CORPS ETRANGERS DANS L'ANUS
§IV. Des calculs causant la constipation ont été retirés du rectum avec le forceps par Schmucker, avec des pinces, après l'avoir brisé, par Chambon, par M. Miller (1). J.-S. Buzzoni en ôta une tasse à café au moyen d'un buse de baleine ; Plater (2) dit sérieusement qu'une taupo introduite vivante dans le rectum d'un paysan, s'y était si fortement attachée qu'on ne put l'en extraire, en tirant sur sa queue, qu'après Favoir tuée!
§ V. On n'en vient aux débridements, aux incisions, soit de l'anus, soit de l'intestin, sur des points plus élevés de ses parois, qu'après avoir dûment constaté l'insuffisance ou l'inutilité de ces .divers moyens. Alors, comme précédemment, on a recours au spéculum brisé ou bien au spéculum simple, rendu incomplet par une fente de deux ou trois lignes, qui en divise toute la longueur, du côté libre, comme le veut M. Barthélémy, soit pour dilater l'anus, soit pour favoriser l'action des autres instruments. Quant aux incisions elles-mêmes, on les pratique tantôt avec le bistouri droit garni d'une bandelette, tantôt avec le bistouri boutonné droit ou courbe, dirigé, conduit sur le doigt, tantôt enfin avec de bons ciseaux.
Au total, les corps étrangers dans le rectum ne se traitent guère autrement que ceux du vagin. M. Cazenave (3) eut à en extraire une gourde brisée. Un pilon qu'on ne put retirer que difficilement avec le forceps, occasionna une rectite et la mort chez un malade de M. Dor (4), qui réussit mieux dans un autre cas à extraire une fourchette dont les dents regardaient en bas , et qui dit avoir enlevé une fiole à eau de Cologne avec la pince de Hunter chez un troisième malade. Aux moyens sus-indiqués, il faudrait ajouter, je crois, dans l'un et l'autre cas, l'usage des instruments lithotriteurs, et se souvenir que dans le rectum ou le vagin, le litholabe, les perforateurs, les brise-pierres sont plu£ faciles, moins dangereux à manier que dans la vessie et l'urètre.
(1) Arch. gin. de méd.f t. mx, p. 593.
(2) Bonct, Corps de méd.t r partie, ob«. SI.
(3) Brochure in-8«, 1137.
(4) Gaz. mid.% 1835, p. 130.
ARTICLE H. — Polypes du rectum.
Sans être fort rares , les polypes du rectum ne soûl pourtant pas non plus très communs. À six ou huit pouces de hauteur , il est à peu près impossible de les atteindre, de les reconnaître par conséquent. D'autant plus faciles à aiuqaer qu'ils existent plus bas, ils cèdent d'ailleurs aux mêmes méthodes que ceux des organes sexuels de la femme. L'exàsiai en est trop facile pour que; l'arrachement , la cautérisation puissent encore en être conseillés. La ligature elle-roéae ne leur convient presque dans aucun cas. Au-dessus des sphincters on les accrocheavec une érigne double ou unepbceérigne, qu'un aide se charge de maintenir. Si Fanas oppose de la résistance, on y place un spéculum brisé. Armé de longs ciseaux courbes sur le plat, protégés par F indicateur gauche, le chirurgien en tranche ensuite le pédicule- Plus bas l'excision s'en opère comme celle des hémorroïdes dont H va être question tout à l'heure ; dans les deux cas, on se met en garde contre l'hémorrhagie , de la manière q« va également être indiquée ci-dessous.
L'excision d'une petite tumeur fongueuse , pédiculée de l'anus fut suivie d'une hémorrhagie si abondante et si brusque, que le malade, jeune militaire, en fût mort si M. Serre 1, n'eût pas eu promptement recours au tamponnement du rectum. Excisant un polype fongueux du rectum , après en a* air Hé le pédicule, MM. Manec (2) et Meric virent, au bout de vingt-quatre heures , une hémorrhagie abondante survenir. Le malade s'est ensuite rétabli sans accidents.
ARTICLE III. — TimtURS hémobroIdales.
Tantôt cachés à l'intérieur de l'anus , et visibles seulemeat lorsque le malade fait des efforts pour aller à la garderobe, tantôt saillants à l'extérieur, les tumeurs, les bourrelets, les tubercules hémorroïdaux,que M.Lepelletier (3) a envisagés sous toutes leurs faces dans son excellente thèse, sont la source
(1) Compte-rendu, 1338, j>. 35.
(2) Journal des conn. méd. janvier 1839, p. 107.
(3} Deb hémorrh., etc., thèse de concours. Paris, 1834.