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strament, courbé en arc très allongé , n'avait pat encore *eous les avantagés qu'on aurait voulu en obtenir , et l'auteur a fini par lui donner une courbure analogue à celle «les sondes ordinaires, c est-à-dire une courbure qui n'eu occupé que le quart vésical. M. Pravaz n a point réussi avec cet instrument, quoiqu'il Tait appliqué une fois, dans Fan des hôpitaux de Paris, sur le vivant. Mais l' insuccès dans ce cal peut être attribué au manque d'habitude, à l'indocilité dtt malade qui était un enfant, et, surtout, à la disposition particulière du calcul. Il est difficile d'admettre, en effet, que son appareil, qui ne diffère des autres que parla direction dé ses pièces principales, ne soit pas apte à produire les mêmes effets. Je dirai même qu'il doit être plus facile à introduire, et fatiguer beaucoup moins l'urètre.
M. Leroy m'en a fait voir un en tout pareil, quaiit à la dis* position de la chaîne et du foret, dont la courbure est semblable â celle des algalies ordinaires, qu'il devait encore modifier, et qui offre toutefois ceci de remarquable que la troisième branche du litholabe est fixe, fait partie de la canule conductrice. L'instrument de M. Pravaz et celui de M. Leroy permettent l'emploi de la perforation, de l'évidement et du broiement concentrique, comme les instruments droits ; mais leur forme s'applique- bien mieux encore à l'écrasement.
II. Aussi , MM. Weiss et Rigal ont-ils accordé une légère courbure à leur pince à encliquetage ou à frottement, et l'espèce d'anse de M . Jacobson est-elle également courbé. Ce dernier instrument se compose d'une canule extérieure, comme les autres, puis d'une tige cylindrique en acier qui là remplit exactement , et la prolonge de trois pouces du côté de la vessie , tige formée de deux moitiés articulées par leur sommet , placée^!' une en dessus, l'autre en dessous, de telle sorte que l'inférieure étant poussée en avant, s'écattè de la supérieure qui est fixe, et forme , au moyen de deux ou trois 'brisures en charnière , une anse capable d'embrasser un calcul de douze à quinze où dix huit lignes. Une vis dé rappel existe à son extrémité libre , et permet de là ramener dans sa position primitive. Telle que Ta proposée le chirurgien danois, elle n'avait que deux brisures dans sa brandie
inférieure. Dapuytren a pensé qu'il vaudrait mieux loi et donner trois , afin que l'anse fût plus régulière et {dos arrondie. On l'introduit fermée dans la vessie. En poussant ensuite sur son extrémité externe» sa moitié inférieure s'écarte peu à peu. Il se fait un vide entre elle et l'autre moitié, vide qu'on agrandit à volonté , et dont on connaît retend» par des chiffres placés en dehors de l'écrou. Le calcul s'engage dans ce vide ou cette anse. Quand il est exactement saisi , on agit sur la vis de rappel , comme pour l'isoler et fermer l'instrument par le rapprochement de ses deux branches. Rien n'est plus simple qu'un pareil mécanisme. Rien ne doit être plus facile non plus que l'opération ellemême , qui se trouve par là débarrassée de la nécessité des supports, des moyens de contention , etc. Il n'y a pas même à craindre ici la fracture de l'instrument , car ses articulations permettraient d'en retirer les fragments sans danger. Tout ce qu'on peut dire, c'est que n'ayant que deux branches, il peut ne pas saisir les calculs aussi facilement que les autres» et que, se bornant à les écraser, il oblige à en reprendre séparément tous les morceaux. J'ajouterai qve les détritus de pierre qui restent parfois collés sur la face interne de ses mors sont de nature aussi à on rendre le rapprochement difficile. Dupuytren qui Ta mis à l'épreuve sur l'homme s'en est bien trouvé , et quatre ou cinq séances lai ont suffi pour détruire complètement un calcul fort volumineux ; je m'en suis servi avec le même bonheur sur plusieurs malades ; en sorte que, soit tel qu'il est d'après les perfectionnements qu'y ont apportés MM. Leroy, Ségalas, Thomas, Pasquier, Charrière, soit après avoir subi quelques modifications dont il me paraît encore susceptible , cet instrument rendra le broiement excentmue par perforatioa ou par évidement beaucoup moins precieux, outre qu'il a déjà fait disparaître la néceuitê des instruments droits.
