‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 66 sur 108 · URÈTRE. — TOPIQUES · texte numérisé non relu

URÈTRE. — TOPIQUES

aqxqnelles je me conforme depuis 1828(1), l'usage du nitrate d'argent devient d'une extrême facilité. Les porte-empreintes n'ont plus aucun prix, puisqu'il suffit de l'engager avecun instrument quelconquedans la coarctation, sans s'inquiéter de savoir si elle est plus courte ou plus longue , en haut ou en bas, attendu qu'en se dissolvant il se répand presque aussitôt sur toute la circonférence du canal. Les conducteurs percés en dehors du centre de la douille de platine qui en coiffe l'extrémité , afin d'éloigner le portecaustique de la paroi saine de l'urètre, et de l'appliquer plus exactement, au contraire, sur celle qui est malade, perdent également toute leur importance. Les bougies et le caustique marchent de front alors : les premières pour dilater, agrandir ; le second pour guérir, pour redonner aux tissus leur* propriétés de l'état normal. Ainsi, dilater d'abord ; ne eau* tériser une première fois qu'au bout de quatre ou cinq applications de bougies; continuer la dilatation; cautériser une deuxième fois, puis une troisième et une quatrième, à des distances variables ; y revenir même une ou deux fois , quand le canal est porté à son diamètre suprême, pour éteindre les dernières traces de phlegmasie ou d'irritation morbifique qui pourraient y être restées; voilà à quoi doit se réduire le traitement de la grande majorité des coarctations organiques de l'urètre.

ARTICLK VII. — Tbaitdcut pa» lis topiques.

Cette doctrine me porte à penser que les anciens n'avaient peut-être pas tort de porter des topiques sur les coarctations de l'urètre. Combinant le sublimé, le précipité blanc, la tuthie, etc., avec de la graisse, du suif ou de la cire, M. Bretonneau, qui enduisait de ces préparations une bougie, m'engageait déjà en 1830, à en porter au moyen des canules protectrices jusqu'à l'intérieur des rétrécissements. Depuis lors, l'alun, employé autrefois, a été remis en vogue par quelques praticiens. M. Legrand (2) le place dans une rainure sur Ip cètéd'unebougieemplastiqueet l'introduit ainsi dans l'urètrf);

(1) Nivert, Thèse n« 100. Paris, 1830.

(2) Gaz. mid., 1836, p. 554.

mais il est évident qu'en se bornant à en couvrir une bougie huilée, M. Jobert (1) n'a point porté, comme il le croit, cette substance jusqu'à la coarctation. Voulant traiter les affections de l'urètre, comme les maladies de la peau ou de la bouche, par des pommades ou l'alun en poudre, je me suis servi, à ce sujet, d'un moyen très simple et très sûr : je déploie latéralement le bout seul, ou le côté avec le bout d'une bougie de cire , de manière à en former une cupule ou une gouttière que je remplis de la matière médicamenteuse choisie, et que je referme immédiatement en la roulant pour lui redonner sa forme première. L'ayant introduite chargée de la sorte jusqu'au lieu malade, il me suffit de la tourner sur son axe am rebours de son pli naturel pour en dégager le médicament, qui se trouve ainsi en contact avec les parois de l'urètre. Je n'ai eu qu'à me louer de ce procédé.

ARTICLE VIII. — RÉTRÉCISSEMENT PA1 SUITE DI DIPS&DIT109 01 SUBSTANCE DE L'UBETBE.

Si l'urètre est rétréci par suite d'une plaie, d'une rupture, d'une perte de substance quelconque , la guérison en est ea général d'une extrême difficulté. Voyant que le mal résistai! à tout dans un cas de cette espèce, M. Denis (2) prit le parti de laisser une sonde h demeure dans le [canal. On n'en vint à bout, dans un autre cas, qu'à l'aide de l'incision et de la boutonnière (3). Il en fut de même chez le malade de M. Lefebvre. J'ai vu une foule de cas appartenant à cette catégorie. La dilatation, les scarifications, la cautérisation, les topiques réussissent d'abord comme dans les autres cas; mais on ne laisse pas l'urètre libre trois jours, que déjà le mal reparaît. Comme il s'agit là d'une sorte de collet fistuleux, de trajet de nouvelle formation, de tissu étranger au canal naturel 9 il se resserre aussitôt qu'on le dégarnit du corps dilatant , qu'on l'abandonne à lui-même , et l'on conçoit combien il doit être difficile de guérir radicalement un pareil genre de rétrécissement. C'est alors seulement que l'incision, es-

(0 Gax. méd., 1836, p. 654.

