‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 31 sur 108 · POLYPES BB L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

POLYPES BB L'UTÉRUS

se montrer dans le vagin sons forme de polype. Trois femmes se sont présentées dans cet état à la Charité, en 1836, 1837 et 1838. J'en ai observé un quatrième exemple avec MM. Roux , Marjolin et Sanson. Un chirurgien fit voir à l'Académie de médecine, sous le titre de polype, une tumeur qu'il Tenait d'extirper chei une malade que j'ai vue plus tard avec M. Magistel, et qui était réellement atteinte d'un cancer. Ce genre de cancer avait amené l'inversion de l'utérus dans le cas de H. Arnott (1).

H. Les polypes véritables peuvent à leur tour en imposer pour des tumeurs d'un autre genre. En 1823, MM. Riche-» rand et J. Cloquet en enlevèrent un du volume d'une tête d'enfant, qui pendait depuis longues années à la vulve d'une femme, et pensèrent avoir fait l'ablation de l'utérus. Ce corps , ouvert, offrit une cavité dans son centre et presque tous les autres caractères de la matrice, si bien qu'on le crut de nature à démontrer sans réplique que l'amputation de forgane gestateur était possible. La malade mourut. On trouva l'utérus entier dans sa position naturelle : on en avait simplement détaché un énorme polype !

Une femme de la campagne qui vint à l'hôpital de Perfectionnement, en 1824, pour se faire réduire ce qu'elle appetait sa descente, avait à la vulve une tumeur conique, garnie d'une petite fente transversale au sommet , tumeur qu'elle avait long- temps maintenue à l'aide d'un pesstiire, que je reportai facilement dans le vagin, et que je maintins à l'aide (fun bilboquet. Rentrée chez elle, au bout de quelques jours, cette femme fut prise de douleurs abdominales qui la ramenèrent à la clinique, où elle succomba le surlendemain à une péritonite. La tumeur que j'avais réduite était un polype fixé au fond de l'utérus retourné par un pédicule da volume du doigt 1

I. Le point ([insertion des polypes utérins est fort variable. Ceux du fond de la matrice ne descendent guère dans le vagin si leur pédicule est un peu gros, sans donner au col r aspect d'un simple anneau qui ferait aisément croire à une inversion de l'utérus. Une femme que m'avait adressée (1) Encycloçr. des se. mtd., 1886, p. 815.

M. Villette de Compiègne, et qui mourut avant d'être opérée, était dans ce cas. J'ai va deux polypes à long pédicule nabre au sommet, l'un de la lèvre antérieure, l'autre de la lèvre postérieure du col. M. Arnott cite un fait pareil. A l'intérieur du col comme dans la cavité de la matrice, le pédicule se trouve presque toujours en dehors de la ligne médiane, et permet au doigt ou à un stylet de glisser à côté et au-dessus. Chez une jeune femme que j'ai opérée avec succès, il adhérait cependant par toute sa circonférence, quoique la portioa renflée de la tumeur n'eût guère que le volume d'une noix.

J. Quelle qu'en soit l'espèce, les polypes de l'utérus ne varient guère moins par la forme que par le lieu de leur insertion. Chez ace dame,il était globuleux, gros comme une moitié de noix, et plaqué à la manière d'un relief contre le fond de l'organe. J'en ai vu de fibreux, de cancéreux, de charnus, de muqueux, d'un volume beaucoup plus considérable, q« conservaient cette forme, ou dont une des moitiés était encadrée dans les tissus naturels, tandis que l'autre proéminaft sous forme de bosselure à l'intérieur de la matrice ou de son col. Il ne serait ni facile , ni prudent d'attaquer ceux-li Quoique isolés, ils restent globuleux, ne s'allongent point ea poire tant que la cavité utérine les renferme en totalité ; c'est pour arriver dans le vagin qu'ils deviennent pyriformes. Chez une dame que j'ai vue avec H. Lacournère, le polype ayatf sa racine dans l'utérus, s'étendait sous forme de cylindre, d'oa pénis, jusqu'à deux pouces hors de la vulve. Un fait analogue a é.é observé par Gâches (1). Les mômes nuances s'observent dans les polypes du vagin proprement dit. Souvent il existe plusieurs polypes en même temps. Les polypes cancéreux, les polypes fibreux, les polypes muqueux, se préteat surtout à cette multiplicité. J'ai opéré en 1838, une femme qui avait ainsi quatre polypes granuleux, pédicules, du volume d'une amande ou d'un grain de raisin dans la cavité et sur les lèvres du col de la matrice.

§ II. Chute spontanée. Lorsque les polypes fibreux se soat fait jour à travers le col de la matrice, ils subissent une sorte d'étranglement qui va quelquefois jusqu'à en produire la

(1) Soc. méd. de Montpellier, t. XXXIII, p. 31.