III. Adoptant le lithotriteur courbe , M. Ségalas a cru devoir aussi le modifier, i l'occasion d'un malade qui ne pouvait pas supporter les sondes droites. Les perfectionnements de ce chirurgien portent principalement sur la tige du perforateur qui , dans son système , au lieu d'être à
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chaîne articulée , se trouve formée de fils métalliques réunis en faisceau, et sur les moyens de ramener au-debors , sans danger , les fragments du litholabe , s'il venait à se briser dans la vessie ; mais je ne vois là qu'un changement de faible importance et d'inutiles complications.
IV. Procédés nouveaux. Revenant aux idées du moine de Ctteaux, M. Heurteloup a proposé un instrument courbe, qui s'ouvre à la manière d'un podomètre de cordonnier, et qui, après avoir solidement embrassé ou fixé la pierre entre ses deux mors, permet de la briser, de la réduire en parcelles, à l'aide de coups portés sur l'extrémité de sa branche mobile ou supérieure, au moyen d'un marteau. Ce système a opéré une véritable révolution en lithotritie , à tel point que maintenant ou n'en recommande presque plus d'autres. Au lieu du percuteur primitif de M. Heurteloup, la pratique peut disposer aujourd'hui de la pince à percussion et à pression de M. Touzet , du même instrument modifié par MM. Leroy et Gharrière , du percuteur dynamométrique de M. Beniqué , du brise-pierre à vis de M. Sirhenry, du brise-pierre à pression et percussion de M. Amassât, d'un instrument analogue de M. Clot-Bey, du brise-pierre à percussion de M. Costello, de celui de M. Lestrange, du brise-pierre à vis excentrique de M. Charrière, à vis centrale, à volant, de M.Ségalas, à anneaux de M. Civiale, à entonnoir de M. Leroy, des brise-pierres à traverses de M. Amussat, à poignées de M. Bancal,de M. Bevenuti, et mieux que tout cela, du brisepierre à pignon , tel que l'a perfectionné M. Charriera.
D'une manœuvre aussi facile que le podomètre des cordonniers, ces instruments , qui semblent tous avoir trouvé leur point de départ dans celui de Stodart , ou celui de M.Hodgson, ou celui de M.Retoré(l), dans la pince de Weiss, dans le cathéter imaginé par moi en 1827, ou dans le cathéter double de Cléland (2) , rendent le broiement beaucoup plus innocent , plus simple , plus prompt, que par l'ancienne méthode. Leur extrémité libre étant armée de traverses, de poi-
(I) Leroy, Journal l'Esculape, t. I, p. Z.—Hist. de la lilhoiritie. Paril, 1839, in-8, fig.
(*) BibL de Planque, t. X, p. 398, in-K ... / ... ,,.
gnées, de plaques, de boutons, de vis, de volante, d'écrow, de têtes ou de pignons, permet d'agir sur le calcul, soit par percussion, soit par pression, avec aussi peu ou autant de fort» qu'on le désire. Offrant une large fenêtre à l'autre bout, sur h branche inférieure ou fixe, fenêtre que la branche supérieure ou mobile peut déborder en arrière dans la pince de M. Saa*, ils ne peuvent plus s'engouer de fragments ou de graviers. Représentant un total de sondes assez grêles, quoique très $o- Iides,ils fatiguent moins les organes que les autres lithoiabes.
