POLYPES DE L'UTÉRUS
parvenues autour do polype, on les engage toutes les deux dans une troisième canule , divisée en deux tubes par une cloison , et qui est longue seulement d'un pouce ou deux. Celle-ci, qui ne semble être qu'un fragment du double tuyau de Levret , est conduite de bas en haut, d'abord avec les doigts, puis avec l'extrémité d'une sonde à crochet, aussi loin que possible. Elle a pour but d'étrangler de plus en plus le pédicule de la tumeur , en forçant l'extrémité supérieure des deux premières à se rapprocher l'une de l'autre, sans perdre leur direction parallèle.
IV. On ne voit guère , de prime abord , quel avantage il y aurait à préférer ces instruments, à ceux des praticiens français. Les algalies de l'auteur allemand, n'étant autres que les canules de Levret un peu allongées et courbées, offriraient quelque facilité , peut-être , lorsqu'il fout pénétrer à vue grande profondeur; mais le double tube destiné à les rapprocher, me semble infiniment moins propre à atteindre le but que le serre-nœud imaginé par Desault. Si d'ailleur* ou voulait modifier cette dernière partie de l'appareil , le chapelet de M. Mayor mériterait ici, mieux encore que pour le nez, une préférence facile à justifier. Si, pour étrangler le polype avec ce chapelet, on n'avait ni le treuil mécanique de hauteur, ni le petit instrument du même genre inventé par M. Levannier (1) , on pourrait très bien se borner à serrer les deux moitiés du fil sur un morceau de liège, ou de quelque autre corps étranger solide.
Le serre-nœud brisé , que Bichat voulut substituer à la canule-pince de Desault, ne pouvant remplir que rarement les intentions de l'auteur , ne mérite pas d'autre mention. Je ne pense pas non plus que le serre-nœud d'Ànsiaux (2), le spéculum de M. Gurllon, modifié par M. P. DuboU de manière à pouvoir servir de porte-lien, les sept pièces qui composent l'instrument de M; Lasserre (3), soient de nature à faire oublier l'appareil si simple et si ingénieux de l'ancien chirurgien de l'Hôtel-Dieu.
(1) Archiv. gin. de mêd., t. XI, p. 467.
(î) CHn. cfciV., *• édit., p. 2B&,
(Z) Archiv. gin. de mid.y * ter., t. V, p. 153.
Y. Lorsque la ligature est bien appliquée, la circulation , la vie ne tardent pas à cesser au-dessous* Pendant que U mortification du polype s'opère , le fil en coupe peu i peu le pédicule. Du reste, on comprend aisément que le lien en traversera la racine arec une promptitude qui devra varier selon la force de construction employée, la densité, la résistance, le volume des tissus. Tant que le pédicoVe ne dépalse pas l'épaisseur d'un pouce» un seul rubaa convenablement serré suffit pour le trancher dans l'espace de quelques jours; mais on a pensé qu'au-delà de ce diamètre il pourrait être avantageux de le traverser» a» moyeu dtone aiguille, avec une double ligature» afin d'en étrangler séparément les deux moitiés* C'est un principe auquel deux objections peuvent d'abord être faites : 1° lés polypes* susceptible* d'être anmés à la vulve» les seuls. qeî soient aptes à se laisser améi transpercer, ont rarenlent uaf racine aaiei grosse pour exiger une pareille précaution ; 2° oetoi doat le pédicule offre plus de volume, qu'ils puissent ou «on 4M abaissés , sont tous des eerps fibreux qu'où doit détacher aveo l'instrument tranchant , ou des végétations de mauvaise nature auxquelles U ne faut pas toucher* On a d'ailleur* ghéri par la ligature dès polyp'es énormes. Richter de Mo* oou(l) a réussi» quoique la tumeur pesât quatre livret et demie.
