‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 2)Chapitre 75 sur 108 · CHAPITRE III. — Chute ou procidence de l'anus · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — Chute ou procidence de l'anus

La descente du fondement est un accident qu'il ne faut pas confondre avec la procidence par intussusception d'une portion plus ou moins élevée, plus ou moins étendue de l'in-

testin, au travers de l'anus. L'une tient, comme Frideririii' l'avait déjà établi, au relâchement de la tonique muqaene du rectum, l'autre dépend d'une véritable invagination itf«tinale. Celle-ci est moins rare qu'on ne le croii aujowtftoi. M. Paillard ;(2) en relate un exemple -, M. Nelaton en a crté d'autres. J'en ai vu aussi quelques cas. Le péritoine lui-nte était compris dans la tumeur chez la femme disséquée pr M. A. Bérard(3). La première seule réclame parfois le» cours de procédés opératoires particuliers. Chez les enfuit où elle est très commune, les progrès de l'Age et l'emploi* topiques appropriés en triomphent presque constatas**. Dans Tige adulte, il n'en est plus de même. Son opiniâTO fait souvent alors le tourment des praticiens et le désespsr des malades. Quand la tumeur ne se montre qu'à daqv garderobe , et qu'elle rentre facilement après, il en réssfce une infirmité fort pénible, sans doute, mais qui ne coop* met pas l'existence, tandis que si le malade ne parvieatp* à la réduire, elle peut s' étrangler sous l'action du sphiacw. s'enflammer, se gangrener, faire naître les symptôme* te plus alarmants. La mortification en amena la chute coepti» chez le malade de M. Sauveur (4).

À*T. I. Réduction. Pour réduire cette .tumeur, on m comporté comme dans le cas de renversement du vagin on ckb matrice. Après l'avoir nettoyée avec de l'eau tiède, pois induite d'un mélange d'huile et de vin, le malade étant couché sur le dos, le siège plus élevé que l'abdomen, tous les Bâcles relâchés, on l'enveloppe d'un linge fin , pour la comprimer ensuite doucement, de la circonférence au centre, et* bas en haut, avec la paume des mains ou la pulpe de tons te doigts, en même temps que le malade est empêché, art** que possible, de se livrer à aucun effort. On réussit quelquefois mieux en pressant sur le centre de la masse avec plusieurs doigts réunis en cône, comme pour entrer dans l'asas* en poussant devant soi la compresse dont on a coiffé la io~

(1) Thèses de Huiler, 1. 1, p. 8, trad. franc.

(2) Revue*méd.y 1829, t. II, p. 398.

(8) Soc. anat., 6 mars 1828.

(♦) Ànslwix, Oin. ehir., 2* édit., p. 179.

CHITTR 00 PROCIDENCB DE l'àNUS. tVt

meuret que Vautre main fixe autour. Une grosse mèche, arec ou sans chemise, est un moyen souvent employé pour maintenir la réduction. La vessie soufflée de Blegny (1), de Morgagni ou de Levret(2), employée par M. Dieffenbach (3), Van- Beau de Bassius, le bandage de Cousin, le suppositoire astringent de Turner, un tampon de charpie contenu dans une bourse de linge, un globe, un ovoïde en bois, en ivoire, en gomme élastique ; chez les femmes, un pessaire dans le vagin, des injections astringentes et des soins hygiéniques, sont les moyens à tenter pour en prévenir le retour. Ayant un renversement considérable du rectum à maintenir réduit, M.Gervais(4) s'est servi avec succès d'une boule de liège qu'il retira au bout de trente heures. La simple réduction réussit également à M. P. Dalmas (5), quoique la procidence fût accompagnée d'accidents graves. Un exemple remarquable du même fait vient encore d'être signalé (6).

Art. II. Débridement. Si la réduction était absolument impossible par les voies ordinaires, et qu'il y eût du danger, on ne devrait point hésiter à débrider le sphincter de l'un ou des deux côtés de la racine du prolapsus. De la main gauche, on écarterait latéralement la tumeur, pendant que, de la main droite, armée d'un bistouri droit, on inciserait les téguments, puis l'anneau charnu, en commençant par le voisinage de 'l'intestin, c'est-à-dire de dedans en dehors. Une opération de ce genre, pratiquée par Delpech (7) sur un jeune sujet, a été suivie d'un succès complet.

AjfcT.III. Extirpation. Lorsque rien n'empêche les parties de ressortir, ou que, malgré toutes les tentatives, elles s'obstinent à ne pas rentrer, on ne connaissait, il y a quarante aus, bien des auteurs ne connaissent encore aujourd'hui, d'autre moyen que XabUUion à leur opposer. C'est au surplus une excision, une résection asseg facile en elle-même, qu'on

(1) Peyrilhe, Hist. de la chir.t p. 38.

(2) Art des accouch., 3C édit., p. 38.

(3) Archiv. gin. de mid., t. XVI, p. 287.

(4) Journal des conn. mid.-chir,, 1839, p. 67.

(5) Journal des progrès, 2« série; 1. 1, p. 26G. (8) Gazette des hôpitaux, 1839.

(7) Mémor. des hôp. du Midi, 1830.

pratique à peu près comme celle des hémorroïdes dégénérées, d'un polype ou de toute autre tumeur à base un pet large. L'extirpation, conseillée aussi par Percy, réussit pleinement à Cowper, à Pasquier. Il est inutile, toutefois, d'enlever la tumeur jusque dans sa racine. Qu'on en démis* les deux tiers inférieurs, et le reste rentrera inévitablement. Peut-être de cette manière le tissu musculaire du recta serait-il respecté , et sa tunique muqueuse seule attaquée, sans que le succès en fût moins probable. Le pansemestet les suites différent à peine de ce qui a été dit à l'occasion d» hémorroïdes. Cette ressource est, comme on voit, as» cruelle : encore est-elle loin de réussir constamment S M. Phelys (1) a réussi, une foule d'autres praticiens otf échoué. Heureusement que la chirurgie moderne s'en dépense presque toujours, en lui substituant un procédé mm effrayant, moins douloureux, qui n'a que l'inconvénient à n'être point applicable aux procidences irréductibles, de borner ses effets à la rétention de la tumeur une fois rentrée.

Art. IV. Procédé de Hey etDupuytrcn. Ce procédé coassa dans l'excision des replis rayonné* de la marge de l'anvs, qu'ils soient ou non garnis de tubercules hémorrotdaio. 11 parai t constant que, dans la plupart des cas , l'obsiacb à la guérison se trouve dans la dilatation du sphincter,, ou le relâchement considérable dont la membrane muqueuse et la peau qui lui fait suite au-dehors sont devenues le siège. Le tissu cellulaire qui les double acquiert à la longue uae telle souplesse, qu'il leur permet de glisser au moindre effort, sur les couches qu'elles tapissent naturellement, et qu'elles se contentent de suivre dans leurs mouvements lorsqu'il n'y a pas de maladie. L'ablation d'une certaine portas de la couche cutanée conjure à merveille cette anomalie}. cet inconvénient , et devient par là le remède du mal qm en est la suite si fréquente.

L'idée en est d'abord venue à Hey , en 1788 , à l'occasion d'un M. W. de Hall, autrefois traité par Sharp , et dont IV nus restait constamment entouré , après la réduction, d'un repli cutané, mince et pendant (thin pendulous flap), long

(1) Bulletin de la Fac. de mèd., 1808.

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