‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 67 sur 108 · CHAPITRE III. — Ponction de la vessie · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — Ponction de la vessie

Lanéoessitéderaireàlavessieunesolationdecontinuitépoir donner issue aux urines est si rare aujourd'hui, que M. Roux, H. Mou, et nombre d'autres praticiens très répandus ne l'ont jamais rencontrée. Depuis que les maladies de l'urètre et de la prostate sont mieux connues , la rétention d'urine est en effet fort rare, et, quand elle a lieu, les notions anatomtquas

(1) Revue méd.9 1835, t. IV, p. 428.

(2) Bulletin de thérapeute t. VII, p. 240.

(3) Revue méd., 1830, t. IV, p. 285.

(4) Pérouse, The*en°ri6. Piris, 1834.— Archto. gen.de mitJU, **èr., t. VIII, p. ui.

PONCTÎÙtf t^ÊîïtÉALE DE LÀ VESSIE. Ï2î

précises que possédât la irtâjêure partie des chirurgiens dé nos jours , permettent presque toujours d'y mettre un terme au moyeu des bougies ou du simple cathétérisme. Cependant il peut arriver que toute autre tentative échoue , qu'on soit obligé de choisir entre le calhéiérlsmo forcé él la ponction, ofitre deux opérations presque également dangereuses , mais dont la première n'est pas à la portée de tout le monde, tl existe trois manières de pratiquer la seconde : pat le périnée, par le rectum, par l'hypogastre.

ARTICLE Ier. — Ponction piamiAtE.

Ouf rit la vessie à travers le périnée , pour remédiera Tis*churie , a dû paraître simple aux anciens litbotoittiste* , qui n'admettaient pas d'autres voies pour ettraire les calculs. Aussi est-ce la première route qui ait été proposée, la seule qu'on ait long-temps suivie. Latta, auquel Sœmmering en fait honneur, n'est pas plus l'inventeur de la ponction périnéale que Garengeot , qui se l'attribuait un demi-siècle auparavant. Riolan, Thevenin,la conseillent formellement; Tollet l*avait déjà pratiquée en 1681. Dionis la décrit d'ailleurs assez longuement, et montre qu'on peut l'exécuter de deux manières. Une incision d'un pouce surîeraphé, comme pour le grand appareil , mettait à même d'enfoncer au-devarit de l'anus un long bistouri jusque dans la vessie ; d'y glisser une sonde en retirant l'instrument tranchant , et de laisser une canule dans la plaie pour l'évacuation des urines. Mais Dionis pense qu'il serait mieux de prolonger un peu l'incision en dehors, comme dans la lithotomie par la méthode de F. Jacques , afin de ménager la prostate. Junckôr, Lapeyronie , Heister, eurent , presque à la même époque , l'idée de substituer un long trois~qnarts au bistouri , et crurent avoir ainsi rendu l'opération beaucoup plus simple. Sous ce rapport , elle se réduit au premier temps de la taille latérale de Foubert, et se pratique de la même manière, c'est-à-dire qu'ayant fait placer le malade comme pour la lithotomie, on enfonce l'instrument sur le milieu de l'espace qui sépare l'ischion du raphé, en le dirigeant un peu en dedans et en avant,

pour tomber presque perpendiculairement sur le côté du col vésical.

La crainte; de se fourvoyer à travers tant de tissus différents avait fait nattre l'idée d'inciser le périnée avec m bistouri, de n'employer le trois-quarts qu'après avoir senti du doigt la vessie distendue au fond de la plaie. C'est nie modification que Sabatier veut qu'on apporte à la para» centèse périnéale, comme Garengeot l'avait indiqué pour h taille latérale , et qui aurait pour résultat de fondre en «ae seule les méthodes de Dionis et de Juncker. Mais on a géaéralement négligé ce conseil. Pendant que les écrivains français continuaient de recommander la ponction pure et simple, l'incision n'a pas cessé d'être adoptée en Angleterre, oè elle parait avoir été mise en pratique de diverses manières.

Marchant sur les traces de Dionis , M. A. Cooper in» un peu à gauche du raphé, déprime le bulbe, puis la prostate à droite , avec l'indicateur gauche, pendant que, de l'autre .main armée d'un scalpel bien tranchant, il divise les tissus, et pénètre jusque dans la vessie. Quand il croit trouver l'urètre derrière le rétrécissement, M. Ch. Bell ouvre ce canal, comme dans la taille de Cheselden , et prétend arriver avec moins de danger dans la collection urinaire. M. Brander . veut qu'on n'y pénètre que couche par couche ; mais Jonei et Dorsey ne voient pas l'utilité de tant de précautions.

En résumé , si la ponction avec un trois-quarts est plus prompte , elle est en même temps moins sûre. Si l'instrument est moins menaçant pour les vaisseaux, les uretères ou les vésicules séminales, qu'il écarterait plutôt que de les diviser, il s'échappe plus facilement entre les diverses couches organiques, et manque plus aisément la vessie. Avec un bistouri long et étroit, il faut ensuite porter use sonde, puis une canule dans la collection. Quoique moins probables, les fausses routes sont cependant possibles, et h blessure des organes à éviter est beaucoup plus à craindre L'incision proprement dite , plus rationnelle , plus prudente , est aussi plus difficile. Le défaut d'un conducteur, qu'il n'est pas possible de passer par les voies naturelles la rend plus délicate, plus incertaine que dans la litholo-

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