Bu Parmi les instruments porê$-fil cju'ea a proposés» eeai de H. Mayor me paraissent surtout dignes d'être essayé?» Ce sont dedx tiges élastique* en acier, oti même en bakdbe, ai on n'avait pas Le temps de s'en procurer es métal, tèraâ^ nées en pattes d'écrevisse. La lifature s'y plaoe comme dan* 1* pincé de Deëauh* et doit être portée* avec les menée précautions, autour du polype. Pour la dégager* il saMt de tirer un peu fort sar l'instrument conducteur , dès que le serrencead est arrivé près du pédièule à étraagier» Avecle doabto tube de Levret, les deux portions du lien sont trop rapprochées vers le polype , pour que le glissement en toit faciles lorsqu'on veut augmenter la coostriction. H en est à peu près de même de tous les serre -noeuds. Porter le, liea à
{\) Synopsis obstel., elc> p. Ht.
, FQJ.YPKS Ml LVTiKVê-
cheval par l'indicateur gauche jusqu'à la racine du pblype, pendant qu'arec la main droite on en ramène les deux moitiés en avant,, comme quelqu'un (1) Ta conseillé» ne réussirait que par exception. Contrarié, comme tant d'autres , pair cet inconvénient* M. Gu Pelletan a fait construire un appareil ingénieux, dans le but de s'y soustraire. Légèrement écartée», à la manière d'une fourche, dans retendue de quelques lignes, les deux branches qpi terminent l'extrémité profonde de son serre-nœud s'appliquer, par leur sinus t contre la racine du polype 0 et coudent, à peine le fil» dont elles continuent en quelque sorte le cercle. Un ressort, sorte de bandelette en acier, courbée en plusieurs sens pour en augmentée l'élasticité, placé à l'extrémité libre de l'iastruftient, reçoit l'autre bout de la ligature* et augmente sans cesse la eoastriction. Cet élastique peut d'ailleurs se combiner avec tous les autres appareils, aveo le chapelet de M* Major entre autres. Quant à la bifurcation du serre-nœud, elle ne causerait d embarras que si on voulait le tourner sur sou axe pour tordre le lien.
, C. Avant à! étrangler un polype q*i pbnd au» dehors * il importe de remarquer que son pédicule pourrait être forint par le fond de l'utérus renversé, et qu'il peut être dangereux alors de placer le lien sur un point trop élevé de la tumeur; La déctmfosition d'un polype * dans les organes sexuels * entraîne parfois des accidents qu'où serait heureux de pourvoir éviter. Ainsi , l'odeur repoussante qui raccompagne est fort désagréable pour la malade et i pour les personned qui l'encourent. Lorsque le polype ew très volumineux, et que la température est fort élevée , il peut réellement arriver que cette odeur soit insupportable., En outre, le putrilagd qui en résulte irrite le vagin et la * vulve > peut, s'il s'en fiait une résorption f donner lieu à une infection générale, une fièvre de mauvais caractère. S'il n'est pas possible d'amener la tumeur au dehors, il faut bien s'en tenir , pour combattre ces inconvénients , aux moyens de propreté ordinaires, au* injections simples avec Veau de guimauve ou l'eau d'ofge miellée, au* injections avec la décoction de kina, ou mieux
(1) Gaz. méd., 1832, p. 720, •
avec les solutions de chlorures alcalins ; mai* quand le pédicule est très abaissé , ou qu'à l'aide dé tractions modérées on peut le faire descendre sans causer beaucoup de douleurs, il est plus expéditif, et certainement moins dangereux, d'exciser toute la masse au-dessous de la ligature, que de l'abandonner à elle-même. Opérant de la sorte après s'être servi du forceps pour abaisser un polype du poids de deux livres et demie chez une femme âgée de quarante et un ans , M. Demazière de Bergues (1) a parfaitement réussi. D. Levret a soutenu qu'après la ligature la mortification se prolonge jusqu'à l'union du polype avec la matrice, bien que la coostrictioD soit exercée un peu plus bas, et que ces tumeurs, une fois étranglées, se détachent à peu près toujours dans le même point , comme le fait le cordon ombilical à h naissance , quel que soit le lieu où la ligature