‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 46 sur 108 · DIAGNOSTIC DBS CALCULS VÉ SIC AUX · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DBS CALCULS VÉ SIC AUX

vessie, de favoriser les antres manœuvres du cathétérisme. On sait (Tailleurs que, secondés par l'application de l'autre main sur l'hypogastre, les doigts, ainsi placés, ont plus d'une fois réussi à constater la présence de calculs sans être aidés par la sonde.

* £. Ces détails pourraient paraître superflus , s'il n'était pas démontré par une foule d'observations que £ énormes pierres peuvent rester dans la vessie sans que le malade s* en aperçoive, et que la lithotomie a , malgré des recherches habiles , été , dans d'autres cas , pratiquée sur des individus qui n'avaient point de calculs. Tout le monde connaît l'histoire de ce moine qui légua son corps aux chirurgiens, dans la certitude où il était de porter un calcul que. personne n'avait pu reconnaître. On sonde : rien. Le malade meurt : une pierre et la vessie étaient passées dans le scrotum (1). Bartholin (2) a vu quelque chose d'analogue. Lapeyronnie, d'Àlembert, ce Portalier, Y horloger dont parlent Deschamps, Sabatier, M. Richerand, avaient aussi chacun un énorme calcul dans la vessie , quoiqu'ils n'en présentassent presque aucuns symptômes. M. Texier cite un autro cas de ce genre, relaté par M. Marjolin; il fallut scier les pubis pour extraire le calcul. On voit, d'un autre côté, dans le journal de Desault, Leblanc convenir d'avoir taillé un ma- . lade qui n'avait point de pierre. Desault parait être tombé lui-même, comme Cheselden (3), dans cette erreur. M. 8. Cooper affirme en connaître sept exemples, appartenant à différents chirurgiens. M. Moreau a rassemblé la plupart des , cas relatifs à ce genre de méprise. J'ai pu, de mon côté, en constater quatre : la première fois , le malade s'est parfaitement rétabli ; la seconde tentative eut lieu chez un enfant qui a succombé ; la troisième appartient à un établissement public de la capitale, et le malade n'a pas non plus survécu; la quatrième concerne un jeune confrère qui existe encore. Or , comme toutes ces opérations ont été exécutées par des hommes dont le savoir et l'habileté ne peuvent pas

(1) D. Sala, dans Botiet, t. IV, p. 43*.

(2) Boaet, Corps de mid., t. IV, p. 431.

(3) Lassas, Méd.opér., t. I, p. 403.

être révoqués en doute, il est bien permis d'hésiter, lorsqu'on est forcé de prendre un parti en semblable matière.

F. Prévenu de ces erreurs , le chirurgien prudent ne se décidera donc point à pratiquer la taille , sans avoir reconnu le calcul avec la sonde , non pas seulement une fois^ mais deux, trois ou un plus grand nombre de fois encore, si le moindre doute reste dans son esprit, après la première exploration. Pour plus de sûreté, il devra prendre, aussi la précaution de faire constater par d'autres ce qu'il croit avoir senti lui-même.

G. Le cathétérisme peut, en outre, Indiquer jusqu'à un certain point dans quel état se trouvent les calculs qu'il a fait reconnaître, leur volume, leur densité, leur position, s'ils sont mobiles ou fixes. Lorsque la pierre est sentie tantôt sur un point, tantôt sur un autre, qu'elle fuit au moindre contact, qu'après l'avoir touchée on éprouve quelque peine à la retrouver, il est évident : 1° qu'elle est complètement libre; et 2° que son volume est assez peu considérable. Si , au contraire , on la rencontre en arrivant au col de la vessie , et que l'instrument la touche, dans quelque sens qu'on le promène, elle est nécessairement fort grosse, à moins pourtant qu'elle ne fût arrêtée sur le trigone vésical ou dans l'origine de l'urètre.

H. Le volume des calculs étant important à connaître, on a cherché de tout temps le moyen d'acquérir cette connaissance. Le cathéter , une fois arrivé dans la vessie , peut, sur ce point, donner des renseignements assez précis, lorsqu'on a une grande habitude de le conduire. Pour cela il faut que, sans permettre au malade de se mouvoir, le chirurgien remarque attentivement le premier contact des deux corps, qu'ensuite il conduise doucement le bec de la sonde, d'avant en arrière, sur toute la surface du calcul, ou bien qu'il tâche de l'embrasser dans la concavité de l'instrument comme pour le ramener vers l'urètre. Quand la vessie est vide, cette manœuvre réussit souvent à donner une idée approximative des dimensions de la pierre. D'ailleurs la chirurgie possède aujourd'hui d'autres moyens pour arriver à ce résultat. L'un

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