‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 33 sur 108 · COL DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

COL DE L'UTÉRUS

grêles. On Topera, et la mort eut lieu trois jours après. Aidé de M. Cartault, j'en excisai un qui ne dépassait pas le volume d'une cerise, et la malade n'en mourut pas moins de péritonite en huit jours. Une hémorrhagie mortelle suivit de près une opération aussi légère dans un cas dont m'a parlé M. Marjolin. J'ai vu deux fois des symptômes sérieux do phlébite ou de suppuration du bassin, après l'opération de polype de l'utérus. Règle générale cependant, c'est une des opérations de la chirurgie qui réussissent le mieux.

ARTICLE IX. — Caiicim ou col bb l'utérus.

L'amputation du col de la matrice est une acquisition de la chirurgie moderne. Osiandcr est le premier qui Tait positivement proposée vers la fin du dernier siècle,et mise en pratique en 1801 .Tulpius, auquel H.Tarral en attribue l'honneur, ne me semble pas le mériter. Les tumeurs sarcomateuses dont il parle étaient évidemment des polypes. Nulle part,on ne voit qu'il ait réellement songé à réséquer le sommet même de la matrice. Lazzari, qui l'a réclamée en faveur de Monteggia ; Baudelocque, qui la rapporte à Lauvariol, sont, je crois, tombés dans la même erreur; et je n'ai point été à même de vérifier si André- de-la-Croix et Lapeyronie Font effectivement exécutée, comme le veut M. ïarral. Tbut ce qu'on peut dire, c'est que Wrisberg l'avait conseillée en 1787, et que plusieurs personnes l'avaient certainement pratiquée parmégarde, avant qu'il eût été question de l'exécuter à dessein.

Les observations d'Osiander ne furent pas plus tôt connues en France, que Dupuytren se hâta d'adopter les idées du praticien de Goêttingue, etde les soumettre à de nombreuses épreuves. M. Récamier ne tarda pas à suivre la même voie; de telle sorte qu'en 1815, l'excision du col de Fufér us était déjà, parmi nous, une opération vulgaire. Maintenant; ettea été pratiquée un si grand nombre de fois, et par tant de personnes différentes, qu'il est tout-à-fait inutile d'en compter les exemples:

§ I. Indications. Le point difficile est d'eà bien préciser

les indications. L'allongement, yen hypertrophie simple du col,

étant une infirmité plutôt qu'une maladie, ne la réclame en

aueun cas. Les excoriations, les ukètes, les végétations *y-

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philitiques, n'étant pas incurables de leur nature , la repoussent également. Il en est de même des indurations, des bosselures non douloureuses accompagnées ou non de gonflement chronique, qui s'observent si souvent chez les femmes âgées de trente à quarante ans. Ce n'est donc que dans les cas de dégénérescence cancéreuse bien caractérisée, qu'il est permis d'y avoir recours. Mais c'est justement ici que se trouve le nœud de la question. En effet , tant que le cancer n'est pas ulcéré, ou qu'il ne se présente pas sous l'aspect d'une masse boursouflée dans le haut du vagin , son diagnostic est d'une difficulté extrême. La dureté ou la consistance naturelle du col, les variétés de volume, de saillie, de densité, de forme, qu'il présente, suivant l'âge et les diverses conditions où la femme peut s'être trouvée, exigent d'abord une grande habitude , pour ne pas faire croire quelquefois à des affections dont il n'existe pas vestige. Eosuite, comment qvoir la certitude de ne pas se tromper sur la nature d'upe lésion profondément située , au sein d'une contexture aussi serrée , d'éléments si variables ? Ce n'est pas tout : une fois la présence du cancer iqcontestable,il faudrait encore çq déterminer les limites. Or, il est rare que, sur cç poipt, les doutes se dissipent entièrement avant qu'il soit très avancé, et presque jamais, alors, on ne peut garantir que le cql soit seul affecté, que le corps de l'utérus ne soit pqs déjà plus ou moin? envahi. Le chirurgien est donc sans cessç entre la crainte, 1° d'enlever un organe qui n'est pas malade, de pratiquer sans nécessité une opération pé- Hihle, 4&ngweu*e » ou bien 2° de n'emporter qu'en partie npe altération dont le» restes amèneraient inévitablement b mort. L?t conséquence naturelle de ces remarques est qo* l'indication formelle d'amputer le sommet de la matrice doit être mw rare, * quron n'a pas le droit de s'étonner 4e voir eopqr* do* praticiens instruits poser, arvec Weniel et Zanf » la question dp ,sa,y oir si el)e convient jamais. Puisqu'on a pi ce demander, qwnd cette maladie existe au sein, quels senû$M les avantage* d* l'extirpation, il était difficile, en effet* qjae l&mèqie question ne fty pas faite lorsqu'il s'agit de l'H%W^ Ç^We lion peut répondre dors, c'est que W

