DIAGNOSTIC DES CALCULS VÉ SIC AUX
des meilleurs serait, je crois , le cathéter (1) que j'ai fait construire, et dont il sera parlé plus bas. Ce cathéter est disposé de telle sorte qu'une fois introduit, les deux moitiés qui le composent , en glissant l'une sur l'autre , à la manière du podomètre des cordonbiers, transforment son bec en une pince propre à embrasser le calcul et à en déterminer les dimensions. Les pinces à lithotritie actuelles rempliraient plus sûrement encore le but
On aurait tort, toutefois, de croire qu'avec ces instruments il soit toujours possible de reconnaître exactement le volume d'une pierre. Cela ne pourrait avoir lieu que si elle était parfaitement ronde , que si on pouvait être sûr de l'avoir saisie d'une manière convenable. Or, la pince peut avoir embrassé les calculs à extraire par un de leurs angles, ou par une de leurs extrémités. Ils peuvent à leur tour s'être engagés trop près de la racine de l'instrument ou n'avoir été que pinces par ses extrémités.
I. On est autorisé à penser que la pierre est friable, peu consistante , lorsque , en frappant contre elle , la sonde ne donne qu'un bruit sourd, ou bien que, malgré son volume considérable, elle paraît cependant fort légère. Si au contraire la collision produit un son clair, et que le calcul ne se déplace qu'avec une certaine difficulté , sa densité doit être assez grande. Quand on le rencontre toujours du même côté, qu'il suit les changements de position du malade, qu'après l'avoir touché sur un point, l'instrument peut parcourir tout le reste de la vessie sans en rencontrer d'autres , il est probablement seul. Si, au contraire, la sonde en touche à droite, puis à gauche, si, après avoir fait placer le sujet sur l'un des côtés, on n'en touche plus dans la région la plus élevée du réservoir de l'urine ; si, pendant le cathétérisme , on s'aperçoit d'une collision autre que celle de l'instrument avec la première pierre ; si la sonde parait déranger successivement plusieurs corps mobiles , il est bien permis de penser que plus d'un calcul existe à la fois dans la vessie. Néanmoins l'erreur est facile à ce sujet , et les recherches les plus exactes ne donnent guère que des probabilités, à
(!) Cliniq. de* kôpiL, t. II, p. 387.
l'exception de certains cas où le fait est de toute évidence. J. V adhérence des pierres vésicales, ainsi que leur fixité, oe sont pas non plus très aisées à déterminer. Le calcul paraît immobile, tantôt parce qu'il remplit presque en totalité la vessie, tantôt par suite de la rétraction de cet organe» tantôt à cause du volume même de la pierre, d'autres fois parce qu'il est dans une excavation, quoique cependant oa puisse le rencontrer bientôt après sur une autre région. Il peut tenir dans l'uretère par Tune de ses extrémités ; disposition que beaucoup d'observateurs ont indiquée et qui est remarquable, en ce que la pierre peut ne faire qu'une légère saillie dans le réservoir de l'urine, tout en offrant une longueur totale de plusieurs pouces. Le cathéter en fera naître Fidée s'il rencontre une sorte de pointe, que rien ne peut déplacer près du col, et un peu en dehors, vers la base du trigone vésical. Du reste, oïl ne voit pas qu'il soit possible de distinguer ainsi ceux que retiennent des poches accidentelles ou de petits sacs anormaux, de ceux qui ont réellement contracté des adhérences avec une partie quelconque de la tunique muqueuse. Il en est d'ailleurs de ce point de diagnostic comme du précédent : le cathétérisme, bien exécuté, donnera des présomptions, mais presque jamais de certitude absolue. Néanmoins, si la pierre, emprisonnée par l'une de ses extrémités dans la portion prostatique de l'urètre, proéminait en même temps à l'intérieur de la vessie, comme Le Dran, M.Blandin, en ont relaté chacun un exemple, on s'en assurerait à l'aide du doigt porté dans le rectum, pendant que la sonde reste sur la tête du calcul. Nous aurons, au surplus, occasion de revenir sur ces particularités, eu exposant le dernier temps de la lithotomie.
ARTICLE ÎI. — Ïhdicàtiohs.
La taille est restée long-temps le seul remède qui convint aux individus affectés de la pierre; il faut y joindre maintenant la lithotritie. Quelques uns guérissent sans ces opérations, il est vrai, et d'autres souffrent si peu de leur maladie, qu'il y aurait de l'imprudence à les tailler} mais la disparition spontanée des calculs est si rare , qu'en