‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 38 sur 108 · PENTES ET SUTURE DU PÉRINÉE · texte numérisé non relu

PENTES ET SUTURE DU PÉRINÉE

tom avec le vagin, réclament au contraire toute la sollicitude des hommes de l'art.

Si l'extrémité de la cloison recto-vaginale participe à la fente, les matières stercorales qui souvent ne peuvent plus être retenues font du vagin un véritable cloaque, et mettent la femme dans la position des sujets affectés d'anus accidentel. L'absence du périnée fait que la matrice tend continuellement à descendre, et qu'il est presque impossible de la soutenir au moyen des pessaires. La fécondation est rendue de la sorte plus difficile. L'accouchement lui-même n'en est guère plus libre, car c'est le détroit osseux et non le périnée quipeutmettre obstacle au passage de la tète de l'enfant.

Ces fentes ont été observées de tout temps. Si on les aie plussouvent abandonnées aux ressources de l'organisme,c'est que la guérison spontanée, complète ou incomplète, n'en est pas très rare, et peut-être aussi, parce que les moyens chirurgicaux qh'on leur opposait jusqu'à ces derniers temps n'étaient pas doués d'une grande efficacité.

§ I. Guérison spontanée. Thymœus dit déjà qu'une femme qui eut le périnée déchiré en totalité, guérit sans aucun traitement. Peu affirme qu'une malade qui avait le périnée fendu, au point de ne pouvoir retenir ses garderobes ni les lavements, n'en finit pas moins par se rétablir complètement; mais il convient d'ajouter que de La Motte, qui prétend avoir vu cette femme trente ans plus tard en Normandie, soutient qu'elle n'était aucunement guérie. Tout en parlant de la suture, Mauriceau se borne à conseiller aux femmes de ne plus faire d'enfants. Deleurye dit d'une manière absolue que ces larges solutions de continuité n'ont pas besoin de la suture. Le périnée fendu jusqu'à l'anus est un accident malheureux, dit Puzos ; mais en tenant les membres rapprochés au moyen d'une bande, on en guérit tout aussi bien les femmes qu'avec la suture. Aitken veut, lui, que la suture ne soit jamais admissible alors. En cela il est appuyé par M. d'Outrepont et par quelques autres accoucheurs modernes. Une guérison eût été obtenue ainsi par Trainel (1). Ce serait en conséquence aller trop loin que de dire avec M. Roux, qu'on n'a

(1) Journ. gin, de méd., t. IV, p. 427,

jamais Vu ici la réunion se fair^par les seuls efforts delà nature. Cette réunion fut si complète dans un cas relaie par Trinchinetti, qu'il fallut plus tard inciser et dilater Ventrée du vagin pour permettre la copulation.

§ t{. Cependant la suture essayée souvent sans succès, et de nos jours encore par À. Dubois et par M.Paul Dubois dans (Jeux cas différents, puis par un autre praticien que cite M. filundell, a fréquemment réussi. Guillemeau, qui eut 2 traiter ainsi une fente prolongée jusau'à l'anus, se servit d'un point de suture entortillée et guérit sa malade en quinze jours, pe LaMotte, qui regarde la suture comme immanquable, en plaça trois points dans un cas, un sur la cloison rectovaginale, un sur le périnée près de l'anus, l'autre aux environs de la fourchette, et réussit sans obstacle. M. Iforlanne, se comportant de la même manière, ne fut pas moins heureux dabs un cas semblable. Il en a été de même de H. Jtiontain jeune , qui eut recours à la suture enchevilléej d'Osiander, qui guérit sa malade avec la suture simple; de Diipuytren dont l'observation n'a été publiée qu'en 1832; de M. Rowley, de Mursina, de Mentzel (1) et de tyî. Dieffenbach ; en sorte qu'avec celui des Êphémérides des curieux de la nature, la science en possédait au moins di* exemples sans y joindre ceux que M. Meissner rapporte i Churchill, Alcock, Zang, lorsque M. Roux est venu fixer de nouveau l'attention sur ce point. M. Busche vante surtout la méthode de $?. Dieffenbach, qui, avec la suture simple, pratique une longue incision en arc de chaque côté de la division. Une rupture de la cloison recto-vaginale fut guérie par Laugier àq moyen de la suture simple, comme dans l'observation de Saucerotte, qui employa, lui, la suture du pelletier.

Sans croire que la suture enchevillée soit indispensable, je pense cependant que c'est elle qui mérite la préférence toutes les fois qu'aucune indication spéciale ne s'y oppose. C'est elle que M, Roux a suivie chez toutes ses malades, et le seul essai quecepratipien ait fait de la suture entortillée ne lui a point

(1) Roux, Retour, du p4rin.t p. il. In'sât. tav. étrang., 1. 1.