ait été faite. Cette doctrine parait dangereuse à Boyer. En effet , si elle était fausse , elle pourrait entraîner de fâcheuses conséquences pratiques. En l'adoptant , H importerait peu d'arrêter le fil exactement sur la partie supérieure du pédicule ou à quel* que distauoe aù-dessoas. Or, comme il est ordinairement plus facile de l'appliquer plus bas que plus haut; comme, *n outre , quelques personnes pourraient craindre , en Fêle* vant, d'atteindre quelque parcelle du tissu de la matrice, la Jigatureserast fréquemment appliquée de manière à laisser une partie du polype dans les organes. D'un autre côté, s'il est vrai , comme l'affirme Boyer, que la vie ne cesse dans la tumeur qu'à partir du lien dont on Ta embrassée , ce lten devra toujours être conduit, si on ne veutpas s'exposer à la ré* cidive , sur le point le plus élevé de la production morbide- L'opinion de Levret repose sur des faits. M. Gensoul Ta défendue en l'appuyant d'observations. Elle n'a d'ailleurs rien de contraire à ce qu'on1 sait des lois de l'organisme» qui ne puisse être oomparé à ce qu%on observe lors de ta séparation du cordon. ombilical. Le tout est de s'entendre sur ce point. Les polypes mbqtfeux , le* polypes où tiennent se distribuer de nombreux vaisseaux, qui se continuent d'une manière évidente avec le tissu même de l'utérus, ne s'aecom- • (l) Communiqué par l'auteur, 16 août ÎSOT.
POLYPES DE i/tJTlïftUS. 398
modéraient pas de la théorie de Levret , laquelle ne me paraît applicable qu'à ceux que forment de véritables corps étrangers au sein des organes , on bien encore aux polypes parement fibreux on lardacés, dépourvus de système vasculaire appréciable.
Tai vu plus d'un pouce de la racine d'un polype fibreux tomber long-temps après la chute du fil , et se putréfier bien au-delà de son excision dans deux autres cas. Ce phénomène est d'autant moins surprenant , que certains polypes se dissolvent, et finissent par disparaître spontanément dans la matrice. Un corps fibreux, du volume d'une noix » dont j'avais constaté l'existence dans le col de l'utérus , ne fut plus retrouvé au bout de six mois , quoique rien n'eût été expulsé des organes génitaux. Si on objectait que là j'ai pu me tromper, j'ajouterais que chez une femme,entrée à la Charité en août 1838 jpour se faire opérer, le polype disparut par degrés sous nos yeux , et que, la malade étant morte de péritonite , l'autopsie du cadavre permit d'en retrouver la racine dans le corps même de l'utérus. Dugès et madame Boivin ont d'ailleurs observé des faits semblables.
S VI. Excision. Uns hardis que les chirurgiens du dernier siècle, les anciens pratiquaient souvent l'excision des polypes génitaux. Philotenus , Aétius , Moschron , etc., entendaient évidemment parler de cette méthode , lorsqu'ils conseillent d'enlever les excroissances variqueuses ou hémorrtâdales de Futérus, avec l'instrument tranchant. F. d* Aquâpendente, qui Fa beaucoup vantée , se servait à ce sujet de tenettes , dont l'extrémité, disposée en ciseaux, lui évitait la peine d'attirer préalablement le polype à l'extérieur. Bien que , çà et là, quelques auteurs l'aient rappelée à l'attention des praticiens , que Tulpius (1), Water et Fronton cité par Levret, rapportent des observations en sa faveur, elle n'a point encore triomphé néanmoins de toutes les prévention». Boyer, qui dit l'avoir employée une fois avec succès, qui ne paratt pas éloigné de lui accorder la préférence , n'ose pourtant' pas la recommander formellement comme méthode générale. On lui reproche d'exposer à Thémorrhagie , à blesser le récit) Bonet, Corps de méd.t t. IV, p. 2^, 31.
99k OPÉRATIONS SPÉCIALES»
tum, la vessie, le vagin, la matrice même, 4' être aoiasi*» çile que la ligature. La plaie qu'il faudrait produire a, de son côté» effrayé beaucoup de chirurgiens , qui ont craint d'enflammer ainsi l'organe gestateur, ou de donner lieu à une suppuration , un ulcère difficile à guérir.