a. Manuel opératoire. Le malade doit être situé , préparé comme il a été dit plus haut.On introduit la pince fermée d'après les règles ordinaires du cathétérisme. L'ayant portés jusqu'au fond de la vessie, s'en étant servi pour reconnaître de nouveau la pierre , le chirurgien l'ouvre en tirant sur la branche mobile de la main droite, pendant que de la maia gauche il tient fixe l'autre branche près du pénis. Il loi bà dès lors exécuter un mouvement de quart de cercle qui es porte rapidement la convexité sur le milieu ou le côté fa bas-fond de la vessie. En poussant les branches de la pince l'une vers l'autre , on voit bientôt si la pierre est saisie. Dan le cas contraire, on renouvelle le même mouvement, onbiea on incline les mors, le bec de l'instrument, adroite, à gauche, an bas ou en arrière, de manière à la pincer solidement. Use fois qu'elle est bien prise, on s'occupe de la briser. Le reste de la manœuvre diffère alors selon qu'on adopte la percussion , l'écrasement, on la simple pression.
b. Percussion. S'il s'agit d'écraser le calcul par pera»» •ion , on fixe l'instrument à l'aide de l'un des supporta i«fiqués, ou bien avec la main gauche; de l'autre main arméi d'un petit marteau ad hoe , on frappe sur le bouton , la hhê ou la plaque du litholabe, à coups rapides, d'une force sa rapport-avec la résistance du calcul , sans être jamais asssi grande cependant pour fausser la pince. Sous ce point dt vue , la machine dynamométrtque imaginée par M. Beniqeé, et tous les autres moyens proposés jusqu'ici pour mettre ls degré de percussion en rapport avec la force de l'instrument, me paraissent encore moins commodes et moins s&rs que Je marteau à main.
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e. Si la pression à la main paraît devoir suffire.le chirurgien, toujours placé' à droite , le dos du côté de la tête du malade ou en dehors, et tenant le litholabe comme dans le cas précédent, glisse la main droite sous l'instrument, afin d'en embrasser la racine de bas en haut et d'arrière en avant , entre le médius et l'annulaire , pendant que la paume de cette main vient en presser le bouton ou la plaque en plein par l'action du poignet.
d. En supposant que l'instrument fût armé de poignées on de traverses, comme dans celui de M. Bancal par exemple , il faudrait qu'un aide en fixât solidement la racine du côté de l'urètre ; l'opérateur, situé en face ou de côté , embrasse alors les doubles traverses de la branche fixe et de la branche mobile de chaque côté pour les presser de toute la force de ses deux mains , et les faire glisser l'une sur l'autre en écrasant
le calcul.
e. Pour Y écrasement à Vaide devis, la main droite fait tourner l'écrou , le volant à tête ou le volant à virole , par un mécanisme trop simple pour avoir besoin d'être décrit. L'instrument est d'ailleurs fixé, maintenu,lcomme précédemment,
f. L'emploi du pignon n'est pas moins facile. La pierre étant saisie , le chirurgien , tenant le litholabe de lamain gauche en avant de l'urètre , en place , en fait agir la clef portée par le côté gauche s'il est à droite , par lecôlé droit s'il est en face, dans le pignon de l'instrument jusqu'au rapprochement , à la fermeture de ses deux branches.
g. Le même instrument , parmi ceux que fabrique M. Charrière, permettant à volonté la percussion au marteau, au levier dynamométrique, la pression à la main, à l'écrou, au volant, ou au pignon, donne au chirurgien la faculté de remplacer l'une de ces manœuvres par l'autre, de les employer successivement ou alternativement , sans rien changer au reste de l'opération, sans être obligé de lâcher la pierre, de retirer la pince.
h. Une fois le calcul rompu ou échappé, ses fragments sont repris et brisés de U même façon ; on peut en écraser ainsi quatre, six, dix, et jusqu'à douze ou quinze, tans un? aeule séance, si tout se passe bien ? si le malade en
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souffre peu, si le tout ne dure pas plus de dix à quinze minutes. Si le calcul paraît très dur, s'il résiste, il serait imprudent d'insister. On le lâche pour le reprendre autrement-, on le frappe de nouveau, à coups secs et brusques. Ici, U percussion a un avantage réel sur la pression. Dans un cas de dureté trop rebelle du calcul, comme je l'ai vu chez M. Desaugiers, où près de deux mille coups de marteau ne produisirent rien d'appréciable à H. Leroy, la lithotritie devrait cependant le céder encore à la taille.
