‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 44 sur 108 · DIAGNOSTIC DES CALCULS VÉ SIC AUX · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES CALCULS VÉ SIC AUX

semblable aux masses fibreuses de l'utérus, par sa densité et sa structure. Cette tumeur, dont le pédicule était mince, fortement aplati dans la direction de l'urètre, offrait le volume d'un petit œuf de poule. Pour peu qu'elle fût poussée en avant, elle fermait le canal excréteur de l'urine, à la manière d'un bouchon. Depuis lors j'ai souvent rencontré des tumeurs analogues , attenant à la prostate. La preuve, au surplus, qu'aucun de ces signes n'est concluant, c'est que des chirurgiens habiles ont, dans mainte circonstance, taillé des malades qui n'avaient pas la pierre. Ils ne suffisent donc point à eux seuls pour justifier l'opération.

. §11. Cathétèrisme. Signes physiques. Les sondes, les bougies non métalliques , ne conviennent point au cathétèrisme des calculeux. On se sert d'algalies en argent, en cuivre, en or ou en platine. Toutefois, ces trois derniers métaux, qui ont l'avantage d'être plus sonores , sont rarement employés, et c'est la sonde d'argent qu'on préfère généralement. Quelques personnes ont aussi pensé qu'une sonde pleine , devrait être substituée aux algalies creuses, attendu que, plus pesante et plus ferme, elle permettrait mieux de sentir le calcul ; mais ce sont là des minuties peu importantes, que le chirurgien habile doit négliger. Lorsque la sonde est dans la vessie, il faut la dégarnir de son stylet, qui, par des frottements imprévus, pourrait induire en erreur. Le pouce qu'on tient appliqué sur son pavillon, pendant que l'indicateur et le médius l'embrassent derrière ses anneaux , doit en couvrir complètement l'ouverture. Si on permettait au doigt qui la ferme de vaciller, il en pourrait résulter un mouvement de soupape, un bruit également capable d'en imposer. En la bouchant avec un fausset comme le conseille Boyer, cet inconvénient ne serait nullement à craindre. On a soin do l'introduire pendant que la vessie est remplie d'urine. De cette manière on parvient plus sûrement à explorer toutes les régions de l'organe.

k^'xle malade est couché, on commence par promener le bec de la sonde en arrière, sur la ligne médiane, à droite, à gauche, en l'inclinant avec plus ou moins de force, de l'un et Vautre côté. On la porte ensuite aussi haut que possible Vers le

sommet de la vessie, en abaissant fortement son pavillon; après quoi il convient d'en ramener le talon sur le col et dans les environs, ainsi que sur les divers points du bas-fond. Après s'être ainsi conduit, si la sonde ne rencontre pas de calculs, on fait asseoir le malade sur le bord de son lit. On peut même le faire lever, marcher quelques pas , de même qu'il est quelquefois utile de le faire successivement coucher dans plusieurs sens.

B.En dernier lieu, le chirurgien donneissue aux urines, et, sans déranger l'instrument, attend que la vessie revienne sur elle-même, de manière à pousser le calcul vers l'urètre, i le mettre en contact avec le métal. Dans la majeure partie des cas , ces différentes recherches donnent promptement la certitude qu'il existe une pierre ; mais par cela seul qu'on n'en trouve pas , on n'est pas autorisé à dire qu'il n'y en a réellement point. Les petites pierres échappent parfois aux manœuvres les plus habiles. Souvent la vessie présente des vacuoles assez profoqdes, pour que, en passant audessus , la sonde ne donne la sensation d'aucun corps solide. Il n'est pas rare, par exemple, de rencontrer immédiatement en arrière de la prostate , une excavation , soit à droite, 'soit à gauche, soit dans toute l'étendue du bas-fond de l'organe, où des pierres d'un certain volume échappent aisément aux recherches de l'opérateur, ainsi que je l'ai vu et que le prouvent aussi les faits rapportés par M. Camus (l)et M. Bel m as. Il ressort même des exemples rassemblés depuis par M. Boachacourt(2) que, chez certains sujets, le plus souvent d'un âge avancé, cette cavité secondaire, occupant le bas- fond, limitée en haut par la prostate, en arrière par l'orifice des uretères et la portion des parois vésicales qui les sépare, encaisse le calcul, le fixe, et s'accompagne ordinairement d'une ulcération assez étendue des parois vésicales. Cette altération constitue, selonM.Bouchacourt, un cas fort grave de maladie calculeuse, car, en définitive, aucun des malades sur lesquels on a pu la noter exactement pendant la vie n'a survécu à l'opération. Du reste, la lithotritie ne convient pas plus que

(1) Revue méd., irai, t. II, p. 283.

(2) Arck. gin, <** méd., avril 1839.

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