., Les recherches , les dissections que j'ai p» foire , d'accord avec celles auxquelles s'est livré H . Hervez de Chégoin f je ont démontré, que les corps fibreux proprement dits peuventétre exeisés sans le moindre inconvénient. Jamais, en effet, ilsae tiennent à la matrice par un pédicule garni de vaisseaux votaneux. La couche, ordinairement très mince» de l'utérus, tf" leur sert de coiffe» est réduite à une simple coque,qu il suffit d'inciser pour que leur énucléation puisse être facilement terminée ou avec les doigta ou avec le manche d'un scalpd» comme s'il s'agissait d'un lypôme ou d'un kyste sons-cataitf. Quant aux tumeurs homogènes i dures, grisâtres, qui» continuent avec le tissu de la matrice, la section de leur j^ dicule n'est pas non plus de nature à faire naitre une péri* de sang bien redoutable , si j'en juge du moins par celles qst j'ai rencontrées sur le cadavre ou que j'ai eu l'occasion <T«* lpver.surla femme vivante. Je ne vois pas, en troisième Ife»» que les masses fibreuses par hypertrophie partielle de l'organe soient capables de justifier la moindre crainte sons ci rapport. ^1 est difficile de croire aussi que la destruction *w* l'instrument tranchant des petites tumeurs muqueuse*, m^ lasses, signalées pat H. Bérard, et que j'ai plusieurs foiseri* pées avec succès, non plus que de toute autre production p>~ lypeuse susceptible d'être attaquée par la ligature, rende ea réalité cet accident bien redoutable. Il n'y a donc, en 4^* tive , que les végétations rougeàtres, saignantes, quelquefoa douloureuses, rarement pédiculées, dont il a été parié pis* haut, qui pourraient repousser l'excision ; mais la ligature ae leur va guère mieux, car il convient de les ranger parmi itf affections malheureuses dont rien ne triomphe,, et ausqnell* on ne peut que trop justement appliquer l'épithète de nûh me tqngere.
. Dupuytren excisait toutes les tumeurs pojypeoses n^ rines qu'il était appelé à traiter, et une seule fois l'éco»-
polypes bb i'crrémog. 895
lestent du sang lui a paru nécessiter quelques soins par** tieuliers. H* Heryez de Chégoin rapporte de nombreu* faite tout aussi concluants. M. Villeneuve 4 M. Lejeune et une foule d'autres praticiens, ont fait connaître, de leur côté, différentes opérations du même genre» qui n'ont -pas été moins heureuses. En Allemagne, MM. de Siébold et Mayer oui publié un travail qui prouve que l'excision , de* puis long- temps adoptée par eux dans les hôpitaux de Vienne* leur a fourni les plus remarquables succès. Enfin , je j»e permettrai d'ajouter que de vingt opérations de polype que j'ai eu occasion de faire* jusqu'ici (avril ,183?), avec l'instrument tranchant , aucune n'a causé la moindre hémorrhagie inquiétante.
Â. Manwl çpératoirfi. L'appareil se réduit à une tangua pwee de Maseux, un bistouri ordinaire ou un simple scalpel» de la charpie, quelques. préparations astringentes en cas de besoin* et du linge comme pour les antres opérations san~ giaptos* Si la tumeur offrait un grand volume, d'autres instruments pourraient néanmoins devenir nécessaires; tels seraient, par exemple, un foroeps , des crochets aigus, ou* comme je l'ai fait quelquefois > de longues et fortes érignes doubles» un peu courbées , pour s'accommoder à la forme de# parties. , ,, ,
L ôansks o**< ordinaires, la main droite. introduit les pinces fermées dans le vagin, et ne les outré peur embrasser lt twnpeér qu'autant qùs les doigte de la main gauche eu protégées en dirigent les crochets. Par des tractions légère*, Vmà entendues, on abaisse ensuite peu è peu la production morbides Si la môbëtté de l'utérus permet #en amener facilement le pédicule, la section s'en fait ensuite avetf facilité au moyen d'un fosthiiiNmt tranchant quelconque* pendant qu'un aide tient les lèvres de la vulve soigneusement écartées. Lorsquç le polype résiste , au contraire* il fiant , sans lut permettre de remonter, qu'avec la points d'uh bistouri droit le chirurgien aille le diviser à sa partie la plus rétréoie , eu suivant toujours l'instrument atee le* doigts de la mm gauohe restés dans le vagin* Qbtt «ft* jeune dame, j'eus à opérer un polype gros comme nu <tiuf