t. Avant de retirer l'instrument , on le ferme complètement en prenant garde de pincer la vessie ou le fond de l'urètre entre ses branches. Si des graviers des fragments restaient attachés entre les mors, du litholabe, on les en isolerait , non avec le râteau de M. Leroy, la lame-râpe de M. Charrière , qui ne s'associent guère qu'au brise-pierre de M. Jacobson , mais bien par des mouvements de tiroir répétés , de légères secousses par percussion , ou par le frottement du bec mobile qu'on pousse une ou plusieurs fois an travers de la fenêtre de la branche fixe , de manière à en dépasser d'une ligne ou deux le plan postérieur. Il est d'autant plus important de ne point négliger ces précautions, qu'embarrassée de corps anguleux , la pince peut irriter, écorcher l'urètre en sortant ; que, rendue ainsi trop volumineuse, elle peut en outre être complètement arrêtée , soit à la portîot membraneuse, soit dans la fosse naviculaire du canal.
;. Tous les autres soins que peut réclamer l'opération sont d'ailleurs les mêmes , quant à son manuel et à ses suites daas ce système , que dans le système des instruments droits.
5 II. Difficultés de la lithotritie.
Malgré les bottes à cuir, et la justesse avec laquelle les trois pièces principales de l'appareil s'engaînent, il arrive parfois que l'injection s'échappe entre elles, ou bien entre la canule externe et les parois de l'urètre. Une tubulure, placée sur le dos de. la chemise, et qu'une rainure creusée sur la face externe du litholabe fait communiquer avec la vessie, est ajoutée à quelques uns des appareils nouveaux, dans le but de remédier à cet inconvénient. On peut effectivement j
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porter le siphon de la seringue, et s'en servir comme d'une algalie pour renouveler l'injection ; mais l'irritabilité de la vessie ramène bientôt les choses au même point : heureusement que F organe se vide rarement en entier.
A. Avant la puberté, la lithotritie est moins facile que chez l'adulte, 1° à cause du peu de développement des organes sexuels, de l'étroitesse de l'urètre, de l'indocilité des malades, de l'exquise sensibilité des parties. Les instruments ne doivent pas avoir plus de deux lignes à deux lignes et demie de diamètre, ce qui en diminue sensiblement la force , tandis que dans un fige plus avancé on peut leur donner jusqu'à quatre lignes , quoique ceux de trois lignes à trois lignes et demie suffisent généralement. Elle convient encore moins à la première enfance, par les mêmes raisons, et, de plus, parce que la vessie, trop relevée dans le bassin , augmente d'autant la courbure du tiers postérieur de l'urètre, puis parce que, à cette période de la vie, la taille offre de nombreuses chances de succès. Il n'en résulte pas cependant que le broiement de la pierre soit impossible chez les enfants. MM. Leroy, Segalas et d'autres ont montré le parti qu'on peut en tirer alors. J'ai seulement dit, et je maintiens après l'avoir constaté souvent, que, d'une manière générale, il entraîne alors plus d'inconvénients que la taille.
B. La prostate rend, chez certains sujets, l'application de la lithotritie assez difficile , par le refoulement de l'urètre derrière la symphyse. C'est ici que les instruments courbes seraient en quelque sorte de nécessité. Frappé de ce besoin, et voulant en diminuer l'importance , M. Leroy, qui a plusieurs fois reconnu le danger ou l'impossibilité de l'usage des instruments droits , propose un moyen fort simple en apparence , qu'il appelle redresseur de l'urètre, et qui se compose d'une sonde de gomme élastique , qu'on introduit courbe pour la redresser en place, a l'aide d'un mandrin droit, qu'une vis pousse lentement dans son intérieur, d'avant en arrière. Cet instrument, analogue à celui que M. Rjr gai a imaginé dans la même intention, et que, comme le remarque M. Pravaz, le cylindre lithotriteur conduit avec la main par des mouvements de spirale à travers une grosse
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sonde flexible ouverte à ses deux extrémités, pourrait, à la rigueur, remplacer, expose à des inconvénients graves , i contondre le veru-montanum , à déchirer l'urètf e à cause de la vis ou dç l'écroa, dont on pe pejn calculer I3 force, et parce que la tête de son mandrin ne marche qu'en aroboutant sur chaque point dq la paroi inférieure du cqnal. Celai de M. Tanchou étant formé , dans son tiers vésical , d'une série de petites pièces articulées, qui permettent de l'introduire courbe et de le redresser en place sans exercer le moindre frottement, serait évidemment préférable, si le redressement de l'urètre était une précaution vraiment utile en pareil cas.
