors même les fistules ne tardent pas à se réduire considérablement, et

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que souvent elles finissent même par se fermer en entier.Une autre particularité non moins singulière, c'est que, le peasaire étant extrait, la descente de l'utérus cesse assez souvent de se reproduire. Endurci, resserré, quelquefois transformé en tissu modulaire au-dessous du cul-de-sac long-temps occupé par le corps étranger, le vagin se rétrécit encore quand il en est débarrassé , au point de résister à la matrice et de la retenir au-dessus. La femme que j'ai opérée en 1938 avec M. Gérardin nous a offert un bel exemple de cette espèce.

S II. Dam l'utérus. La cavité utérine renferme quelquefois des masses libres, inorganiques, que Louis 4 décrites mus le nom de pierres de la matrice. Ces pierres, que M. Roux et Dupuytren croient dues à des transformations de tumeurs fibreuses, ont souvent été observées. J'en ai vu moi-même et dans l'intérieur de l'organe et dans r épaisseur de ses parois. Il est certain que, dans bon nombre de cas, les masses dont je parle ne sont que de simples concrétions terreuses ou des détritus de grossesses. L'une de telles que j'ai pu examiner avait le volume d'un gros oeuf # était arrondie, bosselée, renfermait, dans plusieurs points 'de son épaisseur , des poils, quelques parcelles de tissu osseux, de tissu cutané, tandis que toute sa circonférence n'était qu'une simple croûte calcaire. Pouvant foire naître des accidents, elles ont dû, par cela môme, exciter la sollicitude des chirurgiens. Hippocrate parle d'une commère qui en avait retiré une du vagin d'une domestique. Àéiius, qui les mentionne, veut qu'avec deux doigts portés dans le rectuip, et l'autre main appliquée sur l'bypogastre, on tâche de leur faire franchir le vagin, en les poussant de haut en bas, pour aller les chercher avec des, tenettes ; il employait aussi la dilatation, l'incision du col. Louis pense qu'on pourrait introduire des ciseaux à traacb&nt renversé dans le museau de tanche, pour en diviser, en débrider l'orifice de dedan? ei» dehors, et favoriser ainsi la sortie du calcul. A cela, i| n'y a qu'une difficulté, c'est de savoir si les symptômes quelafemme éprpuve tiennent à la présence de ces corps étrangers plutôt qu'à d'autres affections. Comme il est souvent impossible d'en avoir la certitude, personne, aujourd'hui, ri'o-

serait tenter l'opération d'Aétius, pas plus que celle de Louis, à moins pourtant que la pierre ne pût être reconnue dans le col , dont elle serait rapprochée , ou elle se serait plus ou moins engagée.

ARTICLE IX. — Polypes de l'utérus.

H n'est pas de méthode de traitement proposée contre les polypes en général, contre les polypes des fosses nasales en particulier, qui n'ait été appliquée aux polypes utérins. Toutefois, ces derniers n'ont pas autant excité, sous ce rapport, le génie, l'invention des chirurgiens, quelles premiers. La cautérisation, dont semble vouloir parler Gelse, et que préconisent encore Verduc, Volter, etc., les scarifications, l'emploi des dessiccatifs indiqués dans le recueil d'Aétins, et le livre de Moschion , sont depuis long-temps abandonnés. D'un autre côté , l'arrachement simple ou combiné arec la torsion, ne serait applicable que dans un petit nombre de cas. Du reste, si la thérapeutique de ces maladies parait, au yeux de Sabatier et de beaucoup de modernes, avoir été tant négligée par les anciens, c'est que, jusqu'à une époque asseï récente, elles ont été désignées, dans les ouvrages de médecine, sous le nom d'affections fort différentes. Philoténus(i), par exemple, les confondait évidemment avec le cancer, et Moschion avec les varices de l'utérus. On ne peut conserrer aucun doute à ce sujet, quand on voit la mystérieuse Aspasie décrire des tumeurs hémorroïdales qui naissent tantôt sur le col, tantôt au fond de la matrice, et rarement sur les organes génitaux externes ; tumeurs qu'on excise sans crainte quand elles sont dures et blanches, qu'il faut lier lorsqu'elles sont très disposées à saigner, et parmi lesquelles on en tronf» qui résistent à tout.

§ I. Espèces. Pour comprendre la valeur relative des méthodes opératoires appliquées aux polypes utérins, et concilier les écrivains qui en ont traité, il est indispensable de dire un mot de leur origine et de leur nature. On ne peut plus contester actuellemeut qu'il ne se développe dans la matrice des tumeurs très différentes les unes des autres.

(1) Peyrilhe, Hitt. de la mèd., p. 115, in-4*.