396 OPÉRAtlOHS SPÉCIALES.
de diode , qui s'insérait à l'intérieur du col, et qui , ne fois engagé dans la vulve, sembla ne pins vouloir descendre. Pendant que M. Cottereau, médecin de la malade, le retenait dans le détroit pelvien, j'introduisis l'indicateur et le médius de la main gauche vers le museau de tanche , puis, de la main droite , je fis glisser, entre le polype et mes doigts, jusqu'en haut du vagin, un bistouri garni, avec lequel il me fût aisé de détacher la tumeur. Pas une goutte de sang ne s'écoula , et cette dame aurait pu reprendre ses occupations habituelles dès le troisième jour.
IL Si le polype empêchait, par son volume, de se comporter ainsi , le bistouri un peu courbe sur le plat ou des ciseaux de même forme devraient être employés. Dans les cas où il paraîtrait dangereux d'exercer des tractions sur la matrice, l'espèce de forceps, terminé par une extrémité fortement recourbée, un peu échancrée, rendue tranchante comme les tenettes de J. Fabrice , forceps dont Lobateia a fait plus d'une fois usage, serait une ressource précieuse. C'est dans la même intention que M. Mayer a imaginé de longs et forts ciseaux courbés en S , avec lesquels il va détacher la tumeur , à quelque hauteur qu'elle se trouve. Toutefois, les ciseaux, également longs et très forts, qu'emploient Boyer, Dupuytren, et qui n'offrent qu'une simple concavité sur l'une des faces de leur lame, rempliraient le même but tout aussi facilement. Ils ont d'atUeuri un autre usage, c'est celui de détacher peu à peu le polype des parois du vagin, quand il a contracté des adhérences avec ellea , avant de l'abaisser et d'aller en diviser le pédicule, comme il eût fallu le faire dans le cas observé par M. Bérard (i) , puisqu' ici la tumeur était fixée sur le vagk par une. de ses racines, et dans l'utérus par l'autre.
III. Si la tummr n'était séparée de la paroi organique qui lui donne naissance que par une rainure , au lieu d'avoir ne pédicule , et que ce fût un corps fibreux, il ne faudrait pas pour cela se croire obligé de porter l'instrument jusque dans la partie la pks profonde de cette rainure. Alors, en effet, pourvu qu'on incise un peu au-dessus du plus grand diamètre
(1) Jùch. fém. dtméé*, Ull, p.9*.
POLYPES DE 1/CTÉHtJS. 397
du polype , et qu'on puisse donner à l'incision une certaine étendue» diviser toute la couche de tissu naturel qui enveloppe la production morbide, il n'en faut pas davantage pour que, avec les doigts, le manche de l'instrument, ou de simples tractions, on parvienne à le détacher, comme on sépare un noyau de fruit des parties qui l'enveloppent. Les lambeaux, suite d'une pareille énucléation , ou se rétractent et se cicatrisent en revenant sur eux-mêmes, ou sont en partie détroits par la suppuration.
IV. Les polypes utérins offrent quelquefois un volume si considérable, qu'ils remplissent la totalité du vagin, et vont même jusqu'à s'élever dans l'hypogastre ou les fosses iliaques. Baudelocque dit en avoir observé un dont la moitié inférieure occupait le bassin , tandis que l'autre faisait une forte saillie au-dessus du détroit supérieur. Il put en étrangler la première partie; mais, quand elle fut tombée, Louis ne voulut pas qu'on allât chercher l'autre avec le forceps. La femme mourut, et Baudelocque affirme qu'il eût été possible d'extraire la seconde portion. du corps étranger tout aussi bien que la première. C'est pour des cas de ce genre que le même auteur conseille l'emploi du forceps, dont Herbinîaux avait fait usage avant lui, atec un plein succès. Depuis lors, M. Deneux, Murât, M. Hervez de Cbégoin, l'ont employé arec tons les avantages que s'en était promis Baudelocque. Maintenant qu'on a des idées assez nettes sur la nature de ces polypes' volumineux, l'extraction en sera tentée avec d'autant plus d'assurance qu'on ne se croira plus obligé de recourir en même temps à la ligature. Après tout, le forceps n'est pas le seul instrument, n'est pas même toujours le meilleur instrument qui soit indiqué dans ce cas.