Le développement extrême de la prostate entraine un autre inconvénient: il transforme parfois, comme je l'ai dit plus haut, le bas-fondf le trigone vésical en une proronde excavation, où la pierre n'est pas toujours facile à saisir, à moins qui l'instar de M. Bégin(t)on n/aime mieux placer le malade sur les genoux et les coudes. Les doigts d un aide ou, du chirurgien porté* d$n* le rectum , pour la relever et la présenter aux serres du litholabe, vaudraient tout autant, je pense, que le petit sac imaginé par M. Tanchou, que les tampons quels qu ils soient qu'on pourrait glisser au-dessus de l'anus.
G. Chez les femmes où M. Buret (1) a réussi avec un simple brise-pierre, la lithotritie est plus facile que chesç l'fiQinroe, et presque sans danger. Leur canal étant large, extensible, court, dépourvu de courbure, de prostate, d'orific* séminaux, se prête admirablement bien au passage des instruments nécessaires , et n exige pas une pulvérisatioc aussi complète du calcul. Seulement, elles put plus li peine à supporter, à retenir les injection^, d'ailleurs moias nécessaires dans une vessie naturellement large , couple çt pour ainsi dire à portée de la Yue; tellement que M. Ségaùs est parvenu à débarrasser, en fort peu de séances , une petite fille 4gée de trois an$ , d'un gros calcul , quoiqijp aaçoa liquide ne pût être maintenu dans la poche uriuaire. Il n'en fajit pas moins avouer, d'après ce qui s'est passé çhes les malades opérées parMxM.pançal,Civiale,Leroy,Breschçt,etc.,
(1) £ltm. de <*&., f« cd. B?rfe 1 W, p. *M.
(2) Sibl. méd., 1828, t. II, p. 16.
LlTHOÎIUTIfi. 64S
que ne produisant guère la mort qu'une ibis sur vingt ou vingt-cinq, la lithotomie paraît encore moins grave jusqu'ici chez la femme que le broiement.
D. Les instruments courbes , soit de M. Pravaz(l), soit de i M. Pamard (2), soit de M. Leroy , étant destinés au même i système de broiement que l'appareil dont je viens d'indiquer
! l'application , n'exigent pas d'autres détails dans le manuel i opératoire. Leur principal avantage est de moins fatiguer i Furètre, de causer moins de douleur par conséquent, et de pénétrer plus librement dans la vessie. Comme , d'un autre côté, ils sont moins commodes que les autres, pour explorer l'organe, trouver, saisir la pierre, il est inutile, si l'on suit le système des perforations, d'en essayer l'usage chez la femme. Toute chose égale d'ailleurs, les instruments droits méritent la préférence pour la lithotritie par perforation , par évidement ou par broiement concentrique ; tandis que les instruments courbes conviennent mieux à l'écrasement.
