‹ Nouveaux éléments de médecine opératoire, accompagnés d'un atlas ... représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgie (volume 3)Chapitre 22 sur 98 · MALADIES DE LA VERGE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA VERGE

un prolongement osseux, long de quinze lignes, dans le côté gauche de la verge.

I. Ligaltire. La crainte de l'hémorrhagie porta quelques anciens à ne point se servir d'instrument tranchant pour amputer la verge, qu'ils aimaient mieux étrangler avec une ligature. Huysch cite un exemple de succès obtenu par lui de cette manière. lieister, Bertrandi, M. Graefe (1), M. Binct (2), n'ont pas dédaigné non plus l'emploi d'une pareille méihode. Four la mettre en pratique, il faudrait au moins porter préalablement dans la vessie une sonde qui put empêcher la ligature de fermer l'urètre. Si on craignait de causer trop de douleurs en appliquant le lien immédiatement sur la peau > rien n'empêcherait de suivre l'avis que donne encore Sabatier, d'inciser circulairement la couche tégumentaire , avant d'appliquer le fil ; mais cette incision, aussi douloureuse que l'amputation proprement dite, est justement ce qui éloigne certains malades pusillanimes de l'excision , et les porte à préférer l'étranglement.

II. AhlcMon. Le malade doit être couché horizontalement. Un aide embrasse la racine de l'organe, et retire plus ou moins la peau du côté des pubis, seV^n que la maladie semble en avoir plus ou moins entraîné en devant. Le chirurgien s'empare aussitôt de la tumeur enveloppée d'un linge, et la tient solidement de la main gauche ; de la main droite, armée d'un bistouri ou d'un petit couteau, il coupe ensuite, d'un seul trait, soit de haut en bas, soit de bas en haut et perpendiculairement, le corps de la verge un peu au-delà des limites du mal. Une division préalable de la peau, un peu en avant du lieu 011 les corps caverneux doivent être tranchés, allongerait à peine l'opération , et permettrait toujours de placer la section du pénis juste au niveau de téguments rétractés. Ce procédé, que Boyer recommande quand l'affection s'étend jusqu'auprès des bourses, me semble donc mériter la préférence dans tous les cas. Les artères à fermer sont parfois au nombre de six, m.êm3 de sept, deux dorsales , les deux caverneuses, la terminaison des deux superficielles du périnée

(1) WicMcViS, Bulleiin de Férussac, t. XX, p. 210.

(2) Heviie méd., 1828, t. III, p. 70.

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par en bas, puis, sur la ligne médiane inférieure, celles de la cloison. Les quatre principales, toutefois, senties artères dorsales et les artères caverneuses. Le tissu, très lâche, qui enveloppe les premières, en rendrait l'isolement et la torsion faciles, si leur ligature pouvait avoir le moindre inconvénient, lien serait à peu près de même des secondes; mais, comm.e on n'a point à tenter de réunion immédiate sur une pareille plaie, il importe peu que les vaisseaux soient tordus plutôt que liés.

IIî. Procédé Barthélémy. Avant de procéder au pansement, il faut introduire une sonde dans l'urètre. Quelques personnes ayant prétendu qu'il est parfois difficile de retrouver l'orifice de ce canal au fond de la plaie, un chirurgien militaire, M. Barthélémy (1), imagina de placer la sonde avant de commencer l'opération , et de la trancher en même temps que le pénis, afin qu'elle pût se trouver ainsi naturellement située du même trait. C'est une modification qu'on pourrait adopter ou rejeter à peu près indifféremment, si elle n'exposait pas la portion postérieure du tube à s'échapper dans la vessie, si la section de cet instrument ne rendait pas un peu plus difficile celle du reste de la verge. Pour un homme doué de quelques connaissances anatomiques, la recherche du conduit de l'urine ne sera jamais, quoi qu'en dise M. Barthélémy, une affaire bien embarrassante. Béclard de Strasbourg, MM. Poirson, Bedor, ont du reste essayé ce procédé avec succès.

IV. La méthode de M. Schrœger (2), qui consiste à trancher la verge couche par couche, de haut en bas, afin de lier les vaisseaux, à mesure ne vaut rien. L'anse de fil, passée au travers des corps caverneux pour en prévenir la rétraction et lier sans crainte les vaisseaux, comme le veut M. Langenbeck{3), ne serait utile que si, à l'instar de M. Hall (4), on était obligé de porter le bistouri jusque sous les pubis.

V. Si la peau avait été trop refoulée en arrière , elle vien-

^;(l) Journal hebdomad., t. XIîl, p. 41.

(2) Ptusl's handb. der chir., vol. I, p. 667.

(3) Ibid.

(4) Gaz, mé(î., 1836, p. 748.

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