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A. Ce petit polype, observé par Z. Lusitanus et dont l'excision fat accompagnée d'hémorrhagie si abondante» peut être comparé aux polypes vasculaires, aux polypes vivaces, si fréquemment observés dans les fosses nasales. «

B. M. H. Bérard a vu dans le col utérin des polypes mous, presque entièrement muqueux, en grande partie semblables à ceux du nez. J'ai vu trois fois dans la matrice de femmes qui servaient aux dissections de l'École pratique , des tubercules de volume variable, contenant de petits vaisseaux, se continuant avec le tissu de F organe et n'ayant point encore de pédicule.

C. Dance , M. Bérard , M. Ouveilhier en ont rencontré comme MM. Mayer, Meisner et comme moi, qui paraissaient être le résultat d'une véritable hypertrophie partielle , soit du corps, soit du col de la matrice, c'est-à-dire qui se continuaient sans aucune ligne de démarcation avec les fibres de ce viscère, dont leur structure ne différait d'ailleurs en aucune manière. J'en ai publié, en 1825, un exemple dont j'ai conservé la pièce pathologique dans de l'alcool.

D. Il en est d'autres qui se continuent aussi avec le tissu de l'utérus, mais qui en sont évidemment une dégénérescence, une transformation. Ceux-ci sont durs, élastiques, grisâtres. Quand on les coupe, leur aspect est celui d'une substance lardacée, demi-cartilagineuse, homogène, blanche, dépourvue de vaisseaux, et dans laquelle il est impossible de reconnaître la moindre apparence de fibres. J'ai eu l'occasion d'en exciser dans lesquels tous ces caractères existaient au plus haut degré.

E. Les plus nombreux, à beaucoup près, n'en sont pas moins ceux qui, depuis les travaux de Bayle, de M. Roux, de Dupuytren, sont désignés sous le nom de corps fibreux, et qui se développent primitivement entre les couches, dans l'épaisseur même de l'utérus. Les trois observations de carcinomes de la matrice , relatées par Pottier (1), qui, après avoir lié, tiré, abaissé la tumeur à la vulve, en pratiquait l'excision, \esfongus de l'utérus extirpés par Ollulaire (2j chez

(1) Bonet, Corps de méd.y t. III, p. 492; t. IV, p. 492- (î) Ibid., t. IV, p. Î9, 31.

deux femmes différentes, l'énorme sarcome extrait duvagh par Behrens ( 1 ) , se rapportent évidemment à des corp fibreux. Quelques observations m'autorisent à penser qw ces derniers résultent assez souvent d'en épanchement à sang, d'une concrétion fibrineuse, qui s'est peu à peu organisée , qui a continué de vivre, de croître par imbibai» au milieu des parties environnantes. Se présentant toajoon avec des fibres diversement entre-croisées . grises ou blanchâtres comme l'espèce précédente, ils ne renferment féa de vaisseaux non plus, sont recouverts d'une lame otérioe d'autant plus mince qu'ils sont plus gros, et qu'il est (fautant plus facile de distinguer qu'on se rapproche davantage de leur pédicule.

F. Polypes jibrineux. Une femme, ftgée de trente-deux ans, vint réclamer mes soins à l'hôpital Saint-Antoine, et 1828. Depuis un mois elle éprouvait de temps en temps un* perte légère. Au toucher, je trouvai une masse du volume d'un petit œuf, un peu renflée, d'une consistance asseï ferme, et qui se prolongeait, par un pédicule distinct, jusqu'à la partie supérieure du col. Je crus à l'existence d'un polype. La malade fut mise dans un bain, et préparée pendant trofe jours à l'opération. Mon doigt, porté dans les parties, re* contra de nouveau la masse que j'y avais d'abord reconnut mais en essayant d'en poursuivre le pédicule, je la fis tomber dans le vagin et l'amenai au dehors : c'était une concréo» fibrineuse, un simple caillot de sang endurci. De là m*** riété nouvelle de polype, les polypes fibrincux. Par smt* * règles ou d'une perte, une concrétion sanguine se gre* ** le col de l'utérus, et finit par y vivre. J'en ai maintenait observé quatre exemples à des degrés divers d'orgaoissw*- Ce polype en forme de kyste à pédicule long, observé p* M. Arnott (2), et qui partait de la lèvre antérieure du col, n'appartiendrait il pas à cette catégorie?

G.. Polypes cancéreux. Des tumeurs squirrheuses, eae** phaloïdes développées dans l'épaisseur des parois, ou as» la cavité de la matrice, peuvent descendre, dilater le col et

(1) Thèse de Haller, Sous- Pater, t. II, p. 170, 1718* trad. franc-

(2) Encyclogr. des #c. méd., 1836, p. 315.

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