E. L'instrument de M. Jacobson est un des plus faciles à manier ; aucun n'expose moins à blesser la vessie. Réduit à une seule anse articulée, n'ayant ni crochets, ni pointes libres, il lui serait presque impossible de pincer, de perforer les parois de cet organe ; de sorte qu'on pourrait , à la rigueur, le mettre en pratique sans injection préalable. Sa courbure en rend l'introduction aussi facile que celle d'une sonde ordinaire. Le moyen de l'ouvrir est très simple. L'écrou étant ramené au bout de la vis , on appuie la paume de la main droite sur cette extrémité. On pousse. La branche brisée de la tenaille s'ouvre aussitôt dans la vessie , comme pour former un cercle de raquette un peu irrégulier à cause de h concavité dorsale que conserve l'autre branche. On procède à la recherche du calcul, d'après les règles établies plus haut. Quand il est définitivement entré daos le cercle métallique, on tire sur la vis, d'abord avec la main, comme pour fermer un litholabe , puis avec l'écrou qui se transforme en vis, de rappel, et qui, faisant agir les deux moitiés du fyrise-pierro à la manière de deux larges limes marchant en sens con-
(1) Bulletin de Férussac, \. XVII, p. 2Ç4, — Gaz. mé4.t 1833, p. 143, (S) Ibid., t. XIX, p. 71. r
644 OPÉRATIONS SPÉCULES.
traire sur le calcul, reporte toute son action sur ce dernier» et ne peut pas manquer d'en amener l'écrasement. Les divers éclats qui en résultent sont soumis aux mêmes recherches et aux mêmes manœuvres. Le chirurgien n'a besoin d'aucun aide. Le malade éprouve peu de fatigue. Rien n'empêche de rapprocher les séances. Enfin, la [position n'exige pas d'autres soins que ceux du cathétérisme en général. Il est seulement fâcheux que ces avantages soient compensés par la difficulté plus grande de trouver, de saisir les petites pierres, de s'assurer qu'elles sont ou ne sont pas entrées dans l'anse de la tenaille, par l'impossibilité d'en extraire aucun fragment, et par le pincement de la portion prostatique de l'urètre que produit quelquefois le glissement de ses branches.
F. Pince à deux branches. Les pinces modernes, soit i percussion, soit à volant, soit à vis, soit à écrasement simple, sont d'un emploi plus commode encore que l'instrument de M. Jacobson.Leur bec pouvant être tourné à droite, à gauche, en arrière, elles permettent de saisir le calcul dans tous les recoins de la vessie. Se laissant ouvrir et fermer sans effort, et avec toute la rapidité désirable, elles n'ont besoin d'aucun support et rendent l'opération sensiblement plus prompte. Leur inconvénient principal est de laisser facilement échapper la pierre, de réduire le calcul en fragments anguleux, qui gênent, irritent la vessie.
G. M. Heurteloup emploie, pour retirer ces fragments, une grosse sonde, droite ou courbe, dont l'espèce de dé qui en forme l'extrémité vésicale peut être dévissé à volonté, et porte le nom de magasin. Latéralement et à près d'un pouce et-deçà de son sommet, elle offre deux larges fenétres,[placées en face l'une de l'autre. L'autre extrémité est garnie d'une botte à bouchon, d'un robinet pour faire des injections, et d'un anneau pour servir d'appui aux doigts. Les liquides qu'on pousse à son aide dans la vessie entraînent, en rentrant par les fenêtres, tous les fragments susceptibles de la traverser. Ceux qui ont de plus grandes dimensions s'arrêtent dans ses ouvertures: L'auteur se sert alors d'un stylet brisé, flexible à la manière du lithotriteur de M. Pravaz, pour en rompre ou eu écraser la partie saillante et la
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refouler au fond du magasin de la sonde, pendant que l'autre portion retombe dans la' vessie. Lorsque , par cette manœuvre, renouvelée un plus ou moins grand nombre dé fois, le magasin se trouve rempli, on retire l'instrument pour le dévisser, le vider et le réintroduire, afin de recommencer si on le juge convenable. M. Leroy prétend atteindre mieux encore le but avec un instrument du même genre, mais dont la verge centrale peut agir à la fois par pression et par rotation. Sans rejeter, d'une manière absolue, le secours de semblables appareils , on est pourtant forcé d'avouer que leurs avantages probables ne sont pas assez évidents pour que les praticiens s'empressent d'y recourir et de les substituer ou seulement de les adjoindre aux autres instruments déjà connus.
