CHUTE OU PROCIDENCE DE L'ANUS
ment pas à cesser de fluer, et je ne serais pas étonné que les précautions recommandées pour prévenir l'hémorrhagie ne fassent assez souvent la cause de son apparition. II me parait donc que , dans la plupart des cas , on pourrait s'en passer; que c'est par excès de prudence qu'on doit le prescrire quand la perte du sang ne paraît pas d'abord avec abondance. Qui empêcherait , après tout , d'y recourir plus tard, dans le cas où l'hémorrhagie viendrait à continuer d'une manière inquiétante ? Rien n'est plus facile lorsque les plaies sont à l'extérieur. Si elles étaient plus profondes, en faisant quelques efforts , le malade les mettrait bientôt sous les yeux de l'opérateur, qui dès lors pourrait les cautériser sans peine. Enfin, le tamponnement serait une ressource dernière qu'il serait toujours temps d'appeler à son secours. Deux malades chez lesquels je me suis ainsi comporté en 1831 à la Pitié n'ont point eu à s'en repentir. Il en a été «de môme d'une infinité d'autres que j'ai opérés depuis. J'en ai cependant vu succomber trois, l'un à une infiltration purulente du tissu cellulaire du bassin, le second à une phlébite, le troisième à un érysipèle à la suite de l'excision d'une simple petite tumeur pédiculée.
C. Procédé de l'auteur. Espérant éviter mieux l'hémorrhagie, l'inflammation et l'infection purulente, j'ai imaginé de réunir les plaies de l'excision des tumeurs ou des bourrelets hémqrroïdaux par première intention. Pour cela, je fixe au-dehors avec une érigne chaque tumeur à enlever, et j'en traverse la racine avec un nombre suffisant de fils» Coupant aussitôt les tissus au-devant avec le bistouri ou de bons ciseaux, je n'ai plus qu'à saisir successivement tous les fils pour les nouer et compléter autant de points de suture simple. Les mèches, le tamponnement, sont alors inutiles , et la guérison est souvent complète du dixième au quinzième jour.