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qu'on admettra comme rationnelle l'extirpation pour les cancers externes, nul ne pourra raisonnablement en refuser l'application aux cancers des organes génitaux, pris dpns les conditions convenables. Il est même consolant de remarquer que» dans ce dernier lieu, la maladie reste plus long-temps locale, est, en réalité, moins sujette à se répéter sur d'çutres points quepartout ailleurs. Je ne pense donc pas, pour mon compte, qu'on doive renoncer à l'opération d'une manière absolue. Mieux la tenter que d'abandonner la femme à une mort certaine, toutes les fois que l'étendue du mal donne l'espoir de l'emporter en totalité.

§ H. Le col utérin se Jaisse envahir par trois ordres fort différents de dégénérescence cancéreuse, tantôt l'affection procède par ulcération, des bords ou de sa cavité vers l'épaisseur de ses parois, et ces ulcères, qui se couvrent parfois de végétations, de fongosités, pénètrent assez souvent jusque dans l'intérieur de la matrice, se comportent à peu près de la même manière que le cancer rongeant, le noti me tangere de la face ou de la bouche ; tantôt, au contraire, c'est une masse encéphaloïde ou squirrheuse, qui se développe dans l'épaisseur même de l'organe, près de sa portion libre, ou sur tout autre point de son épaisseur. J'ai dit plus haut que, des masses encéphaloïdes développées primitivement vers le fond de l'utérus, s'engageaient, venaient parfois se montrer dans le haut du vagin, à travers le col, sous forme de polype.

§ III. Cautérisation. Les ulcérations, les fongosités légères, les granulations seules permettent l'emploi des caustiques, y compris la pâte de zinc, car les tumeurs ne peuvent réellement céder qu'à l'extirpation proprement dite. Comme il est rarement sûr, quand la maladie est encore peu étendue, peu profonde, qu'elle soit plutôt cancéreuse que de toute autre nature, l'alun , le nitrate d'argent , le nitrate de mercure , me paraissentt devoir être souvent préférés d'abord. Lorsque l'affection est plus avancée, qu'il n y a plus de doute sur sa malignité, on peut choisir entre le muriate d'antimoine, la potasse et le chlorure de zinc; <}e même qu'on pourrait, si on le voulait, essayer le caytèrç actuel. Toutefois, comme le but n'est pas unjqueinei^e d^u/Te les

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tissus, mais bien aussi de modifier la surface morbide; comme le nitrate acide de mercure est d'une utilité incontestable dans une foule d'autres altérations du même genre, je ne vois que de l'avantage à l'adopter généralement, et c'est lui que, pour mon compte, j'emploie le plus souvent.

A. Après avoir fait placer, maintenir la femme sur le bord d'un lit, après avoir mis le mal à découvert au moyen do spéculum, le chirurgien absterge, dessèche l'ulcère, en y portant successivement, avec de longues pinces, des boulettes de charpie ou de petites éponges. Il dépose aussitôt, entre la circonférence du col et la face interne du spéculum, on peu de charpie brute pour empêcher le caustique de s'étendre sur les parties saines, et glisse, soit avec des pinces, soit avec un porte-crayon un peu long ou soutenu par un antre instrument, un cône de pierre à cautère ou de nitrate d'argent jusqu'au fond de l'excavation ulcéreuse. S'il préfère le nitrate acide de mercure , il en imbibe un pinceau de charpie ou de linge fin, et le conduit de la même manière sur les parties. Avant de retirer le spéculum f des injections d'eau tiède sont faites et répétées pour empêcher la cautérisation de s'étendre ailleurs que sur le lieu malade. La femme est mise aussitôt dans un bain entier, puis tenue au régime des convalescents. S'il ne s'agissait que desimpies excoriations, d'ulcérations légères, il ne serait pas même indispensable de laver à grande eau les parties, et toute autre précaution deviendrait à peu près inutile. L'opération est recommencée un plus ou moins grand nombre de fois, selon l'effet qu'on en obtient, tous les quatre, six ou huit jours, et on ne l'abandonne définitivement qu'à partir du moment où la plaie rouge, vermeille, granulée, offre enfin l'aspect des ulcères qui tendent à se cicatriser.

B.I1 est d'ailleurs fréquemment utile de cautériser tout l'in- (êrieur du col . Pour cela on y introduit le pinceau ou le crayon, pendant que le spéculum tend à en écarter les lèvres, et c'est à cette intention que divers porte-caustiques, fortinutiles, selon moi, ont été imaginés. Soit que la cautérisation n'ait pas paru devoir iétre tentée, soit qu'elle n'ait pas eu de succès, et que d'ailleurs on ait là certitude que le mal p**i

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