‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 40 sur 108 · FENTES ET SUTURE DU PÉRINÉE · texte numérisé non relu

FENTES ET SUTURE DU PÉRINÉE

de volve on par l'angle anal de la plaie dans l'intérieur du vagin ne me paraît guère plus utile. Les incisions latérales que pratique alors M. pieffenbach ne sont point indiquées non plus dans ce cas; car les tissus sont habituellement si souples, qu'il n'est pas nécessaire d'exercer sur eux de grands tiraillements pour affronter exactement les lèvres de la plaie. La réunion est ordinairement assez avancée vers le sixième jour pour que les ligatures, généralement relâchées et mobiles alors, puissent être coupées, retirées sans inconvénient. Avant d'en venir là, il est boq d'avoir sollicité les garderobes au moyen d'un verre ou deux d'eau de Sedlitz, de même qu'on a dû en éteindre le besoin d'abord par l'emploi des préparations opiacées. Quelques jours sont nécessaires encore pour consolider l'agglutination des parties, et il y aurait danger de permettre 4 la femme tout ècartement des cuisses ou des jambes avant le dixième ou le douzième jour. Des injections dans le vagin, des lotions extérieures avec des liquides émollients, détersifs, ou antiseptiques, deviendraient utiles dès les premiers jours de F opération, si des matières purulentes ou autres s'accumulaient en abondance dans le vagin ou sur le périnée.

V. Dangers. Toute simple , toute bénigne qu'elle paraisse, cette opération n'en expose pas moins à quelques accidents sérieux. Deux dames qui 1* avalent subie ont été prises lé troisième jour d'une hémorrhagie qui s'est maintedue chez Fune d'elles jusqu'à la fin de la seconde sertiaihe, qui fût assez abondante chez toutes les deux pour amener plusieurs syncopes et me donner de véritables inquiétudes. Aucune artère un peu importante n'avait cependant été ouverte ; le sang s'échappait par exhalation ; mais je ne pourrais pas affirmer qu'il vint plutôt du fond de la plaie que de la surface interne du vagin ou de l'utérus. Une jeune femme opérée de la sorte et qui alla très bien jusqu'au dixième jour, Ait alors prise de douleurs vagues dans le fond du bassin , et bientôt après d'une péritonite qui la fit succomber.

B. Fentes complètes. C'est pour les cas de fente complète du périnée que la suture enchevillée a principalement été proposée par M. Roux. Ayant échoué une première fois par

la suture simple , ce chirurgien pensa que son insuccès tenait à ce que le fond des parties n'avait point été tenu dans un contact parfait ; depuis lors sa méthode n'a plus varié.

La femme est située, maintenue comme pour la suture des divisions incomplètes. L'a vivement des parties s* opère aussi de la même façon et avec les mêmes précautions. Il faut en outre qu'il porte sur la moitié antérieure de l'anus et le bord de la cloison recto- vaginale. Les fils doivent représenter chacun un ruban large de deux lignes, terminé d'un côté par une anse. On en passe l'autre extrémité dans le chàs d'une longue et forte aiguille courbe, à lame bien tranchante. On les enfonce et on les fait ressortir à six ou huit lignes de chaque côté de la plaie. C'est par le point le plus rapproché de l'anus qu'il faut commencer, et de manière à tâcher de comprendre l'extrémité de la cloison dans son anse. Les deux autres liens doivent être portés aussi près que possible de la membrane muqueuse du vagin.

Le second temps de la suture consiste à fixer les chevilles et à nouer les fils. On passe donc pour cela un bout de sonde ou de bougie en gomme élastique, exactement cylindrique» dans l'anse de chaque lien conservée exprès sur le côté gauche de la fente. On en place un autre du côté opposé entre les deux moitiés écartées de chacun des mêmes fils, afin que par un simple nœud les deux cylindres soient refoulés l'un vers l'autre en comprimant d'une manière égale le fond des deux côtés de la division dans toute sa longueur. Ces derniers nœuds, arrêtés chacun par une rosette, complètent la suture en chevillée. Pour remédier au boursouflement, à Pécartement même des lèvres de la fente, du côté des téguments où elles ne sont point soutenues, on passe autour des cylindres et dans l'intervalle de chaque point de suture ou autre ruban dont on croise les deux moitiés au-devant de la plaie avant de les nouer sur l'un de ses côtés. On a de cette manière tous les avantages de la suture simple avec ceux de la suture enchevillée.

Les aiguilles dont se sert M. Roux étant régulièrement courbées en moitié de cercle, ne pénètrent qu'assez difficilement les tissus, ne sont pas d'un emploi très aisé. Aussi

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