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séparation. Levret en a rapporté deux exemples observés par Mercadier et par Louis. Ifauriceau, Ruyscb, Hoffmann, et, avant eux, M. Donatuset Rhodion, en avaient indiqué de semblables. Vacoussin, Gooch, M. Hue (1), M. Hervez de Chégoio, en ont également cité des observations. Il m'est arrivé, de mon côté, d'en voir un céder brusquement aux efforts assez légers que je faisais pour l'amener à la vulve. Enfin , M Griffith (2) , M. Guillon , disent avoir obtenu le même résultat de remploi du seigle ergoté.

§IILC'estcettechutede certains polypes qui aura donné l'idée de la méthode de V arrachement déjà mise en usage par Dionis, Juncker, Heister* et que Lapeyronie, Boudou, n'ont pas craint de proposer formellement. Ces auteurs conseillent en même temps la torsion du pédicule, soit pour le rompre plus facilement, soit pour se mettre plus sûrement en garde contre l'hémorrhagie. La torsion, ajoutée aux simples tractions, pouvant devenir dangereuse en se prolongeant sur le tissu de la matrice, Hévin fit soutenir aux Écoles de chirurgie, en 1753, une thèse pour montrer qu'en fixant à sa partie supérieure l'origine de la tumeur avec une pince, pendant qu'on la tourne sur elle même, ce danger cesserait d'exister. M. Pécot (3), qui .la propose pour les polypes mous après r accouchement, prétend ew avoir retiré de véritables avantages. M. Sanson (4) s'en est également servi une fois avec succès chez une femme qui venait d'accoucher et qui avait un polype fibreux aussi gros qne le poing dans la matrice. Un fait pareil a été rencontré .par M. Bréon , qui. m'a montré la tumeur en 1835. Chez une femme qu'il venait d'aocoucher, M. MagîsteL fut étonné, 4e trouver «ne ma§se plus grosse que le poing dans l'utérus. Norçs coqsUtàmes après la mort, que détermina une péritonite, qu'il s'agissait d'un énorme polype fibreux. Plusieurs de ces polypes sont d'ailleurs très faciles à extraire. UnedameduMans, que j'avais vue, alla consulter 11. Réeamier, qui lui enleva son polype

* (1) TheLanceltim,yo\. iCp. 311.

(3) /«<*.; fSSS/vèl. I, p:*4.

, i%).Ardko> gén.dû »Ud., 3* iéHe; U If , p Stô. "

(4) Bull, de l Aead. royaU de mêd.9 1. 1, p. 377.

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d'un coup d'ongle. Dans un autrfc tas, te polype, do volume d'une forte noisette et qui ooeupait l'intérieur du col, se détacha sous le» tractions, les simples frottements du spéculum. J'en ai arraché plusieurs fois avec le doigt de la cavité même de 1 a matrice.Chez une femme qui renaît d'accoucher pour la cinquième fois, M .8toll (1) trouva dans le vagin un polype long de dix pouces, pesant une livre, et qull put détacher de l'utérus avec les ongles. Le doigt m'a suffi pour rompre et entraîner au dehors un polype aussi gros qu'une moitié d'oeuf, quoiqu'il occupât la cavité même de l'utérus chez la mère dan jeune médecin.

Pour en pratiquer l'arrachement, on saisit le corps du polype avec des pinces de Museux, des tenettes ordinaires» avec les doigts, s'il est peu volumineux, ou bfen avec un forceps, droit ou courbe. On exerce ensuite des tractions méthodiques, steit simples, soit combinées avec de légers mouvements de rotation, Jusqu'à ce qu'on fait amené ad dehors. Ce n'est guère que dans ce dernier moment qu'il serah possible de mettre en usage la précaution indiquée par Hévin, mais eHe n'aurait plus aucun but, car alors si on ne veut pas s'en tenir à Pescisién pure et simple, rien n'est plus facile que d'appliquer un lien sur le point Ife plus rétréci de h masse movbtàe et de la couper ftmnédiatement au-dessous. J'ai pu arracher trois fois avec des tenettes à polypes, conduites B9r deux doigté dé la tàaffa droite, de petits polypes moquette qw oécttpàient té *oh dfc l'Utérus.

§fV\ M . Héeamier, qui pense que ces corps peuvent être détruits Aon eeMetnent par Arrachement, mais* encore par bWiemc*4,M pftbliè deux 'faits à l'appui de son assertion. Dans Fun* le pûjpel du vblome'tfù gi*os orteil, s'implantait 4 la psrrUeeupériétireîdu col et ptoértrn&fetfafnsle tagiri. Payant fortement pressé avec l'indicateur de lamaîtt droite, ce médecin parvint àto diviser, le réduisit etipùlpë et put f extraire en mtfhad* deux nftiutfes; dans l'autre w- tumeur nTfyrot frt être ni liée, ni extraite, fut i>piicjvajDlemei)t broyée par (es pinces-érignes ou les doigts, et r$tfu(te, en une çqrte de filasse dont les filaments gfcsaient.*aa9.ceaee entre tes giMbs

(1) Ga*. méd., 1839, pj MB.1 -•'*»•» » j:

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de Fmetranent. Les avantages de de procédé m'échappent, et je l'en palp rien dite.