(2) Journal kebdomad.. 1835, t. II, p. 0.

(3) Journal des conn. méd. chir, U III, p. 37.

POLYPES DE i/URÉTBE. 725

sayée par MM.Arnott, Jameson, Coi, etc., ou l'excision de la cicatrice , pourraient effectivement convenir. La thèse de M. Mahot (1) donnera une assez bonne idée des coarctations dont je parle en ce moment.

ARTICLE IX. — Polypis di l'uùtbi.

L'urètre de l'on et de l'antre sexe réclame si souvent le secours de la médecine opératoire , qu'à lui seul il pourrait fournir la matière de plusieurs volumes. J'ai encore à dire un mot sur une de ses maladies les moins connues.

§ I. Chez la femme. En 1825 , une sage-femme conduisit chez moi une dame» Agée d'environ trente ans, ayant, depuis quelques mois, une tumeur piriforme, rouge, peu consistante, du volume d'une noisette, qui proéminait légèrement au dehors par son extrémité renflée ou arrondie, et qui était fixée à quatre lignes de profondeur dans l'urètre par sa racine. Je saisis ce polype avec une érigne, l'attirai un peu et en fis sur-le-champ l'excision, sans causer la moindre douleur. Dès le lendemain la malade s'est trouvée guérie. J'ai rencontré un fiait exactement semblable, en 1829. Une femme, que m'avait adressée H. de Blainville, m'en a offert un troisième en 1832. J'en ai observé de nouveaux sur des malades de M. Bonis , de M. Yvan , de M. Demazière , de M. Cornet, et sur quatre ou cinq autres à la Charité (2). M. Wardrop (3) en a observé trois cas. Ces végétations ont d'ailleurs été mentionnées chez la femme par Vogel , Rosenmuller, Chaussier, MM. Lachapelle, Kaldebrand, Prochaska, M. Larcher(4), et tout porte à croire que l'excision et la cautérisation, qui m'ont toujours réussi, en sont le véritable remède.

§ II. V homme parait être également exposé à ce genre de polypes. J'en possède deux exemples. Dans l'un, les excroissances, au nombre de trois, égalaient à peine le volume d'un grain d'orge. Chez le second malade, jeune Anglais, que ' me fit voir M. Beaumont, il y en avait aussi plusieurs, et elles

(1) Thèse n<> 113. Paris, 1837.

(2) Bartbez, Journal hebdom., 1836, t. II, p. 310.

(3) The Lancet, 1828, roi. I, p. 585.

(4) ThUe n» . Paris, 183 .

étaient encore pins petites. Leur insertion avait également lien derrière le méat urinahre. Aucune d'elles n'a reparu après avoir été broyée ou excisée. N'est-ce pas à ce genre de productions qu'appartiennent \es polypes dont Nicod a tant parlé? H. Amussat (1) en a trouvé jusque dans la portion membraneuse de l'urètre. La petite tumeur que M. Thiaudière (2) a prise pour un cancer pisiforme , qui existait au fond de h fosse naviculaire , qui repullula après avoir été excisée par une fente de la face dorsale du gland , et qui disparut après une deuxième excision aidée de la cautérisation, n'était, sekn toute apparence, qu'un polype de cette espèce. L'arrachement simple et la cautérisation en eussent aussi bien triomphé que l'opération compliquée de M. Thiaudière.

ARTICLE X. — Dilatation àhormali m i/uràrii.

Chez un malade affecté d'incontinence d'urine , et dont l'urètre offrait une dilatation considérable , M. Hobart (3) imagina d'en exciser en partie la paroi inférieure , puis <Fea réunir ensuite la plaie au moyen de la suture , et parvînt ainsi à rétablir les fonctions vésico-urétrales.

Une femme avait l'urètre tellement élargi , qu'elle ne pouvait plus retenir ses urines. Excisant un lambeau de sa paroi inférieure! et réunissant les côtés de la plaie au moyen de h suture entortillée , M. Gensoul (4) put aussi redonner à 00 canal ses dimensions naturelles.

Page 1