Y. Au mois de septembre 1830 , je fus appelé par M. De Maxières, à Bergues, près d'une dame affectée d'une tumeur fibreuse énorme de la matrice, tumeur qui faisait saillie audessus des pubis et remplissait le vagin. Quoique résistante et très élastique, elle se laissait tellement déprimer, que les cuillères du forceps tendaient continuellement à glisser soit en avant, soit en arrière. J'aimai mieux en embrasser le sommet avec de longuet pinces de Mnseuxy pu» cen-
dutre au-dessus de sa portion la plus épaisse, deux fort* érignee à doublés crochets, une de chaque côté, et les sabot» profondément dans son tissu. Ainsi saisie par quatre points à la fois, des tractions méthodiques ramenèrent peu à pan dans le détroit inférieur. Le périnée, qu'il fallut radier* arrière , résista long-temps , mais enin , l'indicateur n'indiquant que le pédicule du polype était fortement teada, je glissai sur lui un bistouri droit, garni de linge, et une tadaen de quelques lignes suffit pour permettre à réiastfcto des parties de terminer l'opération. Aucune hémorrhagie n'eut lieu, et malgré l'état de marasme, d'épuisement, où la aflkde avait été réduite , sa santé s'est complètement rétablie. W opéré avee 4e même sucoès , dans un cas tout-à-foit «*blable, une malade de M. E. Moulin. Chez une autre Anne, rien ne pouvait amener le polype au dehors, tant il était tolumieeox. M.Chassaignac me donna l'idée d'en eiriewae tranche épaisse comme une c6te de melon. L'ayait eau* abaissé, je le détachai comme dans les ca* précédents.
U eat pourtant des cas où la tumeur est tellement dispoe^ que rien ne semble pouvoir rabaisser. Une femme, âgés de trente-six ans , fut envoyée dans mon service , à ïhôjM Saint-Antoine , par M. Kapeler. Sa tumeur rempli»*"1 •* presque totalité du bassin, et formait un relief ceasidértMe au-dessus du détroit. Nous convînmes, M. Marjtrtn, M. a* peler et moi , que l'extirpation en serait tentée par las voui naturelles* Je (a saisis trois fois avec un forceps ordinsi»» et trois fois mes efforts furent insuffisants pour la feiie «*► cendre. Craignant alors d'augmenter inutilement ses se* tirantes, je crus devoir abandonner la malade ans suites as» turelles de son affection. Elle succomba au bout de <lae^f mois. A l'autopsie, noms trouvâmes un corps fibreofc, *• pourvu de pédicule, en grande partie tombé en P*^*^' ayant sa source dana l'épaisseur de la paroi gauche da«* dont il fin d'ailleurs facile de le séparer après en «voir1** eiaé la couche de tissu naturel. Une autre uweur, g*** comme lés deun poings seulement , adoeeée , par ua de* eètée, arec la précédente, occupait la partie droite**"* w, ai sp tnocvait également enveloppée par une*-1*
POLYPES de i/CTémus. 999
ninc« de cet organe. Ces deux masses , dont la base était presque aussi large que leur plus grand diamètre , et qui offraient plus de volume au-dessus qu'au-dessous du détroit, ne pouvaient pas être assez solidement saisies par le forceps, pour qu'il fôt permis de les abaisser et de les enlever ; mais la dissection noas donna la certitude que, malgré l'étendue apparente de leurs adhérences , l'excision par énudéaHon en eét été possible, si, par an moyen quelconque , on avait pa les faire descendre aa détroit inférieur, ou porter le bistouri sur quelque point de leur circonférence. 1 VI. Comme ees sortes de polypes ne se déchirent qu'avec beaucoup de difficulté, il ne serait pas sans avantage, quand on est parvenu à les rendre saillants à la valve, de passer an travers, avec une longue aiguille courbe et à manche, percée près de sa pointe , un fort ruban de il ciré, dont on ferait une anse, et qui permettrait de tirer sur eux sans embarrasser autant que les autres instruments. Lorsque ht tumeur est de nature douteuse , s'il parait possible de là Mre descendre en la saisissant avec des pinces, au point de permettre au doigt dVn parcourir le pédicule, si, comme Levtef et Bscheflbaoh ea citent des exemples, on sent dans ce pédicule dés battements artériels , si , malgré les détails dans lesquels je suis- entré plus haut, l'hémorrhagie pouvait encore effrayer, rien n'empêcherait d'établir cfflbond, comme le cbnseffife M: Mfcyer et cotrime'M. Demazièrs l'a fort/un Ken le pi as haut peteible, avant de pratiquer 1'exefsion .