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rèrfssî (î). tl en compté aujourd'hui treizeexetnples.il ftuit dire toutefois que deuitie ses malades ont succombé, l'une (2J cjul if avait qu une rupture incomplète ; l'siutte (3) qtrt éidlt au Contraire dans de ttès mauvaises conditions: H. Roui, tjtti attribue la fente dû périnée de cette dernière 4 une opération de fistule à l'anus , s^èst laisse tromper par de faux rapports1. Cest dans mont service qu'elle s'était présentée à M Pitié; et 14 elle m'avait para si profondément affectée par d'anciennes ulcérations syphilitiques, que je iïië bornai S exciser xîiie des brides qtii encombraient l'anus dans vouloir m'occttpef de la fente du périnée. Ayant rectifié cette errëdr Atihè inôti Traité <f accouchement, en 1835, j'ai lieu d'être ëtortttë delà voir reproduite en Î839par&4. Rôùi (4) et H. Merdët(S) son élève. Je dirai eh outre que , chefc deux autres malade^ îl a fallu recommencer l'opératiôh. Uhe damé de la Nètifelledrlêans, qui l'avait inutilement subie de la part de M. ftottxj i'eri est également fetourbée saris Vouloir s'y soundettre de nouveau. i)u reste , d'autres chirurgiens l'ont au jôiiH'hm ^Hltiquêe; M. ConVers (6), entre autres, l'a tentée une fbtè avec succès. J'y ai eu recoufs thoi-mème deux fois ; Tiitië Ues malades en est guérie, et continue de se bieri porter j

iKez l'autre, uhe péritohlte a causé la mort au bout de tferitë ; durs , quoique le périnée se fût très bien ag{j1titibé. Uhè M-

àde opérée peu de tempe après l'accident , et dont parte #t. Mercier (7), eri est également mbrte.

Une circonstance A tie point omettre , c'est cjh'une àorté ile fistule feste assez souvent après la téiihioh au bas de là cloison recto-vaginale. M. Roiix atôde (8) qùè cette ouvéfrtore s'est màinteriue long-temps thez l'épouse dû chirurgien ile Valôgrie. Elle existait encore (9) chez une autre tààladë

(I) Rvfamrau 4u périn., etc., p. 16.

(?) qul, Pf aa,

h) Ibid., p. 27.

(4) Restaurât, du périnée, etc., p. 27.

(b) Journal des c6n*. m€d.-chir.t mare 1839.

<#) G*x. m4dr mfr p. 44. .

(7) Journal des conn. méd.-chir., mare 1839, p 94.

(8) Restaurât, du périnée, etc.; page 64. (9)//^., page 31.

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lorsqu'il la perdit de vue. En disant que cette ouverture a presque toujours fini par s'oblitérer ou par devenir si étroite (1) qu'elle ne livrait plus passage qu'à une petite quantité de gaz , M. Roux ne prouve pas que la disparition en ait réellement été complète. Je vois, en effet, dans la thèse d'un de ses élèves (2), qu'elle persiste assez souvent. Je connais une dame opérée par H. Roux , et chez laquelle cette fistule n'a point diminué depuis l'année 1834.

Au total, les fentes delà vulve doivent être divisées en deax classes : celles qui ne s'étendent que jusqu'au voisinage de Fanas en laissant intacts les sphincters et la cloison rectovaginale, forment la première ; la seconde comprend toutes celles qui réunissent complètement l'anus avec le vagin , et qui empiètent plus ou moins sur la cloison.

Lorsque l'accident est récent, quelle qu'en soit l'espèce, il ne comporte pas d'opération chirurgicale ; on doit s'en tenir alors au rapprochement des cuisses , à l'immobilité , à la liberté du ventre , aux moyens de propreté. Le boursouflement, l'état congestionnel des parties, ne permettraient pas alors à la suture de réussir. J'y ai eu recours une fois en pareil cas , et l'insuccès a été complet. Si , au bout d'un mois ou deux, la fente ne s'est point réunie, il n'y a plus rien à espérer des efforts de l'organisme ; mais il convient d'attendre que la femme ait repris des forces , et que les lèvres de la fente se soient isolément cicatrisées. On a dès lors à se demander quelle est la suture qui convient le mieux. Il est certain que la suture simple réussirait dans un assez grand nombre de cas , même pour les ruptures complètes du périnée* Contrairement à ce que prétend M. Roux, de La Motte a positivement pratiqué cette suture avec un plein succès. J'ai déjà dit qu'elle n'avait pas été moins efficace entre les mains de M. Morlanne. Toutefois , si la suture simple ou la suture entortillée suffit réellement dans les cas de rupture incomplète, ainsi que le prouvent d'ailleurs les nombreux exemples d'épisiographie publiés par M. Fricke et les observations qui me sont propres , il est certain aussi que , pour les rup-

(1) Restaurât, du périnée, etc., page 34. (!) Râmpon, Thèse u* Ut. Paris, 1837.

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