§ III. Examen comparatif de la taille et de la lithotrïtie.
Le broiement de la pierre était à peine connu , que ses partisans le donnèrent comme une opération tout-à-fait innocente, dépourvue de danger. Quelques uns ont en outre pensé qu'il était de nature à faire disparattre un jour la taille de la pratique chirurgicale. On a trompé le public sous ce double point de vue. La lithotritie, telle qu'on la pratique maintenant, est encore souvent, somme totale , une opération plus douloureuse , plus longue que la cystotomie ; j'ai vu des malades, un entre autres opéré par M. Souberbielle, après avoir été traités par M. Civiale, affirmer qu'une seule tentative de broiement les avait plus fait souffrir que toutes les manœu~ vres de la taille. Un quart , si ce n'est un tiers même des individus lithotritiés éprouvent des accidents , et il n'est pas ,vrai qu'elle ne fasse mourir personne. Des quatre-vingt-deux calculeux dont parle M. Civiale , trente-un étaient morts au bout de l'année, et dix-neuf autres ne sont guéris qu'après avoir éprouvé quelques accidents. Sur quarante , M. Leroy n'a pu en guérir radicalement que vingt-cinq. De dix, M. Bancal n'en a pu opérer que deux , etc. ; en sorte que , parmi les sujets choisis , il en succombe un sur dix ou douze an moins , et qu'étant donnée une masse de calculeux , les uns
a46 OPÉRATIONS SPÉCULES.
soumis à la lithotritie , le reste taillés ou abandonnés an*
ressources de l'organisme , il éh périt au moins lé èîxième
ou le huitième.
La taille , envisagée seule sous cet aspect , n'en sera pai
moins toujours plus enrayante encore , et les enthousiastes du broiement n'avaient nul besoin de rembrunir le tableau qui la concerne pour en dégoûter te publié, pour en éloigne* les malades. Toutefois , si des rélevés authentiqués prouvent que de huit cent douze taillés , il eh est mort demé cent cinquante «* cinq dépuis lé àl décembre Hl$ jusqu'au (W janvier ftéè, â l'Hôtël-Dieû et à fâ Charité de #aris, d'autres démontrent que sur deux cent treize, Éheseldea n'en perdit que vingt- quatre. Si M. Sahséri dit en avoir r« mourir six sur vingt, Dupuytren en a opéré vingt sîtf, presque à la même époque , avant d'en perdre un seul , eJ M. Dudley a obtenu le même succès, en Transylvanie, sur* sôiiante et douze. Sans admettre \èi étonnants «accès ItLribués à Raw par quelques personnes , sans croire que ce chirurgien ait pu réussir quinze cents fois dé suite, au lie* de dire tout simplement que , sur la totalité aé ses opérés , u en avait guéri quinze cents * il parait #u moins constant que Martineau n'en a perdu que deux sur quatré-vingt- (juatre, M, Pansa de N a pies cinq 6ur soixante-six» Pooteau deux sur quatre-vingts, Le cal trois sur soixante-trois, II. Pajola de Venise une proportion à peu près semblable, M. Viricel de Lyon trois sur quatre-vingt-trois , M. Ouvrira* de Dijon trois sur soixante , Saucerotte un sur soixante, et que Deschamps a réussi, dans un temps, dix-neuf fois de suite. Ces relevés ne sont que partiels, à la vérité. Les mêmes praticiens n'ont pas toujours été aussi heureux ; mais pourquoi n'en serait-il pas de même de la lithotritie? Senac pouvait avoir raison en disant que la majeure partie des taillés succombaient dans les hôpitaux de Paris, puisque, sur vingtaoufj il en mourut seize, en 1725, à la Charité. Un autre n'aurait pas eu tort cependant de soutenir qu'il n'en succombait qu'un £ur huit ou neuf , car on en guérit vingt-deux sur vingt-cinq en 1727, et vingi-trois sur vingt-six en 1720, dans le môme établissement; ce qui n'a point empoché Morand de