VII: Si la tumeur est encore renfermée en enêier éms h matric», si on a pu se convaincre qu'elle est seule, qu'il n'en existe pas d'autres dans l'épaisseur de l'organe, hors la por* tée des moyens etairttrgfcaux, tt est assez souvent possible eautare de l'atteindra. Accrocher le col de l'utérus avet plusieurs pinces de Museux , pour rabaisser et mettre 4 ttéme#*iolorar, de taitir, (T enlever mieux le polype, est bue1 mauvaise pratique qtri ne mériterait pas d'être me»* tkmnée fifil rf était pas veau à la pensée d'un chirurgien de Parié de h préférer à toute autre.' 11 est infiniment mieux atar» dFiinkér Bbunie, de dilater cF abord les parties avait dé dégager te polype, eu même da pratiquer le débrida
méat du col sur un ou plusieurs points , comme Dupuytren Ta fait quelquefois.
Ylll. Procédéde l'auteur. Je me suis d'ailleurs assuré qu'aie bonne pince-érigne dirigée par le doigt parvient presque toujours sans trop de difficulté, en pareil cas, à embrasser la tête du polype, soit que le débridement paraisse ensuite indispensable* soit que le doigt puisse, de prime abord, gagner la racine de la tumeur ; je conduis jusque là ou de longs ciseaux courbes, ou le couteau mousse également courbe. Les soutenant du doigt pendant qu'un aide tire modérément sur les pinces, je détache sans peine le polype. J'ai pu, ayant M. Pailloux pour aide, débarrasser ainsi une dame d'âne énorme masse fibreuse tombée en putrilage dans l'utén» en 1837. J'excisai sans peine un polype sarcomateux di volume d'une noix, puis un polype fibreux encore moins gros» puis un polype aussi gros qu'un œuf, chez trois femmes différentes, en 1836, 1837, et 1838, à la Qharité,en m y prenant de lasorte.Cest d'ailleurs une méthode que j'applique également aux polypes qui ont franchi le col et qu'il est possible de ssiar dans le vagin. Une malade de M. Dufrenois et plusieurs malades de l'hôpital ont été opérées aipsi sans la moindre difficulté. Permettant d'éviter toutes tractions sur la matrice, ce procédé rend évidemment l'opération moins douloureuse et moins grave.
[ B. Suite, Après l'excision , les soins que rédame la naïade se bornent à des injections, d'abord émolliente&,pai* délersives , et ensuite légèrement dessiccatives. Si , ood** toute attente, il survenait une hémojrrhagie, les injection* astringentes, les bourdonnets imbibés d'oxicrat, d'eau de Babel, de solution alumineuse, ou bien saupoudrés de colophane ou de quelque autre poudre styptique, y mettrai»* je pense, promptement un terme. Le tamponnement serait une dernière ressource, qu'on ne devrait pas néglige n0i plus, après avoir vainement essayé les autres* ta guéri** est ordinairement rapide, et la femme est quelquefois **• iabliç en moins de quinze jours, liais des accidents graves jBortei*, peuvent aussi résulter, de Texqsipi} d'un pP^f*1 xpreiqqQ.peMt qu'il soit Une dame en postait, un ta P*