$ V. Là ligaturé des polypes utérins est beaucoup plus ancienne que ne Ta prétendu Levret. Il est évident qu'Àétius, Moachien, et, avant eux, Philo tenus, en avaient corinah)tance! Il est juste d'avomr eepeadant que (/est à Levrét qu'on doitdel'ivwnaturaiiséedtnila pratiquedestemps modernes, en démontrant qu'elle est applicable non seulement awx polypes sortis delà vulve, mais encore à ceux qui s'élèvent lapins dans la cavité génitale. Des Instruments nombreux ont été imaginés pour l'exécuter. Tons cevx qui eer*vent à lier les polypes du nei peuvent lui être appliqués. Les deux tubes, réunis-en forme de pinces, préconisés dans le pritaoipe par Lèvre*, et ceux que Tbéden avait fait construire presque sut le même modèle, l'instrument de Lecat, celui d'flerbiniaux, sont abandonnés, et je ne ctois pas que la pince porte-ftl et serre-noeud de M. J. Ctoquet, qui ne dhtfera guère de oeHe de Theden, reste dans là pratique. Là double canule de premiet auteur n'a point été non plus* conservée. Les deux canules séparées de Desadlt on les algalies de Niessen les ont fait oublier. Tout porte à eroirè que les modifications imaginées par Clareke, Laugier, Lœffler,' Cullerier, ainsi qu'une foule d'autres mentionnées dans le Traité de M. Meisner, subiront le même sort.

A. Manuel opératoire. Les instruments étant préparés, voici de quelle manière on procède.

I. L'opérateur, ayant reconnu la position du polype, et, autant que possible, apprécié les dimensions de son pédicule, dispose le lien dont il veut faire usage, lien qui était en argent de coupelle dans les iééeê de Levret , et qu'on fait plus généralement aujourd'hui avec de là soie ou du fil, en ayant enjn de lui donner une gi%nde sofidieé. Si dn emploie là* deux camle» de Lévret , en le place de manière à ce qu'il paisse former «ne ensè d'uni cAté et être fixé de l'autre sut l'anneau qui se trouve en dehors du pavillon de chacune d'eHe* Un ou deux dtôgls de fa main gauche, pertes aussi haut aj»e possible, servent à diriger le tout jusqu'au pédicule* du polype. Le chirurgien prend aussitôt une dès cànufed éi

chaque main; fixe dans le même point celle sur laquelle le lien est arrêté par en bas; fait parcçfarir à l'autre la circonférence de ce pédicule , jusqu'à ce qu'il ait pu les croiser; les tord, les tourne ensuite ensemble sur leur axa; en détache le lien; les retire; engage les deux extrémités réunies de la ligature dans un autre tube qui porte le nom de serre-nœud, et qui lui permet d'étrangler les tissus arec toute la force convenable.

IL Les in$truments de DeeauU diffèrent de ceux de Levret en ce que les deux porte-nœuds sont séparés -, libres comme ceux de David, et en ce que l'un d'eux renferme une sorte de pince terminée en bec ou œil d'oiseau, quand elle est fermée. Une moitié de la ligature est d'abord passée dans la canule simple et fixée par en bas sur son anneau; l'autre est ensuite embrassée par la pince qu'on ferme en la retirant dans sa gaine , et qui porte intérieurement une échancrure pour arrêter le second bout du fil. L'appareil est ensuite conduit de la même manière que précédemment, par le point qui offre le moins de résistance. Arrivé au pédicule» l'opérateur maintient immobile » avec la main gauche , la canule simple, saisit de la main droite la canule porte-pince , parcourt avec elle toute la circonférence de la tumeur, et la ramène au niveau de l'autre , de manière que le lien forme un cercle complet sur le pédicule à étrangler. La tige fendue, poussée dans sa canule, s'ouvre, lâche le fil, et peut être enlevée sans le déplacer. Les extrémités de ce lien, réunies en un seul cordon, sont alors engagées à travers l'ouverture d'une dernière pièce métallique» longue de quelques ponces, fendue à son extrémité externe, et dont la tête qui porte le trou est coudée à angle presque droit sur le corps de 1 instrument Ce serre-nœud permet d'élever la constrictûn à tel degré qu'on désire, de l'augmenter ou de la diminuer si lindication s'en présente. On le fixe en définitive au moyen d'un ruban , après l'avoir garni de charpie ou de linge, sur 'un des côtés de la vulve.

. III. V appareil de M. Niessen se compose de deux longues canules, d'argent, courbes, susceptible* d'être fléchies ou rçdress^es, et qui servent de porte-fil. Quand elles sont

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