‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 43 sur 108 · CHAPITRE I". — Calculs de la vessie · texte numérisé non relu

CHAPITRE I". — Calculs de la vessie

ARTICLE Ier. — Diagnostic des calculs vmicaux.

Avant de songer au traitement des calculs vésicaux, il faut en avoir constaté l'existence.

§ Ier. Signes rationnels. La plupart des sujets affectés de la pierre éprouvent une douleur sourde, une sorte de pesanteur au fondement, douleur qui augmente par le mouvement, par les secousses, quand le malade va en voiture, se livre à l'équitation, ou qu'il est obligé de subir le moindre canotage. Les urines déposent un sédiment blanchâtre, des mucosités floconneuses , quelquefois filantes , tenaces, et sont assez souvent sablonneuses, bourbeuses, comme purulentes, fétides, sanguinolentes. Lors de leur émission, il arrive parfois qu'elles se suspendent tout-à-coup, et qu'un simple changement de position du corps leur permette de reiv. 31

partir avec liberté, comme si une soupape s'était momentanément arrêtée sur Ventrée de l'urètre. Les douleurs augmentent sensiblement à mesure que la vessie se vide, et surtout immédiatement après. L'extrémité de la verge est le siège d'un prurit qui porte le malade à se la tirailler continuellement, qui fait qu'une extrême longueur du prépuce ou du pénis, chez les enfants en particulier, est déjà un symptôme de calculs vésicaux. Les malades ont des envies fréquentes d'uriner, et quelques uns d'entre eux rendent de temps en temps, des graviers, des fragments assez considérables de pierre. Mais ces signes sont loin de se rencontrer réunis chez la plupart des calculeux ; plusieurs n'en présentent presque aucun. D'un autre côté, diverses affections des voies urinaires, étrangères aux calculs, en ont maintes fois simulé l'ensemble. Un catarrhe de vessie» par exemple, peut être accompagné de tous les changements qui concernent les urines. S'il y a en même temps irritation, altération de l'entonnoir urétral, la douleur, les envies fréquentes d'uriner, les tiraillements de la verge, pourront exister comme s'il y avait une pierre. La pesanteur du fondement est également produite par le gonflement de là prostate. Quant aux graviers, aux dépôts sablonneux, une foule de personnes en ont offert, sans avoir précisément de calculs. Le signe qui paraît le plus concluant, c'est-à-dire la suspension subite de la sortie des urines, quoique la vessie ne soit pas vide, se rencontre aussi dans d'autres circonstances.

La prostate peut faire naître derrière l'urètre un repli capable d'en imposer sur ce point. II en serait de même des tumeurs fongueuses, d'une masse cérébroïde, développée9 sur le bas-fond de la vessie. La même circonstance aurait encore plus facilement lieu, si la paroi inférieure de l'urètre donnait naissance à une masse polypeuse, pédiculée, que^ conque, qui viendrait à se prolonger dans le col de l'organe. Un malade, mort à l'hôpital Saint-Antoine, lorsque j'en faisais le service en 1829, m'offrit une disposition de cette espèce. Plusieurs fois, le cours de ses urines avait été toutà-coup interrompu avant que la vessie fût vide. Cet homme mourut. La luette vésicale donnait naissance à une tumeor

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